Cellules

couverture-cellules-recto-pour-mail4ème de couverture :

Peut-on écrire sa propre histoire, la projeter devant soi pour espérer en deviner la signification ? La mettre en récit pour ordonner son chaos ? La soupeser pour en délivrer le jugement définitif ? Se répéter indéfiniment son enfance, la violence d’un père, le déclassement social, la misère psychologique, pour en conjurer le sort, comme ces histoires que les enfants aiment écouter cent fois, les rassurant ? On n’a jamais vu quiconque réchapper d’un trou noir. On ne se débarrasse jamais de son passé. En parler, c’est convoquer un absent. Et lancer finalement des accusations contre le néant. L’écriture de ce récit est pourtant portée par cette absurdité : en réchapper, malgré soi. Alors, inlassablement, les mots sarclent, tentent de désécrire ce qui s’écrit, si vite que la phrase se met à courir. Car il en faut du souffle pour tout effacer. Dans l’espoir que tout s’enraie, que le passé s’entrave. Pour s’enterrer plus loin dans une parole, en sorte de forer le passé lui-même et y disparaître ou renaître, ce sera selon, mais créer un centre où habiter durablement.
 Il y a des textes que l’on ne reconnaît pas, parce qu’il faut inventer pour en saisir l’exacte figure. Ce qui nous est donné à lire ici, il faut encore le conquérir. Avec la vue bouchée sans doute, l’oeil au beurre noir, parce que chaque mot excavé, imparable comme un coup de poing nous décape, nous corrode, nous démantèle, mais pour finir nous éperonne et nous gonfle de vie.            Daya Lemael


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