{"id":203,"date":"2014-10-05T12:51:17","date_gmt":"2014-10-05T12:51:17","guid":{"rendered":"http:\/\/outsiderland.com\/danahilliot\/?page_id=203"},"modified":"2014-10-05T12:51:17","modified_gmt":"2014-10-05T12:51:17","slug":"ce-qui-peut-etre-reconnu-comme-digne-dattention-en-seance","status":"publish","type":"page","link":"http:\/\/outsiderland.com\/exercices_psychanalytiques\/ce-qui-peut-etre-reconnu-comme-digne-dattention-en-seance\/","title":{"rendered":"Ce qui peut \u00eatre reconnu comme digne d&rsquo;attention (en s\u00e9ance)"},"content":{"rendered":"<p>Une certaine rusticit\u00e9 intellectuelle m\u2019am\u00e8ne \u00e0 poser des questions na\u00efves. Non pas que je fasse semblant de ne pas savoir ou de ne pas comprendre. Mais plut\u00f4t que je ne sais plus (ou je n\u2019ai plus envie) de faire semblant de comprendre. Le fait est que, quand je ne comprends pas un concept ou une th\u00e9orie, j\u2019ai spontan\u00e9ment tendance \u00e0 en faire l\u2019aveu \u2013 je demande un suppl\u00e9ment d\u2019explications. Quand ce suppl\u00e9ment lui-m\u00eame me para\u00eet encore plus incompr\u00e9hensible, je mets \u00e7a sur le compte de ma rusticit\u00e9. La plupart de mes interlocuteurs pensent qu\u2019il n\u2019en est rien : ou bien je suis en r\u00e9alit\u00e9 un sceptique, qui fait preuve de mauvaise volont\u00e9, et fait semblant de ne pas comprendre \u00e0 dessein (je refuse les pr\u00e9misses sans l\u2019admission desquelles les \u00e9nonc\u00e9s qui en d\u00e9pendent sont effectivement incompr\u00e9hensibles), ou bien ils soup\u00e7onnent une r\u00e9sistance, forc\u00e9ment inconsciente, et forc\u00e9ment suspecte.<\/p>\n<p>Bref : le texte qui suit ne me satisfait pas. Il pose probablement de mauvaises questions de mani\u00e8re maladroite. Toutefois, c\u2019est le genre de question qui m\u2019occupe pr\u00e9sentement, en attendant qu\u2019elle ne me pr\u00e9occupe plus.<\/p>\n<p>Voici donc quelques exemples de ces questions rustiques (dont j\u2019ai pris note en me promenant l\u2019autre apr\u00e8s-midi avec mon chien au c\u0153ur du printemps naissant si je puis dire) :<\/p>\n<p>Je me demandais : \u00ab Qu\u2019est-ce qui est v\u00e9ritablement psychanalytique dans la s\u00e9ance de psychanalyse ? \u00bb \u2013 il ne fait aucun doute que la question est fort mal pos\u00e9e. Tant pis. On verra o\u00f9 \u00e7a m\u00e8ne.<\/p>\n<p>Je vois deux r\u00e9ponses possibles :<\/p>\n<p>1. D\u00e8s que la s\u00e9ance d\u00e9marre, d\u00e8s que les conditions n\u00e9cessaires et suffisantes sont r\u00e9unies (un psychanalyste accueille un patient dans son cabinet etc.) tout ce qui advient jusqu\u2019\u00e0 la lev\u00e9e du dispositif rel\u00e8ve de la psychanalyse.<\/p>\n<p>2. Ou bien seulement certains des \u00e9v\u00e9nements qui ont lieu durant la s\u00e9ance m\u00e9ritent le titre de \u00ab psychanalytiques \u00bb \u2013 par exemple : suscitent une attention sp\u00e9ciale de l\u2019analyste ou du patient ou des deux, ou bien : sont du genre qui int\u00e9ressent en g\u00e9n\u00e9ral les analystes et qu\u2019on \u00e9voque \u00e0 titre de mat\u00e9riau ou de preuve dans les textes relatifs aux s\u00e9ances.