J’ai connu quelques forêts — mais ces dernières années, j’étais plutôt un de la montagne, à parcourir les pentes et les crêtes, compagnon des chamois et mouflons, à dévaler les champs de neige.

Ici – ce que j’appelle ici désormais – collines et vallons en sont couverts — non loin au sud : Bois de la Frissonnette, Bois de la Rodde, Bois de Roure, Bois de Bérat, plus loin au sud : Bois de Mauchet, Forêt de Boisgrand, et plus loin encore, là où commence ce qui ressemble à la montagne, Les Bois Noirs, Bois de Coisse, Bois de la Recole, des bois des forêts, toujours, partout.

S’orienter là-dedans (en montagne, il y a toujours la possibilité de prendre un peu de hauteur — embrasser du regard &c. En forêt, même vallonnée comme ici, faudrait grimper aux arbres !), pas si facile. Ha ! Me perdre à nouveau — ça fait longtemps que je ne me suis pas perdu, la dernière fois c’était dans le brouillard et la tempête de neige, égaré dans tout ce blanc, la neige qui s’engouffrait dans la bouche et les narines — un cauchemar. M’en suis sorti en tombant sur une forêt. Et là, l’abri des sapins, rechausser les skis que j’avais mis sur l’épaule — je tenais plus debout — allumer une cigarette et la fumer. Quelle joie de se retrouver après s’être perdu. Pour sûr, en forêt, ces infinies forêts, je me perdrais. J’ai hâte.

Pour fêter ça, j’écoute les Waldszenen de Robert Schumann (version Izumi Tateno).

Les Bois de la Rodde
(les bois de la Rodde)