C’est épatant comment, jusqu’aux derniers moments, ou ce qui pourrait éventuellement s’avérer les derniers moments, on ne sait jamais après tout, avec toutes ces maladies nosocomiales, qui peut véritablement garantir que tout va bien se passer ?, personne, sinon, on ne vous demanderait pas votre consentement, et la liste est longue comme un jour sans pain des effets secondaires et des risques auxquels on vous demande de consentir, sans quoi, pas question de vous administrer le traitement, soyez-en sûr, consentir ou mourir, et consentir à de véritables horreurs parfois, vaudrait mieux crever tout de suite, et puisque vous avez consenti, pas moyen de se plaindre si vous êtes transformé en légume, je vous assure, il faut les lire pour y croire, et si l’on pense à toutes les choses auxquelles on consent, finalement, je veux dire, dans le cours d’une vie, toutes ces soumissions, ces génuflexions, combien de pipes on taille à combien de connards, à bien y songer, c’est d’un comique n’est-ce pas ? le travail salarié déjà, quand on voit ce à quoi on consent, en échange d’un putain de salaire de merde qui vous permettra juste de rester en vie et pouvoir travailler en attendant la retraite, quelles vies de merde hein, DONC ! On vous demande non seulement de consentir à des tas de choses abominables, qui « pourraient arriver » (mais rassurez-vous, c’est un cas sur cinq, et avec les progrès de la médecine n’est-ce pas, on devrait pouvoir faire baisser ce taux à un sur six, voire un sur sept, pas tout de suite, mais ça viendra, avec l’Intelligence Artificielle, on a de bons espoirs), non seulement consentir, mais désigner une « personne de confiance », au cas où vous perdiez la tête n’est-ce pas, on ne sait jamais, pas évident de consentir à quoi que ce soit quand on est plongé dans le coma, ainsi que des « dernières volontés », il existe un formulaire sur le site du gouvernement, c’est-à-dire, préciser pour vos proches ce qu’il faudra faire si l’occasion se présente, si vous en avez, des proches, bien entendu, mais qui n’en a pas ?, vous ? désolé !, et puis pensez aussi à préparer la succession, on n’y pense pas assez, on pense qu’on a le temps pour ça, on est parfois étonné quand le pire arrive, pris par surprise, ah ! déjà ! c’est mon tour ?, ce ne sont que quelques formulaires à remplir, et nous pouvons même vous proposer des modèles, des lettres de gens qui vous ont précédé, il n’en manque pas, si des fois vous manquez d’inspiration, c’est assez fréquent de manquer d’inspiration quand vous êtes à l’agonie, s’inspirer d’un modèle épargne bien des tourments, même si, dans votre cas, il n’y a aucune raison de s’inquiéter, la plupart des gens s’en remettent très bien, la succession donc. Et les dernières volontés.
(alors, concernant la succession : mes œuvres complètes tiennent sur une clé USB si ça intéresse quelqu’un. Le reste dans le coffre de ma voiture : je conseille le Secours Populaire ou la déchetterie du coin)
(et puis, concernant les dernières volontés, inutile de préciser que je m’en fous complet, excepté qu’une cérémonie religieuse est absolument hors de propos, là, si on me fait ce coup-là, je serais capable de revenir d’entre les morts et ruiner la cérémonie, cramer l’église et ses fidèles, par contre, si vous tenez à une cérémonie (je ne sais trop à qui s’adresse ce « vous », non religieuse, genre, jeter mes cendres où bon vous semblera, dans un fossé, ça ira fort bien), j’aimerais qu’on diffuse cette chanson de Bill Wells et Adrian Moffat, qui me paraît être la meilleure chanson jamais écrite pour une telle occasion (oui, je sais, tout cela pour en arriver là !) :
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