<\/p>\n<p>La r\u00e9ponse 1 demande elle-m\u00eame bien des \u00e9claircissements. Elle peut s\u2019entendre \u00e0 mon avis de deux mani\u00e8res :<\/p>\n<p>1.1. ou bien, dans une version r\u00e9aliste, on veut dire qu\u2019une fois les conditions r\u00e9unies, ce qui se passe rel\u00e8ve en v\u00e9rit\u00e9 de la psychanalyse (quoi qu\u2019en pensent les protagonistes de l\u2019affaire), qu\u2019ils le sachent ou l\u2019ignorent (donc m\u00eame \u00e0 leur insu \u2013 quoiqu\u2019on devrait pr\u00e9ciser, plut\u00f4t \u00e0 l\u2019insu du patient). Un observateur \u00e9tranger ignorant des r\u00e8gles de l\u2019art, et assistant \u00e0 une telle s\u00e9ance, pourrait bien faire une description ordinaire de ce qui se passe (une des deux personnes pr\u00e9sentes s\u2019allonge sur le divan, l\u2019autre s\u2019installe dans un fauteuil, l\u2019une parle et l\u2019autre se tait, et \u00e0 la fin, la premi\u00e8re remplit un ch\u00e8que qu\u2019elle donne \u00e0 la seconde, etc..), sa description serait sans aucune pertinence. Il ne saurait pas ce qui se passe \u00ab r\u00e9ellement \u00bb.<\/p>\n<p>Cette mani\u00e8re de voir les choses apparente le dispositif analytique (setting) \u00e0 un rituel th\u00e9urgique : il convertit faits et gestes et ph\u00e9nom\u00e8nes dans leur ensemble \u00e0 la psychanalyse. Certains diraient une chose du genre : tout d\u00e8s lors bruisse de l\u2019inconscient. Comme dans les monast\u00e8res on s\u2019efforce de convertir l\u2019espace et les lieux pour faire advenir ici-bas le divin, le clo\u00eetre devenant riche de la pr\u00e9sence de Dieu etc (et le monast\u00e8re et l\u2019esprit de ceux qui l\u2019occupent devenant demeure de Dieu). Bref, le dispositif analytique serait dans cette version-l\u00e0 un puissant outil de conversion.<\/p>\n<p>Mais : imaginons un jeu dot\u00e9 de r\u00e8gles sp\u00e9cifiques. Le jeu se d\u00e9roule convenablement dans la mesure o\u00f9 les joueurs montrent en jouant qu\u2019ils acceptent les r\u00e8gles (ils n\u2019ont pas besoin de s\u2019y r\u00e9f\u00e9rer dans la mesure o\u00f9 ils font selon les r\u00e8gles, et du coup en confirment la r\u00e9alit\u00e9, le temps du jeu). Je me souviens d\u2019avoir jou\u00e9 \u00e0 un tel jeu, dot\u00e9 de r\u00e8gles extr\u00eamement complexes, et la partie s\u2019\u00e9tait prolong\u00e9 durant des heures. Vers la fin, quand il semblait \u00e9vident que je jeu allait prendre telle tournure, que quelques-uns allaient perdre et qu\u2019un seul pouvait gagner, un des pr\u00e9sum\u00e9s perdants tira vers lui toute la table et balan\u00e7a violemment toutes les pi\u00e8ces du jeu (des centaines de figurines minutieusement positionn\u00e9es sur le plateau de jeu) en d\u00e9clarant (satur\u00e9 de col\u00e8re) : \u00ab Nouvelle r\u00e8gle, tremblement de terre, la partie est finie ! \u00bb. C\u2019est l\u00e0 ce qu\u2019on appelle un geste de mauvaise humeur, et cela fait du joueur un \u00ab mauvais joueur \u00bb. Il ne veut plus jouer \u00e0 ce jeu-l\u00e0, dans lequel il est certain de perdre, ou plut\u00f4t : il refuse de perdre \u00e0 ce jeu-l\u00e0, ou encore refuse de se plier \u00e0 ses r\u00e8gles