Les BTS GPN du lycée Rabelais rencontrent les ATL de l’AFPA de St-Chely

Et c’est parti pour une animation nature autour de l’arboretum délicatement enneigé, animation proposée par Lodoïs (le conteur), Marjorie (l’herboriste), Maeva (la bucheronne) et Alice (la naturaliste) ! La preuve en image :

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Oulan Bator ville la plus polluée du monde ?

À contre courant des clichés qui présentent la Mongolie comme la terre des grands espaces à l’environnement intact et préservé, cet article publié dans Maxisciences, qui rapporte des études effectuées sur la capitale Oulan Bator, présente cet espace urbain comme un des plus pollués du monde.

Les facteurs qui permettent de rendre compte de cette pollution de l’air sont très particuliers : contrairement à la plupart des pollutions affectant les milieux urbains, qui sont en général liées aux rejets des transports et des industries, à Oulan Bator, la cause majeure serait due aux poêles utilisés par le habitants des yourtes qui s’entassent aux abords de la capitale, formant de véritables bidonvilles. La rudesse du climat, notamment la faiblesse des températures hivernales, la misère qui incite ces populations à l’exode rurale et à habiter près des centres urbains, l’absence, selon l’article, de prise de conscience du problème environnemental par les habitants, expliquent une situation qualifiée de catastrophique par les experts.

C’est donc le déplacement des populations et la caractère inapproprié dans ce nouvel environnement urbain des modes de chauffage traditionnels qui susciteraient cette pollution aux conséquences préoccupantes pour la santé.

Lire l’article sur maxisciences.

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Tourisme et préservation de l’environnement : cours BTSA-GPN 2 février 2011

Introduction :

valeurs du tourisme d’élite : une brève histoire des débuts du voyage touristique jusqu’à la loi sur les congés payés

première partie :

Tourisme de masse et impact environnemental

1. l’avènement du tourisme de masse

Rappel historique (les congés payés)

Une croissance économique exceptionnelle

La globalisation : tourisme et rapports nord-sud

2. Les impacts du tourisme de masse

Impacts environnementaux

Impacts socio-économiques

3. Études de cas :

3 exemples d’impacts sociaux et environnementaux :

un hôtel en Malaise, un barrage en Éthiopie, une route internationale en Bolivie

La brève histoire de l’écotaxe aux îles Baléares : dans le cas d’un environnement dégradé par un tourisme de masse spectaculaire un retour en arrière est-il possible ?

4. Présentation du livre d’Edward Abbey (Désert Solitaire)

E. Abbey, ancêtre de l’animateur nature

Lecture de quelques extraits : Le ranger maraudeur

Le travail du ranger dans le parc national : le maraudage, l’accompagnement des visiteurs, l’éducation à l’environnement (lire des passages du bouquin), l’exploration, le nettoyage des campements, l’observation de la faune et de la flore

La création d’une route et ses impacts environnementaux et sociaux

Le discours polémique de Abbey

Conservation, Préservation vs valorisation

5. Contrôle écrit :

réflexion sur les impacts et les enjeux environnementaux du tourisme moderne, à partir d’un texte d’Edward Abbey (Désert Solitaire, chapitre 2)

deuxième partie :

1. Paradoxes de l’écotourisme : le cas de Madagascar

2. Rhétorique écologique et réglements internationaux : les principes à l’épreuve de la réalité

Le risque du greenwashing

la rhétorique de l’écotourisme

Études des chartes internationales pour un tourisme durable et responsable

3. Enjeux socio et environnementaux du tourisme durable

troisième partie :

L’information environnementale et scientifique dans un contexte touristique : problématiques

1. Discussion avec Thierry Balay, accompagnateur moyenne montagne sur le massif cantalien

2. Rencontre / débat avec les élèves de la formation animateur touristique locale (AFPA) sur la question de l’écotourisme

3 Études de cas :

3 exemples d’impacts sociaux et environnementaux :

un hôtel en Malaise, un barrage en Éthiopie, une route internationale en Bolivie

La brève histoire de l’écotaxe aux îles Baléares : dans le cas d’un environnement dégradé par un tourisme de masse spectaculaire un retour en arrière est-il possible ?

