{"id":2658,"date":"2018-10-11T09:24:33","date_gmt":"2018-10-11T09:24:33","guid":{"rendered":"https:\/\/outsiderland.com\/danahilliot\/?page_id=2658"},"modified":"2025-10-12T09:46:08","modified_gmt":"2025-10-12T09:46:08","slug":"bayonne","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/outsiderland.com\/danahilliot\/bayonne\/","title":{"rendered":"Bayonne"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: right;\"><em>(Bayonne, 2002)<\/em><\/p>\n<p>Je me souviens qu\u2019au moment pr\u00e9cis o\u00f9 je passais la fronti\u00e8re apr\u00e8s Irun j\u2019\u00e9coutais sur mon walkman <em>Shake the decease<\/em> de Depeche Mode et que cela me parut un pr\u00e9sage favorable. J\u2019avais d\u00e9pens\u00e9 mes derniers pesetas en \u00e9change d\u2019un caf\u00e9 et d\u2019un paquet de chips sur l\u2019aire de repos o\u00f9 les camions s\u2019entassent, des camions venus des quatre coins de l\u2019Europe, qui s\u2019arr\u00eataient l\u00e0 durant leur p\u00e9riple infernal, du nord au sud et retour, de Rotterdam \u00e0 S\u00e9ville, sans jamais rien voir des pays travers\u00e9s que les aires d\u2019autoroute et les stations service diss\u00e9min\u00e9s comme autant d\u2019asiles sur leur parcours. Il faisait nuit depuis longtemps, c\u2019\u00e9tait au mois de mai, j\u2019allais vers le nord, je rentrais chez moi, si l\u2019on peut dire.<\/p>\n<p>Nous nous \u00e9tions dit adieu, Aparecida et moi, au pied de la chapelle sur la colline qui surplombe Secadura, et chaque fois que je suis contraint d\u2019\u00e9voquer ce souvenir, il me semble que je suis en train de la quitter encore, je revois sa bouille adorable et grave et l\u2019h\u00e9ro\u00efque orgueil qui l\u2019emp\u00eache de pleurer, qui m\u2019en emp\u00eache aussi du reste, je revois sa jolie robe bleue et j\u2019entends qu\u2019elle prononce les derniers mots en espagnol, auxquels je ne comprends rien, je crois qu\u2019elle m\u2019envoie au diable mais peut-\u00eatre me souhaite-t-elle bonne chance, et je dis \u00ab Te Quiero \u00bb, parce qu\u2019\u00e0 ce moment pr\u00e9cis, c\u2019est vrai, je ne mens pas, et \u00e0 chaque fois que j\u2019y repense, \u00e0 chaque fois que je descends dans la voiture en r\u00eave les quelques lacets de la colline qui surplombe Secadura, laissant la chapelle s\u2019effacer pour toujours dans la nuit infinie, tandis qu\u2019elle me suit avec sa voiture \u00e0 elle, \u00e0 chaque fois c\u2019est vrai.<\/p>\n<p>Ma voiture \u00e9tait une petite voiture, \u00e0 la m\u00e9canique frustre mais r\u00e9sistante. Elle m\u2019avait transport\u00e9 tant bien que mal jusqu\u2019\u00e0 Santander \u00e0 l\u2019aller, et j\u2019esp\u00e9rais qu\u2019elle m\u2019autorise \u00e9galement le voyage du retour. Je ne me leurrais pas toutefois : elle \u00e9tait comme on dit en fin de course, comme un vieux cheval dont on esp\u00e8re une derni\u00e8re chevauch\u00e9e, un vieux cheval courageux mais qui sait que son heure est venue, qu\u2019il jettera ses derni\u00e8res forces dans la bataille, puis : c\u2019en sera fini. Sur l\u2019autoroute tortueuse qui longe la c\u00f4t\u00e9 de la Cantabrie et du Pays Basque, j\u2019\u00e9coutais en boucle, le casque sur les oreilles, <em>Goin\u2019up to Portland<\/em> de Swell, chanson qui m\u2019a toujours procur\u00e9 un surcro\u00eet de courage dans les moments difficiles, qui m\u2019a aid\u00e9 \u00e0 surmonter