{"id":90,"date":"2018-10-05T11:39:22","date_gmt":"2018-10-05T11:39:22","guid":{"rendered":"https:\/\/outsiderland.com\/danahilliot\/?page_id=90"},"modified":"2018-10-05T11:39:36","modified_gmt":"2018-10-05T11:39:36","slug":"un-pistolet-sur-la-tempe","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/outsiderland.com\/danahilliot\/un-pistolet-sur-la-tempe\/","title":{"rendered":"Un pistolet sur la tempe"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"https:\/\/outsiderland.com\/danahilliot\/wp-content\/uploads\/2014\/04\/pistolet.png\"><img decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-225\" src=\"https:\/\/outsiderland.com\/danahilliot\/wp-content\/uploads\/2014\/04\/pistolet.png\" alt=\"pistolet\" width=\"674\" height=\"546\" srcset=\"https:\/\/outsiderland.com\/danahilliot\/wp-content\/uploads\/2014\/04\/pistolet.png 674w, https:\/\/outsiderland.com\/danahilliot\/wp-content\/uploads\/2014\/04\/pistolet-300x243.png 300w, https:\/\/outsiderland.com\/danahilliot\/wp-content\/uploads\/2014\/04\/pistolet-590x478.png 590w\" sizes=\"(max-width: 674px) 100vw, 674px\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: right;\">(Illustration : Claire Dori)<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Toutes les nuits je r\u00eave que je poss\u00e8de un pistolet, et que j\u2019en fais usage. Je suis quelque part, dans une rue, \u00e0 mon travail, dans l\u2019entreprise, dans un gymnase, et je tire sur tout ce qui bouge. Souvent, je me tire une balle dans ma propre bouche grande ouverte, ou bien sur la tempe. Je tiens le pistolet contre ma tempe, je sens l\u2019orifice b\u00e9ant du canon, qui ouvre sur le n\u00e9ant, et je tire.<br \/>\nUne fois r\u00e9veill\u00e9, je suis bien \u00e9videmment en vie, je n\u2019ai tu\u00e9 personne, et tant bien que mal, je m\u2019efforce de reprendre la lutte pour la survie \u00e0 quoi mon existence se r\u00e9sume. Mon seul projet consiste \u00e0 tenir jusqu\u2019au soir, jusqu\u2019\u00e0 la nuit, apr\u00e8s quoi j\u2019esp\u00e8re m\u2019endormir, sachant que, immanquablement, je vais m\u2019ab\u00eemer dans un nouveau carnage, et mettre fin \u00e0 mes jours, et et ainsi de suite.<br \/>\nJe vis \u00e9veill\u00e9 avec un pistolet coll\u00e9 sur la tempe. En permanence. M\u00eame quand je n\u2019y pense pas. Cette nuit, j\u2019y pense.<br \/>\nCette nuit, je me prom\u00e8ne dans les rues, des rues que je ne connais pas. Je n\u2019ai m\u00eame pas essay\u00e9 de m\u2019endormir, je pressentais un nouveau r\u00eave de carnage, j\u2019ai pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 attendre d\u2019\u00eatre suffisamment abruti de fatigue pour m\u2019endormir d\u2019un seul coup, sans souffrir le lent passage qui conduit \u00e0 l\u2019endormissement, ce long et lent passage durant lequel les r\u00eaves sont encore des r\u00eavasseries, quand je suis profond\u00e9ment endormi, je sais bien que je r\u00eave de tuer des gens, mais je suis trop inconscient pour \u00e9prouver de la culpabilit\u00e9 ou du remords. Quand je r\u00eavasse et que mes r\u00eavasseries m\u2019entra\u00eenent \u00e0 commettre un meurtre, je suis oblig\u00e9 d\u2019assister \u00e0 ce spectacle, je m\u2019efforce de lutter contre le r\u00eaveur qui insiste pour r\u00eaver ce r\u00eave l\u00e0, j\u2019essaie de faire appel \u00e0 d\u2019autres images, par exemple, j\u2019imagine de magnifiques paysages, des vallons verdoyants et ombrag\u00e9s travers\u00e9es par des rivi\u00e8res paisibles, parfois je me r\u00e9veille et prend un livre, me force \u00e0 lire des pages qui s\u2019\u00e9loigne autant que possible de mes projets morbides, et d\u2019autres fois, tout en dormant, et tout en r\u00eavant, je tente de canaliser mes envies de meurtre dans une direction morale, j\u2019instaure un cadre au sein duquel mes meurtres sont justifi\u00e9s, par exemple, je tue des hordes d\u2019officiers nazis, des soldats khmers rouges, des tortionnaires de l\u2019arm\u00e9e fran\u00e7aise en Alg\u00e9rie, et mon suicide final prend alors l\u2019allure d\u2019un sacrifice en vue d\u2019une noble cause.