Dana Hilliot and his friends

misfit (on Greed Recordings, 2006)

recorded with Delphine Dora, Moonman, Half Asleep

  1. song for L
  2. five years after
  3. looking for a prostitute
  4. my first boyfriend
  5. someone to be with
  6. following the fox
  7. lovers in the wood
  8. the first and the last
  9. sleeping with a songwriter
  10. song for l (piano version)

download all songs there (on archive.org)

and read all the alternative Misfit press book (pdf)

fabulous texts written by some friends about these songs (in french)


I was a rabbit and I won (Another Record 2004)

recorded with Lunt, Half Asleep, The wedding Soundtrack, Delphine Dora,Jullian Angel

You can download the full LP on archive.org

MI0001631196


Friends of Dana (live at l’Inca, 30 04 2005) :

Jullian Angel, The Wedding Soundtrack and Adeline play the songs of I was a rabbit and I won :

You can download the full show on archive.org


Before the rabbit (home recordings 2003-2004)

before the rabbit

all the songs below can be downloaded on Archive.org :


Chroniques :

A Découvrir Absolument (France)

Album fleuve dans ses aspérités, ce dana hilliot m’empechait de dormir, donnant à ma poubelle (et oui j’écris mes chroniques au stylo sur du papier) le droit de se transformer en orifice pour basketteur, susceptible d’accepter l’équivalent d’une forêt dévastée. Je me sentais coupable d’oublier une émotion, un pan entier de ce moment musical, un parallèle non romanesque aux films de desplechin, le souci de chercher le bonheur derrière la projection en sourire de son don. Alors comme à la vieille époque de mes chroniques scolaires (là je suis en période je me lache) je décidais de prendre morceau par morceau, donnant à chacun la lumière nécessaire à la captation. Faire le noir autour et illuminer la scène. Tout commence par Why did gods leave us ? Gastr del sol hante ce titre librement agrémenté. Enregistré avec un tel dévouement pour la musique, celui ci nous ramène à la mémoire le Hope de palace music. Quand on frôle la perfection on interdit de jouer aux autres ! Dana lui cherche celle-ci dans la communauté. Partant d’une base simple (jurassic part) Dana enveloppe un passé dénué d’austérité mais proche du dénuement. Il affirme la respiration comme une nécessité, et privilégie l’espace temps. On prolonge alors le titre pour bonifier l’instant présent. Pour girls ‘asses c’est un piano qui sert de guide à un chant sans élasticité décorative. Déclaration d’amour ou irrémédiable envie de faire danser les mots, Dana ne fini jamais de choisir, alors il se love. Pour To be a tree la sonorité mise en avant est sèche. Dana chante ici comme jack Bauer pourrait le faire au milieu d’un groupe de terroristes, un bout de bois entre les dents pour juguler la douleur. Crispant ce morceau l’est autant que Beds lui saura nous dorloter. Dana est ici un papillon magnifique, battant des ailes le temps du refrain. Toujours un pied dans la chrysalide, illuminé par une orchestration minime mais splendide, beds est le parfait compagnon des derniers mots à dire dans le creux d’une oreille complice avant de s’endormir. I’m your alcohol présenté par son auteur comme une chanson poétique sur la fellation est en fait le dernier endroit ou se plonger si vos cheveux commencent à vous pousser de l’interieur. Après tout cela the darkness and me frôle les endroits sombres. Heureusement Dana n’oublie jamais de se promener sans ses lucioles. De plus en plus intimiste, sur i’m not a drummer l’atmosphére se tend autant que les cordes vibrent. Toujours aussi accueillant Dana nous crispe aussi de plus en plus. Pour la suite immédiate il nous offre un plat de résistance dantesque. Lions kill everything entrechoc deux routes que Dana prend simultanément, mélangeant malgré la lenteur deux paysages déchirant. Tout en se sentant plus fort avec de la compagnie, il donne ici des signes de souffrance même dans ses echos.To plymouth from spain est une affaire de mémoire. Il a de la mémoire, des perceptions de l’avant, et la sensation direct de l’echo de l’après, du futur. Tout dire en moins de deux minutes. Après cette trinité plus sombre, retour à la simplicité, (sophie, do you remember me as i remember you ?) aux champs des pensées égarées, aux écarts de temps, au fil d’ariane cassé et renoué. Une boucle et de noeuds, l’aspiration à se rendre heureux par la beauté. Pour the girl who wanted a baby from me, dana suggère le contraire de ce qu’il affirme dans un halo de lascivité involontaire. On pense en cette fin à des réunions du passé, à songs for drella. Ici on contraire de la réunion de Cale et Reed sur la dépouille de andy, on se manifeste tout avant de se séparer. Intrigante et poignante fin ensoleillée par un I won’t be back au cérémonial jubilatoire. Aussi longue que ce disque a pu me transporter, cette chronique aura, je l’espére, emprunté sa palette aux peintres Dana afin qu’un trait ultime d’un pinceau prolongement de ma main, signe un merci rougissant pour cette rencontre sans commune mesure. Chef d’œuvre. .

