{"id":151,"date":"2018-10-05T12:05:43","date_gmt":"2018-10-05T12:05:43","guid":{"rendered":"https:\/\/outsiderland.com\/danahilliot\/?page_id=151"},"modified":"2025-10-12T09:46:09","modified_gmt":"2025-10-12T09:46:09","slug":"un-autre-dimanche","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/outsiderland.com\/danahilliot\/un-autre-dimanche\/","title":{"rendered":"Un Autre Dimanche"},"content":{"rendered":"<p><em>Que le narrateur n\u2019a aucune raison valable de se lever<\/em><\/p>\n<p>8h32 \u2014 apr\u00e8s avoir vaqu\u00e9, pour autant que je m\u2019en souvienne, une bonne partie de la nuit \u00e0 des occupations diverses et vari\u00e9es \u2014 : chercher une Tabanne dans les bois du Pirou avec mon chien Tapou, une Tabanne que j\u2019avais bien rep\u00e9r\u00e9e sur la carte, mais, une fois sur le terrain, pas possible d\u2019en retrouver la moindre trace dans l\u2019obscurit\u00e9 des sous-bois, et de surcro\u00eet il pleut ; pr\u00e9par\u00e9 un repas pour une cinquantaine de randonneurs dans un refuge de Haute-Montagne, puis la neige s\u2019est mise \u00e0 tomber pendant que je retournais l\u2019omelette dans la po\u00eale, et, au final, on s\u2019est tous retrouv\u00e9 coinc\u00e9s parce que des cong\u00e8res de trois m\u00e8tres de haut amass\u00e9es contre la porte barraient l\u2019acc\u00e8s au dehors ; avec Delph comme passag\u00e8re, conduis une automobile du genre qui va vite, bien fusel\u00e9e, sur un circuit, bien amusant ; et sans doute une bonne dizaine d\u2019autres aventures, d\u2019o\u00f9 : \u2014 la fatigue ! Et : se rendormir vite fait ! De toutes fa\u00e7ons, on est dimanche, y\u2019a aucune raison de se lever, ni \u00e0 8h30, ni plus tard d\u2019ailleurs, Delph a pas l\u2019air d\u00e9cid\u00e9e non plus, et Capou entrouvre un \u0153il avec une peine qui donne \u00e0 imaginer \u00e0 quel point la perspective l\u2019enchante gu\u00e8re. Allez : j\u2019replonge le nez dans l\u2019oreiller et reprends une dose.<\/p>\n<p>Que le narrateur va dehors \u00e0 la rencontre de la mondanit\u00e9<\/p>\n<p>10h56 \u2014 L\u00e0 c\u2019est abus\u00e9 ! comme dirait mon poto Cl\u00e9ment. Y\u2019a mon cher Albert qui m\u2019a occup\u00e9 l\u2019esprit toute la matin\u00e9e \u2014 Albert, un des personnages de mon fabuleux nouveau roman, Le Changement Catastrophique (rien que le nom \u00e7a donne envie de le finir celui-l\u00e0 de roman), Albert, celui que tout le monde soup\u00e7onne d\u2019\u00eatre atteint de la maladie d\u2019Alzheimer, mais on n\u2019est pas encore s\u00fbr, faudrait lui faire passer des tests, mais il refuse, gueule qu\u2019il est pas un putain de cobaye dans un laboratoire, qu\u2019il veut juste fumer une putain de clope et boire un putain de bi\u00e8re, alors qu\u2019en v\u00e9rit\u00e9 (je connais pour ainsi dire la v\u00e9rit\u00e9, puisque c\u2019est moi l\u2019auteur) il veut juste (obstin\u00e9ment certes) rentrer chez lui \u2014 donc il fugue du camp de r\u00e9fugi\u00e9s o\u00f9 mon histoire l\u2019a condamn\u00e9 \u00e0 \u00eatre enferm\u00e9. Les personnages commencent \u00e0 peupler mes nuits : je consid\u00e8re que c\u2019est un bon pr\u00e9sage.<\/p>\n<p>L\u2019est temps de faire quelque chose de cette vie : d\u00e9j\u00e0 : se lever. Delph marmonne gentiment, Capou s\u2019\u00e9tire consciencieusement et entame sa toilette \u00e0 coup de langue r\u00e2peuse comme celle d\u2019un chat \u2014 alors que c\u2019est un chien, qui hait les chats par dessus tout. Taf\u00e9ClopeJournal pour commencer, donc : aller dehors, ok p\u2019tit bonhomme ? \u00ab On sort ! \u00bb, que j\u2019criaille : \u00ab \u00c0 tta l\u2019heure ! \u00bb chantonne en respons la voix de notre belle \u00e0 tous deux, les m\u00e2les de la chambr\u00e9e, des fins fonds de la salle de bains. Allons \u00e0 la taverne ! On pourra s\u2019lire le journal