{"id":666,"date":"2014-05-09T15:07:24","date_gmt":"2014-05-09T15:07:24","guid":{"rendered":"http:\/\/outsiderland.com\/outside\/?page_id=666"},"modified":"2014-05-09T15:07:24","modified_gmt":"2014-05-09T15:07:24","slug":"jargon","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/outsiderland.com\/exercices_psychanalytiques\/jargon\/","title":{"rendered":"Jargon"},"content":{"rendered":"<p class=\"western\">La tendance \u00e0 jargonner menace ce texte, pas moins qu\u2019un autre (texte).<\/p>\n<p class=\"western\">Le comble serait de jargonner en utilisant le mot jargon. D\u2019o\u00f9 la tentative qui suit de d\u00e9crire ce que j\u2019entends par jargon et en quel sens c\u2019est l\u00e0 pr\u00e9cis\u00e9ment ce dont, en psychanalyse, on ferait mieux de se m\u00e9fier (plut\u00f4t trois fois qu\u2019une).<\/p>\n<p class=\"western\">Une premi\u00e8re approche, que l&rsquo;\u00e9tymologie et l\u2019usage ancien du mot jargon atteste, serait de souligner l\u2019inintelligibilit\u00e9 du jargon, qui s\u2019ensuit ou bien de sa \u201ctechnicit\u00e9\u201d ou bien de la corruption dont le langage correct aurait \u00e9t\u00e9 victime.<\/p>\n<p class=\"western\">La seconde approche, celle que je veux explorer ici, consiste \u00e0 tenir le jargon non pas pour un vocabulaire particulier, mais comme une mani\u00e8re d\u2019utiliser certains mots, en me pla\u00e7ant du point de vue des usages. C&rsquo;est le sens que donne Moli\u00e8re dans Les Femmes savantes, dans une sc\u00e8ne tout \u00e0 fait d\u00e9licieuse\u00a0:<\/p>\n<p class=\"western\">\n<p class=\"western\">MARTINE<\/p>\n<p class=\"western\">Tout ce que vous pr\u00eachez est, je crois, bel et bon;<\/p>\n<p class=\"western\">Mais je ne saurais, moi, parler votre jargon.<\/p>\n<p class=\"western\">\n<p class=\"western\">PHILAMINTE<\/p>\n<p class=\"western\">L\u2019impudente! appeler un jargon le langage<\/p>\n<p class=\"western\">Fond\u00e9 sur la raison et sur le bel usage!<\/p>\n<p class=\"western\">\n<p class=\"western\">Serait-ce l\u00e0 \u201cdire sans vouloir dire\u201d ? Cette proposition a-t-elle un sens ? Peut-on imaginer une situation o\u00f9 un locuteur dirait quelque chose sans rien vouloir dire. Cette situation diff\u00e8re assur\u00e9ment de celle o\u00f9 (p) dit quelque chose qu\u2019il n\u2019a pas voulu dire \u2013 ce qui suppose qu\u2019il ait bien voulu dire quelque chose, mais que sa langue a fourch\u00e9, qu\u2019il commet ce qu\u2019on appelle un laspus.<\/p>\n<p class=\"western\">\u00ab\u00a0Quand je dis cela, je ne veux pas dire que c\u2019est de ma m\u00e8re dont il s\u2019agit.\u00a0\u00bb Ou, plus succinctement, pour reprendre l\u2019exemple de Freud, \u00ab\u00a0ce n\u2019est certainement pas ma m\u00e8re.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"western\">\u201cJe sais que vous \u00eates en train de penser qu\u2019il s\u2019agit de ma m\u00e8re, mais vous vous trompez.\u201d etc.<\/p>\n<p class=\"western\">Les surr\u00e9alistes dans le but de s&rsquo;\u00e9manciper des contraintes que leur conscience (entendue ici au sens qu\u2019on voudra) faisait peser sur le processus cr\u00e9atif, essayaient, \u00e0 travers l&rsquo;\u00e9criture automatique, de ne rien vouloir dire \u2013 sauf qu\u2019influenc\u00e9s par un certain freudisme, il esp\u00e9raient tout de m\u00eame qu\u2019une voix inconsciente parvienne \u00e0 se frayer un chemin \u00e0 travers les mots jet\u00e9s sans r\u00e9flexion sur le papier. Int\u00e9ressant : pour que l\u2019inconscient de l\u2019auteur puisse exprimer quelque chose, il fallait que l\u2019auteur fasse taire en lui toute volont\u00e9 \u2013 \u00e0 commencer par la volont\u00e9 