Gerald de Oliveira

Pop News (France)

Vu le titre et l’emballage, on serait facilement tenté de soupçonner un disque d’anti-folk pur et dur, agréablement bricolé à la va-vite autour de quelques accords de guitare et des mélodies aguichantes. Mais ce n’est pas de ça qu’il s’agit. « I Was a Rabbit and I Won », contrairement aux trompeuses apparences, est un disque riche, grave par bien des aspects, plein d’idées, et impressionnant de justesse. A prendre au sérieux donc. Ce qui séduit d’emblée ou presque (car il faut tout de même un minimum de persévérance), à l’écoute du disque, c’est la variété des moyens et des formes mis en oeuvre autour d’une même matrice acoustique, squelette de chacune des chansons, qui leur fournit la charpente mais non pas les cadres. On serait donc facilement tenté de décrire chacune des plages qui le composent pour bien pouvoir bien parler de l’album. Si celui-ci s’ouvre sur des arrangements très en phase avec les atmosphères automnales de (smog) sur Red Apple Falls, il s’en éloignera assez vite pour défricher d’autres chemins, tous relativement éloignés les uns des autres et tous explorés avec la même conviction. Dana Hilliot nous parle de ses amours perdues, de ses conquêtes ratées, de ses expériences les plus simples, avec une transparence et une sensibilité extrêmement touchantes. Sa voix est sans doute pour beaucoup dans cette capacité qu’ont les chansons à conquérir l’auditeur et on n’exagérerait qu’à peine en la comparant, dans l’esprit au moins, dans le pouvoir d’attraction qu’elle dégage, à celles de Bill Callahan ou Howe Gelb. Ce n’est évidemment pas le moindre des compliments. Mais on ne rechigne pas à en faire. Lorsqu’elle se fait traînante sur le titre presque parlé « The Girl Who Wanted a Baby from Me », on songe à certains exercices de Lou Reed et John Cale, la chanson « A Dream » notamment, sur « Songs For Drella ». Certaines plages, plus classiques dans la forme, sont tout aussi séduisantes dans leur ton, telle « I’m Your Alcohol », échappée plus résolument folk, annoncée dans le livret comme une « chanson poétique sur la fellation » ou « Beds », jolie ballade amoureuse dans la droite lignée de ce que savent concocter les frères Herman Düne. D’autres restent assez inattendues, on citera pour exemple « Lions Kill Everything » qui mêle la complainte astrologique à un crescendo tribal à plusieurs voix. Tout l’album s’écoute avec une attention béate et admirative. Celle qu’on peut sans doute envisager comme la chanson phare, « Girl’s Asses », avec son refrain voué au culte (Girl’s asses will never let you fall, but girl’s asses will never save your soul) et son imparable ligne de piano, se donne de faux airs de comptine, mais vous arrachera peut-être une larme incompréhensible. On ne s’explique pas tellement qu’un tel album, quasiment condamné d’avance à l’anonymat, puisse abriter autant de perles. « I Was a Rabbit and I Won » est un magnifique disque désenchanté camouflé sous des dehors anodins. Bravo pour l’élégance du geste.