4. Présentation du livre d’Edward Abbey (Désert Solitaire)

E. Abbey, ancêtre de l’animateur nature

Lecture de quelques extraits : Le ranger maraudeur

Le travail du ranger dans le parc national : le maraudage, l’accompagnement des visiteurs, l’éducation à l’environnement (lire des passages du bouquin), l’exploration, le nettoyage des campements, l’observation de la faune et de la flore

La création d’une route et ses impacts environnementaux et sociaux

Le discours polémique de Abbey

Conservation, Préservation vs valorisation

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Des saumons dans la Tamise !

Lu sur le site de Courier International (traduction d’un article de The Independent)

Des Saumons frétillent dans la Tamise

Il y a une génération, de nombreuses rivières britanniques n’étaient plus que des égouts nauséabonds. Ces niveaux de pollution appartiennent aujourd’hui au passé grâce aux mesures prises par l’Agence de l’environnement, aux investissements effectués par les compagnies de distribution d’eau ainsi qu’à la disparition de la plupart des industries lourdes traditionnelles, qui étaient l’une des principales sources de pollution.

Même dans des fleuves traversant de grandes villes, comme la Tamise à Londres, la Mersey à Liverpool et Manchester, ou la Tyne à Newcastle, on assiste aujourd’hui à un retour de la vie. Alors que, en 1958, une enquête réalisée dans les environs du Tower Bridge avait mis en évidence la disparition des poissons, le fleuve est aujourd’hui peuplé de plus de 125 espèces différentes, dont l’éperlan et l’alose, et son estuaire abrite des élevages de coquillages, de soles et de perches destinés au commerce. Ses eaux sont suffisamment propres pour que les saumons remontent à nouveau le fleuve, même si trente ans d’efforts n’ont pas encore réussi à produire une population autonome de saumons. Des affluents jadis pollués, comme la Wandle, sont à nouveau peuplés de truites saumonées.

Comme quoi le travail des agences environnemental, et sans doute également les intiatives privées, et plus largement la conscience de ce type de problèmatique dans la population en général, finit par porter ses fruits.

ROYAUME-UNILes saumons frétillent dans la Tamise

Longtemps très polluées, notamment à cause des activités industrielles, les rivières d’outre-Manche ont été assainies. A tel point que des espèces sauvages s’y sont réinstallées, même à Londres, se réjouit The Independent.

26.01.2011 | Michael McCarthy | The Independent

Paru dans

Aller sur le site de Direct Matin

Les rivières britanniques, dont certaines étaient de véritables égouts il y a une génération, sont aujourd’hui plus propres qu’elles ne l’ont jamais été depuis plus d’un siècle. Selon une étude de l’Agence de l’environnement, au cours de la dernière décennie, nos cours d’eau ont retrouvé leur état d’avant la révolution industrielle. Ces chiffres montrent que l’amélioration de la qualité de l’eau a progressé au cours des deux dernières décennies et que les graves incidents de pollution se sont raréfiés de plus de moitié depuis 2001. La Tamise qui, il y a un demi-siècle, avait été déclarée biologiquement morte au niveau du Tower Bridge, à Londres, a remporté cette année un prestigieux prix international pour ses qualités écologiques.

Ian Barker, directeur des ressources en eau de l’Agence de l’environnement“La dernière décennie montre les progrès accomplis dans le recul de la pollution ainsi que dans l’amélioration de la qualité de l’eau et des habitats de nos cours d’eau”, se flatte Ian Barker, directeur des ressources en eau de l’Agence de l’environnement. “Beaucoup de rivières de l’Angleterre et du Pays de Galles sont si propres qu’on y voit à nouveau des espèces sauvages qui avaient disparu, comme le saumon, la loutre et le rat d’eau.” Les affirmations de l’Agence doivent cependant être relativisées, car, selon des normes européennes plus sévères, la majorité de nos cours d’eau demandent encore des efforts d’assainissement.

Il y a une génération, de nombreuses rivières britanniques n’étaient plus que des égouts nauséabonds. Ces niveaux de pollution appartiennent aujourd’hui au passé grâce aux mesures prises par l’Agence de l’environnement, aux investissements effectués par les compagnies de distribution d’eau ainsi qu’à la disparition de la plupart des industries lourdes traditionnelles, qui étaient l’une des principales sources de pollution.

Même dans des fleuves traversant de grandes villes, comme la Tamise à Londres, la Mersey à Liverpool et Manchester, ou la Tyne à Newcastle, on assiste aujourd’hui à un retour de la vie. Alors que, en 1958, une enquête réalisée dans les environs du Tower Bridge avait mis en évidence la disparition des poissons, le fleuve est aujourd’hui peuplé de plus de 125 espèces différentes, dont l’éperlan et l’alose, et son estuaire abrite des élevages de coquillages, de soles et de perches destinés au commerce. Ses eaux sont suffisamment propres pour que les saumons remontent à nouveau le fleuve, même si trente ans d’efforts n’ont pas encore réussi à produire une population autonome de saumons. Des affluents jadis pollués, comme la Wandle, sont à nouveau peuplés de truites saumonées.