de dire quelque chose. La dimension path\u00e9tique des textes issus de l&rsquo;\u00e9criture automatique tient, non pas tant au fait de la proc\u00e9dure elle-m\u00eame, mais \u00e0 leur absence totale d\u2019int\u00e9r\u00eat, aussi bien artistique que psychanalytique (je dois avouer que je n\u2019aime pas la dimension \u201cprogrammatique\u201d ou \u201csyst\u00e9matique\u201d des exp\u00e9riences surr\u00e9alistes, fond\u00e9es sur des postulats bien souvent na\u00effs). Au cr\u00e9dit de cette exp\u00e9rience, on peut toutefois compter, de mani\u00e8re certes indirecte, l\u2019information suivante : la suspension radicale de la volont\u00e9 de dire ne favorise en rien l\u2019expression \u201clibre\u201d ou \u00e9mancip\u00e9e. L\u2019association libre n\u2019a rien \u00e0 voir avec l&rsquo;\u00e9criture automatique : et je crois que la diff\u00e9rence tient pr\u00e9cis\u00e9ment au fait que dans l\u2019association libre psychanalytique, on ne manque pas de s\u2019adresser \u00e0 quelqu\u2019un (\u201cil y a de l\u2019autre\u201d comme on dit, et donc un effet d&rsquo;\u00e9cho et de feed-back : ce que (p) dit, quoiqu\u2019il ait voulu dire, ou qu\u2019il n\u2019ait pas voulu dire, pourrait bien \u00eatre entendu ou per\u00e7u d\u2019une mani\u00e8re ou d\u2019une autre par ce type dans le fauteuil, lequel s\u2019int\u00e9resse pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 ce que (p) veut dire (ou ne veut pas dire), ce qui implique qu&rsquo;\u00e0 l\u2019analyste il est impossible de dire \u201cn\u2019importe quoi\u201d).<\/p>\n<p class=\"western\">\n<p class=\"western\">Mais passons.<\/p>\n<p class=\"western\">Si jargonner est une certaine mani\u00e8re d\u2019user de certains mots, alors peut-on faire l\u2019hypoth\u00e8se que dans le courant d\u2019un \u00e9nonc\u00e9, un certain mot soit produit pr\u00e9cis\u00e9ment dans le but, \u00e0 ce moment l\u00e0, de ne rien vouloir dire.<\/p>\n<p class=\"western\">\n<p class=\"western\">Si on entend l\u2019expression soup\u00e7onn\u00e9e comme un perlocutoire, alors il semble que l\u2019effet recherch\u00e9 soit, en partie, celui de ne (surtout) pas vouloir expliciter les significations de cette expression, mais bien plut\u00f4t de sid\u00e9rer son auditoire, ou le rassurer, ou l\u2019hypnotiser. Utiliser dans un \u00e9nonc\u00e9 des mots comme \u00ab\u00a0identification projective\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0jouissance\u00a0\u00bb indique \u00e0 celui qui l\u2019entend qu\u2019on fait partie d\u2019un certain groupe r\u00e9put\u00e9 pour savoir ce qu\u2019on veut dire quand on utilise ce genre de mots. C\u2019est un signe de reconnaissance, un petit drapeau qu\u2019on agite, un sociolecte. Si on s\u2019efforce de saisir \u00ab\u00a0dans la situation o\u00f9 il est produit\u00a0\u00bb (une situation o\u00f9 l\u2019on jargonne) sur le versant du sens, alors la description devient extr\u00eamement floue. Dans la foule des manifestants, tous hurlent le m\u00eame slogan, mais si l\u2019on interrogeait chacun sur le sens qu\u2019il donne au slogan, on disposerait probablement d\u2019une collection d\u2019explicitations extr\u00eamement diversifi\u00e9e (voire, parfois, incompatibles entre elles).