{"id":678,"date":"2014-05-11T10:39:42","date_gmt":"2014-05-11T09:39:42","guid":{"rendered":"http:\/\/outsiderland.com\/outside\/?page_id=678"},"modified":"2014-05-11T10:39:42","modified_gmt":"2014-05-11T09:39:42","slug":"modeles-et-theories","status":"publish","type":"page","link":"http:\/\/outsiderland.com\/exercices_psychanalytiques\/modeles-et-theories\/","title":{"rendered":"Mod\u00e8les et Th\u00e9ories"},"content":{"rendered":"<p class=\"western\">Il me faut clarifier, autant que faire se peut, la distinction que j&rsquo;op\u00e8re entre th\u00e9orie et mod\u00e8le.<\/p>\n<p class=\"western\">La premi\u00e8re id\u00e9e qui me vient consisterait \u00e0 distinguer mod\u00e8le et th\u00e9orie selon leur degr\u00e9 de g\u00e9n\u00e9ralit\u00e9. Au regard de l\u2019exp\u00e9rience, et je parle ici bien entendu de l\u2019exp\u00e9rience psychanalytique, c\u2019est-\u00e0-dire de ce-qui-se-passe durant une s\u00e9ance de psychanalyse, on pourrait consid\u00e9rer les \u00e9nonc\u00e9s th\u00e9oriques comme \u00e9tant plus \u00e9loign\u00e9s de l\u2019exp\u00e9rience, et du coup susceptible d\u2019une application plus \u00e9tendue, tandis que le mod\u00e8le s\u2019appliquerait \u00e0 une exp\u00e9rience d\u00e9limit\u00e9e <i>hic et nunc<\/i> dans l\u2019espace et dans le temps. Bref, l\u2019une gagne en extension ce que l\u2019autre gagne en compr\u00e9hension. Dans la Logique de Port Royal (vieux souvenir) la compr\u00e9hension et l\u2019extension, appliqu\u00e9e au concept, se d\u00e9terminent l\u2019une l\u2019autre dans un rapport inverse. Plus vous ajoutez de distinctions, de diff\u00e9rences sp\u00e9cifiques, au concept, plus il gagne en complexit\u00e9, et plus il est susceptible de s\u2019appliquer \u00e0 une r\u00e9alit\u00e9 singuli\u00e8re. \u00c0 la limite, on peut imaginer qu\u2019un concept ou une th\u00e9orie, si on lui ajoute une infinit\u00e9 de sp\u00e9cifications, finisse par devenir infiniment complexe \u00e0 son tour, et du coup ne soit plus du tout un concept, mais aussi singulier que le r\u00e9el. On pourrait dire alors que la pens\u00e9e s\u2019effondre dans le devenir (au sens peut-\u00eatre de \u00ab\u00a0devenir O\u00a0\u00bb pour reprendre l\u2019expression intrigante de Bion). L\u2019entropie tombe \u00e0 1, pour reprendre le vieux mod\u00e8le de la thermodynamique, les possibles latents dans la pr\u00e9conception s\u2019effacent ou s&rsquo;effondrent devant la r\u00e9alisation. Etc. Inversement donc, toujours dans la perspective de Port Royal, si vous supprimez des d\u00e9terminations sp\u00e9cifiques \u00e0 la th\u00e9orie, ou des pr\u00e9dicats \u00e0 l&rsquo;\u00e9nonc\u00e9, donc par processus d\u2019abstraction, vous gagnez en extension, et donc en g\u00e9n\u00e9ralit\u00e9.<\/p>\n<p class=\"western\">Je voudrais juste donner ici 4 objets qui serviront de paradigmes provisoires.<\/p>\n<p class=\"western\">(1) Les th\u00e9ories m\u00e9tapsychologiques freudiennes. Prenons par exemple la th\u00e9orie du destin des pulsions : on n\u2019h\u00e9sitera pas \u00e0 parler de th\u00e9orie dans ce cas, au sens o\u00f9 elle poss\u00e8de un degr\u00e9 de g\u00e9n\u00e9ralit\u00e9 et une extension auxquels peu d\u2019autres th\u00e9ories psychanalytiques peuvent pr\u00e9tendre, et qu\u2019elle para\u00eet \u00e9pouser avec une constance merveilleuse n\u2019importe quelle production particuli\u00e8re issue de la psychanalyse. C\u2019est \u00e0 la fois son d\u00e9faut \u2014 elle semble du coup irr\u00e9futable, ce qui au sens de Karl Popper, par exemple, ne constitue pas pr\u00e9cis\u00e9ment une qualit\u00e9 \u2014 et sa vertu \u2014 la pluralit\u00e9 des mod\u00e8les issus de l\u2019exp\u00e9rience ne semble pourvoir la contredire, elle constitue alors en quelque sorte un terrain stable, ou qui du moins satisfait notre besoin de stabilit\u00e9, un sol relativement ferme, et du coup, b\u00e9n\u00e9fice suppl\u00e9mentaire, elle marque un point de ralliement entre les diff\u00e9rents courants psychanalytiques (enfin : si on garde l\u2019id\u00e9e de pulsion en g\u00e9n\u00e9ral et qu\u2019on \u00e9vite d\u2019entrer dans les questions li\u00e9es \u00e0 la pulsion de mort).