implacables : il veut renverser le cours du destin). Si nous comparons (ce qui reste exp\u00e9rimental, mais je veux juste ici tester un mod\u00e8le) la situation analytique \u00e0 ce type de jeu, dans la perspective d\u2019une conversion g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e (\u00e0 partir du moment o\u00f9 le jeu d\u00e9marre, tous les faits et gestes \u00ab deviennent \u00bb des \u00e9v\u00e9nements du jeu), la diff\u00e9rence est patente : m\u00eame si un des protagonistes s\u2019oppose au jeu lui-m\u00eame, son comportement demeure un effet ou, mieux, un ph\u00e9nom\u00e8ne psychanalytique. Pas moyen d\u2019y \u00e9chapper. Si le patient plante un coup de couteau dans le ventre de l\u2019analyste, c\u2019est un \u00ab acting in \u00bb, et pas une agression ordinaire ou extraordinaire.<\/p>\n<p>Le point essentiel ici, c\u2019est que la conversion psychanalytique s\u2019op\u00e8re en amont des faits et gestes : contrairement au dispositif th\u00e9urgique, qui en g\u00e9n\u00e9ral suppose des acteurs qui croient en l\u2019efficacit\u00e9 des rituels, il suffit, dans la th\u00e9urgie psychanalytique, qu\u2019un des acteurs y croit \u2013 l\u2019autre, quoiqu\u2019il en pense, devient le patient de la psychanalyse, fut-ce \u00e0 son insu. Le dispositif fonctionne ici comme une cl\u00f4ture dans les limites desquelles tout est transform\u00e9 \u2013 et quand bien m\u00eame un ethnologue serait amen\u00e9 \u00e0 observer la sc\u00e8ne, tant qu\u2019il ignore la v\u00e9ritable essence des faits observables, sa description est condamn\u00e9e \u00e0 \u00eatre sinon fausse et impertinente, du moins gravement insuffisante. De la m\u00eame mani\u00e8re, que vaudrait une description du rituel de l\u2019eucharistie produite dans l\u2019ignorance de sa \u00ab nature \u00bb th\u00e9urgique, une description non-croyante, puisque : \u00ab la liturgie enti\u00e8re doit \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme un sacrement au sens large car la gr\u00e2ce divine y ruisselle de toute part \u00bb ?<\/p>\n<p>L\u2019inconscient par ses effets y ruisselle de toutes parts (\u00e0 qui sait l\u2019entendre, ou pour qui vent bien l\u2019entendre \u2013 aka : l\u2019analyste). Le dispositif analytique comme \u00ab espace eccl\u00e9sial \u00bb ou : mystique ?<\/p>\n<p>Le probl\u00e8me de la psychanalyse contemporaine : de nombreux patients se trompent de porte. Ils viennent sans avoir \u00e9t\u00e9 d\u2019abord convertis. On imagine qu\u2019autrefois, quand la psychanalyse \u00e9tait tr\u00e8s \u00e0 la mode, et que la patient\u00e8le formait un ensemble relativement homog\u00e8ne (socialement et intellectuellement), on se trompait rarement. (Il \u00e9tait clair que quelques-uns, les convertis d\u2019embl\u00e9e, allaient consulter un analyste en cabinet priv\u00e9, les autres, les ignorants, les rustres, frappaient \u00e0 d\u2019autres portes \u2013 m\u00eame si pas mal de psychanalystes exer\u00e7aient aussi en institution psychiatrique \u2013 sauf que ce n\u2019est pas la m\u00eame chose \u00e9videmment, c\u2019est impur.)