la peur. Les semaines pr\u00e9c\u00e9dentes s\u2019entrechoquaient en images vives dans ma t\u00eate, cette incroyable histoire d\u2019amour certes, mais \u00e9galement la ville que j\u2019avais arpent\u00e9e en long et en large, avec ma guitare, jouant pour un peu d\u2019argent ici et l\u00e0, sur un trottoir, sur le parvis de la gare, sur les quais d\u2019o\u00f9 partent les bateaux pour Plymouth. J\u2019avais aim\u00e9 vivre l\u00e0 malgr\u00e9 la faim, malgr\u00e9 l\u2019angoisse, malgr\u00e9 l\u2019inconfort des nuits o\u00f9 j\u2019\u00e9tais forc\u00e9 de dormir sur le si\u00e8ge arri\u00e8re de la voiture. La situation, toutefois, \u00e9tait au fil des jours devenue impossible : il n\u2019y avait pas de travail en ville, Aparecida se d\u00e9solait que je d\u00e9pense ainsi le peu que je gagnais dans la boisson, et, constatant ma transformation inexorable en vagabond, elle perdit confiance en mes promesses. Elle avait raison bien \u00e9videmment.<\/p>\n<p>Partir constituait toutefois un d\u00e9chirement. Pas seulement \u00e0 cause d\u2019elle, mais \u00e0 cause de la ville, et \u00e0 cause de ce que j\u2019avais d\u00e9couvert de moi durant cette aventure, ce go\u00fbt de libert\u00e9, et m\u00eame, cette sensation si particuli\u00e8re de vivre au bord d\u2019un pr\u00e9cipice en permanence, une peur tenace, mais si excitante, que je noyais dans l\u2019alcool d\u00e8s que l\u2019occasion se pr\u00e9sentait, mais que j\u2019\u00e9prouvais tout de m\u00eame suffisamment longtemps pour me dire : c\u2019est cela la vraie vie, la vie que je cherchais \u00e0 vivre \u2014 tandis que j\u2019\u00e9cris ces lignes, aujourd\u2019hui, dix ans plus tard, \u00e9coutant <em>Alesund<\/em> de Mark Kozelek, une chanson admirable, je ne peux pas m\u2019emp\u00eacher de penser que c\u2019\u00e9tait vrai, que j\u2019avais approch\u00e9 l\u00e0-bas quelque chose de la vraie vie.<\/p>\n<p>Partir, c\u2019\u00e9tait un d\u00e9chirement au sens organique du terme. Mon ventre se d\u00e9chirait, et ma poitrine, le c\u0153ur battait \u00e0 rompre, mes yeux s\u2019embuaient de larmes durant l\u2019interminable voyage du retour. La nuit s\u2019\u00e9paississait, les lumi\u00e8res des villes coinc\u00e9es entre l\u2019autoroute et l\u2019oc\u00e9an d\u00e9filaient, les images devenaient des souvenirs, mes aventures s\u2019\u00e9vanouissaient d\u00e9j\u00e0 dans le pass\u00e9, et j\u2019\u00e9tais travers\u00e9 d\u2019une souffrance terrifiante, du genre qui vous triture le c\u0153ur avec des griffes ac\u00e9r\u00e9es, \u00e0 l\u2019id\u00e9e de l\u2019avenir et du pr\u00e9sent. L\u2019avenir se pr\u00e9sentait comme une s\u00e9rie d\u2019impasses auxquelles j\u2019\u00e9tais accul\u00e9. En partant, j\u2019avais mis en pi\u00e8ce une situation, certes d\u00e9j\u00e0 fragile, mais d\u00e9sormais intenable. J\u2019\u00e9tais parti comme on fugue, sans pr\u00e9venir personne, ni mon employeur, ni mes amis, ni m\u00eame ma femme. Mon banquier non plus d\u2019ailleurs (et ce n\u2019\u00e9tait pas le moindre de mes soucis). J\u2019allais, en retournant en France, au devant de probl\u00e8mes consid\u00e9rables, dont l\u2019examen m\u2019\u00e9puisait \u00e0 l\u2019avance, et une certaine logique me poussait \u00e0 rebrousser chemin aussit\u00f4t, ou bien \u00e0 m\u2019arr\u00eater l\u00e0, et partir \u00e0 pied dans les montagnes qui se d\u00e9ployaient dans la nuit devant moi.