Stefania Barca, catastrophe industrielle et éco-féminisme
Un extrait du livre de Stefania Barca, Workers of the Earth. Labour, Ecology and Reproduction in the Age of Climate Change, Pluto Press 2024.
Un des points aveugles de la propagande en faveur l’éthique du travail (ou la « valeur travail »), c’est la catastrophe industrielle. toutes les régions du monde dans lesquelles se déploient les usines et les infrastructures du capitalisme industriel ont connu leurs catastrophes. Les plus spectaculaires scandent l’histoire du capitalisme. Pour ne prendre que des épisodes récents, Seveso, Bhopal, Tchernobyl, hantent (ou devraient hanter) les mémoires des habitant‧e‧s de cette planète. La vérité, c’est qu’on les oublie vite : quelle trace a laissé dans la mémoire des européens l’explosion d’un stock de 2750 tonnes de nitrate d’ammonium dans le port de Beyrouth en août 2020 ? Qui se souvient des 1127 morts et des milliers de blessés lors de l’effondrement de l’atelier de confection Rana Plaza à Dacca (Bangladesh) en 2014 ?
Pire encore que l’oubli, il y a l’ignorance pure et simple. Parce que la catastrophe industrielle n’est pas toujours spectaculaire. Les effets les plus courants de la production industrielle s’inscrivent dans ce qu’on appelle en anglais les « slow disaster » : pensez à la différence entre un tsunami dévastateur, et la montée des eaux telle qu’elle se manifeste à l’ère du changement climatique. Rob Nixon, dans son ouvrage désormais classique, The Slow violence and the environmentalism of the poor, 2011, s’inscrivant dans une longue tradition de recherches, avait rappelé combien ces effets toxiques de l’activité industrielle touchent d’abord et avant tout les classes les plus défavorisées, et pas seulement dans les territoires d’exploitation néocoloniaux. Cette tradition critique remonte déjà au XIXè siècle, on en lit des échos par exemple chez Marx, mais elle se développe surtout depuis les années 60, dans tous les milieux critiques et militants, écologistes, féministes, indigénistes etc. On peut les rassembler par commodité dans la catégorie de la « justice environnementale » – en gardant à l’esprit le caractère social et politique de l’ « environnemtal justice » (qui se distingue de ce point de vue des perspectives « environnementalistes » conservatrices classiques – défendre une nature « pure » fantasmée en dépit des êtres humains qui l’habitent et la transforment).
Les impacts les plus mortifères et destructeurs de l’activité industrielle (et plus largement, de toute la chaîne de production capitaliste, depuis l’extraction jusqu’à la livraison du produit fini, en passant par la fabrication, la transformation, les infrastructures militarisées des transports, etc.) sont sournois, bien qu’omniprésents, et parce qu’ils se déploient progressivement, lentement, et ne se manifestent souvent qu’après des années, voire des décennies, notamment dans le cas des cancers et autres pathologies touchant notamment les personnes les plus fragiles, à commencer par les nouveau-nés, ces effets sont aisément invisibilisés par les capitalistes. Ces empoisonnements systémiques sont d’autant plus aisément occultés par les responsables que les faits épidémiologiques ou environnementaux, pour être établis objectivement, requièrent le concours des scientifiques, c’est-à-dire d’une expertise dont les ouvrières du textile au Bangladesh ou les parents des enfants malformés à la naissance dans les zones industrielles ne disposent pas. La reconnaissance des effets sur la santé et l’environnement de l’activité de production repose inévitablement sur l’alliance des victimes et des scientifiques, ce qui pose d’évidents problèmes : car, du côté des responsables, on se fait fort de financer des expertises qui tendront à rassurer, c’est-à-dire le plus souvent à minimiser, voire à occulter, ces effets – et, dans le meilleur des cas, le débat se déplace entre deux expertises, deux communautés scientifiques, l’une, grassement payée, au service du capital, et l’autre, du côté des militants, souvent composée d’étudiants ou de chercheurs et chercheuses issues de l’université, beaucoup moins bien rémunérés, voire pas rémunérés du tout.