Jean-Charles

Benzine (France)

Le label Another record est heureux de vous présenter un beau disque apaisé et lumineux comme il est rare d’en entendre de ce coté-ci de l’Atlantique. Co-produit par Jullian Angel et Lunt, I was a rabbit and I won ! rassemble autour de Dana Hilliot une poignée de musiciens issus du collectif Another record. Ainsi on notera la présence de The Wedding Soundtrack, Jullian Angel, Half asleep, Delphine Dori, Lunt pour ce qui restera après de nombreuses et plaisantes écoutes comme un magnifique album de musique folk dans lequel viennent se mêler tout un tas de choses, des influences et des dissonances subtiles qui font de ce disque un ensemble à la fois délicat est très brut, emmené par la voix douce de Dana lui-même qui, sur ce coup-là, fait largement le poids aux cotés de noms tels que Bill Callahan ou Will Oldham.

Benoit Richard

Bloom (France)

Les garçons ne pleurent pas, dit la chanson. Ceux-là, si. Ceux-là sont vaguement désaxés, un peu paumés. « Je suis le genre de type qu’on a peur de croiser le soir dans la rue tout ça parce que je suis souvent mal rasé et que je parle tout seul. D’un autre côté je peux être aussi très social (trop social). Le spleen, je crains que ce soit un peu trop d’honneur: la schizophrénie, la dépression, la paranoïa, une dramatique inadaptation sociale… Ce serait plutôt mon lot je pense. » Vincent Séguret parle de lui. Vincent : mais il écrit sous le nom de Dana Hilliot, après Tino. Il a fondé le micro label Another Record (Gâtechien, Half Asleep, Jullian Angel, etc.). Il compose des chansons. Des chansons-reflets, fenêtres ouvertes sur le moi. Sorte de « journal chanté », toujours du vécu. « Pour peu qu’on s’efforce de vivre une vie pas trop ennuyeuse, pas besoin d’aller chercher plus loin pour trouver de l’inspiration. » Dana H. n’est pas le seul. D’autres ont le vague à l’âme. Songwriters d’une époque bleue, d’une époque cold. Ils vivent un peu comme Narcisse, dangereusement penchés sur leur reflet. Ils vivent un peu comme on survit. On écoute leurs chansons ; on a l’impression qu’ils ont toujours froid. Ils vacillent. Ils sont au bord. De quoi, on ne sait pas. Sûrement jouent-ils un peu, aussi. Tu sais : le poète maudit. Les spleens, et la tempête sous le crâne, celle qui tremble furieuse dans le regard, celle qui tremble sans jamais éclater. On attend les étincelles, on attend l’extrême, l’explosion. Dana chante, impassible, impossible. Il a eu sa période punk. Destroy. Mais… « Depuis que j’ai débranché les guitares électriques, je me sens mieux musicalement. Pas besoin d’ampli, on va partout avec une guitare sèche : dans les montagnes, dans les bois, au bord des étangs. C’est là où je me sens bien.  » Ils ne crient pas. Ils ne hurlent pas dans le micro, ils se cacheraient plutôt derrière. Ils glissent. Ils posent leur voix, ils la prêtent aux mélancolies contemporaines. Nous avions eu les angoisses. Joy Division, surtout. Ian Curtis et ses textes écorchés. Polar, Syd matters, Low, Arab Strap, Smog, Elliott Smith, etc. : blessures d’ici ou d’ailleurs. Dana H. a ses « héros », « mais pas au sens d’une admiration sans borne vouée à quiconque (j’ai passé l’âge je crois) », explique-t-il – ils s’appellent Malcom Lowry, Arno Schmidt, Alfred North Whitehead, Héraclite, Virginia Woolf, Ludwig Wittgenstein, Francesca Woodman ou Gillian Wearing. Ce sont des écrivains ou des philosophes (Dana tire son nom d’un bouquin de Lowry), des photographes ou des vidéastes. Des hommes et des femmes. Quelques suicidées. « Des gens qui te donnent du courage et de l’audace », ajoute-t-il. Des gens qui donnent envie de continuer, malgré tout. Côté musique, il aime surtout les albums the doctor came at dawn de Smog, what would the community think de Cat Power, et tout ce que fait Half Asleep. Musiques à fleur de peau, musiques ébréchées. L’autre nuit, c’est étrange, j’ai rêvé de lui. Les images sont floues. Je me rappelle seulement : un quai de gare, Dana H. est un homme invisible, il traîne un sac énorme. Lourd, évidemment. Il traîne le sac. Le sac est rempli de disques. C’est tout. Autour, le brouillard. L’homme avance sans visage. Ils parlent français, mais chantent en anglais. Se protègent derrière des remparts de mots. Des fois la guitare est doublée par des machines qui chuchotent ou un harmonica. Souvent la chanson est simplifiée, dépouillée : voix-guitare-batterie. Parfois leurs chansons manquent curieusement de vie. On a connu des déprimes plus vives, des chagrins plus poignants. I remember you well, Leonard Cohen. Ils ont peur qu’on les abandonne. On saisit quelques bribes, extraits d’amours mortes. Un poignard en plein cœur, et c’est le moi qui saigne. Ils ont peur du temps qui passe. Boys don’t cry. Mais ces garçons-là restent des petits garçons. Des petits garçons dans une grande maison, une maison sans limites, une maison sonique. Leurs chansons : des espaces étranges, incertains, qui mettent vaguement mal à l’aise. Des espaces déserts où flottent des fantômes. Globalement noir. Doucement glauque. Noir. Pas violent. Noir et serein. C’est inquiétant, cette noirceur calme, ce mal de l’autre siècle qui revient au galop. Tu ne les aimeras sûrement pas. Pas au début. Tu les trouveras trop tristes. En attendant ils écrivent des albums. En attendant ils vivent quand même. Au jour le jour, combat. On se dit qu’ils vont d’un moment à l’autre se briser. On se dit que l’équilibre est trop fragile, et la tempête trop imminente. Mais ils sont là ; ils résistent. Fermement, résolument. Je laisse le dernier mot à Dana H. : « C’est tellement le bordel dans le monde de la musique en occident. Oui on peut dire que c’est un combat de monter un label (même un micro label). Il faut convaincre, expliquer sa démarche. Maintenant nous sommes six à gérer notre petite organisation : c’est comme une communauté d’amis et d’artistes. C’est dur parfois, parce qu’on n’a peu de moyens, et il faut aller travailler pour gagner sa croûte. Mais le peu qui reste, on l’investit dans les musiques qui nous touchent. Et puis on se sent moins seuls aujourd’hui : il existe d’autres micro labels qui fonctionnent sensiblement de la même manière que nous. Et quand on sort de bons disques, on est heureux voilà tout.  » Merci –

