Chronique

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« Notre vie n’est que le reflet crépusculaire d’un processus depuis longtemps achevé. » (W.G. Sebald, Les Anneaux de Saturne) L’angoisse, sous la forme d’emprise anxieuse totale, de submersion massive, qui enserre tout aussi bien le corps que l’âme, effondre et paralyse, est une forme d’aliénation à un événement à venir (quelque chose qui n’est…

Read More Angoisse massive et vertige existentiel.

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(Prises au café un matin de février.) Je préfère parler d’existences malajustées (qui traduit littéralement l’anglais maladjusted) plutôt que de personnalités borderline, ou d’états-limites, parce que ces concepts appartiennent au champ psychopathologique – et même si elles ne sont pas, ou ne devraient pas, être considérées, en psychanalyse notamment, comme des tableaux pathologiques, elles demeurent…

Read More Notes éparses sur les existences malajustées

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Cette ville me plaît parce qu’elle est en proie à la plus grande mélancolie. Les élus font ce qu’ils peuvent pour lutter contre cette mélancolie. Les vitrines délavées des échoppes closes depuis des décennies. Les bâtiments que plus personne n’ose habiter, qui s’effondrent parfois, encombrant la chaussée d’un tas de pierres se désolidarisant du mur…

Read More La ville mélancolique (année 2026)

(Julianna Brion / For The Times)

J’aime rencontrer les personnes qui n’ont pas eu d’enfants. Entre elles et moi, d’emblée, s’instaure une sorte de complicité, on se reconnaît. Comme si nous partagions un certain savoir, alors que, paradoxalement, ce savoir est fondé sur une ignorance. Nous partageons une expérience, pour ainsi dire, négative, celle de ne pas avoir vécu cette vie…

Read More Être sans enfant

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L’astronaute est envoyée dans l’espace, propulsée au loin, comme les promesses de bonheur du capitalisme sont toujours retardées, repoussées, propulsées au loin, dans le futur. L’espace, ici, est l’équivalent spatial du futur. Ça ruisselle dans les étoiles. Plus loin est propulsée la promesse de bonheur du capitalisme, plus elle est sublime, plus elle est oublieuse…

Read More Osons rêver grand ensemble

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Quelque chose commence. Une relation semble s’installer dans la durée, insister pour continuer. On se voit, on se revoit, on s’écrit. Il y a comme un élan qui porte à répondre, faire écho, rebondir. Mais, brusquement, la relation est interrompue. Pour une raison ou pour une autre, un message demeure sans réponse, on ne se…

Read More Conversations interrompues

  Martin de la Soudière vient de nous quitter. Une mémoire vivante des hauts-pays… des hivers mais pas seulement. Le premier livre que j’ai lu de lui, c’était Cueillir la montagne. A travers landes, pâtures et sous-bois (qu’il avait écrit avec le philosophe de la nature et naturaliste Raphaël Larrère). Puis son très poétique, l’Hiver, à…

Read More Martin de la Soudière

Après qu’une dame âgée nous ait gratifié d’une délicieuse scénette au cours de laquelle elle envoyait au diable sa belle-mère (encore plus âgée qu’elle) dont elle doit s’occuper pour les fêtes, la boulangère, tout à l’heure, en aparté, pendant que je passe commande d’un café et d’un pain au chocolat : : « Ah… Dire tout haut…

Read More Conversations de rue (la vie quotidienne juste avant le fascisme)

Choses vue et entendues ce matin à la promenade en ville (les rues au-dessus de chez moi) (ce pourquoi j’adore cette ville) Une dame qui nettoie le pare-brise de sa voiture avec une éponge – j’ai à peine le temps de dire bonjour (on ne se connaît pas), elle m’explique : « J’ai bien fait d’attendre…

Read More Cette ville où je vis

Le psychanalyste surpris en pleine séance à exposer à son patient du matin la trinité néoplatonicienne : être/vie/pensée (ou : manence, procession, conversion), à l’occasion d’une rêverie partagée autour de la tension entre « être deux » et « être trois ». (genre de move, faut l’admettre, très « bionien »). Me rappelle ce professeur que j’avais eu en faculté, à…

Read More Des livres que je rêve d’écrire depuis (trop) longtemps

Dernière balade sur le plateau et aux étangs. Je m’attendais à un peu plus de mélancolie. Iris de la Loupette m’a transmis sa joie de galoper sous le vent. La mélancolie, elle vient plus tard. Quand on retourne sur les lieux quelques années après les avoir quittés. Quand je suis retourné dans le Cantal par…

Read More Solitude et mélancolie

Plus ça va, plus je hais l’empire du symbolique. La scansion des signifiants qui fragmentent l’attention, collent le nez à la vitre, le spectacle saturant du défilé des évènements (au sens de Deleuze : « le sourire sans chat »), l’orchestration des divertissements. (La plupart d’entre nous mitraillés de symboles) Le symbole sur-signifie tout autant…

Read More L’empire du symbolique

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Je suis bouleversé. C’est un des plus beaux films qu’il m’ait été donné de voir. We Grown now, de la réalisatrice Minhal Baig, suit la trace deux gamins qui vivent dans cette cité, Cabrini-Green, à Chicago, qui est devenue un des symboles de la ségrégation raciale aux États-Unis. Que la poétesse Dorren Ambrose-Van Lee qualifie…

Read More We Grown now (Minhal Baig)

Pensée du matin… publiée sur Mastodon (je développe ici une réponse à @Azzedine alors que nous commentions un éditorial de George Monbiot, publié dans The Guardian) Ce qui me frappe le plus, c’est le pouvoir de séduction des idéologies néolibérales sur les populations. Nous sommes devenus en quelques décennies, quels que soient nos revenus, des…

Read More L’irrésistible succès de l’anthropologie néolibérale (un cauchemar)