J’en viens maintenant au récit que Stefania Barca fait d’une catastrophe dont on ne trouve que très peu de traces dans les médias ou sur internet. Celle de l’usine de Manfredonia, dans les Pouilles italiennes en 1976, à la fois éclipsée par la catastrophe de Seveso, qui s’était produite deux mois auparavant, et aisément occultée parce qu’elle se déroulait dans une ville du sud de l’Italie, et non pas dans le Nord – une des conséquences de cette situation géographique, c’est notamment, comme on le lira, l’absence de « prise de conscience » politique, syndicale et des milieux médicaux. La lutte, car lutte il y eut, difficile et mal récompensée, vint d’abord des populations locales, des femmes notamment.
Pour Stefania Barca, le cas de Manfredonia constitue un exemple type pour illustrer ce qu’elle appelle l’éco-féminisme, thème qu’elle avait déjà développé brillamment dans son ouvrage Forces of Reproduction: Notes for a Counter-Hegemonic Anthropocene. Cambridge: Cambridge University Press (2020) que je vous conseille vivement ! J’en avais donné une brève présentation ici : https://outsiderland.com/danahilliot/repenser-le-materialisme-historique-en-termes-eco-feministes-stefania-barca/
L’éco-féminisme tel qu’elle le conçoit constitue une base intersectionnelle nourrie de la tradition des autonomismes marxistes italiens, et des perspectives fénimistes, décoloniale/indigéniste, ou encore les théories de la décroissance. Dans son dernier ouvrage (un assemblage d’articles) Workers of the Earth. Labour, Ecology and Reproduction in the Age of Climate Change, Pluto Press 2024, elle s’efforce de renouer la question du travail (salarié ou non-payé, comme le travail du care), avec celui de l’écologie. Et notamment de mettre à mal la logique du « job-versus-the-environment » par lequel le capitaliste justifie, parfois et trop souvent avec l’accord des syndicats, voire des travailleurs eux-mêmes, les dégâts de l’activité industrielle.
Je traduis ici un extrait du chapitre 2 :
Le groupe ENI est arrivé pour la première fois à Manfredonia – un village de pêcheurs sur la côte adriatique – à la fin des années 1960, sous le nom d’ANIC (Azienda Nazionale Idrogenazione Combustibili, société d’État pour l’hydrogénation des carbones) pour explorer la couche de méthane dans la région avec l’intention de construire une usine pour la production d’urée et de sulfate d’ammonium (utilisés comme engrais) et de caprolactame (une matière première pour les fibres synthétiques).
À partir de 1972, l’usine ANIC connut une série d’accidents qui ont eu pour effet à long terme de modifier la psychologie collective locale et de transformer les résidents en citoyens de la « société du risque ». Ces accidents ont permis aux habitants de Manfredon de voir et de percevoir clairement – par leur nez, leurs oreilles et leurs mains – ce qui était produit dans l’usine en dehors des salaires et des revenus. L’ammoniac, l’arsenic, l’acide nitreux, l’acide sulfurique et d’autres polluants ont été visiblement libérés dans une série de retombées de plusieurs tonnes chacune, provoquant une intoxication collective, des évasions massives et la panique. La retombée la plus grave s’est produite un dimanche matin de septembre 1976 (deux mois après l’accident plus célèbre de Seveso), lorsqu’une explosion dans la colonne d’arsenic a fait sauter le toit en forme de dôme de l’usine, qui est tombé sur un hangar situé sur le côté opposé. Peu après, les personnes se promenant dans la principale zone commerciale ont pu voir un large nuage brun provenant de l’usine et se dirigeant vers eux, suivi d’une boue jaune qui tombait doucement comme de la neige tout autour. Cette neige était du dioxyde d’arsenic, et il a été calculé plus tard qu’environ 32 tonnes de dioxyde d’arsenic étaient tombées sur la ville.