gratos. Temps pourri. \u00ab \u00c7a va durer jusqu\u2019\u00e0 quand \u00e0 votre avis ? \u00bb que j\u2019demande \u00e0 Jeanine (pendant que Tapou se bisouille avec Volka sur le trottoir). \u00ab J\u2019vous l\u2019avais bien dit, quand \u00e7a pleuviotte \u00e0 la Saint Barnab\u00e9, pleuvra des cordes tout\u2019l\u2019mois d\u2019juillet ! \u00bb, qu\u2019elle m\u2019ass\u00e8ne. \u00ab Qu\u00e8ssquispasse aujourd\u2019hui ? \u00bb que j\u2019fais \u00e0 Nad\u00e8ge la jolie boulang\u00e8re. \u00ab Encore le v\u00e9lo \u00bb qu\u2019elle m\u2019informe. \u00ab Z\u2019\u00eates pas au courant ? \u00bb \u00ab Ha mais si mais c\u2019est bien s\u00fbr ! \u00bb \u2014 refont l\u2019\u00e9tape du tour de France de la semaine derni\u00e8re, mais pour les bicyclotouristes \u2014 z\u2019arrivent que c\u2019t\u2019apr\u00e8s midi, mais d\u00e9j\u00e0, quelques dizaines de fanatiques \u00e0 casquettes se tra\u00eenent dans les ruelles, un plan de la ville \u00e0 la main : \u00ab la Tath\u00e9drale c\u2019est droit devant, de toutes fa\u00e7ons, o\u00f9 qu\u2019vous soyez, c\u2019est toujours droit devant, on peut pas se tromper \u2014 enfin si on peut ! Moi, le soir m\u00eame o\u00f9 j\u2019avais emm\u00e9nag\u00e9, j\u2019ai mis pas loin d\u2019une demi-heure \u00e0 retrouver ma rue \u2014 circonstances att\u00e9nuantes quand m\u00eame : je m\u2019en \u00e9tais mis une sacr\u00e9ment g\u00e9n\u00e9reuse (pour f\u00eater \u00e7a) \u2014 Au caf\u00e9 maintenant !<\/p>\n<p>Les nouvelles \u2014 j\u2019pique discr\u00e8tement la Montagne du jour, et puis l\u2019\u00c9quipe tant qu\u2019\u00e0 faire. En d\u00e9gustant un pain au chocolat. Que je partage avec Tapou bien entendu. Ce sont l\u00e0 des d\u00e9tails. Mais je n\u2019ai que \u00e7a, des d\u00e9tails, aucune raison de faire dans l\u2019\u00e9pop\u00e9e, l\u2019\u00e9pique, le romanesque. Alors blablabla, finalement on a tout lieu de penser qu\u2019il l\u2019a flingu\u00e9e avant de se flinguer lui-m\u00eame \u00e0 son tour, comme par ailleurs une lettre en atteste, Zy font d\u00e9filer des drakkars pour la f\u00eate nationale \u00e0 Bergen, lesconslesconslescons, Zyva Eva ! Pulv\u00e9rise nous ces endimanch\u00e9s coinc\u00e9s ankylos\u00e9s dans leurs b\u00e9nitiers ! Moi, j\u2019ai m\u00eame pas fait mon service, P4 qu\u2019il a dit le psymachinchose en rigolant, apr\u00e8s quoi on s\u2019est serr\u00e9 la patte de connivence. Vo\u00ebckler est toujours en jaune \u2014 y\u2019a de l\u2019analyse au comptoir, et j\u2019y vais de mes suppositions : c\u00e9 ty pas qu\u2019ils seraient un peu moins dop\u00e9s les luxembourgeois z\u00e9 l\u2019espagnol ? Et donc, pages locales : INAUGURATION de l\u2019exposition ! Vl\u00e0 une chouette id\u00e9e pour l\u2019apr\u00e8s midi, parce que, vu l\u2019temps qui fait, vaudrait mieux \u00e9viter la haute montagne aujourd\u2019hui. On va s\u2019confronter au culturel alors ! Y\u2019a du Boltanski en plus (pas le sociologue non non ! L\u2019autre, le frangin, celui qui compte les morts).<\/p>\n<p>Que le narrateur mange une Tarte \u00e0 la courgette et se rem\u00e9more Stalingrad<\/p>\n<p>12h05 \u2014 De retour au logis, devant l\u2019ordinateur : pas de mail (except\u00e9 : profitez de notre offre exceptionnelle), no comment sur mon compte fessebook, un article du Figaro sur les fugues des patients Alzheimer (salut Albert !), et sur tweetweetweeter de br\u00e8ves mais savantes analyses sur l\u2019\u00e9tape d\u2019hier : semblerait qu\u2019ils aient grimp\u00e9 le plateau de Bielle trois minutes moins vite que les ann\u00e9es pr\u00e9c\u00e9dentes : c\u2019est c\u2019qui prouve ! \u2014 j\u2019y vais de ma remarque aussi du coup !