<\/p>\n<p class=\"western\">(2) Le mythe d\u2019\u0153dipe (cf. chez Bion, les chapitres 10 et 11 d\u2019 <i>\u00c9l\u00e9ments de psychanalyse<\/i>). C\u2019est l\u00e0 sans doute \u00e0 la fois un mod\u00e8le et une th\u00e9orie, et probablement l\u2019arri\u00e8re-plan implicite de toute construction psychanalytique (et sans doute m\u00eame de la m\u00e9thode elle-m\u00eame) \u2013 d\u2019o\u00f9 un autre point de ralliement, plus s\u00fbr encore me semble-t-il que la th\u00e9orie des pulsions. Il consid\u00e8re que la subjectivit\u00e9 humaine est toujours d\u2019embl\u00e9e articul\u00e9e selon une logique groupale (et donc, d&#8217;embl\u00e9e, met en cause un autre) : sur le versant th\u00e9orique, le mythe d\u2019\u0153dipe se traduit dans les th\u00e9ories structurales, et sur le versant du mod\u00e8le, comme un th\u00e9\u00e2tre qui met en sc\u00e8ne un certain nombre de personnages en relations (je songe ici aux mod\u00e9lisations d\u2019Antonino Ferro). Mon histoire de \u00ab\u00a0rivalit\u00e9 des m\u00e9thodes\u00a0\u00bb suppose \u00e9videmment un arri\u00e8re-plan \u0153dipien (ou en constitue une des modalit\u00e9s, prise dans le feu de la relation analytique). Vu de la sorte, il constitue ce que j\u2019ai tendance \u00e0 appeler un m\u00e9ta-mod\u00e8le, dot\u00e9 d\u2019un faible degr\u00e9 d\u2019invariance, ou bien la pr\u00e9conception la plus g\u00e9n\u00e9rale du dynamisme psychique, la toile de fond de toute activit\u00e9 de pens\u00e9e, qui lui fournit la partie la plus contraignante de sa grammaire, etc. Au fond, s\u2019il reste quelque chose d\u2019une th\u00e9orie de l\u2019inn\u00e9 en psychanalyse, le mythe d\u2019\u0153dipe me semble \u00eatre un candidat s\u00e9rieux pour en occuper la place. L\u00e0 encore, on peine, du moins quand on travaille dans une perspective psychanalytique, \u00e0 produire des faits susceptibles de r\u00e9duire l\u2019extension du mythe d\u2019\u0153dipe. \u00c0 la limite, le caract\u00e8re le plus frappant des probl\u00e9matiques dites pr\u00e9-\u0153dipiennes, c\u2019est qu\u2019elles ne manquent pas de se heurter \u00e0 la pr\u00e9conception \u0153dipienne, et c\u2019est m\u00eame dans cette \u00e9preuve qu\u2019elles se posent comme probl\u00e8me pour la pens\u00e9e, et productrices de souffrance. Il est troublant de constater que m\u00eame dans le pires cas de folie parentale, l\u2019enfant, bien qu\u2019ayant une exp\u00e9rience si sp\u00e9ciale, et quand bien m\u00eame il a \u00e9t\u00e9 soigneusement tenu \u00e0 l&rsquo;\u00e9cart de tout mod\u00e8le rival, reclus pour ainsi dire, ne manque pourtant pas de disposer d\u2019une pr\u00e9conception relative \u00e0 : \u00ab\u00a0ce \u00e0 quoi sont cens\u00e9s ressembler une m\u00e8re id\u00e9ale, des parents id\u00e9aux\u00a0\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019il lui a \u00e9t\u00e9 possible, \u00e0 un moment, aussi bref fut-il, de laisser \u00e9merger un conflit int\u00e9rieur, une pens\u00e9e de la confrontation entre la r\u00e9alit\u00e9 et cette pr\u00e9conception (cette consid\u00e9ration est peut-\u00eatre une projection de la part de l&rsquo;observateur adulte \u2014 peut-\u00eatre pas\u00a0: on touche l\u00e0 l&rsquo;\u00e9nigme de l&rsquo;autisme radical\u00a0: un \u00eatre absolument seul peut-il survivre\u00a0?). Un tel m\u00e9ta-mod\u00e8le est appel\u00e9 par Freud un mythe pr\u00e9cis\u00e9ment dans la mesure o\u00f9 il constitue une sorte de cadre toujours d\u00e9j\u00e0 l\u00e0, dans les limites duquel (et parfois au bord des limites duquel) d\u2019autres mod\u00e8les, d\u2019extension plus modeste, pourront \u00eatre compos\u00e9s. D\u2019une certaine mani\u00e8re, le mythe d\u2019\u0153dipe procure les rudiments de la grammaire psychanalytique.