<\/p>\n<p class=\"western\">\n<p class=\"western\">Un superbe exemple nous est fourni par les actes du colloque : <i>Projection, Identification, Projective Identification<\/i>, sous la direction de Joseph Sandler (publi\u00e9s en 1988 chez Karnac Books, et traduits en fran\u00e7ais aux PUF en 1991). Les participants au colloque ont ceci en commun qu\u2019ils utilisent dans leur travail psychanalytique les mots \u201cprojection\u201d, \u201cidentification\u201d et \u201cidentification projective\u201d. L\u2019objet du colloque est assez g\u00e9nial : il ne s\u2019agit absolument pas de consacrer une morceau de th\u00e9orie en \u00e9talant successivement, au gr\u00e9 des interventions des participants, des \u201cpreuves\u201d que \u00e7a marche (ce qui constitue malheureusement le lot d\u2019un grand nombre de rencontres psychanalytiques, lesquelles du coup ressemblent \u00e0 des messes c\u00e9l\u00e9brant \u2013 hypostasiant \u2013 tel ou tel concept dans l\u2019air du temps). Mais bien plut\u00f4t de faire part de la mani\u00e8re dont chacun fait usage du concept, c\u2019est-\u00e0-dire : \u00ab\u00a0Qu\u2019est-ce que je veux dire quand je parle d\u2019 \u201cidentification projective\u201d ?\u00a0\u00bb. Or, sans entrer dans les d\u00e9tails, les discussions font appara\u00eetre les points suivants :<\/p>\n<p class=\"western\">1. Ce qu\u2019on veut dire en parlant d\u2019 \u201cidentification projective\u201d ne fait pas , c\u2019est le moins qu\u2019on puisse dire, unanimit\u00e9. C\u2019est d\u2019autant plus frappant quand les intervenants d\u00e9crivent (en g\u00e9n\u00e9ral avec beaucoup de finesse) les situations analytiques concr\u00e8tes qui les incitent \u00e0 penser qu\u2019il pourrait bien s\u2019agir l\u00e0 d\u2019un cas d\u2019application du concept incrimin\u00e9. Pour tel cas, certains jugent pertinents l\u2019usage du concept, d\u2019autres non. Et, ce qui rend cette bataille passionnante, c\u2019est que dans l\u2019histoire, aucun usage ne fait autorit\u00e9 (malgr\u00e9 le charisme et la r\u00e9putation de certains intervenants).<\/p>\n<p class=\"western\">2. La r\u00e9f\u00e9rence \u201coblig\u00e9e\u201d (et justifi\u00e9e) \u00e0 M\u00e9lanie Klein ne suffit pas \u00e0 lever les ambigu\u00eft\u00e9s : le d\u00e9bat menace de se transformer en expertise \u00e9rudite sur le th\u00e8me de \u00ab\u00a0ce que M\u00e9lanie Klein a voulu dire en nous laissant ce legs embarrassant\u00a0\u00bb. Ainsi, les colloques d\u2019analystes ne sont pas rares o\u00f9 l\u2019on consacre l\u2019essentiel des efforts \u00e0 \u00e9tudier la pens\u00e9e d\u2019un pr\u00e9d\u00e9cesseur, dans le but de c\u00e9l\u00e9brer en m\u00eame temps son g\u00e9nie et l\u2019intelligence des successeurs r\u00e9unis autour de ses livres : on assiste ainsi souvent \u00e0 d\u2019interminables c\u00e9r\u00e9monies, que d\u2019autres ont compar\u00e9 \u00e0 des messes, \u00e9ventuellement, mais \u00e0 dose hom\u00e9opathique, ponctu\u00e9e de quelques vignettes cliniques assez vaseuses, mais rassurantes, et certainement \u00e9mouvantes, lesquelles font office de preuves comme quoi le c\u00e9l\u00e9br\u00e9 avait raison (quand bien m\u00eame il n\u2019a jamais \u00e9cout\u00e9 un mot du patient que la vignette clinique est cens\u00e9e \u00e9voquer\u00a0: Bion dit \u00e0 ce sujet qu&rsquo;\u00e0 lire certains expos\u00e9s, on peine \u00e0 imaginer \u00e0 quelle s\u00e9ance il pourrait bien s\u2019appliquer (je cite de m\u00e9moire). Comme l\u2019assembl\u00e9e compte nombre d\u2019analystes qui ne sont pas explicitement kleiniens, la menace d\u2019une telle c\u00e9l\u00e9bration n\u2019est pas suivie d\u2019effet. Les analystes pr\u00e9sents \u00e0 ce colloque se posent r\u00e9ellement des questions sur les concepts qu\u2019ils emploient, le statut de ce qu\u2019ils disent, sans \u00e9gard particulier pour tel ou tel auteur, mais en gardant en ligne de mire les s\u00e9ances (leur exp\u00e9rience).