<\/p>\n<p>Puis: se fait faim dans la chaumi\u00e8re \u2014 Restes de tarte \u00e0 la courgette d\u2019hier soir et salade de m\u00e2ches avec lamelles de champignons de Paris et Mozarella en vinaigrette huile d\u2019olive basilic. \u00ab Y\u2019a machin qui veut utiliser une chanson des Loustics pour son court m\u00e9trage ! \u00bb (Delphine du fond de son antre interdit (\u00e0 moi)) \u2014 Les Loustics, c\u2019est notre projet musical avec les enfants, compl\u00e8tement barr\u00e9, qu\u2019un sp\u00e9cialiste a compar\u00e9 l\u2019autre jour \u00e0 du Ornette Coleman, rien que \u00e7a ! Pas fait expr\u00e8s en tous cas. \u2014 \u00ab G\u00e9nial ! \u00bb \u00ab Mozarella Jambon ? Tapou ? \u00bb Se l\u00e8che explicitement les babines d\u2019o\u00f9 je d\u00e9duis que oui, \u00e7a ira. Grande causerie tout en ingurgitant, les mondes de l\u2019art, etc. On pr\u00e9pare la sortie dominicale avec des concepts, au cas o\u00f9. Puis, l\u2019heure de la sieste (d\u00e9j\u00e0 !), en fait, un peu de lecture au dodo \u2014 pour satisfaire au rituel canin, apr\u00e8s manger c\u2019est la sieste, c\u2019est comme \u00e7a et pas autrement ! \u2014 Stalingrad d\u2019Alexander Kluge (Walter-Verlag AG Olten und Freiburg im Bresgau, 1964) : \u00ab Comme toute fiction (et aussi bien celle qui est faite d\u2019un mat\u00e9riau documentaire) ce livre contient une grille, l\u2019imagination du lecteur y trouvera ses points de rep\u00e8re \u00e0 chaque fois qu\u2019elle prendra la direction de Stalingrad \u00bb : Une grille ! Et, p. 104 : interview de l\u2019officier 18 : \u00ab D. : Les hommes atteints de troubles mentaux ? R. : Il n\u2019y a pas eu de scandales. Ils se sont r\u00e9fugi\u00e9s dans les trous, ils retournaient \u00e0 l\u2019\u00e9tat sauvage, ne se rasaient plus. Ils \u00e9taient inabordables. \u00bb et plus loin p. 129, interview du m\u00e9decin 10 : \u00ab Je garde en m\u00e9moire le tableau suivant, celui d\u2019un grand soldat maigre, un os gigantesque \u00e0 la main, peut-\u00eatre un os de cheval, peut-\u00eatre m\u00eame d\u2019un \u00eatre humain, il \u00e9tait en train de ronger cet os gel\u00e9. Je l\u2019ai interpell\u00e9 :  \u00bb H\u00e9 toi, qu\u2019est-ce que tu fais ?  \u00bb Il ne m\u2019a m\u00eame pas entendu. \u00bb. Le livre est froid comme les glaces de la steppe autour de Stalingrad en hiver. Implacable litanie des faits : je songe \u00e0 Hammerstein ou l\u2019intransigeance : Une histoire allemande d\u2019Enzensberger, \u00e0 Une visite \u00e0 Klagenfurt d\u2019Uwe Johnson, et aussi au livre IV de 2666 de Bola\u00f1o, les centaines de femmes assassin\u00e9es \u00e0 Ciudad Ju\u00e1rez d\u00e9crites m\u00e9ticuleusement une par une. Je lis \u00e7a dans un \u00e9tat second. C\u2019est insoutenable. \u00c7a me berce.<\/p>\n<p>Que le narrateur a fort \u00e0 faire avec la merde et qu\u2019il s\u2019enquiert de cela avec ses coll\u00e8gues<\/p>\n<p>14h00 \u2014 T\u00e9l\u00e9phone \u00e0 mes deux coll\u00e8gues et ami(e)s \u2014 deux parce que j\u2019en n\u2019ai pas d\u2019autres \u2014 une heure chacun au t\u00e9l\u00e9phone \u2014 j\u2019ai jamais fait \u00e7a, mais mais : s\u2019agit d\u2019un cas retors \u2014 Matthieu a d\u00e9cr\u00e9t\u00e9 qu\u2019il ferait plus tata \u2014 et d\u00e9cr\u00e9t\u00e9 en m\u00eame temps qu\u2019il prononcerait plus la syllabe \u00ab ca \u00bb, d\u2019o\u00f9 : Capou est devenu Tapou, Cabane Tabane, et ainsi de suite. Par contre, il dit tr\u00e8s bien merde (il a 4 ans et quelques). Tout le monde est accabl\u00e9, les parents deviennent dingues, il hurle quand on le force \u00e0 s\u2019asseoir sur le tr\u00f4ne, faut s\u2019y mettre \u00e0 deux pour tenir la b\u00eate, et il m\u2019a bousill\u00e9 cinq pots de p\u00e2te \u00e0 modeler PLayDoh en plongeant le contenu dans la flotte et le tapis par la m\u00eame occasion (fluidifier le tata, \u00e7a fait moins mal quand \u00e7a passe o\u00f9 \u00e7a doit passer). Un apr\u00e8s midi qui commence bien donc. Je prends presque pas de notes, me laisse bercer par les associations d\u2019id\u00e9es fulgurantes de mes amis et n\u00e9anmoins coll\u00e8gues, les avalent gentiment, puis je prendrais le temps de dig\u00e9rer et d\u2019alimenter mon p\u2019tit appareil \u00e0 penser les pens\u00e9es avec tout \u00e7a. Tout en causant, je nettoie le tapis, et, sur ma lanc\u00e9e, j\u2019entreprends de cirer le parquet. Le genre de truc que j\u2019ai jamais fait en six ans. \u00c7a travaille d\u00e9j\u00e0 donc !