Actualité éditoriale décembre 2015

L’hiver à nouveau. (C’était à prévoir). Le monde tel que nous l’avons connu se désagrège lentement : il n’a jamais cessé de se désagréger en réalité – entre deux signes patents de sa glissade vers quelque chose d’autre, éminemment angoissant, nous l’oublions. Dans les mois qui viennent, mon éditeur, Christophe Havot (l’Orpailleur), va publier deux textes que j’ai composés l’été dernier.

Alpestres est un texte d’environ 60 pages dans lequel je prolonge les problématiques concernant la mémoire et le récit (et « la perte de mémoire » et « l’impossibilité du récit ») en prenant pour prétexte une histoire qui m’est arrivé quand j’avais dix-neuf ans, peut-être vingt, la mémoire me fait défaut, les dates vous savez, vous savez ce que je pense des dates. Etc.

Sauver sa peau est un texte plus épais, composé d’une myriade de monologues, de dialogues, de situations. Il y a quelques mois encore, un ami me demandait, en lisant quelques pages de ce livre : mais comment peux-tu être aussi pessimiste ? À la fin de ce mois de novembre, je le soupçonne d’être devenu subitement beaucoup plus pessimiste que moi.

Mon prochain bouquin devrait ressembler un peu plus à Un Débarras, un long monologue jouissif/malade, il y sera question d’électro-sensibilité, de buron oublié dans la montagne et d’invasion zombie. Je l’envisage comme quelque chose d’à la fois drôle et sinistre. Sauver sa peau me paraît être un livre pré-apocalyptique (un peu à la manière dont les nouvelles des années 20/30 de Hermann Broch pouvaient l’être), mais le prochain texte sera post-apocalyptique. Donc, forcément, pétri d’espoir.