Les symptômes d’une contamination généralisée ne tardent pas à se manifester : le lendemain de l’explosion, de nombreux animaux de basse-cour meurent et de grandes quantités de poussière d’arsenic sont retrouvées sur les feuilles. Dans les heures qui ont suivi, les cent premières personnes ont été hospitalisées avec de forts symptômes d’intoxication à l’arsenic. Il s’agit principalement de travailleurs de l’usine et d’habitants du quartier de Monticchio, une ancienne zone rurale entourant l’usine, devenue un quartier surpeuplé de 12 000 personnes mal logées ayant quitté la campagne à la recherche d’un emploi. La direction de l’ANIC a nié l’existence de tout risque et a remis les employés au travail comme si de rien n’était. La seule mesure qu’elle a prise a été d’envoyer une équipe spéciale d’ouvriers d’entretien, chargés du nettoyage, qui ne bénéficiaient d’aucune protection et n’avaient aucune idée de ce qu’ils manipulaient. Ces travailleurs ont balayé la poussière d’arsenic jour et nuit afin que l’usine puisse reprendre ses activités normales le lundi suivant. Peu après l’accident, en octobre 1976, six cadres supérieurs de l’usine ANIC ont fait l’objet d’une enquête pour « massacre par négligence », mais l’enquête préliminaire n’a même pas abouti dans la salle d’audience. En fait, le massacre n’était pas évident : il ne le deviendrait que quelques décennies plus tard, lorsqu’un certain nombre de travailleurs qui étaient entrés dans l’usine au début des années 1970 tombèrent malades et décédèrent de diverses affections graves liées à l’intoxication aiguë à l’arsenic de 1976.
L’accident de Manfredonia s’est produit alors que l’âge d’or de l’environnementalisme ouvrier en Italie touchait à sa fin ; de plus, il s’est produit dans le sud. Il n’y avait pas de SMAL (les équipes de recherche en médecine, politisées, qui soutenaient les ouvriers du nord de l’Italie) à Manfredonia, ni de responsables de la santé publique, d’étudiants ou même de syndicats désireux de s’opposer à la contamination massive des corps humains et des valeurs sociales par l’ANIC. La politique de « tromperie et de déni » a été facilement mise en œuvre dans ce cas ; en fait, l’accident de Manfredonia est encore largement inconnu dans la littérature internationale et même du public italien. Les victimes de l’accident de 1976 ont fait l’expérience matérielle de l’existence d’un ensemble bien consolidé de connaissances et de pouvoirs lié à l’État italien, sous la forme de données retardées et mal interprétées provenant de tests de laboratoire et de la manipulation délibérée de normes scientifiques dans le but d’altérer les résultats des tests. Des hygiénistes industriels réputés et respectés des cliniques du travail de Bari (la ville la plus proche) et de Milan – tous employés comme consultants à la solde de l’ENI – ont refusé au public l’accès aux résultats des tests pendant neuf précieux jours, puis ont révélé des niveaux de contamination des urines par l’arsenic de 20 à 50 fois supérieurs à la norme maximale pour plusieurs centaines de cas. Les hôpitaux locaux n’étaient cependant pas en mesure d’accueillir autant de personnes à la fois, et un certain nombre de victimes ont été renvoyées chez elles sans avoir reçu aucun soin. Les médecins de l’entreprise ont décidé d’augmenter arbitrairement les niveaux de contamination urinaire admissibles de 100 et 200 fois afin de déclarer la plupart des employés « aptes au travail ».
