incroyable qu’une telle chose puisse arriver qu’on emprunte à l’occasion le mauvais chemin soit ! c’est une chose qui arrive mais tout de même ! vous marchez droit devant préoccupé de certaines pensées il y a là un chemin fort bien ! vous l’empruntez voilà tout et quand le carrefour se présente vous ne le…
Read More Descente dans la vallée
En lisant le recueil d’articles et d’essais de Donald Barthelme (Not Knowing, Counterpoint 1997), me revient un épisode de ma jeunesse, lequel fait penser à ce rapport somme toute bizarre que j’entretiens avec la littérature, bizarre dans la mesure où je n’aime à proprement parler que ce qu’il était convenu d’appeler autrefois la littérature postmoderne,…
Read More Post-moderne
Le rêve est récurrent – je l’ai rêvé il y a vingt ans, ce matin où ma mère a téléphoné parce que mon frère avait disparu, et je l’ai rêvé cette nuit, je le rêvais quand j’étais enfant, je rêve d’une ville antique et déserte, je ne saurais dire exactement en quel sens elle me…
Read More Mon Frêre
Hier après-midi, je me suis enfin décidé à ouvrir les cartons et, durant quelques heures, allongé sur le matelas, j’ai feuilleté ces vieux cahiers qui datent des années 1986 à 1989. Ces vieux cahiers se trouvaient dans deux cartons que j’avais laissés avec bien d’autres cartons sur lesquels sont inscrits les noms de philosophes antiques :…
Read More Les Cahiers
En fumant la dernière cigarette avant d’aller dormir hier soir sur la terrasse, j’ai regardé le ciel, j’ai vu la trace laissée par les réacteurs d’un avion de ligne entre les étoiles, et j’ai pensé à un type que j’ai connu autrefois. Peut-être nous étions-nous rencontré à l’aérodrome de Chauvigny, parce qu’il y avait un…
Read More Le Planeur Anglais
Le printemps 1988, campagne présidentielle, j’ai vingt ans. Mon ami David et moi fréquentions un groupe de jeunes garçons et filles, ou plutôt, ce groupe de garçons et filles, dont j’avais connu quelques membres autrefois au lycée, nous invitait à leur soirée, de jeunes gens fort bien mis, de gauche, de la bonne société, le…
Read More La Réélection de François Mitterand
C’est étrange comment les noms vous reviennent parfois. Là, c’était sous la douche. Je pensais à la réforme du collège, pas que ça m’intéresse vraiment, mais j’avais discuté du sujet à table avec mon amie, que ça intéresse, elle, pas moi, mais ce qu’elle disait était intéressant, plus que le thème en lui-même, et à…
Read More Christophe A sous la douche
En creusant des trous cet après-midi dans le jardin – qui n’est pas encore à proprement parler un jardin, qui n’est un jardin que dans mon esprit, mais qui, dans l’esprit d’un autre, je suppose, n’est qu’un vulgaire morceau de prairie qu’on aurait oublié de faucher durant l’été – en creusant des trous cet après-midi…
Read More Moins 44
A l’entrée du lotissement, les habitants de la première maison sur la droite ont fait jaillir du néant un garage flambant neuf. Ils en avaient déjà un de garage, mais je suppose qu’un garage ne leur suffisait pas et qu’il leur en fallait absolument un autre. Elle est en train de peindre la porte métallique…
Read More Les garages (une épidémie)
Dans le monde où je suis né, ces premiers mots sont dramatiques et laissent craindre le pire, et ne sont pas sans maladresse car, finalement, où naît-on je vous le demande, entre deux cuisses, entre les quatre murs blancs d’une maternité, au huitième étage d’un immeuble sale au crépi décollé, dans une cité misérable, une…
Read More Le Quartier réservé aux domestiques
Fatalement, alors que s’offrait une vaste journée indemne de toutes contraintes, le genre de journée dont j’ai été privé depuis des lustres, le genre de journée qu’on attend secrètement en patientant, en rongeant son frein, en ravalant la haine qui s’accumule, la haine que nourrit l’encombrement des emplois sans joie et qui, au lieu de…
Read More Le Futur antérieur
Je n’ai pas réellement désiré ce chien. Quand j’y repense aujourd’hui, il me semble que notre rencontre ne fut que le fruit du hasard, ou, pour être moins imprécis, d’un concours de circonstances tellement singulier qu’il incite à songer au destin. Au mois de janvier de l’année 2009, je me trouvais à Paris pour affaire,…
Read More Le Chien persécuté par un lapin
Si Freud n’avait pas pensé les pensées qu’il a pensées, je serais probablement une sorte de Jean-Jacques Rousseau, condamné au même genre de pensées que lui, des pensées sous l’empire de la persécution, la persécution généralisée — quand je me contente de persécutions localisées —, et je me laisserais aller à considérer mon cas particulier…
Read More La Poubelle à laquelle nous voulions en venir
Avant de vivre avec ce chien donc, je n’aimais pas les chiens. Non. Corrigeons : je n’aimais pas l’idée de vivre avec un chien. Comme bien des gens, je préférais les chats. De fait, à l’occasion de ma première période de vie conjugale, dans laquelle s’épuisèrent en vain les plus belles années de ma jeunesse,…
Read More L’Idée du chien
On est le 13 de juillet, censément l’été, la chaleur, les terrasses aux cafés, les filles en jupette, la douceur légèrement affolante du soir, l’insouciance de la jeunesse retrouvée et les sauterelles exaltées dans la prairie et, au lieu de ça, il flotte à tout rompre, c’t’odeur de noyés, d’atroces mauvaises nouvelles s’amoncellent sur des…
Read More Flotte
Je me relève à minuit à cause d’une pensée puis d’un souvenir. Je me disais, le nez sous la couverture : mes deux fantasmes musicaux, si l’envie me reprend de refaire de la musique, seraient : 1. de monter un groupe punk (ou disons, post-punk quelque chose, mais basique et nerveux, hard ou post ou…
Read More Le Garçon sur la barque
Ce matin ça m’a repris, mener l’enquête, je suis allé aux archives municipales. Je préfère qu’elle ne me demande pas, l’archiviste, pourquoi je souhaite précisément consulter ce journal, et pourquoi précisément ces années-là, l’année 1967 et l’année 1993, et, si possible, le mois d’août 1967 et le mois d’avril 1993, nous habitons une toute petite…
Read More 1967 – 1993 : un rapport
Capou et moi apprenons la propriété. Je me lève, il est 8h30, j’ouvre la porte-fenêtre qui donne sur le jardin et demeure sur la terrasse en ciment quelques minutes. Je regarde mes terres. Mes terres s’étendent sur environ 1000 mètres carré, c’est-à-dire 10 ares, principalement au sud et à l’ouest de la maison. Au sud,…
Read More 10 ares