<\/p>\n<p>Le pr\u00e9sent, \u00e0 supposer que l\u2019avenir vaille la peine que je prenne le pr\u00e9sent au s\u00e9rieux, ne se pr\u00e9sentait pas mieux. Je n\u2019avais v\u00e9ritablement plus un sou en poche, ma carte bleue ayant disparu depuis longtemps dans la gorge avide d\u2019un distributeur \u00e0 mon arriv\u00e9e en Espagne (j\u2019appris plus tard que mon banquier avait lanc\u00e9 un avis d\u2019interdiction sur tout le territoire europ\u00e9en). Il me restait en tout et pour tout un ch\u00e8que, un seul et malheureux ch\u00e8que, en bois comme on dit, et je n\u2019avais pas d\u2019autre choix, si je voulais alimenter ma voiture en carburant pour les cinq cent kilom\u00e8tres qui me restaient \u00e0 parcourir, que de faire usage de ce ch\u00e8que. J\u2019avais pos\u00e9 sur le si\u00e8ge du navigateur ce pr\u00e9cieux s\u00e9same, symbole sinistre de mon inad\u00e9quation au monde, et preuve \u00e0 charge de ma malhonn\u00eatet\u00e9. Je le regardais de temps en temps, tout comme je surveillais d\u2019un \u0153il inquiet la jauge du compteur d\u2019essence. J\u2019avais faim. J\u2019avais surtout soif. J\u2019aurais aim\u00e9 boire \u00e0 ce moment-l\u00e0, m\u2019abrutir encore un soir \u00e0 force de boire.<\/p>\n<p>En arrivant \u00e0 Bayonne, par les routes secondaires, car j\u2019\u00e9vitais les autoroutes payantes bien entendu, en \u00e9coutant <em>Big Trucks<\/em> de Pedro the Lion, chanson de circonstance car en cette heure tardive, seuls roulaient, infatigables, les camions, me doublant dans un concert de klaxons et un d\u00e9ferlement de lumi\u00e8res aveuglantes \u2013 une voix me sugg\u00e9rait : laisse l\u00e0 ta pauvre embarcation, et monte dans un de ces camions pour faire le reste de la route ! Voix de la sagesse sans doute, mais voil\u00e0, toute sagesse m\u2019avait abandonn\u00e9, j\u2019\u00e9tais malheureux \u00e0 en crever sur place, et ne me sentais pas la force de soutenir une conversation avec un conducteur, et puis\u00a0: une aventure plus ancienne m\u2019avait valu certains d\u00e9boires avec un camionneur amoureux, j\u2019avais fini par passer la nuit sur une aire d\u2019autoroute pour \u00e9viter d\u2019avoir \u00e0 partager une chambre dans un motel, ma confiance dans le m\u00e9tier en avait pris un coup \u2013 , en arrivant donc \u00e0 Bayonne, par un des boulevards qui longent les remparts de la ville, je r\u00e9solus de faire une pause, question de r\u00e9fl\u00e9chir un peu et d\u2019accorder \u00e0 ma valeureuse automobile un peu de repos.<\/p>\n<p>Je m\u2019assis pour fumer une de mes derni\u00e8res cigarettes, roul\u00e9e avec aussi peu de tabac qu\u2019il \u00e9tait concevable de le faire, sur les remparts, les pieds dans le vide, pas un bien grand vide mais tout de m\u00eame \u2013 de quoi se briser en quelques morceaux si le c\u0153ur vous en dit. La nuit \u00e9tait encore douce, bien qu\u2019un vent violent annonciateur de d\u00e9sastre soufflait depuis l\u2019oc\u00e9an. J\u2019essayais de tirer une sorte de bilan. Mais, quelle que soit la mani\u00e8re dont je tournais les choses, la conclusion s\u2019av\u00e9rait d\u00e9sastreuse. Et, plongeant le regard dans le vide en dessous de moi, toutes ces \u00e9lucubrations, toutes ces conclusions, semblaient irr\u00e9sistiblement entra\u00een\u00e9es l\u00e0 tout en bas. Il arrive un moment, o\u00f9, \u00e0 tort ou \u00e0 raison, on est le seul juge disponible, il n\u2019est personne alentour susceptible de vous porter conseil, et donc on juge avec ce qu\u2019on est au moment o\u00f9 l\u2019on juge, et le fait est j\u2019\u00e9tais parfaitement d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9.