<\/p>\n<p>Que le narrateur et sa compagne et son chien partent en exp\u00e9dition dans les vastes territoires de l\u2019art d\u2019aujourd\u2019hui<\/p>\n<p>16h30 \u2014 \u00c7a expose s\u00e9v\u00e8re dans les deux chapelles du centre ville ! D\u2019abord, d\u2019un pas respectueux, filons tous les trois \u00e0 la Grand\u2019Halle, \u00e9clairage discret, subtil, sept \u0153uvres au top de la contemporan\u00e9it\u00e9, du Boltanski donc (bon : c\u2019est du modeste Boltanski, du transportable, mais du fragile quand m\u00eame, \u00e9clair\u00e9 \u00e0 la bougie \u2014 la lumi\u00e8re tremblote laissant appara\u00eetre quelques ombres d\u00e9licates \u2014 la danse des morts \u2014 on voit \u00e7a dans certaines fresques de la renaissance, par exemple \u00e0 Antigny \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de Saint-Savin o\u00f9 j\u2019ai boss\u00e9 autrefois en tant que surveillant du coll\u00e8ge \u2014 fallait gagner sa cro\u00fbte pour payer ses \u00e9tudes et devenir plus intelligent et \u00eatre capable de go\u00fbter la subtilit\u00e9 de Boltanski), Eliasson a sculpt\u00e9 un SkateBoard (bon : c\u2019est quand m\u00eame pas ce qu\u2019il a fait de mieux), Didier Marcel (??) a install\u00e9 quatre troncs d\u2019arbre de trois m\u00e8tres de haut qui tournent doucement sur eux-m\u00eames (je sais pas trop ce que j\u2019en pense, mais Capou lui, est compl\u00e8tement d\u00e9stabilis\u00e9 au point qu\u2019il ose m\u00eame pas pisser dessus ! Alors que les arbres, il en rate pas un d\u2019habitude.), Emmanuel Lagarrigue a fabriqu\u00e9 une sorte de cube sonore avec plein d\u2019enceintes de tailles diff\u00e9rentes, chacune d\u2019elle diffusant des sons particuliers, des bribes de phrases, de la musique concr\u00e8te \u2014 \u00e7a j\u2019aime bien : j\u2019en fais le tour doucement \u00e0 genoux, je penche l\u2019oreille vers chacune des sources sonores, y\u2019a des n\u00e9ons qui bercent le tout de lumi\u00e8re, c\u2019est l\u2019occasion d\u2019une exp\u00e9rience, et moi j\u2019adore les exp\u00e9riences, j\u2019ai toujours ador\u00e9 les exp\u00e9riences, \u00e7a m\u2019a valu parfois des d\u00e9sagr\u00e9ments, mais \u00e7a m\u2019a rendu un poil plus intelligent aussi. On prend la brochure qui explique tout \u2014 c\u2019est de l\u2019art conceptuel hein ! L\u2019art contemporain c\u2019est toujours conceptuel. C\u2019est pour \u00e7a d\u2019ailleurs que je n\u2019aime que l\u2019art contemporain. L\u2019art non-conceptuel m\u2019emmerde. L\u2019appel \u00e0 la sensation pure, l\u2019esth\u00e9tique pure, m\u2019emmerde. \u00c7a ne m\u2019int\u00e9resse pas.<\/p>\n<p>Et justement, la prochaine \u00e9tape, l\u2019autre chapelle donc, elle aussi d\u00e9di\u00e9e \u00e0 l\u2019art, mais l\u2019art non conceptuel, l\u2019art anti-conceptuel, qui se veut aussi, et \u00e0 raison d\u2019une certaine mani\u00e8re, contemporain, c\u2019est l\u2019exposition bi-annuelle (en fait ils squattent la chapelle six mois dans l\u2019ann\u00e9e) de l\u2019association des artistes locaux \u2014 essentiellement des peintres et des sculpteurs, pasque vous comprenez, la vid\u00e9o, les installations, sans parler des performances (moi c\u2019est ce que je pr\u00e9f\u00e8re les performances), c\u2019est des trucs d\u2019intello, c\u2019est d\u2019l\u2019art etc etc. Alors