<\/p>\n<p class=\"western\">3. Si on commence \u00e0 chercher \u00e0 expliciter ce qu\u2019on veut dire par \u201cidentification projective\u201d, au-del\u00e0 du probl\u00e8me crucial de trancher l\u2019alternative suivante : Voulons-nous dire par l\u00e0 que c\u2019est \u201ccomme si le patient faisait telle ou telle chose\u201d ou voulons-nous dire \u201cqu\u2019il le fait r\u00e9ellement ?\u201d, on est oblig\u00e9 de poser aussi la question de \u00ab\u00a0ce que je veux dire par projection ou identification\u00a0\u00bb. C\u2019est d\u00e9stabilisant dans la mesure o\u00f9, pour la plupart des analystes, ces mots font partie du vocabulaire en quelque sorte \u201ccourant\u201d, ou \u201cde base\u201d \u2013 c\u2019est-\u00e0-dire pr\u00e9cis\u00e9ment le genre de mot dont on n\u2019interroge pas les significations. Remettre en question la naturalit\u00e9 de l\u2019usage de ces mots-l\u00e0, c\u2019est faire vaciller le socle conceptuel des th\u00e9ories psychanalytiques en g\u00e9n\u00e9ral.<\/p>\n<p class=\"western\">4. Au bout du compte, chacun repart avec un surcro\u00eet d\u2019incertitude, moins assur\u00e9 qu\u2019il ne l&rsquo;\u00e9tait au d\u00e9but de la rencontre. (Ce dont \u00e0 mon avis (surtout si l&rsquo;on est bionien) on ne peut que se f\u00e9liciter !)<\/p>\n<p class=\"western\">\n<p class=\"western\">Il est du coup fort difficile de ne pas sombrer dans le jargon. Quand j&rsquo;\u00e9cris : \u201cLe comble serait de jargonner en utilisant le mot jargon\u201d, \u00e7a n\u2019a rien d\u2019une plaisanterie. La dimension la plus int\u00e9ressante (par-del\u00e0 l\u2019int\u00e9r\u00eat que pr\u00e9sentent les ph\u00e9nom\u00e8nes que les analystes sont tent\u00e9s de d\u00e9crire \u00e0 l\u2019aide d\u2019expression comme \u201cidentification projective\u201d) des rencontres publi\u00e9es par Joseph Sandler, c\u2019est qu\u2019on y voit justement des analystes en lutte contre leur propre tendance \u00e0 jargonner. Il ne fait aucun doute que lors d\u2019autres rencontres, l\u2019expression \u201cidentification projective\u201d ait \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9e sans que l\u2019usage et le sens de l\u2019expression posent le moindre probl\u00e8me aux intervenants. Le jargon, g\u00e9n\u00e9ralement, ne fait sourciller aucun des protagonistes du jeu de langage dans lequel ils communiquent.<\/p>\n<p class=\"western\">L\u2019homog\u00e9n\u00e9it\u00e9, l\u2019unit\u00e9 et la r\u00e9gularit\u00e9 de ce jeu de langage reposent pr\u00e9cis\u00e9ment sur l\u2019usage r\u00e9gulier d\u2019un certain nombre de mots, d\u2019expressions, de tournures, voire de postures et pourquoi pas, de certaines formes d\u2019humour (je songe au cas typique des <i>private joke<\/i>) qui ont les qualit\u00e9s typiques de ce que j\u2019appelle ici jargon : le sens, ou plus pr\u00e9cis\u00e9ment : ce qu\u2019on veut dire en adoptant cette posture ou cette expression etc., ne doit pas \u00eatre th\u00e9matis\u00e9, interrog\u00e9, discut\u00e9. On ne peut m\u00eame pas dire qu\u2019il s\u2019agit l\u00e0 des traces manifestes d\u2019un dogme \u2013 car on peut encore gloser sur le contenu d\u2019un dogme (et faire ainsi la preuve de son orthodoxie).<\/p>\n<p class=\"western\">On dira : \u00ab\u00a0si vous commencer \u00e0 discuter chaque mot du jeu de langage x, alors il n\u2019y a plus de jeu de langage du tout !