<\/p>\n<p>1.2. Certes, quand les conditions initiales sont r\u00e9unies, tout \u00ab devient \u00bb (entre guillemets cette fois) psychanalytique, mais non pas au sens (mystique et r\u00e9aliste) d\u2019un espace th\u00e9urgique, mais au sens d\u2019un espace herm\u00e9neutique (je dis \u00ab espace \u00bb par commodit\u00e9). Le setting analytique cr\u00e9e les conditions propres \u00e0 favoriser le genre d\u2019interpr\u00e9tation qu\u2019on attend d\u2019un psychanalyste. Quand bien m\u00eame l\u2019analyse ne dit rien \u2013 ne fait aucune interpr\u00e9tation. Cela va sans dire (m\u00eame si le patient, de son c\u00f4t\u00e9, n\u2019est pas au courant de la trame qui se joue par devers ce qu\u2019il dit ou fait, le cours des interpr\u00e9tations psychanalytiques ne cesse de se d\u00e9ployer \u2013 le patient lui-m\u00eame dit : \u00ab je sais bien ce que vous allez penser de ce que je viens de dire \u00bb). On sent bien d\u2019ailleurs que cette caricature de l\u2019analyste radicalement silencieux peut se d\u00e9duire logiquement de cette position de soumission au processus de l\u2019analyse : il est juste l\u2019agent qui impulse le processus, dont les r\u00e8gles de fonctionnement ont \u00e9t\u00e9 \u00e9tablies par ailleurs, dont la valeur d\u00e9pend d\u2019un autre, un pr\u00e9d\u00e9cesseur, un ma\u00eetre, il devient en quelque sorte le fonctionnaire de l\u2019institution analytique.<\/p>\n<p>L\u00e0 encore, l\u2019opposition manifeste du patient (on ne s\u2019attend pas \u00e0 ce que l\u2019analyste s\u2019oppose \u00e0 l\u2019analyse, quoique : les exemples ne manquent pas, qui font partie de l\u2019imaginaire mythique de la psychanalyse, de manifestations affectives ou sexuelles, de la part de quelques analystes, manifestations que les r\u00e8gles proscrivent) fournit une image cruciale qui permet de mesurer l\u2019efficacit\u00e9 du dispositif. S\u2019opposer \u00e0 (tel ou tel point de la m\u00e9thode, ou \u00e0 telle ou telle r\u00e8gle), c\u2019est non seulement \u00ab aussi \u00bb r\u00e9sister, mais c\u2019est seulement r\u00e9sister. Le fin mot et le dernier mot des revendication du patient, c\u2019est qu\u2019il r\u00e9siste. R\u00e9sistance non pas \u00e0 l\u2019analyse (ce qui serait alors une v\u00e9ritable opposition qui mettrait \u00e0 l\u2019\u00e9preuve le dispositif) mais r\u00e9sistance au processus qui se joue \u00e0 son insu (l\u2019inconscient \u00e0 l\u2019\u0153uvre tandis que le patient s\u2019agite). \u00ab Quand le ciel bas et lourd p\u00e8se comme un couvercle \/ Sur l\u2019esprit g\u00e9missant en proie aux longs ennuis \u00bb : l\u00e0 encore, nulle \u00e9chappatoire. Bref, si le patient r\u00e9siste, c\u2019est \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9. L\u2019analyste a beau se draper dans les habits de l\u2019humilit\u00e9, th\u00e9oriquement justifi\u00e9s : \u00ab je ne suis pas le d\u00e9positaire de cette v\u00e9rit\u00e9 \u00e0 laquelle vous r\u00e9sistez \u00bb. Alors qui ? N\u2019en-est-il que le t\u00e9moin d\u00e9sol\u00e9 ? Le garant (celui qui tient les r\u00eanes ? Le guide et servant du processus ?) Ou bien : est-ce l\u2019analyse elle-m\u00eame, ce d\u00e9positaire (comme alors : processus de d\u00e9voilement \u2013 \u1f00\u03bb\u03ae\u03b8\u03b5\u03b9\u03b1 ?) ? On ne saurait alors reprocher \u00e0 l\u2019analyste (en personne) son omnipotence, mais devrait-on reprocher \u00e0 l\u2019analyse d\u2019incarner une version sophistiqu\u00e9e d\u2019emprise institutionnelle ?