DOSSIER PRESSE

Ci-dessous quelques documents utilisables pour d’éventuelles infos ou articles de presse :

MERCREDI 10 FÉVRIER 2016 :  «Alfred Jacomis : un champion d’autrefois » par Roger Delcros

18h30 – 20h30

Apéro-Conférence au foyer du Ché

Entrée libre, Participation aux frais

adresses web (pour photos etc..)

http://roger-delcros.com

http://foyer-nordique-haute-planeze.com

tel : 06 51 07 13 04

Dans le cadre de ses animations hivernales et pour fêter ses 40 ans, le foyer nordique du Ché (commune de Valuéjols) vous propose une série de 3 apéro-conférences retraçant quelques épisodes de l’histoire des activités nordiques sur les versants du Plomb du Cantal.

Le mercredi 10 février, Roger Delcros, figure bien connue des amateurs d’activités nordiques viendra évoquer le destin particulier de son grand oncle, Alfred Jacomis, le jeune vacher d’Albepierre devenu champion de France de ski de fond, dont la carrière l’a porté bien loin de son Cantal natal, jusqu’aux Jeux Olympiques et aux championnats du Monde.

Le mercredi 24 février, Pierre Delort, médecin et créateur du Samu du Cantal, évoquera l’histoire étonnante de son père, Maurice Delort, qu’on appelait le médecin des neiges, qui parcourut durant les années 50 les territoires enneigés des communes à l’est du Plomb du Cantal avec l’aide de chiens de traîneau. À cette personnalité hors du commun, qui a marqué le département sous bien des aspects, on doit également la création de la station de Super-Lioran.

Le mercredi 2 mars, Michel Decroix racontera l’histoire du renouveau du ski nordique autour du col de Prat-de-Bouc, au milieu des années 60, prélude à l’avènement d’un âge d’or du ski nordique, avec la naissance de ses multiples foyers, d’innovation technique et de champions made in Cantal.

Enfin, n’oubliez pas, le dimanche 28 février, la grande fête des 40 ans du foyer nordique du Ché, un des plus anciens du Massif Central ! (programmation à venir)

Alfred Jacomis (texte de l’exposition « petites histoires nordiques dans le Cantal » visible au foyer du Ché les jours d’ouverture)

Alfred Jacomis est indéniablement la première figure marquante du ski nordique dans le Cantal. Né en 1910, dans une famille paysanne installée sur la commune d’Albepierre, il illustre parfaitement ce passage de l’usage pratique du ski à l’activité sportive. En hiver, le troupeau demeurait dans l’étable, au Joaniol, lieu bien connu aujourd’hui des amateurs de promenades en raquettes. Nous sommes là à 1255 mètres, autant dire que l’accès, en hiver, n’est possible qu’à ski. Les vaches y consommaient le foin récolté l’été précédent, mais il fallait aller visiter ces demoiselles pour la traite. Pour l’éleveur laitier, il n’existe pas de trêve : chaque matin et chaque soir, il fallait monter d’Albepierre à la montagne, traire les vaches et redescendre le lait. Roger Delcros son petit-neveu et biographe raconte :

« Alfred, parce qu’il était le plus « débrouillard » sur les planches était chargé du service « d’en haut », matin et soir : il montait à ski par n’importe quel temps. Il la connaissait la montagne ! Qu’importe le brouillard ou la tempête, il devait monter. « Je ne me suis jamais perdu, disait-il, que voulez -vous, j’y suis né! » Redescendre n’était pas le plus facile, surtout quand on transporte sur son dos un bidon de 20 à 30 litres de lait. C’était continuellement qu’il faisait des prouesses pour que le bidon arrive en bon état à Albepierre. Inconsciemment naissait la technique de l’ équilibre, l’endurance se durcissait, les muscles s’habituaient à l’effort et c’est ainsi que naquit le futur champion de France de ski de fond. »

Comme il était le troisième de la famille, ses parents l’encouragèrent à faire des études, d’abord à Murat, puis à l’école d’agriculture d’Aurillac. Ces expériences d’ouverture sur un autre monde, lui procurèrent sans doute le surcroît d’aisance qui lui permettrait plus tard, au cours de sa carrière de sportif de haut niveau, de se débrouiller dans des des pays étrangers. Il s’inscrivit au club d’Albepierre, fondé en 1909, club pionnier en matière de ski nordique dans lequel il fit une rencontre décisive, celle de Monier-Garnier qui devait devenir son manager tout au long de sa carrière. Monier-Granier rapportait ainsi cette rencontre dans un journal local de l’époque :

« J’arrivais de St- Moritz ou j’avais assisté aux jeux olympiques. Le dimanche, je me rendais donc à Albepierre pour assister au concours. Le parcours comme d’habitude était très dur, mais quelle ne fut pas ma surprise de voir surgir à l’ arrivée un grand gaillard de 18 ans, un peu dégingandé, qui terminait premier sans la moindre fatigue : c’était Jacomis. Dés cet instant j’eus l’intuition très nette que nous possédions là un véritable phénomène : il avait un style particulier, il trottait sur ses skis exactement comme à pied. Le mouvement de ses bras était identique et cela formait un tout vraiment curieux. Il eut d’ailleurs beaucoup de mal à se défaire de ce style primitif. Chose curieuse, malgré l’effort fourni, Jacomis ne suait jamais et terminait aussi sec qu’il était parti. »