\u00a0 Vous ne voyez pas qu\u2019il y a l\u00e0 tout simplement un aspect pratique : les membres du groupe sont cens\u00e9s \u00eatre d\u2019accord sur le sens qui doit \u00eatre donn\u00e9 \u00e0 tel ou tel mot dans le cadre du jeu de langage auxquels ils adh\u00e8rent (dans tous les sens du terme, puisque on adh\u00e8re \u00e0 une soci\u00e9t\u00e9 de psychanalyse). Chacune des expressions dont vous d\u00e9noncez l\u2019usage \u201cjargonnesque\u201d s\u2019articule \u00e0 une histoire complexe et pour ainsi dire une tradition, sur laquelle on table dans la mesure de ses comp\u00e9tences. Tant que vous y \u00eates, remettez en cause l\u2019usage du mot \u201cinconscient\u201d ! Ne voyez-vous pas qu&rsquo;\u00e0 vous suivre, c\u2019est la psychanalyse elle-m\u00eame qui s\u2019effondre en ruines ?\u00a0\u00bb \u2013 Si la psychanalyse, c\u2019est ce qui se passe dans les r\u00e9unions d\u2019analyste ou dans les livres \u00e9crits par les analystes, oui, effectivement, votre inqui\u00e9tude pourrait \u00eatre fond\u00e9e \u2014\u00a0mais la psychanalyse, \u00e7a se passe dans le cabinet de l&rsquo;analyste, donc nous voil\u00e0 rassur\u00e9s.<\/p>\n<p class=\"western\">Au fond, dans ce style d\u2019usage, le concept autrefois inscrit au c\u0153ur m\u00eame de l\u2019exp\u00e9rience, et suscit\u00e9 par elle, finit par devenir une institution, un outil politique, dans la mesure o\u00f9, dans le cours de l\u2019histoire, il a \u00e9t\u00e9 vid\u00e9 de toute charge probl\u00e9matique, atteignant un niveau de saturation maximal. D\u2019une certaine mani\u00e8re, les vocabulaires jargonnesques constituent certains motifs de l\u2019arri\u00e8re-plan (non discutables, ou du moins rarement discut\u00e9s) d\u2019un jeu de langage. Il me vient \u00e0 l\u2019esprit que de ce point de vue, les groupes psychanalytiques peuvent \u00eatre compar\u00e9s \u00e0 des groupes religieux. Cette comparaison vaut d\u2019autant plus que la pens\u00e9e de certains groupes psychanalytiques se montre incapable d\u2019appr\u00e9hender ce que Robert Castel appelait une \u201cextra-territorialit\u00e9\u201d de la psychanalyse (par exemple de prendre en compte, autrement que dans une posture r\u00e9ductionniste, \u201cle social\u201d, etc.)<\/p>\n<p class=\"western\">(on peut lire dans cette perspective le pamphlet r\u00e9cent (et violent) de Prado de Oliveira , <i>Les pires ennemis de la psychanalyse<\/i>, Liber Canada, 2009.)<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La tendance \u00e0 jargonner menace ce texte, pas moins qu\u2019un autre (texte). Le comble serait de jargonner en utilisant le mot jargon. D\u2019o\u00f9 la tentative qui suit de d\u00e9crire ce que j\u2019entends par jargon et en quel sens c\u2019est l\u00e0 pr\u00e9cis\u00e9ment ce dont, en psychanalyse, on ferait mieux de se m\u00e9fier (plut\u00f4t trois fois qu\u2019une). [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":0,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"footnotes":""},"class_list":["post-666","page","type-page","status-publish","hentry"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/outsiderland.com\/exercices_psychanalytiques\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/666","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/outsiderland.com\/exercices_psychanalytiques\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/outsiderland.com\/exercices_psychanalytiques\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/outsiderland.com\/exercices_psychanalytiques\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/outsiderland.com\/exercices_psychanalytiques\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=666"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/outsiderland.com\/exercices_psychanalytiques\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/666\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/outsiderland.com\/exercices_psychanalytiques\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=666"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}