Elodie

Dmute (France)

Dana Hilliot compose des chansons qui « portent un lourd vécu sur leurs épaules ». C’est lui-même qui le dit. On pourrait de fait avoir une certaine appréhension à s’aventurer dans les méandres musicaux d’un artiste dont la schizophrénie est « son premier problème avec la vie », selon ses médecins (objet d’ailleurs d’une magnifique chanson sur l’album, The darkness dans me). Mais à l’écoute, ce disque s’avère être bien différent de ce que l’on pourrait craindre a priori, sans rien connaître du personnage. Formidablement entouré de ses compagnons de label(s) (Valerie de Half asleep, Jullian Angel, Clément Batut (The Wedding Soundtrack, Delphine Dori, Gilles Deles (Lunt de Unique Records), Dana offre à l’auditeur de beaux morceaux de folk inspiré, intimiste mais jamais plombé par un ego déversé avec indécence. Et si Dana est l’auteur de la majorité des textes (excepté I’m not a drummer, écrit par son ami Florient), plusieurs voix prennent le micro, comme pour signifier que chaque chanson, si personnelle soit-elle, peut interpeller chacun de nous. On aurait pu craindre un exercice de folk un peu misérabiliste, mais ç’aurait été oublier qu’avec une telle équipe, la faute de goût était improbable. I was a rabbit and i won bénéficie en effet sur chaque morceau du toucher et de la finesse de musiciens talentueux. Citons l’ampleur de Why did god leave us?, l’immédiateté d’adhésion que procure girl’s asses au refrain imparable, la douceur de beds, magnifiquement interprété par Lunt. Guitare, glockenspiel, pour un morceau émouvant qui évoque un amour à distance. The darkness and me, chanson douloureuse dans laquelle Dana évoque ses démons, ses « beautiful friends », possède de délicats arrangements: le toucher de piano parcimonieux de Delphine, la guitare et la basse qui soutiennent le chant, et Lunt qui tisse un fond sonore discret grâce à ses guitares atmosphériques et ses drones. L’ambiance flottante et nébuleuse de « I’m not a drummer » contraste quant à elle avec l’atmosphère du morceau qui lui fait suite et qui est pour moi le plus réussi, le somptueux Lions kill everything: chanson enfiévrée qui monte progressivement en intensité avec comme paroxysme une envolée vocale et instrumentale aux inflexions orientales hypnotisantes. L’album se concluera sur I won’t be back, morceau à plusieurs voix, qui est le point final sur cet album d’une aventure de studio entre des musiciens dont la connivence est perceptible tout au long du disque. Merci beaucoup pour ce très joli cadeau musical.