<\/p>\n<p class=\"western\">(3) \u00ab\u00a0Le cirque\u00a0\u00bb : un mod\u00e8le qui s&rsquo;est impos\u00e9 dans une s\u00e9ance r\u00e9cente. Il vaudrait mieux que ce mod\u00e8le soit \u00e9labor\u00e9 avec le patient, ou \u00e0 partir des \u00e9l\u00e9ments \u00e9pars de la s\u00e9ance. Pour qu\u2019il soit effectivement un mod\u00e8le, il faut toutefois qu\u2019il pr\u00e9sente des caract\u00e9ristiques d\u2019invariance, dont les aspects contingents de l\u2019exp\u00e9rience singuli\u00e8re aient pu \u00eatre exclu. Classiquement c\u2019est le rapprochement par transfert de deux situations ou de plusieurs r\u00e9cits diff\u00e9rents, qui n\u2019ont apparemment rien \u00e0 voir, mais qui sont ou bien li\u00e9s par un encha\u00eenement narratif, que nous appelons l\u2019association d\u2019id\u00e9es (\u00ab\u00a0bizarrement, je ne sais pas pourquoi, \u00e7a me fait penser \u00e0\u2026\u00a0\u00bb), ou bien issus de la r\u00eaverie de l\u2019analyste (par d\u00e9placements, condensations, synth\u00e8se etc.), ou de la r\u00eaverie du patient lui-m\u00eame, etc. Le mod\u00e8le est plus sophistiqu\u00e9 qu\u2019une simple image (typiquement, une production qui r\u00e9sulte de l\u2019alpha-isation d&rsquo;\u00e9l\u00e9ments B\u00eata). Il rel\u00e8ve plut\u00f4t de la composition, du tableau, d\u2019une vision, et suppose la capacit\u00e9 \u00e0 \u00e9tablir des liens, le fait choisi, et la cr\u00e9ativit\u00e9 (donc un analyste d\u00e9sinhib\u00e9). De mani\u00e8re caract\u00e9ristique, ce type de mod\u00e8le, quand il est communiqu\u00e9 sous une forme verbale en dehors des s\u00e9ances, suscite de l\u2019inqui\u00e9tude au sujet de la sant\u00e9 mentale de l\u2019analyste, il semble extr\u00eamement \u00e9loign\u00e9 des pr\u00e9conceptions communes relatives au genre d&rsquo;\u00e9nonc\u00e9 qu\u2019on s\u2019attend \u00e0 entendre de la part d\u2019un th\u00e9rapeute professionnel et sain d\u2019esprit. Il est pourtant celui que Bion a pr\u00e9conis\u00e9 en affirmant que l&rsquo;\u00e9l\u00e9ment naturel du travail de l\u2019analyste en s\u00e9ance se d\u00e9ployait sur la colonne C de la grille, et on en trouvera de d\u00e9licieux exemples dans les livres du psychanalyste italien Antonino Ferro. Je voudrais juste donner un mod\u00e8le r\u00e9cent qui a \u00e9merg\u00e9 soudainement d\u2019une s\u00e9ance r\u00e9cente, que j&rsquo;appelle donc \u00ab\u00a0le cirque\u00a0\u00bb \u2013 le patient avait parl\u00e9 de sa famille puis de son travail en employant \u00e0 plusieurs reprises l\u2019expression : \u00ab\u00a0Quel cirque !\u00a0\u00bb \u00e9voquant des affaires v\u00e9ritablement dramatiques dans le registre de l\u2019autod\u00e9rision et de l\u2019ironie \u2013 : \u00ab\u00a0J\u2019ai l\u2019impression que nous attendons tous deux dans les coulisses que le spectacle commence. On aper\u00e7oit derri\u00e8re les rideaux la grande sc\u00e8ne ronde avec le public tout autour, ces enfants qui crient, et nous avons le trac, nous avons le trac parce que nous ne savons pas vraiment quel num\u00e9ro nous sommes cens\u00e9s jouer maintenant : qui fera la trap\u00e9ziste ? qui le clown ? qui le Monsieur Loyal ? qui dressera les tigres ?