c\u2019est parti pour un d\u00e9fil\u00e9 de cro\u00fbtes \u2014 avec \u00e9clairage au projecteur \u2014 si on fait pas gaffe, on s\u2019prend de gros flashs de lumi\u00e8re jaunes, comme si qu\u2019on \u00e9tait aveugl\u00e9 la nuit sur une route isol\u00e9e par la lueur des phares d\u2019un camion \u2014 non : d\u2019un tank. L\u2019expo a quelque chose d\u2019un tank. D\u2019un tank rural. Y\u2019a des couleurs partout \u2014 des vaches color\u00e9es, des montagnes color\u00e9es, des filles \u00e0 poil color\u00e9es, et m\u00eame, invit\u00e9 d\u2019honneur du festival d\u2019\u00e9t\u00e9, cerise sur le pompom si j\u2019ose dire : de la vraie peinture underground ! si ! mais underground des ann\u00e9es soixante (voire avant), genre : j\u2019te colle des bouts de texte sur de grands aplats de peinture figurative \u2014 bref, le genre pop art, qui, bizarrement, semble repr\u00e9senter pour les organisateurs du festival le nec plus ultra de la peinture contemporaine. Effectivement, c\u2019est un poil plus moderne que le pompi\u00e9risme XIXi\u00e8me qui semble inspirer la plupart des artistes ici r\u00e9unis pour la c\u00e9l\u00e9bration de l\u2019art v\u00e9ritable et authentique, mais quand m\u00eame. Delph nous fait un joli num\u00e9ro d\u2019hypocrisie aupr\u00e8s de la tabl\u00e9e d\u2019organisatrices qui fait l\u2019accueil et entreprend m\u00eame de voter (si !) pour la meilleure \u0153uvre peinte du festival, grattant le num\u00e9ro de sa toile pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e sur un bout de papier qu\u2019elle glisse dans l\u2019urne immense et d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment vide pos\u00e9e \u00e0 l\u2019entr\u00e9e. On attend d\u2019\u00eatre sorti et \u00e0 cinquante m\u00e8tres avant de s\u2019autoriser un fendage de poire en bonne et due forme \u2014 \u00ab J\u2019ai pris une toile compl\u00e8tement au hasard \u00bb qu\u2019elle dit en se marrant. \u00ab C\u2019est pas gentil \u00bb, que j\u2019dis. \u00ab Enfin bref, tout \u00e7\u00e0 c\u2019est de l\u2019art, de l\u2019art d\u2019aujourd\u2019hui, c\u2019est ce qu\u2019on appelle de l\u2019art, les troncs d\u2019arbre qui bougent, les flamm\u00e8ches de bougie qui tremblotent, les aquarelles de vaches Aubrac vues de trois-quart, et les fresques m\u00e9di\u00e9vales qui surplombent le tout dans la chapelle, et l\u2019urne d\u2019un m\u00e8tre cube compl\u00e8tement vide pour la votation. Il faut d\u2019tout hein ? \u00bb<\/p>\n<p>Que le narrateur, apr\u00e8s s\u2019\u00eatre \u00e0 nouveau sustent\u00e9, s\u2019en va chasser le chevreuil sauvage avec le chien dans les bois du Pirou<\/p>\n<p>19h30 \u2014 C\u2019est pas tout mais faudrait aussi penser \u00e0 s\u2019alimenter : l\u2019art creuse. Mon p\u00e8re au t\u00e9l\u00e9phone, pendant que je touille les \u0153ufs pour l\u2019omelette. La vie culturelle \u00e0 la grand ville, c\u2019est \u00e9puisant : tous les soirs un pestacle, et parfois m\u00eame deux ou trois, m\u00eame le lundi, et m\u00eame l\u2019\u00e9t\u00e9, de la danse, du th\u00e9\u00e2tre, de la musique, et je te parle pas des conf\u00e9rences : rien que cette semaine t\u2019as le choix entre : la th\u00e9orie des cordes (tr\u00e8s jolie th\u00e9orie soit dit en passant, probablement une vue de l\u2019esprit, mais une jolie vue de l\u2019esprit), l\u2019augmentation inqui\u00e9tante des taux de suicide dans le monde paysan, le forage par fracturation hydraulique du gaz de schiste (ou comment transformer les campagnes en gruy\u00e8re toxique), la transmission du n\u00e9oplatonisme grec et latin par les arabes \u00e0 la fin de l\u2019antiquit\u00e9, le r\u00e9am\u00e9nagement du centre ville et ses cons\u00e9quences environnementales, la r\u00e9union mensuelle du comit\u00e9 de lutte contre le fascisme (manifeste ou latent), et je me