<br \/>\nMais cette nuit, comme tant d\u2019autres nuits, j\u2019ai pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 aller dehors et marcher. C\u2019est un dehors que je connaissais mal, le quartier derri\u00e8re le terrain de rugby, un quartier pavillonnaire, de petites maisons entour\u00e9s de jardinets, s\u00e9par\u00e9es par des rang\u00e9es de thuyas, il est deux heures, la plupart des fen\u00eatres de ces maisons sont plong\u00e9es dans l\u2019obscurit\u00e9, la plupart des volets sont ferm\u00e9s, la plupart des voitures sont rang\u00e9es sur le trottoir, aucune de ces maisons n\u2019est identique \u00e0 sa voisine, mais, \u00e9trangement, toutes se ressemblent.<br \/>\nJe marche au milieu des rues d\u00e9sertes. Je songe au lendemain. Le lendemain est terrifiant. On embauche \u00e0 huit heures. Je n\u2019aurais dormi que quelques heures, et durant ces quelques heures, j\u2019aurai tu\u00e9 un nombre incalculable de gens. Chaque matin, le souvenir des gens que j\u2019ai tu\u00e9s persiste dans ma m\u00e9moire, au moins jusqu\u2019\u00e0 la pause, quand nous quittons l\u2019atelier, \u00f4tons nos blouses \u00e9tanches et nos masques de protection, et nous glissons \u00e0 travers le sas de d\u00e9compression pour les dix minutes qu\u2019on nous accorde, le temps de boire un caf\u00e9, d\u2019aller pisser, de causer un peu. Dans l\u2019atelier nous ne pouvons pas parler, pas seulement \u00e0 cause des masques, mais parce que l\u2019atelier est ce qu\u2019ils appellent une salle s\u00e8che, c\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019elle doit \u00eatre maintenue tout \u00e0 fait \u00e0 l\u2019abri de l\u2019humidit\u00e9. Si par malheur, par malheur pour l\u2019entreprise, parce que de mon c\u00f4t\u00e9, l\u2019\u00e9ventualit\u00e9 me laisse indiff\u00e9rent, les mati\u00e8res avec lesquelles nous travaillons venaient \u00e0 entrer en contact avec de l\u2019eau, sous forme liquide ou gazeuse, elles se mettraient aussit\u00f4t \u00e0 noircir, puis \u00e0 fondre, en d\u00e9gageant probablement des fum\u00e9es toxiques. C\u2019est ce que nous supposons parce que les contrema\u00eetres n\u2019ont jamais daign\u00e9 nous expliquer les raisons pour lesquelles nous devons prendre tant de pr\u00e9cautions. Le masque pr\u00e9vient la vapeur d\u2019eau de nos haleines, c&rsquo;est la raison pour laquelle il est pr\u00e9f\u00e9rable de garder le silence. Le sas de d\u00e9compression nous prot\u00e8ge du dehors, \u00e0 moins qu\u2019il prot\u00e8ge au contraire le dehors des mati\u00e8res que nous manipulons \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur. Une fois, alors que je travaillais sous une cloche \u00e9tanche, les mains et les avant-bras engonc\u00e9s dans d\u2019\u00e9paisses brassi\u00e8res en caoutchouc, une fine aiguille avec laquelle on injectait un liquide incolore dans une fine pellicule de mati\u00e8re grise, par m\u00e9garde, s\u2019enfon\u00e7a \u00e0 travers mes gants jusque sous la peau de l\u2019index de la main droite. Sur le moment, je n\u2019en parlai \u00e0 personne, mais le soir m\u00eame, je notai qu\u2019un long poil avait pouss\u00e9 \u00e0 l\u2019endroit exact o\u00f9 l\u2019aiguille m\u2019avait piqu\u00e9. Je sectionnai le poil aussit\u00f4t, avec des ciseaux. C\u2019\u00e9tait un poil long et dur, qui ne ressemblait absolument pas aux autres poils qui poussaient sur ma peau. Comme un cheveu raide. Le lendemain matin, il avait repouss\u00e9. L\u2019infirmi\u00e8re que je consultai \u00e0 ce sujet la semaine suivante, lui montrant le poil qui ne cessait de repousser, et lui expliquant ce qui s\u2019\u00e9tait pass\u00e9 sous la clocher \u00e9tanche, s\u2019absenta un moment. \u00c0 son retour, ses joues \u00e9taient rouges, sa voix avait perdu de son assurance, elle s\u2019empressa de me cong\u00e9dier en bafouillant qu\u2019il n\u2019y avait pas de quoi s\u2019inqui\u00e9ter, que \u00e7a passerait dans peu de temps, que c\u2019\u00e9tait juste une r\u00e9action normale, que le produit ne pr\u00e9sentait aucun danger. Deux ans plus tard, ce poil continue de pousser, je le laisse en l\u2019\u00e9tat, me contentant d\u2019intervenir quand il d\u00e9passe deux centim\u00e8tres environ.