Animals

couverture recto 150dpi avec cadre4ème de couverture :

Lui c’est Dogū, un gosse qui vit dans une sorte de squat au-dessus d’un soapland, à Tokyo. Il dessine les prostituées, il traîne dans les rues, jusqu’à ce qu’il fasse une découverte sordide dans une camionnette.
Elle c’est Kasumi, une geek obsédée par un jeu vidéo des années 80 qui vient de refaire surface, le projet Karasu (“corbeau” en Japonais) : un jeu labyrinthique avec recherche d’indices dans le monde réel, rencontres indélicates et disparitions louches. Quelque chose lui dit que percer le mystère du jeu et en suivre les pistes la mènera sur les traces de son père absent.
Animals est une traque au cours de laquelle l’univers onirique et virtuel se mêle au décor obscur de la ville et où l’on ne sait pas, du gamin ou de la geek, qui embarque l’autre.
Au fil des pages s’installent des ambiances saisissantes, c’est un véritable voyage que fait le lecteur avec des personnages auxquels il s’attache, dans un récit porté par une voix singulière, musicale et poétique.


Anne-Sophie Herbay


Lisez les 3 premières pages du livre en cliquant ici.


Pour prolonger l’expérience visitez le site du projet karasu : ici


Critiques

L’émission Bande Originale de Livres du 22 novembre 2021, sur Radioactiv’, était consacrée au roman. Vous pouvez l’écouter ici.

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La critique du roman sur le site Litzic est à lire ici.

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La critique sur Instagram de livres_et_sac_a_dos

Un roman surprenant qui déroule devant vous comme un jeu de pistes en quête de l’énigme portée par le jeu vidéo avec un duo Dogū et Kasumi impitoyables envers ceux et celles qui leur barrent le chemin. Le livre m’a tenue en haleine tout du long, mais pas grâce à l’attachement aux personnages mais bien grace à l’écriture singulière et poétique qui se mêle à de l’argot et une violence verbale non mesurée qui sied bien au genre « urbain » et à ces deux jeunes désabusés.

N’hésitez pas à vous lancer si vous êtes amateur de splendides plumes qui vous font voyager loin dans l’espace et plus profondément dans l’âme humaine.

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Suite à ma lecture d’Animals, j’aimerais souligner le soin particulier que vous apportez au livre en tant qu’objet, que ce soit au niveau de la couverture et du hors-texte qui l’illustre, comme du choix des rabats portant votre ligne éditoriale, de la quatrième et du format du livre, sorte de carré qui rappellerait une fenêtre (les rabats en seraient les volets) sur le monde, mais aussi un monde intérieur, c’est donc un passage que le livre se propose d’être entre deux voire plusieurs mondes à travers l’Orpailleur…
Animals… un titre dont la charge évocatrice a excité mon imagination, l’apprenti cinéphile que je suis se préparant à une immersion en eaux cronenbergiennes, mais c’est une autre dimension, voisine ou apparentée, dans laquelle je me suis trouvé plongé, où en lieu et place de la chair et de ses monstres potentiels, de ses avatars tératologiques, techno-cybernétiques, quoique cela flirte parfois avec cette limite, une hypnose m’attendait.

Pour autant, je l’avoue, il m’a fallu entrer une première fois, sortir, tenter d’en sortir, dirais-je, pour entrer à nouveau non pas dans la danse mais dans le game à travers le corps-texte de Christophe Samarsky. Je l’ai suivi en ayant le sentiment d’être entraîné dans une matrice d’yeux (orifices), de nuit et de portes en enfilade (le projet Karasu telle une mise en abyme), dans un métavers ressemblant à des capsules emboîtées telles des matriochkas à l’intérieur desquelles se trouvent des énigmes à résoudre, des codes à déchiffrer, des masques à ef-facer… Intérieurs à l’intérieur de. Narrations parallèles qui se croisent et s’interpénètrent. Une traque-game hypnotique, proposant une hallucination potentielle du réel, des dimensions parallèles, peut-être même perpendiculaires, et bien que tout paraisse figé dans une attente aussi nerveuse que gluante, on ne cesse de passer des seuils.
À l’arrivée de ce qui semble un processus (un « devenir » pour employer un vocable deleuzien apparemment cher à l’auteur), comme délesté, corps délesté du corps, dans l’apesanteur de la machine comme de la surface du papier, ayant joué le jeu, ayant méandré dans cet espace tubulaire, le specta-lecteur sombre dans un immense crâne, une vidéographie, dont il se demande, en a-mateur de matrice et de carte-réseau, s’il/elle pourrait bien être sien/ne…
Des images qui nous sont proposées (« la voie ferrée comme une veine le long de la mer »), qui surprennent et excitent la lecture, des images que l’on se fabrique à partir d’une langue que je vois se déployer comme un rhizome sans début ni fin, à embranchements variables, à canaux multiples.

La succincte biographie de l’auteur, toujours précieuse, m’avait au préalable renseigné que l’écrivain et moi avions quelque atome en croche. Les philosophes du « Z » (l’immanent Spinoza, l’involucre Leibniz, l’organique Deleuze et, bien entendu, l’abyssal de la surface Nietzsche).
Blanchot, le punk, la dark ou cold wave (écoutant la musique de Corso grâce au lien mis en fin d’ouvrage — encore un passage que le livre judicieusement permet —, je pensais à quelques groupes écoutés trente ans plus tôt, et notamment Jad Wio, dont la voix et les guitares sont assez proches, il me semble, de celles de Corso), peut-être bien Calaferte (là, j’extrapole à partir du titre de son recueil de poèmes La mécanique…), Enki Bilal, la musique sérielle (La mécanique de l’oubli version audio cette fois), les corvidés (avec et sans jeu de mot), et le Japon, bien sûr, que je connais cependant par bribes ou par miettes, avec le dilettantisme qui me caractérise, quand l’auteur semble l’avoir vu de beaucoup plus près…

Merci donc à vous de représenter et de soutenir cet écrivain qui, « à l’écart des salles et de la gloire », porte en lui un monde à part, et dont la singularité méritait qu’on en effeuillât les strates, qu’on en déroulât les plis, qu’on en retournât les masques… ce que la fenêtre de votre maison, béant telle une promesse, permet.

David Mazhari (France)