<\/p>\n<p>En bas des remparts, une lueur bleue fila sur le boulevard. Je la suivis des yeux un moment tandis qu\u2019elle s\u2019enfon\u00e7ait dans les ruelles de la vieille ville. Au fond du vide obscur gisait donc une solution, une alternative\u00a0: je devais \u00e0 mon tour suivre cette lueur bleue, quand bien m\u00eame elle se perdait dans la t\u00e9n\u00e8bre la plus obscure. C\u2019est ainsi qu\u2019une demi-heure plus tard, je garais la voiture sur le parking des urgences de l\u2019h\u00f4pital psychiatrique de Bayonne. Je restais l\u00e0 une heure de plus, observant l\u2019entr\u00e9e \u00e9clair\u00e9e d\u2019une lumi\u00e8re jaun\u00e2tre, entrevoyant parfois l\u2019ombre d\u2019une infirmi\u00e8re traversant le hall.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Il y e\u00fbt peu d\u2019admission. \u00c0 un moment cependant, il me sembla qu\u2019une femme \u00e2g\u00e9e descendait p\u00e9niblement de l\u2019ambulance, encadr\u00e9e par deux hommes en blouse blanche, probablement ivre, la femme. Je me souviens que durant ce temps-l\u00e0 je gardais le ch\u00e8que dans les mains, le lissant machinalement, le c\u0153ur battant, imaginant et r\u00e9p\u00e9tant les phrases que j\u2019aurais aim\u00e9 dire en me pr\u00e9sentant au bureau d\u2019accueil. Je parlais, pour moi-m\u00eame et \u00e0 voix haute, r\u00e9citais mon texte\u00a0: je ne voyais plus aucune issue, sinon ma propre mort, je ne m\u2019\u00e9tais jamais senti aussi proche de mettre un point final \u00e0 cette vie absurde, mais en me pr\u00e9sentant ici, je m\u2019accordais, presque par r\u00e9flexe, un r\u00e9flexe de survie dira-t-on, une chance suppl\u00e9mentaire, &amp;c. Tout en r\u00e9p\u00e9tant mon texte, je pliais et d\u00e9pliais le ch\u00e8que entre mes doigts. En \u00e9laborant ce discours pour un \u00e9ventuel psychiatre, j\u2019avais en quelque sorte d\u00e9ball\u00e9 mon sac, restaurant ce faisant un peu de ce rapport \u00e0 soi que le d\u00e9sespoir s\u2019emploie si bien \u00e0 ruiner. Rien qu\u2019un peu sans doute, mais, l\u2019Espagne \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 loin, j\u2019en avais d\u00e9j\u00e0 transform\u00e9 durant tout le voyage la douleur en r\u00e9cit, ce r\u00e9cit qu\u2019on se fait dans la t\u00eate et qui vient bient\u00f4t redoubler l\u2019abrupte dur\u00e9e de la vie v\u00e9cue, le temps qu\u2019il faut pour dig\u00e9rer, assimiler, se nourrir de l\u2019exp\u00e9rience, ce temps-l\u00e0, je l\u2019avais pris finalement, assum\u00e9 son cort\u00e8ge in\u00e9vitable de souffrance, en roulant dans la nuit, menac\u00e9 par l\u2019imminence de la folie.