L’accident de 1976 n’a suscité aucune réaction importante ou significative de la part de la communauté locale. La tentative de minimiser les risques, en retardant les résultats des tests et en rappelant presque tous les travailleurs au travail, a eu pour effet de rassurer une population encore largement inconsciente des conséquences réelles de la contamination. Seule une organisation de base de la gauche radicale, Democrazia Proletaria (DP), a tenté d’alerter l’opinion publique sur le « verrouillage de l’information » décrété par le gouvernement de Manfredonia – une pratique déjà manifeste dans l’expérience de Seveso. Quelques semaines après l’explosion, quelques centaines de personnes ont participé à une manifestation publique organisée par DP. Les participants n’étaient pas de simples observateurs, mais des personnes directement touchées par les conséquences environnementales de l’opération ANIC. Ces protestations ne représentaient pas la voix d’écologistes isolés et élitistes, mais provenaient du monde du travail. Les employés de l’usine ont dénoncé le fait qu’ils avaient été envoyés au travail avec des niveaux élevés d’arsenic dans leurs urines et sans aucune protection contre la contamination de l’environnement à l’intérieur de l’usine ; les pêcheurs locaux – un groupe qui, dans le passé, avait été fortement représentatif de l’identité de la communauté et qui continuait à produire une part importante des revenus de la ville malgré la menace croissante que représentait l’usine ANIC pour leurs moyens de subsistance – ont affirmé que le bureau du port avait gardé secrètes les preuves de la pollution marine dans la région de la baie afin de ne pas créer d’inquiétude et de perturbation dans l’économie locale. Le plus intéressant, cependant, ce sont les voix qui sont venues du quartier de Monticchio, où un comité de citoyens pour la défense de la santé a été créé et où une marche de plus de 10 000 personnes sur l’hôtel de ville a commencé le 17 octobre. Néanmoins, DP n’était pas une organisation puissante avec des milliers d’affiliés, et son influence sociale ne pouvait pas non plus croître beaucoup étant donné sa loyauté clairement déclarée à la gauche marxiste extraparlementaire.
Les autres forces politiques, y compris les partis de gauche, ont été largement absentes de la construction sociale de l’opposition de la communauté à l’usine, à cette occasion comme à d’autres. Pour comprendre une telle position, le discours « l’emploi contre l’environnement » (‘job-versus-the-environment’) est probablement l’explication la plus pertinente : aucun parti ou syndicat ne voulait en effet être identifié comme contestant une agence offrant des emplois, même si seulement 850 personnes travaillaient effectivement dans l’usine en 1976 et que le nombre total dans les décennies suivantes ne dépasserait jamais un millier. Plus assourdissant encore – pour ce qui nous intéresse ici – fut le silence des syndicats à Manfredonia. Aucun SMAL n’a été mobilisé pour évaluer les effets de l’accident de 1976 ou les effets à long terme de la production d’urée et de caprolactame sur les travailleurs de l’ANIC et leurs familles dans la région environnante. Une différence aussi frappante entre les politiques de la confédération syndicale au nord et au sud nécessite encore une explication historique, que l’on espère obtenir grâce à de futures recherches.
Néanmoins, le manque d’initiative de la part des syndicats (dirigés par des hommes) a laissé la possibilité à un autre acteur de se manifester : les femmes. C’est un groupe de 40 femmes locales, les plus touchées par les retombées de l’accident alors qu’elles vivaient à proximité de l’usine et les épouses de ses travailleurs, qui se sont mobilisées. Adoptant une approche écoféministe, elles ont formé un Comité des femmes citoyennes et ont réussi à traîner le groupe ENI devant les tribunaux. Non pas devant la justice italienne, mais devant la Cour européenne des droits de l’homme de Genève qui, saisie de l’affaire Manfredonia en 1988, a fini par se prononcer contre l’entreprise en février 1998. La Cour a déclaré Enichem coupable de préjudice moral en soulignant les relations entre les déchets toxiques et les émissions de l’usine et la vie privée/familiale des femmes. L’arrêt était axé sur le « droit de savoir », c’est-à-dire sur l’idée que les plaignantes avaient le droit d’accéder à des informations concernant strictement leurs propriétés et celles de leurs proches (maison et corps) et que l’entreprise avait illégalement retenu ces informations. La Cour a également déclaré l’État italien coupable de ne pas avoir protégé les plaignants contre la violation de leur vie privée. La théorie du « droit de savoir » n’implique toutefois pas la responsabilité d’une entreprise (ou de l’État) pour les conséquences directes de la production. Alors que les femmes de Manfredonia avaient demandé un énorme règlement collectif pour « dommage biologique », la Cour a accordé à chaque plaignante une somme individuelle en compensation du « dommage moral », pour un montant total correspondant à un cinquantième de la demande initiale. Fait encore plus frappant, la Cour a rejeté la demande des plaignants d’obliger l’État italien à nettoyer la zone, à mener une étude épidémiologique sur l’ensemble de la population de Manfredon et à ouvrir une enquête sur l’impact environnemental de l’usine Enichem.