souviens pas de tout ! Du coup : une semaine en vacances dans le Cantal, c\u2019est le repos assur\u00e9 \u2014 tu m\u2019\u00e9tonnes ! (le programme des festivit\u00e9s intellectuelles ici-bas : \u00c9douard O., sa vie son \u0153uvre (peintre local dont la renomm\u00e9e ne d\u00e9passa que fortuitement les limites de la colline en face de chez moi), l\u2019histoire de la dentelle \u00e0 travers les \u00e2ges (sic), le linteau grav\u00e9 dans le nord est du d\u00e9partement, les fonds secrets des archives municipales enfin d\u00e9voil\u00e9s (salivez pas trop ! \u00e7a vaut pas Boccace ou Restif de la Bretonne \u2014 tiens, maintenant que j\u2019y pense : l\u2019autre jour, surpris la couturi\u00e8re qui lisait Justine ou les malheurs de la vertu !). Bon. J\u2019exag\u00e8re \u00e9videmment, pour les besoins de la d\u00e9monstration. On a du v\u00e9lo aussi, beaucoup de v\u00e9lo. Et des montagnes. \u00c0 la grand ville, pas de montagnes : rien n\u2019est parfait !)<\/p>\n<p>Delph et Capou pr\u00eats \u00e0 d\u00e9marrer devant leur assiette d\u2019Omelette Mozarella. Super bon, dit Delph. Slurp ! fait Capou. On va se promener ? que j\u2019lance \u00e0 la cantonade ? Sans moi, dit Delph. Capou fr\u00e9tille, jappe et me tourne autour comme un petit chien \u2014 d\u2019ailleurs : c\u2019est un petit chien. Le verbe promener et ses d\u00e9riv\u00e9s (promenade) ou apparent\u00e9s (on va s\u2019balader ?) sont les seuls qu\u2019il a pris la peine d\u2019apprendre \u00e0 notre contact. Pour le reste on se d\u00e9brouille, en s\u2019inventant du langage non verbal pas articul\u00e9. Et c\u2019est parti pour le bois du Pirou, \u00e0 dix minutes d\u2019ici en automobile.<\/p>\n<p>L\u2019a plu toute la journ\u00e9e ou presque, et il pleuviote encore doucement. Qu\u2019\u00e0 cela ne tienne : on s\u2019enfonce dans les sous-bois, on plonge dans l\u2019humide, la p\u00e9nombre, pas de cabane, mais des champignons, des fraises des bois, des framboises \u2014 J\u2019fais mon march\u00e9 pendant que Capou arrose \u2014 c\u2019est un peu chez lui, donc y\u2019a du boulot, pas mal d\u2019hectares \u00e0 asperger, et il vous fait son job m\u00e9ticuleusement, pas un arbre ne lui \u00e9chappe. Ha ben on n\u2019est pas tout seul. Un quidam avec sa canne pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 d\u2019une petite blanchette fris\u00e9e, Fanny qu\u2019elle s\u2019appelle. Les deux quadrup\u00e8des se bisouillent un peu, pendant que les deux bip\u00e8des, plus chastes, se contentent de causer. Faut se m\u00e9fier des tiques, qu\u2019il dit, \u00e7a leur refile la pyro, j\u2019ai perdu un border collie comme \u00e7a, en deux jours que \u00e7a l\u2019a pris, jusqu\u2019aux reins, l\u2019a fallu euthanasier. Du coup, je jette un \u0153il anxieux tout autour, m\u2019attendant \u00e0 ce qu\u2019une arm\u00e9e de bestioles nous tombe sans crier gare sur le r\u00e2ble. Moi j\u2019ai \u00e9t\u00e9 malade autrefois, que j\u2019raconte, \u00e0 cause d\u2019une tique. Sur le cuir chevelu qu\u2019elle avait \u00e9lu domicile. Une fois arrach\u00e9e, restaient les pattes (ces ignobles pattes crochues velues). Une salet\u00e9 de maladie m\u2019a ruin\u00e9 les d\u00e9fenses immunitaires pendant les trois mois qui ont suivi, j\u2019en fus quitte pour trois grippes et un affaiblissement g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9, avant de me d\u00e9cider \u00e0 consulter un m\u00e9decin. Lequel m\u2019a dit gentiment qu\u2019un mois de plus et je perdais des neurones (sic).