You know, , because whatever this life is.. It’s all we have. And we don’t want it to end.

« You know, , because whatever this life is.. It’s all we have. And we don’t want it to end. »

Severance, Season 2, Episode 10.

Comme souvent, dans Severance, une phrase soudain résonne et fait écho à mes propres préoccupations.

Nous (peut-être pas « vous »), les subalternes, sommes mitraillés par le bien qu’on nous veut. Comment pouvez-vous tolérer une telle existence, si pauvre en expérience, si démunie, si dénuée d’objets ? (Si vous n’avez jamais répondu à une convocation de la CAF ou de France Travail, cette question vous paraît sans doute incongrue. Mais songez par exemple au regard effaré de certains de vos proches quand vous leur décrivez les chemins de traverses qui sont (peut-être) les vôtres.)

Comment pouvez-vous supporter des vies tellement empêchées, tellement subordonnées ? Comment même pourriez-vous persister à vivre dans de telles conditions ?

Ceux qui posent la question (mêlée de déception et de dégoût), n’ont pas grand chose d’autre qu’une bienveillance frelatée et qui coûte fort peu, tout bien considéré, à opposer à ces « coups du sort », ces vies subalternes.

Pensez par exemple aux « politiques de développement » ou aux politiques sociales (convertir de force tous les subalternes, sinon au capitalisme, du moins au travail salarié – payé le plus mal possible évidemment – on s’en tire à bon compte. Ce pauvre hère a trouvé un emploi, de merde, mais un emploi. Il pourra continuer d’être pauvre, mais on y gagnera d’espérer pour lui un avenir meilleur, et on l’oubliera, estimant avoir fait preuve de suffisamment de bienveillance comme ça).

Je pense à beaucoup de choses, par exemple au film admirable de la réalisatrice Minhal Baig, We Grown now, qui suit la trace deux gamins habitant cette cité « noire », Cabrini-Green, à Chicago.

outsiderland.com/danahilliot/w

Quelle vie vaut d’être vécue ? (demande gravement le philosophie du fond de son luxueux fauteuil de professeur aux universités)

(Il vaudrait mieux être mort que cette vie-là ? dit un autre.)

(je rappelle au cas où qu’un milliard de personnes, soit un bon 1/8ème de l’humanité, vit dans des bidonvilles, je dis ça comme ça)

Sinon : le dernier épisode de la saison 2 est complètement psychédélico-foutraque – une des marques de fabrique de la série, peuvent pas s’en empêcher : il y a des tableaux (révolutionnaires) grandioses, et jouissifs (et hilarants). Comme je le suppose depuis le début, l’intrigue elle-même ne passionne pas énormément les scénaristes. Elle constitue plutôt l’occasion de filer une métaphore géniale sur la condition de l’homme contemporain (disons : occidental capitaliste). Comme je me fiche aussi complètement de l’intrigue, ça me va très bien.