<\/p>\n<p>Si le patient lui-m\u00eame est d\u00e9j\u00e0 converti, suffisamment raisonnable, respectueux et \u00ab civilis\u00e9 \u00bb pour internaliser le conflit (plut\u00f4t que d\u2019en faire subir stupidement les inconv\u00e9nients \u00e0 l\u2019analyste), les choses devraient se passer sans anicroche. Sinon, si le patient est trop stupide, l\u2019analyste botte en touche, esquive. \u00ab Je ne suis pas le sujet suppos\u00e9 savoir \u00bb. \u00ab Oui, mais qui d\u2019autre sinon ? Vous dites \u00ab je r\u00e9siste \u00bb : mais comment le savez-vous ? Vous dites cela parce que vous l\u2019avez lu dans un livre, parce que dans telle situation, quand le patient s\u2019oppose, c\u2019est ce que vous \u00eates cens\u00e9 penser et dire ? Allez vous insinuer que c\u2019est l\u2019analyse qui sait ? Le dispositif ? La th\u00e9orie ? Freud ? Mais Freud ne m\u2019a jamais rencontr\u00e9 \u00e0 ce que je sache ! \u00bb<\/p>\n<p>Si la situation analytique suffit \u00e0 justifier l\u2019omnipotence et l\u2019omniscience : alors ne pourrait-on pas la d\u00e9crire comme une d\u00e9miurgie ? une matrice d\u00e9miurgique (et l\u2019analyste au mieux charg\u00e9 d\u2019en garantir le fonctionnement correct, attendu : donc \u2013 technicien, et charg\u00e9 \u00e9ventuellement des enregistrements ?).<\/p>\n<p>Les mod\u00e8les 1.1. et 1.2. semblent destin\u00e9s ou bien \u00e0 r\u00e9v\u00e9ler ou favoriser l\u2019\u00e9mergence de la v\u00e9rit\u00e9, ou bien \u00e0 asseoir la pertinence des interpr\u00e9tations et des descriptions conformes aux th\u00e9ories psychanalytiques. Mais \u2013 est-ce l\u00e0 une finalit\u00e9 ou une pr\u00e9misse ? \u2013 ces op\u00e9rations ont pour compl\u00e9ment la neutralisation automatique de tout conflit entre l\u2019analyste et le patient ou entre le patient et l\u2019analyse. Si l\u2019analyste lui-m\u00eame se trouve confront\u00e9 conflictuellement \u00e0 l\u2019analyse (ce qui ne manque pas de se produire, l\u2019analyste n\u2019\u00e9tant pas une machine), alors il devra traiter ce probl\u00e8me (son \u00ab contre-transfert \u00bb) sur une autre sc\u00e8ne, dans un autre cabinet (et ainsi de suite).<\/p>\n<p>De la sorte, la m\u00e9thode psychanalytique et l\u2019analyste ne sauraient \u00eatre mis en position d\u2019\u00e9chec. On aurait l\u00e0 une \u00ab pratique \u00bb exceptionnelle qui, bien que soumise au mat\u00e9riau le plus changeant, le plus impr\u00e9visible, le plus instable, ne raterait jamais son coup (elle retombe toujours sur ses pieds). L\u2019objection est autrement plus percutante que celle de Popper (il n\u2019existe pas d\u2019exp\u00e9rience susceptible de r\u00e9futer la th\u00e9orie psychanalytique). Cela dit, on sent bien, mais il faudrait le montrer et le d\u00e9velopper, que la m\u00e9thode suppose une th\u00e9orie de l\u2019inconscient g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 (in fine : tout, y compris ce qui se passe au dehors, \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur du cabinet, etc., peut \u00eatre d\u00e9crypt\u00e9 comme effet de l\u2019inconscient : d\u2019o\u00f9 les malaises dans la civilisation pass\u00e9s et \u00e0 venir).