<br \/>\nJe pense \u00e0 tout cela en marchant. C\u2019est \u00e9trange et excitant de se dire qu\u2019on est peut-\u00eatre le seul \u00eatre humain \u00e9veill\u00e9 du quartier. Tous les habitants sont plong\u00e9s dans leurs r\u00eaves et moi je suis \u00e9veill\u00e9 et je pense. Quand j\u2019\u00e9tais gosse, je prenais toujours soin de m\u2019endormir apr\u00e8s les autres. J\u2019ai longtemps cru que les adultes pouvaient lire dans les pens\u00e9es des enfants, mais que ce pouvoir t\u00e9l\u00e9pathique perdait sa puissance quand les adultes s\u2019endormaient. J\u2019ignore d\u2019o\u00f9 pouvait venir une telle id\u00e9e. Peut-\u00eatre ne suis-je pas tout \u00e0 fait convaincu de la fausset\u00e9 de cette id\u00e9e aujourd\u2019hui, et, bien que je ne sois plus un enfant, je veillerai jusqu\u2019\u00e0 ces heures tardives pour profiter du moment de r\u00e9pit que m\u2019octroie le sommeil des adultes t\u00e9l\u00e9pathes. La nuit, quand tout le monde dort, je me sens plus libre.<br \/>\nJe n\u2019ai jamais tu\u00e9 personne dans la r\u00e9alit\u00e9. Mais je pense que si l\u00e0 maintenant je croisais quelqu\u2019un sortant de son jardin et s\u2019engageant dans la rue, l\u2019id\u00e9e me viendrait de le suivre. J\u2019ignore pourquoi. Je ne pense pas \u00e0 quelqu\u2019un en particulier. Je l\u2019imagine, mais je ne vois pas son visage, je vois un visage mais il est aussit\u00f4t remplac\u00e9 par un autre visage, puis encore un autre, le visage que je vois n\u2019a aucune stabilit\u00e9, il oscille d\u2019une image \u00e0 l\u2019autre, ce peut \u00eatre une femme, un homme, l\u2019\u00e2ge peut varier, peu importe. Par chance, je ne poss\u00e8de pas d\u2019arme. Je r\u00eave toutes les nuits de tuer des gens, mais je ne les tue pas dans la r\u00e9alit\u00e9, je n\u2019ai m\u00eame jamais pens\u00e9, except\u00e9 ce soir, \u00e0 me pr\u00e9senter dans une armurerie pour acheter un pistolet, j\u2019ignore m\u00eame quel genre d\u2019arme on est autoris\u00e9 \u00e0 d\u00e9tenir, je sais qu\u2019il existe des lois \u00e0 ce sujet, mais je n\u2019ai jamais pris la peine de les lire, je pense que j\u2019ai peur de commencer \u00e0 m\u2019int\u00e9resser \u00e0 ce sujet, commencer \u00e0 m\u2019y int\u00e9resser, r\u00e9colter des informations, ce serait d\u00e9j\u00e0 faire un pas vers la r\u00e9alisation de mes r\u00eaves, si je n\u2019accomplissais ne serait-ce qu\u2019un pas dans cette voie, j\u2019ai bien peur de ne pas pouvoir m\u2019emp\u00eacher d\u2019accomplir les pas suivants, il vaut mieux que mes r\u00eaves demeurent ce qu\u2019ils sont, qu\u2019ils demeurent confin\u00e9s dans l\u2019enceinte \u00e9tanche de mes sommeils.<br \/>\nLa nuit je tiens un pistolet dans la main droite, le jour, le pistolet est point\u00e9 sur ma tempe. Je crois qu\u2019il s\u2019agit du m\u00eame pistolet, mais il m\u2019est difficile d\u2019expliquer pourquoi je le crois, pourquoi le jour est si diff\u00e9rent de la nuit, pourquoi la nuit, c\u2019est moi qui tire sur des gens, tandis que le jour, quelqu\u2019un ou quelque chose me menace de mort, pourquoi la nuit ma col\u00e8re se transforme en violence, et le jour, ma col\u00e8re demeure contenue et me revient sous la forme d\u2019une peur tenace.