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les utopies architecturales de Vincent Callebaut

Juste pour le plaisir des yeux et nourrir l’imaginaire, je fais lien vers le site de l’architecte Vincent Callebaut qui travaille depuis une dizaines de projets architecturaux extrêmement ambitieux et tentant de répondre au défi environnementaux du sombre futur auquel nous semblons promis.

Voir une vidéo sur le site de France 3 .

vincent-callebaut

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sauver la peau de l’ours…

Je signale un article clair et synthétique sur la question de la préservation de l’ours dans les Pyrénées françaises, publié dans la revue Norois (géographie et environnement) :

Farid Benhammou et Marie Coquet « La restauration de l’ours brun (Ursus arctos) dans les Pyrénées françaises : entre politique environnementale et crise-mutation du monde agricole », Norois 3/2008 (n° 208), p. 75-90.
URL :
www.cairn.info/revue-norois-2008-3-page-75.htm.

Je copie simplement le dernier paragraphe de la conclusion des auteurs :

Si l’animal n’est pas responsable de la fin du pastoralisme, il représente néanmoins une contrainte réelle. Mais ses opposants se trompent d’ennemis en accusant l’ours d’être responsable de tous les maux de l’agriculture de montagne. Celle-ci est en passe de disparaître, un productivisme paradoxalement lié à l’extensivité ayant eu systématiquement tendance à faire disparaître les exploitations agricoles. Contrairement aux messages simplistes véhiculés par les opposants à l’espèce, la réintroduction de l’ours ouvre des pistes de réflexions pertinentes pour l’avenir de cette région. Le retour du prédateur oblige en effet à un retour de l’homme en montagne. Or, qui dit hausse de la présence de berger, dit véritable entretien des paysages tant mis en avant. Le fait que ce soit d’abord un ministère de l’Écologie désargenté qui vienne à la rescousse du pastoralisme ne doit pas faire oublier sa dimension agricole. Cette espèce emblématique qu’est l’ours semble incarner la manière dont toute problématique environnementale devrait être traitée : une articulation systémique entre tous les acteurs concernés, n’omettant pas la préservation des caractéristiques culturelles et surtout écologiques des territoires. Pour cela, il ne suffit pas de se contenter des discours de surface de quelques leaders médiatisés. Un travail d’analyse de fond est indispensable.

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Un numéro des Annales de géographie sur le « wilderness » nord-américain

Pour les lecteurs de Thoreau et Edward Abbey :

Annales de géographie 2006/3 (n° 649). 114 pages.
ISSN : 0003-4010
ISSN en ligne : 1777-5884. ISBN : 9782200920937.
Lien : <http://www.cairn.info/revue-annales-de-geographie-2006-3.htm>.

Articles

Page 227 à 238
Paul Arnould et Éric Glon   Wilderness, usages et perceptions de la nature en Amérique du Nord.
Page 239 à 257
Éric Glon   Wilderness et forêts au Canada. Quelques aspects d’une relation homme/nature très ambivalente
Page 259 à 269
Cole Harris   Le Canada et la nature : quelques réflexions à l’échelle d’un pays
Page 270 à 291
Stéphane Héritier   La nature et les pratiques de la nature dans les montagnes canadiennes : le cas des parcs nationaux des montagnes de l’Ouest (Alberta et Colombie Britannique)
Page 292 à 313
Claire Leduc   De la répulsion au désir de nature, métamorphose de la wilderness littorale en Nouvelle-Angleterre
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Quelques articles pour penser les paradoxes de l’écotourisme : le cas de Madagascar

Voici une liste d’articles sur l’écotourisme, à partir desquels nous essaierons de conduire une réflexion.

Je propose d’étudier le cas de Madagascar, à travers ces trois études récentes :

Renaud Lapeyre et al. « L’écotourisme est-il un mode durable de valorisation des ressources naturelles ? Une comparaison Namibie-Madagascar », Afrique contemporaine 2/2007 (n° 222), p. 83-110.
URL :
www.cairn.info/revue-afrique-contemporaine-2007-2-page-83.htm.