<\/p>\n<p>Sur le petit sentier dans la pin\u00e8de, un sol doux comme un duvet, on s\u2019fait un sprint Capou et moi (qu\u2019il gagne haut les pattes) \u2014 au moins j\u2019aurais fait trente secondes de sport aujourd\u2019hui \u2014 et, une fois pass\u00e9 la ligne d\u2019arriv\u00e9e, le vl\u00e0 qui tombe en arr\u00eat, la patte avant droite lev\u00e9e, comme en suspens. \u00c0 l\u2019autre bout du chemin, trente m\u00e8tre \u00e0 peine, deux chevreuils, dont un bien cornu, d\u00e9gustent paisiblement de jeunes pousses. Le cornu se redresse et tourne la t\u00eate de notre c\u00f4t\u00e9. Lentement mais surement, et pacifiquement, je le vise avec mon appareil photographique. Capou, sid\u00e9r\u00e9, demeure immobile (\u00e0 moins qu\u2019il ne s\u2019avise de la taille et de la masse de l\u2019ennemi \u2014 \u00e7a fait une sacr\u00e9e proie quand m\u00eame, mais : de quoi manger, si on l\u2019attrape, durant quelques semaines). Le cornu pousse un abominable cri rauque qui semble provenir des tr\u00e9fonds de l\u2019enfer log\u00e9 sans son poitrail et d\u00e9marre au quart de tour dans le taillis, suivi par son ou sa comparse, pas moins press\u00e9(e). On y va Capou ! Et nous vl\u00e0 en effet poursuivant les b\u00eates sauvages dans la Pampa, arm\u00e9s d\u2019un appareil photographique, sautant par d\u2019ssus les fourr\u00e9s, s\u2019\u00e9corchant au passage de ronces, m\u00fbriers, et framboisiers, se prenant des douches de pluie conserv\u00e9e par les feuillages qu\u2019on secoue au passage, ha ! Exalter notre sauvagerie, courir nu dans les bois, grimper aux arbres et d\u00e9vorer des li\u00e8vres crus avec les dents ! Vl\u00e0 d\u2019la vraie vie ! Pendant que les eaux du ciel s\u2019abattent, redoublant d\u2019intensit\u00e9, assomm\u00e9s, tremp\u00e9s, \u00e9corch\u00e9s, sanglants ! L\u2019autre devant hurle encore un coup \u2014 mais nos proies sont d\u00e9j\u00e0 loin \u2014 se demandant sans doute quel genre de nouveaux pr\u00e9dateurs hantent ces for\u00eats famili\u00e8res. (Des d\u00e9biles probablement, inoffensifs : s\u00fbrement).<\/p>\n<p>L\u00e0 : on s\u2019pose cinq minutes, ou m\u00eame dix, question de r\u00e9cup\u00e9rer, langue pendante et bave aux l\u00e8vres. Capou me regarde avec l\u2019air du chien qui serait pas contre un biscuit et qui sait que dans la poche lat\u00e9rale gauche du sac \u00e0 dos, y\u2019 en a toujours un sachet. Tiens Bonhomme ! Scrunch.  Moi, j\u2019bois un coup (d\u2019flotte !). Un fier arc-en-ciel courbe le ciel bleu p\u00e9trole. On s\u2019assoie un peu, on s\u2019en met plein les mirettes et les naseaux \u2014 c\u2019t\u2019odeur d\u2019humus qui vous prend les narines, tellement qu\u2019on s\u2019croirait \u00e0 l\u2019automne. Va bient\u00f4t neiger, j\u2019le sens dans les art\u00e8res. Et l\u00e0, soudain, furetant d\u00e9licatement au milieu des branches mortes \u00e0 vingt pas d\u2019o\u00f9 nous reposons, le renard, gris roux avec une longue queue \u00e9paisse, un Capou en plus long et plus fin, en somme, lequel, le susnomm\u00e9 Capou, tout \u00e0 sa d\u00e9gustation (biscuit au poulet et l\u00e9gumes verts), l\u2019a pas senti approcher. L\u2019appareil photo, viser ! Trop tard, le cousin se barre sans un mot \u2014 et file silencieusement dans l\u2019infinie p\u00e9nombre et touffue qui nous est \u00e0 nous autres, path\u00e9tiques bip\u00e8des aux pas lourds et aux pens\u00e9es futiles, \u00e0 jamais interdite.<\/p>\n<p>Bien belle soir\u00e9e quand m\u00eame ! Des framboises et des fraises des bois, des tiques, deux chevreuils, un arc-en ciel et un renard. \u00c7a vous rattrape une journ\u00e9e de mis\u00e8re. Pour tout dire, j\u2019y suis tellement trop bien l\u00e0 dehors dans l\u2019humide et le froid, que \u00e7a me peine de rentrer. J\u2019me dis qu\u2019ces derniers jours, y\u2019a que deux endroits o\u00f9 j\u2019me sens vraiment bien : sous les couvertures \u00e0 r\u00eaver d\u2019Alaska ou \u00e0 bouquiner de la litt\u00e9rature allemande (j\u2019ai du Josef Winkler qui m\u2019attend d\u2019ailleurs) ou bien dehors, dans la sauvagerie. C\u2019est pas le dehors qui manque ici, et pour dormir, rien ne m\u2019en emp\u00eache. \u00c0 la limite, m\u2019faudrait une petite cabane au fin fond d\u2019l\u2019Alaska avec une bonne biblioth\u00e8que et une chemin\u00e9e. Capou voit pas d\u2019objection. Faut qu\u2019j\u2019en cause \u00e0 Delph.