Les jeunes du club d’Albepierre, raconte Roger Delcros, s’entraînent dur : ainsi prennent-ils l’habitude de gravir à ski le Plomb du Cantal depuis Albepierre, après quoi ils redescendent, et refont le même parcours une seconde fois. Jacomis de son côté, grimpe au col de Prat-de-Bouc, puis, en passant par le Puy de la Jambe, rejoint le col de la Griffoul, va saluer une amie au Bourguet, un village niché au fin fond de la vallée de Brezons, et revient par le même itinéraire. Les capacités physiques de nos aïeux laissent songeur aujourd’hui : ainsi, aux beaux jours, la plupart des buronniers et des vachers du village se déplaçaient jusqu’à leur lieu de travail à bicyclette – et il n’était pas rare d’aller ainsi jusqu’à Saint-Martin-sous-Vigouroux ou sur les haut plateaux du Cézallier !

Chaussant les skis taillés par son père, formé à la rude école des paysans d’autrefois, voilà notre paysan-skieur qui se lance à l’assaut des premières compétitions, locales d’abord, régionales ensuite, qu’il remporte avec la plus grande facilité. Ainsi, lors d’une course organisée au Lioran, Jacomis lui-même raconte son arrivée picaresque :

« Lorsque je passais la bande d’ arrivée, je fus assez étonné car, à part moi, il n’ y avait personne, aucun officiel, aucun chronométreur en vue. Je me posais de nombreuses questions et commençais à m’affoler pensant avoir écourté le trajet sans m ‘en être rendu compte, quand j’eus l’idée de jeter un œil au seul et unique bistrot de l’époque à Laveissiere, et là, quelle ne fut pas ma surprise, ces messieurs se réchauffaient autour d’ un bon vin chaud. Évidemment mon apparition fit l’effet d’une bombe. Ils furent très blessés dans leur amour propre, car ainsi je leur avais démontré qu ils s’étaient trompés en faisant le calcul du temps minimum mis pour faire le parcours. »

Dans les années 30, la France du ski de fond ne peut plus ignorer les performances de l’athlète du Cantal, qui vient se frotter régulièrement aux champions des Alpes, des Pyrénées et du Jura. Mais les portes de l’équipe nationale ne s’ouvrent pas facilement. Deux raisons à cela : Jacomis n’est pas originaire du bon massif, l’Auvergne étant considérée avec une certaine condescendance par les plus hautes montagnes, et il n’est pas non plus issu des rangs de la bourgeoisie. C’est un fils de la terre, un paysan, et la pratique sportive du ski demeure à l’époque la chasse gardée des classes les plus aisées : même en Auvergne, on ne lui faisait pas de cadeau. Cependant, Monier-Granier insiste, quand bien même Jacomis, parfois découragé, songe à mettre un terme à sa carrière. Bien leur en prend, puisque, à force de résultats et de persévérance, les responsables de l’équipe de France finisse par lui accorder une sélection, puis une autre, et, le 6 février 1936, il finit par triompher de tous ces obstacles et devient athlète olympique. Il débarque avec l’équipe de France à Garmish-Partenkirchen, en Allemagne, pour les quatrièmes Jeux Olympiques d’hiver, et défile dans le stade olympique, fastueusement décoré par le régime hitlérien.

Dans le relais 4 fois 10 km, l’Équipe de France (composée de Gindre, Mermoud, Crétin et Jacomis ) termine à la 9éme place en 3h 03′ 33 sur 16 équipes engagées. Dans le fond spécial (18 km) enlevé par Larsson (Suéde) en 1 h 14′ 38, il se classe 42ème sur 72 partants. Épuisé par son relais de l’avant-veille où il tomba à demi évanoui sitôt la ligne franchie dans les bras d’Émile Allais, Jacomis ne put récupérer complètement avant le départ de cette épreuve.

En 1937, déçu du manque de soutien de la fédération d’Auvergne et du club de Lioran, il accepte bien à regret de représenter la fédération pyrénéenne, et c’est sous les couleurs du ski club toulousain qu’il continue d’écumer les compétitions, partageant les podiums avec ses adversaires et amis Robert Gindre et Léonce Crétin. 1937, c’est l’année des championnats du monde de Megève, auxquels participe notre cantalou. En 1938, victime d’une erreur de fartage, Jacomis et Gindre essuient un terrible échec. Il faudra attendre l’année suivante pour que le natif d’Albepierre atteigne le sommet de sa trop brève carrière : aux championnats de France organisé cette année-là à Luchon-Super-Bagnères, Jacomis domine outrageusement l’épreuve de grand fond, disputée sur 32 km qu’il avale en 2 heures et 24 minutes, laissant son poursuivant Robert Gindre à plus de deux minutes. Le Démocrate du 18 mars 1939 rapporte ces paroles de Jacomis : « Je ne me suis jamais senti aussi en forme. Par ailleurs, j’ai parfaitement réussi mon fartage, chose primordiale, et enfin, j’ai pu me servir pour la première fois aujourd’hui d’une excellente paire de skis dont les arêtes en fibres m’ont permis de marcher sans fatigue ».

La carrière de Jacomis s’arrête avec ce titre de champion de France : la seconde guerre mondiale s’annonçait, emportant dans son cortège de malheurs toute une génération d’athlètes et mettant un terme provisoire au développement des activités nordiques.

exposition été 2015

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Apéro Concert : Éric Desfour, À l’improviste… (06 AOÛT 2015)

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