\u00a0\u00bb. On voit bien, en consid\u00e9rant ce genre de mod\u00e8le (qui peut servir \u00e0 d\u00e9crire des mouvements transf\u00e9rentiels au sein de la s\u00e9ance, mais \u00e9galement fournir un arri\u00e8re-plan, une atmosph\u00e8re ou l\u2019ambiance des futurs chapitres du roman familial du patient) qu\u2019il n\u2019a de pertinence que rapport\u00e9 \u00e0 ce patient-l\u00e0, cet analyste-l\u00e0, ces deux-l\u00e0 ensemble co-cr\u00e9ant le mod\u00e8le dont ils ont besoin \u00e0 l&rsquo;occasion de cette s\u00e9ance en particulier. Son niveau de g\u00e9n\u00e9ralit\u00e9 est incontestablement plus limit\u00e9 que celui d\u2019un m\u00e9ta-mod\u00e8le comme la rivalit\u00e9 des m\u00e9thodes et encore plus limit\u00e9 que celui d\u2019un m\u00e9ta-mod\u00e8le comme le mythe d\u2019\u0153dipe. Il est issu de la s\u00e9ance consid\u00e9r\u00e9e comme matrice. C\u2019est tout \u00e0 fait ce que Ian T. Ramsey dans son essai (que Bion cite en note) <i>Models and Mystery<\/i> (Oxford University Press, 1964) nomme <i>disclosure model <\/i>(mod\u00e8le de divulgation, \u00e0 fort potentiel cr\u00e9atif). Cependant, il importe de noter qu\u2019il ne contredit en rien les m\u00e9ta-mod\u00e8les que nous avons pu \u00e9laborer dans le cadre d\u2019une recherche plus sp\u00e9culative, plus th\u00e9orique et plus \u00e9loign\u00e9e de la s\u00e9ance, ces m\u00e9ta-mod\u00e8les apparaissant plut\u00f4t comme fournissant le cadre et l\u2019arri\u00e8re-plan typiquement psychanalytiques de ces mod\u00e8les sp\u00e9cifiques \u00e9mergeant de la s\u00e9ance. Pour me faire mieux comprendre, je citerai Francesco Barale dans sa pr\u00e9face au livre d&rsquo;Antonino Ferro, <i>La Psychanalyse comme litt\u00e9rature et th\u00e9rapie<\/i>, Er\u00e8s 2005, au sujet de ces mod\u00e8les produits en s\u00e9ance (que Ferro appelle des \u00ab\u00a0champs\u00a0\u00bb) :<\/p>\n<p class=\"western\">\u00ab <i>La situation analytique, \u00e9crit Ferro, n\u2019est pas le lieu du \u00ab d\u00e9chiffrement des significations \u00bb, et le champ doit \u00eatre compris \u00ab non comme quelque chose qui n\u00e9cessite de continuelles explicitations dans le hic et nunc mais comme ce moyen qui permet des op\u00e9rations de transformation, de narration et de petits insights successifs, qui n\u2019ont pas besoin d\u2019\u00eatre interpr\u00e9t\u00e9s mais qui pr\u00e9ludent \u00e0 de futurs changements : c\u2019est le champ qui, au fur et \u00e0 mesure qu\u2019il est explor\u00e9, s\u2019\u00e9largit continuellement (Bion), devenant la matrice d\u2019histoires possibles, dont beaucoup sont laiss\u00e9es \u201cen d\u00e9p\u00f4t\u201d, en attente de pouvoir se d\u00e9velopper&#8230;<\/i> \u00bb<\/p>\n<p class=\"western\">Le gain \u00e9vident de ce genre de mod\u00e8le (les mod\u00e8les proprement dit, produits dans le feu de l\u2019action) touche \u00e0 la compr\u00e9hension (plus qu&rsquo;\u00e0 l\u2019extension). Ils constituent des produits \u00e0 mon sens caract\u00e9ristiques de la m\u00e9thode psychanalytiques, du moins si on consid\u00e8re avec Ferro que l\u2019activit\u00e9 de l\u2019analyste ne se limite pas \u00e0 d\u00e9chiffrer et r\u00e9\u00e9crire dans un autre jeu de langage ce que le patient raconte (et qui, dans ma perspective, n\u2019est pas si chiffr\u00e9 qu\u2019on le suppose). Ce point est extr\u00eamement important et indique je crois, pour les lecteurs qui seraient un peu d\u00e9stabilis\u00e9s par ma mani\u00e8re de concevoir la psychanalyse, \u00e0 quelle \u00e9cole j\u2019appartiens (je parle l\u00e0 d&rsquo;\u00e9cole de pens\u00e9e, pas d\u2019association psychanalytique).