Christian Chaboud et al. « Le modèle vertueux de l’écotourisme : mythe ou réalité ? L’exemple d’Anakao et Ifaty-Mangily à Madagascar », Mondes en développement 1/2004 (no 125), p. 11-32.
URL :
www.cairn.info/revue-mondes-en-developpement-2004-1-page-11.htm.

Bruno Sarrasin « Géopolitique du tourisme à Madagascar : de la protection de l’environnement au développement de l’économie », Hérodote 4/2007 (n° 127), p. 124-150.
URL :
www.cairn.info/revue-herodote-2007-4-page-124.htm.

Philippe Karpe « L’indispensable restructuration du droit environnemental malgache », Etudes rurales 2/2006 (n° 178), p. 113-128.
URL :
www.cairn.info/revue-etudes-rurales-2006-2-page-113.htm.

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La blancheur sinistre…

C’est à cette qualité insaisissable qui, dès lors que la pensée de la blancheur est dissociée du monde des significations plaisantes et rattachée à un objet terrible par lui-même, porte cette terreur à sa plus extrême intensité. Voyez l’ours blanc des pôles et le requin blanc des tropiques : d’où vient l’horreur transcendante qu’ils inspirent, sinon de la lisse et floconneuse blancheur de leur robe ? La blancheur sinistre — voilà ce qui donne à leur muette avidité un si repoussant caractère de douceur, qui révulse, d’ailleurs, plus qu’il ne terrifie. Pareillement, le tigre aux crocs cruels et au pelage armorié n‘ébranle pas autant le courage que l’ours ou le requin enlinceulés de blanc.

Herman Melville, Moby Dik (1851), trad. P. Jaworski, Gallimard (2006), cité en exergue du roman de Dan Simmons, The Terror, 2007.

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Grizzly Man, la fabuleuse histoire de Timothy Treadwell

grizzly man

grizzly man

Le documentaire de Werner Herzog retrace la vie de Timothy Treadwell, qui  vécût plusieurs étés successifs dans une vallée du Katmai National Park and Preserve en Alaska, au milieu des Grizzlys, les filmant d’extrêmement près. Voici des liens intéressants concernant ce film et son malheureux héros :

Sur le film de Werner Herzog proprement dit :

la page d’IMDb (la grande base de données du cinéma international)

On trouve beaucoup de critiques sur le net, et des avis partagés : en gros, les opinions concernant le cas Treadwell et le film s’étalant entre deux pôles extrêmes, ceux qui considèrent que Treadwell est fou, et incarne l’exemple d’une position écologique naïve et désastreuse, et ceux qui, à l’opposé défendent son radicalisme, son refus des valeurs de la société « civilisée ».

Ces derniers sont évidemment à l’initiative du site qui prétend prolonger l’oeuvre de Tradwell, grizzly people (sur lequel on trouve de nombreuses photographies et vidéos, et qui met en place des conférences, des interventions militantes etc)

De nombreuses pages web ont été mise en ligne concernant ce qu’il convient aujourd’hui d’appeler The Timothy Treadwell Incident, c’est-à-dire l’accident dont il fut victime avec son amie Amie Huguenard, dont cette étude tout à fait passionnante (mais en anglais) qu’il faut absolument lire (publié sur le site d’un véritable passionné des ours) :

http://www.yellowstone-bearman.com/Tim_Treadwell.html

Le cinéaste Werner Herzog est un de mes préférés, et n’a cessé de s’intéresser aux destins singuliers de ces hommes qui défient la nature ou l’infini. je vous conseille tout particulièrement les deux films qu’il a tournés dans la forêt amazionienne, Aguirre, la colère de Dieu et Fitzcarraldo, avec le génial acteur Klaus Kinksy.

Je signale au passage que la musique du film est due à l’excellent Richard Thompson, qui fit partie des Fairport Convention, un très grand folk singer et compositeur.