Pourtant, un événement s’est produit à Manfredonia, qui a une nouvelle fois montré que le risque industriel pouvait se traduire par une action sociale et juridique. En 1995, Nicola Lovecchio, un travailleur handicapé et retraité de l’usine Enichem, a rencontré par hasard un médecin de la clinique du travail de l’université de Bari, Maurizio Portaluri, pour un contrôle médical de routine. À l’époque, Nicola Lovecchio subissait déjà les conséquences de la stratégie de déni menée par les médecins de l’entreprise depuis 1976 : il était atteint d’un cancer du poumon qui, s’il avait été diagnostiqué quelques années plus tôt alors qu’il était déjà visible à l’aide d’une radiographie précise, aurait pu être traité efficacement. Au lieu de cela, Lovecchio a été déclaré « apte au travail » jusqu’à ce que le cancer soit généralisé, et il est mort à l’âge de 49 ans, 21 ans après l’accident de septembre 1976.20
Portaluri représentait le « médecin démocratique » que le mouvement pour la santé des travailleurs des années 1970 avait appelé de ses vœux, s’alliant aux travailleurs contre les employeurs et les médecins d’entreprise. Quelques années auparavant, il avait lu un dossier déposé par l’organisation Medicina Democratica concernant une autre usine Enichem située à Porto Marghera, près de Venise. Le dossier documentait l’enquête qu’un autre travailleur, Gabriele Bortolozzo, avait lancée contre la direction, détaillant la responsabilité pénale des médecins de l’entreprise pour la mort et l’invalidité de nombreux travailleurs suite à diverses formes de cancer, toutes liées à la production de chlorure de vinyle (VCM) et de chlorure de polyvinyle (PVC), ainsi que pour la dévastation de l’environnement dans la lagune vénitienne.21 L’enquête de Bortolozzo avait ouvert une nouvelle possibilité pour l’environnementalisme du travail en Italie, que l’on pourrait appeler « l’épidémiologie des travailleurs ». Cela a conduit Portaluri à penser que quelque chose de similaire pourrait, et même devrait, être fait à Manfredonia. Ensemble, le médecin et Lovecchio, avant que la maladie ne l’emporte, décident de mener une enquête à partir de la base : Portaluri a demandé l’aide des experts « militants » de Medicina Democratica (médecins, biologistes, ingénieurs), tandis que Lovecchio a interrogé ses collègues (et leurs veuves), recueillant des souvenirs de l’accident de Manfredonia de 1976 et toutes les données pertinentes concernant l’environnement de travail ; il a également sollicité ses collègues de travail pour demander à l’entreprise de lui fournir leurs dossiers cliniques. Le résultat final de cette recherche a été un procès, impliquant des centaines de plaignants, un certain nombre d’organisations, la ville de Manfredonia et l’État italien, qui, malheureusement, s’est achevé en mars 2011 par le rejet de toutes les accusations portées contre l’entreprise.