<\/p>\n<p>Plus tard, \u00e0 la station service pr\u00e8s de Mont-de-Marsan, sur la Nationale 10 qui remonte vers le nord, je me suis faufil\u00e9, terrifi\u00e9, entre les corps fatigu\u00e9s des camionneurs, tout en m\u2019effor\u00e7ant d\u2019avoir l\u2019air de celui qui n\u2019a rien \u00e0 se reprocher, et surtout pas le crime de payer un plein d\u2019essence avec un ch\u00e8que en bois, jusqu\u2019\u00e0 la caisse de paiement. \u00ab\u00a0L\u00e0 on va se prendre une sacr\u00e9e sauc\u00e9e\u00a0\u00bb, que j\u2019ai dit pour mettre l\u2019employ\u00e9 dans ma poche. \u00ab\u00a0Et c\u2019est comme \u00e7a jusqu\u2019\u00e0 Bordeaux\u00a0\u00bb, qu\u2019il a fait, tout en recopiant les chiffres \u00e0 l\u2019arri\u00e8re de mon permis de conduire. Et je remontais ainsi vers le nord, tandis que s\u2019abattaient sur la carrosserie caboss\u00e9e de ma pauvre voiture des trombes et des trombes d\u2019eaux qui noy\u00e8rent ma peine dans un vacarme \u00e9pouvantable si bien que j\u2019entendais \u00e0 peine dans le casque Enjoy the silence de Depeche Mode et la voix douce d\u2019Aparecida m\u2019envoyant au diable depuis l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 des Pyr\u00e9n\u00e9es.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>(Bayonne, 2002) Je me souviens qu\u2019au moment pr\u00e9cis o\u00f9 je passais la fronti\u00e8re apr\u00e8s Irun j\u2019\u00e9coutais sur mon walkman Shake the decease de Depeche Mode et que cela me parut un pr\u00e9sage favorable. J\u2019avais d\u00e9pens\u00e9 mes derniers pesetas en \u00e9change d\u2019un caf\u00e9 et d\u2019un paquet de chips sur l\u2019aire de repos o\u00f9 les camions s\u2019entassent,&hellip;<\/p>\n <a href=\"https:\/\/outsiderland.com\/danahilliot\/bayonne\/\" title=\"Bayonne\" class=\"entry-more-link\"><span>Read More<\/span> <span class=\"screen-reader-text\">Bayonne<\/span><\/a>","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":0,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"Layout":"","footnotes":""},"categories":[120],"tags":[126],"class_list":["entry","author-danah","post-2658","page","type-page","status-publish","category-observation","tag-observation"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.0 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>Bayonne - Outside Dana Hilliot<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/outsiderland.com\/danahilliot\/bayonne\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Bayonne - Outside Dana Hilliot\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"(Bayonne, 2002) Je me souviens qu\u2019au moment pr\u00e9cis o\u00f9 je passais la fronti\u00e8re apr\u00e8s Irun j\u2019\u00e9coutais sur mon walkman Shake the decease de Depeche Mode et que cela me parut un pr\u00e9sage favorable. J\u2019avais d\u00e9pens\u00e9 mes derniers pesetas en \u00e9change d\u2019un caf\u00e9 et d\u2019un paquet de chips sur l\u2019aire de repos o\u00f9 les camions s\u2019entassent,&hellip;\" \/>\n<meta property=\"og:url\" content=\"https:\/\/outsiderland.com\/danahilliot\/bayonne\/\" \/>\n<meta property=\"og:site_name\" content=\"Outside Dana Hilliot\" \/>\n<meta property=\"article:modified_time\" content=\"2025-10-12T09:46:08+00:00\" \/>\n<meta name=\"twitter:card\" content=\"summary_large_image\" \/>\n<meta name=\"twitter:label1\" content=\"Dur\u00e9e de lecture estim\u00e9e\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data1\" content=\"11 minutes\" \/>\n<script type=\"application\/ld+json\" class=\"yoast-schema-graph\">{\"@context\":\"https:\/\/schema.org\",\"@graph\":[{\"@type\":\"WebPage\",\"@id\":\"https:\/\/outsiderland.com\/danahilliot\/bayonne\/\",\"url\":\"https:\/\/outsiderland.com\/danahilliot\/bayonne\/\",\"name\":\"Bayonne - Outside Dana