Pour finir je vous copie une partie d’un texte que j’ai écrit dans lequel je mentionne le cas Treadwell et le film de Herzog (le texte en entier est lisible ici) :
« Timothy Treadwell vécut au milieu des ours sauvages d’Alaska chaque été durant treize ans. Au milieu de toute une littérature le concernant, comprenant les textes et les vidéos qu’il a laissés, surnage un film exceptionnel de Werner Herzog, Grizzly Man . Timothy se présentait comme investi d’une mission écologique (genre : sauvegarde des ours), ce qui l’amenait non seulement à planter sa tente durant de longs mois au cœur même du territoire des ours, mais à nouer avec eux des relations de proximité, dont témoignent ses nombreuses vidéos, dans lesquelles il se filme à quelques mètres à peine de ses protégés. Il prend des risques considérables. Ce dont il a conscience, et il le répète à longueur de pellicule. Ces documents sont très étranges. Timothy semble avoir vraiment la trouille, il n’est pas inconscient, il ne cesse de rappeler que l’animal peut lui arracher la tête d’un coup de patte et le dévorer, qu’il n’aurait aucune chance de lui échapper, il fait preuve paradoxalement d’extrêmes précautions dans l’approche des bêtes, fait montre d’un savoir, d’une technique qu’il est sans doute un des rares êtres humains à avoir poussé aussi loin, et dans le même temps, il se comporte de manière complètement déraisonnable, dans la mesure où nous paraît raisonnable le désir de rester en vie et de ne pas finir dépecé entre les pattes et dans la gueule d’un ours. L’ambiguïté, à bien y penser, vient probablement que ce qui « nous » paraît raisonnable dans ce genre de situation, n‘était pas ce qui paraissait raisonnable à Timothy (et se fonde aussi sans doute sur « ce que les ours font à l’homme », c’est-à-dire à la fois et dans le désordre, qu’ils peuvent inspirer une immense terreur, une tendresse de peluche et de douceurs infantiles, et un sentiment de puissance et de virilité infinies). Tout le documentaire de Herzog fait resplendir l‘énigme que constitue le désir de cet homme. C’est à ce genre d‘énigme que je m’intéresse ici. Pas plus qu’Herzog, je ne souhaite expliquer le cas Treadwell, mais plutôt : donner matière à penser. Je note aussi cette dimension tragique : on sait, on sent, on ne peut pas ne pas savoir comment ça va finir. Mal. (comme œdipe diront certains de mes collègues qui ne manquent jamais une occasion de le placer) À la fin du film, dans un passage particulièrement troublant, Herzog prend position : l’amie de Treadwell est au premier plan (c’est la seule fois où elle apparaîtra sur la pellicule, juste avant d‘être dévorée), l’ours juste derrière, à quelques mètres. Timothy déclame tout l’amour qui lui paraît exister entre la bête et lui, la relation de confiance, le rêve d’une société anthropo-ursine (je fais référence ici au concept si fécond de « société anthropo-canine » développé par Dominique Guillo ). Herzog fait alors ce commentaire en voix off :

ce qui m’obsède c’est que sur tous les visages de tous les ours que Treadwell a filmés, je ne trouve aucune affinité, aucune compréhension, aucune pitié. Je vois seulement une colossale indifférence de la nature. Pour moi il n’existe pas de monde secret des ours. Et ce regard vide n’exprime qu’un vague intérêt pour la nourriture. Mais pour Thimothy Treadwell, cet ours était un ami, un sauveur.

Qu’est-ce qui pousse Timothy à dépasser les limites que la plupart des êtres vivants se fixent quand ils sont amenés à rencontrer des ours ? Une nostalgie des ours en peluche ? Si tel était le cas, on en verrait plus souvent des Timothy Treadwell. Ce qui me frappe, c’est l’alternance systématique d’un côté, de la peur, de la conscience du danger, la manière dont il explique les précautions qu’il faudrait prendre en de telles circonstances, et, de l’autre côté, de ce ton exalté, revendiquant, et parfois même hurlant toute la haine qu’il éprouve pour les rares humains qui s’aventurent dans ces parages, les chasseurs, les touristes, les rangers en charge du parc. J’ai l’impression qu’il combat sa propre peur, qu’il en évacue au moins une part, en déployant toute cette fureur sur l’humanité. Cela va bien au-delà, je crois, de ce que nous appelons la phobie. Mais, si on veut essayer ce modèle un peu étroit pour éclairer le cas Treadwel, on pourrait presque dire qu’il y aurait là un objet « contra-phobique » extrêmement singulier, au sens où l’objet contra-phobique est ici le même objet qui suscite la plus grande peur, la peur panique. Comme si le moyen trouvé par le sujet pour transformer sa peur en quelque chose de viable, c‘était précisément de la dominer en « apprivoisant » l’objet terrifiant. On peut imaginer qu’au départ de tout cela, une ambivalence, un clivage particulièrement irréductible avait marqué l’objet, ne laissant pas d’autre choix au sujet que de s’y confronter jusqu‘à la mort, d’y consacrer l’entièreté de sa vie. »

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