<\/p>\n<p class=\"western\">(4) Je voudrais enfin indiquer bri\u00e8vement un type de mod\u00e8le dont la caract\u00e9ristique principale est de demeurer \u00e9nigmatique pour les protagonistes de la s\u00e9ance, et qui, bien que pr\u00e9sentant des aspects l\u2019apparentant \u00e0 une image visuelle classique et communicable, pourrait relever plut\u00f4t de l\u2019hallucinose (c\u2019est-\u00e0-dire se rapprocher au fond de la r\u00e9alisation brute). J\u2019emprunte ici un passage d\u2019un texte de Bion, compil\u00e9 dans le volume <i>Second Thoughts<\/i> :<\/p>\n<p class=\"western\"><i>\u00ab\u00a0Cette s\u00e9ance et celles qui suivirent confirmaient qu\u2019il sentait qu\u2019il avait mang\u00e9 le p\u00e9nis : il en r\u00e9sultait qu\u2019aucune nourriture int\u00e9ressante ne subsistait, seulement un trou. Mais ce trou \u00e9tait devenu d\u00e9sormais \u00e0 ce point pers\u00e9cutif qu\u2019il n\u2019avait d\u2019autre choix que de le cliver (to split it up). \u00c0 l\u2019issue de ce clivage, le trou devenait un masse de trous qui tous se rassemblaient de mani\u00e8re pers\u00e9cutive pour lui serrer le pied (to constrict his foot).\u00a0\u00bb<\/i><\/p>\n<p class=\"western\">(ma traduction, voir page 28 du texte anglais, le paragraphe 38 dans le d\u00e9coupage de Bion, et les pages 35-36 dans l&rsquo;\u00e9dition fran\u00e7aise des PUF).<\/p>\n<p class=\"western\">Je note le d\u00e9but des remarques que Bion donne sur ce passage, dans la section intitul\u00e9e <i>commentary<\/i>, \u00e0 la fin du volume <i>Second Thougths<\/i> :<\/p>\n<p class=\"western\">\n<p class=\"western\">\u00ab\u00a0<i>Le mat\u00e9riau discut\u00e9 en 39 [voir texte ci-dessus] requiert un mod\u00e8le. il n\u2019existe pas (ici) de mod\u00e8le psychanalytique satisfaisant ; ce qui se rapprocherait le plus des fonctions d\u2019un mod\u00e8le est produit par le patient quand il parle d\u2019un trou, d\u2019une cavit\u00e9 laiss\u00e9e dans la peau quand il a extrait le point noir [ce patient avait la manie de s\u2019ab\u00eemer la peau en arrachant ses \u201c points noirs \u201c, blackhead en anglais, on aurait tr\u00e8s envie d\u2019ailleurs de traduire litt\u00e9ralement par \u201ct\u00eate noire\u201d]. Ce mod\u00e8le ne l\u2019a pas aid\u00e9 \u00e0 r\u00e9soudre son probl\u00e8me, sinon il ne se serait pas venu faire une psychanalyse.<\/i>\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"western\">(ma traduction, page 142 du texte anglais, page 160 dans l&rsquo;\u00e9dition fran\u00e7aise)<\/p>\n<p class=\"western\">\n<p class=\"western\">Non seulement dans ce cas le mod\u00e8le para\u00eet rudimentaire, tr\u00e8s peu \u00e9loign\u00e9 du mat\u00e9riau brut auquel le patient a affaire (et donc ayant subi peu de transformations), extr\u00eamement satur\u00e9 et peu susceptible de susciter un d\u00e9veloppement en K. Je vous laisse le plaisir et la peine de lire le texte de Bion, dans lequel il pr\u00e9sente les difficult\u00e9s de la communication avec ce patient-l\u00e0, et le caract\u00e8re insatisfaisant des mod\u00e8les produits pour rendre compte de cette cure. Je rel\u00e8verai juste pour les besoins de mon expos\u00e9 une caract\u00e9ristique fondamentale des mod\u00e8les les plus f\u00e9conds dans nos cures, ceux qui s\u2019av\u00e8rent avoir un effet mutatif (susceptibles d\u2019induire des transformations)\u00a0: ceux-l\u00e0 en viennent \u00e0 constituer en quelque sorte un monde commun au patient et \u00e0 l\u2019analyste, au sein duquel il leur est justement possible de communiquer, fort qu\u2019ils sont d\u2019avoir adopt\u00e9s une sorte de grammaire commune, de manier des motifs qu\u2019ils ont d\u00e9sormais en partage. \u00c9videmment, de nombreux mod\u00e8les produits en s\u00e9ance (g\u00e9n\u00e9ralement par l\u2019un ou l\u2019autre des protagonistes, mais pas l\u2019un ou l\u2019autre seulement, et pas \u00ab\u00a0ensemble\u00a0\u00bb) sombrent dans les oubliettes de la s\u00e9ance, s\u2019av\u00e8rent inutilisables (parfois provisoirement, parfois pour toujours). Cela dit, il n\u2019est pas inint\u00e9ressant je crois, au moins \u00e0 titre d\u2019exercice, de fouiller un peu dans nos poubelles de temps \u00e0 autres (et je dois avouer au passage que certains textes de mon blog sont pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e9labor\u00e9s \u00e0 partir de tels d\u00e9tritus).