Hilliot\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\/\/outsiderland.com\/danahilliot\/#website\"},\"datePublished\":\"2018-10-11T09:24:33+00:00\",\"dateModified\":\"2025-10-12T09:46:08+00:00\",\"breadcrumb\":{\"@id\":\"https:\/\/outsiderland.com\/danahilliot\/bayonne\/#breadcrumb\"},\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"ReadAction\",\"target\":[\"https:\/\/outsiderland.com\/danahilliot\/bayonne\/\"]}]},{\"@type\":\"BreadcrumbList\",\"@id\":\"https:\/\/outsiderland.com\/danahilliot\/bayonne\/#breadcrumb\",\"itemListElement\":[{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":1,\"name\":\"Accueil\",\"item\":\"https:\/\/outsiderland.com\/danahilliot\/\"},{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":2,\"name\":\"Bayonne\"}]},{\"@type\":\"WebSite\",\"@id\":\"https:\/\/outsiderland.com\/danahilliot\/#website\",\"url\":\"https:\/\/outsiderland.com\/danahilliot\/\",\"name\":\"Outside Dana Hilliot\",\"description\":\". Archives . Activit\u00e9s . Projets .\",\"publisher\":{\"@id\":\"https:\/\/outsiderland.com\/danahilliot\/#\/schema\/person\/201a1fef0f5c2897bd65e98bcf6b1179\"},\"potentialAction\":[{\"@type\":\"SearchAction\",\"target\":{\"@type\":\"EntryPoint\",\"urlTemplate\":\"https:\/\/outsiderland.com\/danahilliot\/?s={search_term_string}\"},\"query-input\":{\"@type\":\"PropertyValueSpecification\",\"valueRequired\":true,\"valueName\":\"search_term_string\"}}],\"inLanguage\":\"fr-FR\"},{\"@type\":[\"Person\",\"Organization\"],\"@id\":\"https:\/\/outsiderland.com\/danahilliot\/#\/schema\/person\/201a1fef0f5c2897bd65e98bcf6b1179\",\"name\":\"danahilliot\",\"image\":{\"@type\":\"ImageObject\",\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"@id\":\"https:\/\/outsiderland.com\/danahilliot\/#\/schema\/person\/image\/\",\"url\":\"https:\/\/outsiderland.com\/danahilliot\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/50801449407_a909f2c1ad_k.jpg\",\"contentUrl\":\"https:\/\/outsiderland.com\/danahilliot\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/50801449407_a909f2c1ad_k.jpg\",\"width\":2048,\"height\":1536,\"caption\":\"danahilliot\"},\"logo\":{\"@id\":\"https:\/\/outsiderland.com\/danahilliot\/#\/schema\/person\/image\/\"}}]}<\/script>\n<!-- \/ Yoast SEO plugin. -->","yoast_head_json":{"title":"Bayonne - Outside Dana Hilliot","robots":{"index":"index","follow":"follow","max-snippet":"max-snippet:-1","max-image-preview":"max-image-preview:large","max-video-preview":"max-video-preview:-1"},"canonical":"https:\/\/outsiderland.com\/danahilliot\/bayonne\/","og_locale":"fr_FR","og_type":"article","og_title":"Bayonne - Outside Dana Hilliot","og_description":"(Bayonne, 2002) Je me souviens qu\u2019au moment pr\u00e9cis o\u00f9 je passais la fronti\u00e8re apr\u00e8s Irun j\u2019\u00e9coutais sur mon walkman Shake the decease de Depeche Mode et que cela me parut un pr\u00e9sage favorable. J\u2019avais d\u00e9pens\u00e9 mes derniers pesetas en \u00e9change d\u2019un caf\u00e9 et d\u2019un paquet de chips sur l\u2019aire de repos o\u00f9 les camions s\u2019entassent,&hellip;","og_url":"https:\/\/outsiderland.com\/danahilliot\/bayonne\/","og_site_name":"Outside Dana Hilliot","article_modified_time":"2025-10-12T09:46:08+00:00","twitter_card":"summary_large_image","twitter_misc":{"Dur\u00e9e de lecture estim\u00e9e":"11 minutes"},"schema":{"@context":"https:\/\/schema.org","@graph":[{"@type":"WebPage","@id":"https:\/\/outsiderland.com\/danahilliot\/bayonne\/","url":"https:\/\/outsiderland.com\/danahilliot\/bayonne\/","name":"Bayonne - Outside Dana Hilliot","isPartOf":{"@id":"https:\/\/outsiderland.com\/danahilliot\/#website"},"datePublished":"2018-10-11T09:24:33+00:00","dateModified":"2025-10-12T09:46:08+00:00","breadcrumb":{"@id":"https:\/\/outsiderland.com\/danahilliot\/bayonne\/#breadcrumb"},"inLanguage":"fr-FR","potentialAction":[{"@type":"ReadAction","target":["https:\/\/outsiderland.com\/danahilliot\/bayonne\/"]}]},{"@type":"BreadcrumbList","@id":"https:\/\/outsiderland.com\/danahilliot\/bayonne\/#breadcrumb","itemListElement":[{"@type":"ListItem","position":1,"name":"Accueil","item":"https:\/\/outsiderland.com\/danahilliot\/"},{"@type":"ListItem","position":2,"name":"Bayonne"}]},{"@type":"WebSite","@id":"https:\/\/outsiderland.com\/danahilliot\/#website","url":"https:\/\/outsiderland.com\/danahilliot\/","name":"Outside Dana Hilliot","description":". Archives . Activit\u00e9s . Projets .","publisher":{"@id":"https:\/\/outsiderland.com\/danahilliot\/#\/schema\/person\/201a1fef0f5c2897bd65e98bcf6b1179"},"potentialAction":[{"@type":"SearchAction","target":{"@type":"EntryPoint","urlTemplate":"https:\/\/outsiderland.com\/danahilliot\/?s={search_term_string}"},"query-input":{"@type":"PropertyValueSpecification","valueRequired":true,"valueName":"search_term_string"}}],"inLanguage":"fr-FR"},{"@type":["Person","Organization"],"@id":"https:\/\/outsiderland.com\/danahilliot\/#\/schema\/person\/201a1fef0f5c2897bd65e98bcf6b1179","name":"danahilliot","image":{"@type":"ImageObject","inLanguage":"fr-FR","@id":"https:\/\/outsiderland.com\/danahilliot\/#\/schema\/person\/image\/","url":"https:\/\/outsiderland.com\/danahilliot\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/50801449407_a909f2c1ad_k.jpg","contentUrl":"https:\/\/outsiderland.com\/danahilliot\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/50801449407_a909f2c1ad_k.jpg","width":2048,"height":1536,"caption":"danahilliot"},"logo":{"@id":"https:\/\/outsiderland.com\/danahilliot\/#\/schema\/person\/image\/"}}]}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/outsiderland.com\/danahilliot\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/2658","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/outsiderland.com\/danahilliot\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/outsiderland.com\/danahilliot\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/outsiderland.com\/danahilliot\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/outsiderland.com\/danahilliot\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2658"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/outsiderland.com\/danahilliot\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/2658\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4167,"href":"https:\/\/outsiderland.com\/danahilliot\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/2658\/revisions\/4167"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/outsiderland.com\/danahilliot\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2658"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/outsiderland.com\/danahilliot\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2658"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/outsiderland.com\/danahilliot\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2658"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}