<\/p>\n<p>Un mot sur la r\u00e9ponse 2. Certains faits suscitent l\u2019attention du psychanalyste et du patient, et m\u00e9ritent donc d\u2019\u00eatre reconnus comme \u00e9l\u00e9ments psychanalytiques. Le dispositif ne fait pas tout, ou du moins, s\u2019il est la condition n\u00e9cessaire de l\u2019\u00e9mergence de faits de telle sorte, il n\u2019en est pas la condition suffisante. D\u2019o\u00f9 : la grille de Bion par exemple.<\/p>\n<p>Devrait-on consid\u00e9rer dans un cadre pluraliste, que se confrontent pendant la s\u00e9ance diff\u00e9rentes perspectives, voire diff\u00e9rentes th\u00e9ories, et diff\u00e9rentes m\u00e9thodes, et, pour poussez le bouchon assez loin, que la m\u00e9thode analytique non seulement n\u2019est pas la seule, mais ne manque pas d\u2019\u00eatre mise \u00e0 l\u2019\u00e9preuve par d\u2019autres m\u00e9thodes au sein m\u00eame de la cure (et pas seulement au dehors, dans les d\u00e9bats publiques o\u00f9 la \u00ab th\u00e9orie \u00bb de Freud subit les attaques que l\u2019on sait) ? Si nous voyons les choses ainsi, nous percevons mieux ce qu\u2019ont voulu dire certains de nos pr\u00e9d\u00e9cesseurs (Ferenczi, Searles, Bion, par exemple) en parlant de conflit de m\u00e9thodes, de lutte, ou : tout ce qu\u2019on peut ranger dans la colonne 2 de la grille de Bion. Prendre au s\u00e9rieux cette atmosph\u00e8re de rivalit\u00e9, cela signifie \u00e0 mon avis que, jusqu\u2019\u00e0 preuve du contraire, il ne faille pas tenir pour \u00ab plus vraie \u00bb telle ou telle th\u00e9orie \u2014 bien que, si l\u2019analyste veut exercer son m\u00e9tier, et pas un autre m\u00e9tier, il est tenu d\u2019analyser malgr\u00e9 tout : il ne s\u2019agit donc pas de d\u00e9fendre un relativisme mou, mais de reconna\u00eetre les sp\u00e9cificit\u00e9s de la pratique (un des probl\u00e8mes pos\u00e9s par les mod\u00e8les 1.1. et 1.2., vient de ce qu\u2019on d\u00e9duit de la th\u00e9orie g\u00e9n\u00e9rale des r\u00e8gles discutables, mais qui renferment en elles-m\u00eames la capacit\u00e9 d\u2019abolir toute discussion \u2013 d\u2019o\u00f9 la tendance \u00e0 une forme de totalitarisme plus ou moins mystique qu\u2019on voit parfois effleurer dans certaines \u00e9coles ou discours se r\u00e9clamant de la psychanalyse).<\/p>\n<p>Note : le mot \u00ab th\u00e9orie \u00bb dans ce contexte est employ\u00e9 de mani\u00e8re hyperbolique. L\u2019hyperbole vaut aussi bien pour la th\u00e9orie du patient que celle de l\u2019analyste (ou \u00ab les \u00bb th\u00e9ories de..).<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Une certaine rusticit\u00e9 intellectuelle m\u2019am\u00e8ne \u00e0 poser des questions na\u00efves. Non pas que je fasse semblant de ne pas savoir ou de ne pas comprendre. Mais plut\u00f4t que je ne sais plus (ou je n\u2019ai plus envie) de faire semblant de comprendre. 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