<\/p>\n<p class=\"western\">\n<p class=\"western\">J\u2019aimerais maintenant adopter un autre point de vue, celui de l\u2019usage. Cette perspective suppose qu\u2019en d\u00e9finitive la diff\u00e9rence entre le mod\u00e8le et la th\u00e9orie ne soit pas tant, ou pas seulement, une question de contenu ou de m\u00e9thode d&rsquo;\u00e9laboration, que d\u2019usage, et l\u00e0 encore, je garde comme boussole la s\u00e9ance de psychanalyse, c\u2019est-\u00e0-dire l\u2019usage qu\u2019en fait l\u2019analyste (et pourquoi pas : le patient) durant une s\u00e9ance. Le mot \u00ab\u00a0usage\u00a0\u00bb doit \u00eatre entendu ici une acceptation beaucoup plus l\u00e2che que celle de Bion quand il d\u00e9crit les colonnes de la grille. Je consid\u00e8re (conform\u00e9ment \u00e0 la plupart des psychanalystes, except\u00e9 peut-\u00eatre certains courants lacaniens) l\u2019interpr\u00e9tation comme l\u2019activit\u00e9 la plus caract\u00e9ristique de l\u2019analyste au travail \u2013 je compte toutefois au titre de cette activit\u00e9 les nombreux cas o\u00f9 l\u2019interpr\u00e9tation est ou bien suspendue (ce qui renvoie \u00e0 la capacit\u00e9 n\u00e9gative de l\u2019analyste, qui se manifeste dans la tol\u00e9rance au doute et \u00e0 l\u2019incertitude) ou bien impossible (par exemple si le patient s\u2019emploie \u00e0 d\u00e9truire la capacit\u00e9 herm\u00e9neutique de l\u2019analyste, ou si cette capacit\u00e9 est paralys\u00e9e sous l\u2019effet d\u2019un \u00e9v\u00e9nement psychique contre-transf\u00e9rentiel massif, affectant l\u2019analyste). Je veux dire par l\u00e0 qu\u2019entrent \u00e0 mon avis dans le champ de l\u2019interpr\u00e9tation les modalit\u00e9s n\u00e9gatives de l\u2019interpr\u00e9tation, y compris celles qui rel\u00e8vent \u00e0 l\u2019examen des \u00e9l\u00e9ments typiques de la colonne 2 de la grille. De ce point de vue, la colonne 2 repr\u00e9sente une modalit\u00e9 paradoxale de l\u2019usage, puisque s\u2019y pr\u00e9sentent les \u00e9l\u00e9ments qui visent pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 emp\u00eacher ou \u00e0 circonscrire tout usage (l\u2019enregistrement, la sp\u00e9culation, la construction de mod\u00e8le, l\u2019interpr\u00e9tation etc..), ou bien \u00e0 le rendre caduc, inop\u00e9rant, st\u00e9rile, incapable d\u2019induire une transformation etc..<\/p>\n<p class=\"western\">Le mod\u00e8le, l\u2019interpr\u00e9tation et la transformation pourraient \u00eatre pr\u00e9sent\u00e9s comme li\u00e9s dans la m\u00e9thode psychanalytique. L\u2019interpr\u00e9tation sous-entend un mod\u00e8le, la plupart du temps non verbalis\u00e9 en tant que tel (comme dans l\u2019exemple 3 ci-dessus, o\u00f9 je donne une interpr\u00e9tation qui suppose l\u2019adoption d\u2019un mod\u00e8le circassien), et suscite (de mani\u00e8re implicite) une transformation, ou pose les jalons d\u2019une transformation possible. Il existe un texte absolument remarquable d\u2019Antonino Ferro dans lequel il expose de mani\u00e8re critique les diff\u00e9rents types d\u2019interpr\u00e9tation qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 amen\u00e9 \u00e0 faire au long de sa carri\u00e8re, et comment ces types d\u2019interpr\u00e9tation se modifiaient au fur et \u00e0 mesure des r\u00e9f\u00e9rences et des m\u00e9thodes qui \u00e9taient les siennes \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque. Ce retour critique a me semble-t-il assez peu d&rsquo;\u00e9quivalent dans la litt\u00e9rature