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Que le narrateur n\u2019a aucune raison valable de se lever 8h32 \u2014 apr\u00e8s avoir vaqu\u00e9, pour autant que je m\u2019en souvienne, une bonne partie de la nuit \u00e0 des occupations diverses et vari\u00e9es \u2014 : chercher une Tabanne dans les bois du Pirou avec mon chien Tapou, une Tabanne que j\u2019avais bien rep\u00e9r\u00e9e sur la&hellip;<\/p>\n <a href=\"https:\/\/outsiderland.com\/danahilliot\/un-autre-dimanche\/\" title=\"Un Autre Dimanche\" class=\"entry-more-link\"><span>Read More<\/span> <span class=\"screen-reader-text\">Un Autre Dimanche<\/span><\/a>","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":0,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"Layout":"","footnotes":""},"categories":[120],"tags":[126],"class_list":["entry","author-danah","post-151","page","type-page","status-publish","category-observation","tag-observation"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.0 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>Un Autre Dimanche - Outside Dana Hilliot<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/outsiderland.com\/danahilliot\/un-autre-dimanche\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Un Autre Dimanche - Outside Dana Hilliot\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Que le narrateur n\u2019a aucune raison valable de se lever 8h32 \u2014 apr\u00e8s avoir vaqu\u00e9, pour autant que je m\u2019en souvienne, une bonne partie de la nuit \u00e0 des occupations diverses et vari\u00e9es \u2014 : chercher une Tabanne dans les bois du Pirou avec mon chien Tapou, une Tabanne que j\u2019avais bien rep\u00e9r\u00e9e sur la&hellip;\" \/>\n<meta property=\"og:url\" content=\"https:\/\/outsiderland.com\/danahilliot\/un-autre-dimanche\/\" \/>\n<meta property=\"og:site_name\" content=\"Outside Dana Hilliot\" \/>\n<meta property=\"article:modified_time\" content=\"2025-10-12T09:46:09+00:00\" \/>\n<meta name=\"twitter:card\" content=\"summary_large_image\" \/>\n<meta name=\"twitter:label1\" content=\"Dur\u00e9e de lecture estim\u00e9e\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data1\" content=\"20 minutes\" \/>\n<script type=\"application\/ld+json\" class=\"yoast-schema-graph\">{\"@context\":\"https:\/\/schema.org\",\"@graph\":[{\"@type\":\"WebPage\",\"@id\":\"https:\/\/outsiderland.com\/danahilliot\/un-autre-dimanche\/\",\"url\":\"https:\/\/outsiderland.com\/danahilliot\/un-autre-dimanche\/\",\"name\":\"Un Autre Dimanche - Outside Dana Hilliot\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\/\/outsiderland.com\/danahilliot\/#website\"},\"datePublished\":\"2018-10-05T12:05:43+00:00\",\"dateModified\":\"2025-10-12T09:46:09+00:00\",\"breadcrumb\":{\"@id\":\"https:\/\/outsiderland.com\/danahilliot\/un-autre-dimanche\/#breadcrumb\"},\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"ReadAction\",\"target\":[\"https:\/\/outsiderland.com\/danahilliot\/un-autre-dimanche\/\"]}]},{\"@type\":\"BreadcrumbList\",\"@id\":\"https:\/\/outsiderland.com\/danahilliot\/un-autre-dimanche\/#breadcrumb\",\"itemListElement\":[{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":1,\"name\":\"Accueil\",\"item\":\"https:\/\/outsiderland.com\/danahilliot\/\"},{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":2,\"name\":\"Un Autre Dimanche\"}]},{\"@type\":\"WebSite\",\"@id\":\"https:\/\/outsiderland.com\/danahilliot\/#website\",\"url\":\"https:\/\/outsiderland.com\/danahilliot\/\",\"name\":\"Outside Dana Hilliot\",\"description\":\". 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