Imogen

Cafzic (France)

C’est mon deuxième disque du  » micro label indépendant  » Another Record. Je m’aperçois de nouveau que leurs goûts musicaux sont le fruit d’une logique extrêmement simple, pour qu’ils aiment, qu’ils collaborent, ils suffit simplement que le disque soit…beau ! Cette fois-ci, c’est visiblement (j’ai peu d’infos) le résultat d’échanges entre Dana Hilliot et différents artistes du label. Mon anglais n’ayant pas progressé malheureusement, je ne peux vous parler des textes, mais dans le ton ça me semble un peu mélancolique. L’ensemble est acoustique (guitare, piano), calme, posé, tranquille, le chant est chaud, profond, on ne peut pas dire que cela respire l’enthousiasme. Ici les sentiments sont cachés, c’est plus introspectif, pas vraiment rock’n’roll et c’est peut-être d’ailleurs du fait de cette différence que je me sens profondément touché comme avec Luis Francisco Arena.

Yan

Jade web (France)

Loin de la cacophonie médiatique de la scène antifolk gravitent dans l’ombre quelques astres obscurs et lointains dont la présence réconforte par leur discrète existence. Dana Hilliot est de ceux là. Son centre de gravité trouve son équilibre aux côtés de formations confidentes, dans lequel il peut à loisir cracher ses conceptions intimistes, ses fragments de folk impies, ses idées sacrilèges. Dana Hilliot est un song-writer né, de la veine de ceux qui n’attendent rien de leur musique si ce n’est une douce catharsis, un défoulement salutaire. Sa vie et sa musique sont indéfectiblement liées et se nourrissent l’une l’autre de leur belle misère. Pour cet album, le crooner a convié une poignée d’amis (Delphine Dori, Valérie Lelercq, Jullian Angel, Clément Battu, Giles Deles….) à le rejoindre le temps d’un long week-end dans un studio improvisé, où l’imagination se laisse le temps de féconder la mélodie. 50 minutes d’une déambulation folk gracieuse et sensitive. Entre Syd Matters et Bonnie Prince Billy. Un très bon disque qui mérite toutes les attentions.

Julien

Les Inrocks (France)

Ça commence par un constat accablant – Why Did Gods Leave Us? (« Pourquoi les Dieux nous ont-ils abandonnés ? ») – pour finir encore plus bas, en gospel pâle et effondré – I Won’t Be Back (« Je ne reviendrai plus »)… Entre les deux, de belles chansons amochées, carcasses de folk laissées en plein désert (culturel). Du sud de la France aux plaines du Midwest, les frustrations restent les mêmes, les villageois aussi, désespérément étouffants avec leurs codes, us et coutumes au couteau : c’est la rage résignée, qui alimente tant de chansons tristes et pauvres de l’americana, qui irrigue les ballades assassines de Dana Hilliot. « Le cul des filles ne sauvera jamais ton âme », entend-on ainsi au creux d’une guitare hippie et droguée, dans ce disque où le silence n’est jamais religieux, jamais pesant : comme chez Will Oldham, Smog ou Leonard Cohen, jamais ce dénuement n’est plaintif ou répressif. Dana – Vincent pour sa maman – n’est pas de ces chiens tristes qui rongent un vieux pathos : certes, il évoque régulièrement ses amours moches, ses plaies en pleine tête, son mal aux autres : mais tout ceci avec un sourire goguenard de survivant, avec classe et discrétion, avec des mélodies lentes et mélancoliques qui disent quand même « bienvenue chez moi ». Dans le petit hameau, bucolique et serein, du néofolk, il ferait un très joli Hilliot du village

Simon Triquet

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