psychanalytique : si l\u2019on excepte les correspondances (\u00e0 commencer par celles de Freud, notamment avec Fliess). Le texte le plus impressionnant \u00e0 cet \u00e9gard, dans la mesure o\u00f9 il a donn\u00e9 lieu \u00e0 une publication tout \u00e0 fait assum\u00e9e par son auteur, est celui de Bion, \u00e0 la fin de <i>Second Thoughts<\/i>. On trouvera celui d\u2019Antonino Ferro au premier chapitre de <i>La Psychanalyse comme \u0153uvre ouverte<\/i> (Eres, 2000, p.36), dont je cite un bref extrait :<\/p>\n<p class=\"western\">\u00ab\u00a0<i>Je pense qu\u2019il peut \u00eatre utile de proposer le parcours qui a \u00e9t\u00e9 le mien, dans la mesure o\u00f9, une fois pass\u00e9 le temps des supervisions en tant que candidat ou jeune membre associ\u00e9, ce que fait un analyste dans un cabinet d\u2019analyse reste myst\u00e9rieux, mis \u00e0 part quelques expressions \u00ab\u00a0jargonnesques\u00a0\u00bb si g\u00e9n\u00e9rales et si syncr\u00e9tiques qu\u2019elles r\u00e9v\u00e8lent bien peu de choses.\u00a0\u00bb<\/i><\/p>\n<p class=\"western\">La premi\u00e8re s\u00e9quence montre l\u2019analyste, en bon kleinien, obnubil\u00e9 par la recherche du fantasme inconscient de sa patiente, et la bombardant d\u2019interpr\u00e9tations qui, par leur violence, ne font qu\u2019attiser de la haine. Le mod\u00e8le sous-jacent qui d\u00e9termine le type d\u2019activit\u00e9 privil\u00e9gi\u00e9 par l\u2019analyste, et sa mani\u00e8re d\u2019investir la s\u00e9ance, est un morceau de th\u00e9orie (le fantasme inconscient qu\u2019il s\u2019agit de mettre \u00e0 jour), soit un mod\u00e8le dot\u00e9 d\u2019une forte invariance et d\u2019une grande extension, dont la mise en \u0153uvre en s\u00e9ance se traduit par une \u00e9crasante syst\u00e9maticit\u00e9, aspect d\u2019ailleurs ais\u00e9ment caricaturable (on notera d\u2019ailleurs que toute m\u00e9thode appliqu\u00e9e de mani\u00e8re syst\u00e9matique, d\u00e9pendant d\u2019une th\u00e9orie dogmatique plus que de l\u2019exp\u00e9rience contingente, se pr\u00eate \u00e0 la caricature\u00a0: on en trouvera aussi bien chez les kleiniens que chez les lacaniens par exemple, dans les versions les plus rigides de leur technique respective. \u00c0 titre personnel, j\u2019insiste toujours aupr\u00e8s des analystes que je supervise sur les vertus de souplesse et plus pr\u00e9cis\u00e9ment sur la capacit\u00e9 d\u2019oscillation entre des mod\u00e9lisations diff\u00e9rentes, l&rsquo;usage d\u00e9lib\u00e9r\u00e9 de vertices diff\u00e9rents, etc..).<\/p>\n<p class=\"western\">La seconde s\u00e9quence est sous-titr\u00e9e par A. Ferro : \u00ab\u00a0le mythe de la relation et de l\u2019interpr\u00e9tation du transfert\u00a0\u00bb (c\u2019est l\u00e0 un point qu\u2019il d\u00e9veloppe \u00e0 nouveau, et de mani\u00e8re tr\u00e8s critique dans son dernier ouvrage : <i>Psychanalystes en supervision<\/i>, Eres 2009). L\u2019entretien retranscrit avec le patient s\u2019av\u00e8re tout \u00e0 fait terrifiant, et menace de d\u00e9g\u00e9n\u00e9rer en pugilat. Heureusement, du point de vue de l\u2019int\u00e9grit\u00e9 physique de l\u2019analyste, et de ce point de vue seulement, le patient adopte finalement une position r\u00e9gressive : \u00ab\u00a0Je n\u2019ai plus d\u2019espoir (il pleure). Vous ne donnez que quelques gouttes d\u2019eau \u00e0 un assoiff\u00e9.\u00a0\u00bb Ce que Ferro entend ainsi : \u00ab\u00a0Je n\u2019entends pas la souffrance cach\u00e9e derri\u00e8re l\u2019agressivit\u00e9 [j\u2019ajouterai : derri\u00e8re l\u2019agressivit\u00e9 du patient mais aussi de l\u2019analyste] et je ne vois pas que mon attitude interpr\u00e9tative excite le patient, en ne lui laissant pas suffisamment d\u2019air.