<br \/>\nDemain matin, je serais tellement moins assur\u00e9 que je ne le suis cette nuit, marchant dans ces rues baignant dans la lumi\u00e8re jaune des r\u00e9verb\u00e8res. Demain matin, je me l\u00e8verai dans la peur, je sortirai en tremblant, il me faudra d\u00e9ployer des efforts consid\u00e9rables pour me tra\u00eener jusqu\u2019\u00e0 l\u2019entreprise, je d\u00e9poserai ma bicyclette dans le coin du parking r\u00e9serv\u00e9 aux deux roues, j\u2019essaierai encore de sourire \u00e0 l\u2019agent de s\u00e9curit\u00e9 qui garde la barri\u00e8re \u00e0 l\u2019entr\u00e9e, au bout du parking, je lui montrerai mon badge et je m\u2019efforcerai d\u2019inventer une nouvelle plaisanterie en passant devant lui, une plaisanterie par jour, moi qui n\u2019ait pas le c\u0153ur \u00e0 plaisanter, puis il me faudra parcourir \u00e0 pied les trois cent m\u00e8tres qui me s\u00e9parent de l\u2019entrep\u00f4t o\u00f9 je travaille, je saluerai poliment les coll\u00e8gues et le chef d\u2019\u00e9quipe, cela me co\u00fbtera, parce que j\u2019aurais encore dans la m\u00e9moire le souvenir de leurs corps fumant transperc\u00e9 par mes balles, je prendrai ma place habituelle dans le vestiaire, me d\u00e9shabillerai sur le carrelage glacial, et enfilerai ma combinaison et mon masque. Il n\u2019y aurait aucune raison pour qu\u2019on me craigne. Je suis ob\u00e9issant. Jamais un mot plus haut que l\u2019autre. Neutre. Une fois dans la salle s\u00e8che, les filles diss\u00e9min\u00e9es \u00e0 diff\u00e9rents endroits de la cha\u00eene de production allumeront leur poste de radio, et, de l\u2019endroit o\u00f9 je suis positionn\u00e9 sur la cha\u00eene, je n\u2019entendrai qu\u2019une vague cacophonie, des morceaux de phrases, des bouts de chanson, rien d\u2019intelligible. Je travaillerai, jusqu\u2019\u00e0 la fin de l\u2019apr\u00e8s midi, sauf pendant les pauses et le repas de midi, durant lequel il me faudra m\u2019asseoir \u00e0 une table, m\u2019agglutiner \u00e0 un groupe pr\u00e9-existant, taisant la peine que cela me cause de m\u2019asseoir \u00e0 c\u00f4t\u00e9 des autres, je me ferai discret mais sans exc\u00e8s, car l\u2019exc\u00e8s de discr\u00e9tion attise la curiosit\u00e9.<br \/>\nJe ne sais pas comment j\u2019arrive \u00e0 supporter mes journ\u00e9es. Je r\u00eave d\u2019une vie organis\u00e9e de telle fa\u00e7on qu\u2019il me soit possible de dormir tout le jour et de demeurer \u00e9veill\u00e9 la nuit. J\u2019ai demand\u00e9 \u00e0 passer en service de nuit, mais la r\u00e9ponse se fait attendre, ils ne comprennent pas pourquoi je fais une telle demande. La plupart des travailleurs ne veulent pas travailler la nuit. Dans mon atelier, il n\u2019existe pas de service de nuit, il me faudrait changer d\u2019atelier, mais pour le moment, ils me disent qu\u2019aucun poste n\u2019est disponible. L\u2019ennui, c\u2019est que du coup, je ne serais pas seul dans ma nuit, je serais entour\u00e9 d\u2019autres travailleurs comme moi, et je crains de n\u2019appr\u00e9cier les nuits que dans la mesure o\u00f9 j\u2019ai le sentiment d\u2019\u00eatre le seul \u00e9veill\u00e9.<br \/>\nPour le moment je marche, j\u2019ai quitt\u00e9 le quartier sans m\u2019en apercevoir car j\u2019\u00e9tais perdu dans mes pens\u00e9es. J\u2019emprunte un petit chemin creux qui se dessine au bout d\u2019une impasse, je m\u2019enfonce dans la nuit, il fait un peu froid, le chemin longe un maigre ruisseau large d\u2019\u00e0 peine un m\u00e8tre, je l\u2019entends chanter dans l\u2019obscurit\u00e9. Le sentier d\u00e9bouche sur un pr\u00e9 que la lumi\u00e8re lunaire \u00e9claire \u00e0 peine. L\u2019herbe est humide quand je m\u2019y allonge, sur le dos, et contemple le ciel noir ponctu\u00e9 de rares \u00e9toiles.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>(Illustration : Claire Dori) &nbsp; Toutes les nuits je r\u00eave que je poss\u00e8de un pistolet, et que j\u2019en fais usage. Je suis quelque part, dans une rue, \u00e0 mon travail, dans l\u2019entreprise, dans un gymnase, et je tire sur tout ce qui bouge. 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