\u00a0\u00bb (p. 40). L\u00e0 encore, il n\u2019est pas tant question de la qualit\u00e9 proprement psychanalytique des interpr\u00e9tations fond\u00e9es sur le mod\u00e8le disons relationnel (donc : \u0153dipien), mais de la syst\u00e9maticit\u00e9 de leur usage \u2013 laquelle syst\u00e9maticit\u00e9 finit par oblit\u00e9rer compl\u00e8tement d\u2019autres modes possibles de communication avec le patient, et obscurcit par cons\u00e9quent tous les autres mondes possibles, ou mod\u00e8les imaginables. L\u00e0 encore, il s\u2019agit pour l\u2019analyste de d\u00e9chiffrer un texte cach\u00e9 sous le texte manifeste propos\u00e9 par le patient : on croit ainsi r\u00e9v\u00e9ler et rendre manifeste un texte dissimul\u00e9 sous le texte manifeste produit par le patient. Je crois pour ma part que nous ne devrions pas nous pr\u00e9cipiter pour d\u00e9chiffrer quoi que ce soit, et plut\u00f4t tabler sur le fait que ce que dit le patient constitue le meilleur acc\u00e8s \u00e0 ce qu\u2019il veut dire, bref, que tout est probablement d\u00e9j\u00e0 l\u00e0, et qu\u2019avant toute chose, on ferait mieux d&rsquo;\u00e9couter et d\u2019apprendre \u00e0 parler cette langue et les rudiments de la grammaire qui la sous-tend (laquelle est sans doute une d\u00e9clinaison de la grammaire \u0153dipienne, certes, mais avec des variables inform\u00e9es par l\u2019existence singuli\u00e8re de ce patient-l\u00e0).<\/p>\n<p class=\"western\">Je passe les \u00e9tapes suivantes du parcours passionnant pr\u00e9sent\u00e9 par Ferro (au fond une histoire de la m\u00e9thode psychanalytique post-freudo-kleinienne \u00e0 lui tout seul), pour en venir \u00e0 la derni\u00e8re. On retrouve l\u00e0 les traits caract\u00e9ristiques de sa mani\u00e8re d\u2019analyser, et les fameux mod\u00e8les narratifs (o\u00f9 la relation est con\u00e7ue comme un champ ouvert \u00e0 la co-cr\u00e9ativit\u00e9, et d\u00e8s lors peupl\u00e9 de personnages, etc.) dont il nous offre r\u00e9guli\u00e8rement de d\u00e9licieux exemples. Ils sont intimement li\u00e9s \u00e0 la s\u00e9ance, plus qu&rsquo;\u00e0 une th\u00e9orie psychanalytique particuli\u00e8re. Ou pour mieux dire, ils ne d\u00e9pendent pas de telle ou telle th\u00e9orie, bien qu\u2019ils ne puissent \u00eatre produits \u00e0 mon sens que dans une s\u00e9ance dans laquelle est pr\u00e9sente un psychanalyste qui s&rsquo;\u00e9vertue r\u00e9ellement \u00e0 accomplir la t\u00e2che qui est d\u00e9volue (analyser). Ils supposent en quelque sorte le m\u00e9ta-mod\u00e8le \u0153dipien, et sans doute m\u00eame une th\u00e9orie comme la th\u00e9orie des destins pulsionnels, mais ne consistent pas dans une traduction par image de ces m\u00e9ta-mod\u00e8le ou th\u00e9orie, ou dans une application pure et stricte d\u2019une m\u00e9thode qui fournirait la r\u00e8gle d\u2019un d\u00e9chiffrement des propos manifestes du patient. Ils sont les produits ce-qui-est-en-train-de-se-passer dans cette s\u00e9ance-l\u00e0, et non pas les produits de th\u00e9ories propos\u00e9es par nos pr\u00e9d\u00e9cesseurs, qui, comme je me plais \u00e0 le rappeler, n\u2019ont de toutes fa\u00e7ons jamais re\u00e7u ce patient-l\u00e0 pour cette s\u00e9ance-l\u00e0.<\/p>\n<p class=\"western\">PS : je me rends compte que j\u2019ai compl\u00e8tement pass\u00e9 sous silence les d\u00e9veloppements de Bion dans <i>Learning from experiences<\/i> (1962) notamment aux chapitres 25 et 26 qui recouvrent tr\u00e8s exactement ce que j\u2019ai essay\u00e9 de formaliser. J\u2019invite le lecteur \u00e0 s\u2019y reporter, les choses \u00e9tant plus claires \u00e0 cet endroit.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il me faut clarifier, autant que faire se peut, la distinction que j&rsquo;op\u00e8re entre th\u00e9orie et mod\u00e8le. 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