Substantivation / substantialisation

Les psychanalystes sont en général assez précautionneux quand ils emploient le mot « inconscient » dans une phrase écrite. Beaucoup moins quand ils discutent entre eux, ce qui est excusable dans la mesure où utiliser ce genre de mot constitue un des usages habituels, ce à quoi on s’attend d’un locuteur faisant partie d’un groupe d’analystes : on adhère justement à ce groupe parce qu’on utilise ce genre de mot sans éprouver le besoin de lever les sourcils à chaque fois qu’on l’entend dans la discussion, le scepticisme sur ce point risque fort d‘être un motif d’exclusion immédiate du groupe (voire de vous disqualifier comme analyste) — on suppose (à mon avis a tort) que tous les membres du groupe sont au moins d’accord sur le sens de ce mot (qu’il y a là (au moins là !) une sorte de consensus minimal), ou au moins sur une manière à peu près correcte de l’utiliser psychanalytiquement, et, dans la conversation au moins, la plupart des membres du groupe sont indulgents les uns avec les autres en ce qui concerne cet usage. Bref, on emploie ici le mot inconscient par commodité. Mais dans le cas où l’analyste s’est engagé à rédiger la notice d’un dictionnaire, ou de produire un texte savant dans lequel la définition du mot « inconscient » paraît nécessaire, les choses se compliquent.

Un collègue me fait parvenir ce texte qu’il juge éclairant (Francis Martens, Qu’est-ce que l’inconscient ? ). Dans ce texte, qui synthétise brillamment Freud, Lacan et Laplanche, l’inconscient est tour à tour défini ou qualifié comme : « concept le plus central de la métapsychologie psychanalytique », « un lieu conceptuel – un construction logique – permettant de rendre compte sans réductionnisme des pulsions, conflits, angoisses, mécanismes de défense, créations et aménagement symptomatiques, qui sont le lot de la “nature humaine” », « le fruit d’un refoulement autoprotecteur portant sur un trop d’excitations «sexuelles» (au sens de la métapsychologie) », etc. Pour définir l’inconscient, il faut donc se rapporter (et définir également) à : la pulsion, les processi primaires et secondaires, le refoulement (et les autres négations), le sexuel, et faire un peu de linguistique lacano-jakobsienne, et donc beaucoup de métapsychologie (puisque l’inconscient en est le concept central, mais réclame en même temps pour être compris qu’on fasse appel à toute la métapsychologie, dont je me suis toujours d’ailleurs demandé en quoi elle se distingue, quand on lit ce qu’on lit parfois, d’une psychologie du fonctionnement psychique tout court, et pas spécialement « méta »), et pas mal de philosophie. C’est là me semble-t-il un dispositif conceptuel et théorique extrêmement lourd, au sens : pas très économique. Il signifie en somme que si vous n’adhérez pas à la totalité de la métapsychologie, vous n’avez aucune chance d’entendre quoi que ce soit au mot « inconscient » (prononcé par un psychanalyste).

La conclusion du texte, du coup, me laisse perplexe :

Métaphorisé en terme de lieu, l’inconscient ne correspond à aucune localisation mais à une fonctionnalité à la fois défensive et constitutive du psychisme. À la manière des «trous noirs» en physique, il échappe à l’observateur et ne se laisse logiquement concevoir qu’à partir de ses effets. Il s’agit donc d’une construction conceptuelle révocable, pour autant qu’il se trouve un modèle scientifique plus sobre pour rendre compte, avec autant de nuances, des richesses et précarités de l’«âme humaine».

On retrouve là cette correction « épistémologique », qui constitue une sorte de rengaine ou de passage obligé dans la littérature authentiquement psychanalytique : « je parle de l’inconscient comme s’il s’agissait d’un lieu ou d’une substance, mais c’est juste par commodité, ou de manière métaphorique, en vérité il ne s’agit pas d’un lieu, ni d’une substance, mais d’une construction conceptuelle. »

Mais qu’est-ce qu’une construction conceptuelle ? Et vaut-il vraiment la peine d’utiliser ce mot et tout ce qui doit être associé à ce mot si c’est pour au final, en regretter la « maladresse » — sa tendance à se faire passer pour un lieu ou une substance. C’est ans doute ce que l’auteur de ce texte veut dire en précisant qu’en tant que modèle, l’inconscient (la métapsychologie lacano-freudienne ?) est « révocable », et pas aussi « sobre » qu’on pourrait le souhaiter (ce avec quoi je suis extrêmement d’accord ! sauf que je ne me vois pas attendre bien longtemps avant d’essayer de m’en passer). Comme Jacques Bouveresse le rappelle, Wittgenstein considérait « “l’hypothèse” de l’inconscient comme n‘étant en réalité rien de plus qu’une façon de parler qui crée davantage de difficultés philosophiques qu’elle ne résout de problèmes scientifiques. » et d’ajouter que ce qu’il ne reconnaissait pas « dans la psychanalyse, comme d’ailleurs dans la théorie des ensembles, n’est rien moins que son ontologie. » (J. Bouveresse, Philosophie, mythologie et pseudo-science : Wittgenstein lecteur de Freud, Éditions de l‘Éclat, 1991, p.9.). Toute la question porte à mon avis sur la pertinence d’une critique adressée aux théories psychanalytiques concernant sa supposée ontologie. La plupart des analystes un peu futés, ou du moins qui ne considèrent pas leur adhésion à la psychanalyse comme une appartenance à une Église de l’Inconscient, diraient que c’est plus compliqué que cela, que le mot « inconscient » est d’abord à saisir comme le résultat d’une méthode, ou sa présupposition, ou qu’il (n’) est (qu’)une construction théorique (provisoire), mais qu’au final, les analystes sérieux n’y tiennent pas au sens où il s’agirait d’un ordre caché des choses etc. C’est là véritablement une question difficile, et à mon avis inutile (qui a déjà fait couler beaucoup trop d’encre).

Le problème, c’est que dans les discussions courantes entre analyste, et dans de nombreux textes de la littérature psychanalytique, on ne manque jamais d’utiliser le mot inconscient sous la forme d’un substantif et comme sujet de la phrase (tout comme on fait usage dans certains jeux de langage psychanalytiques des mots « sujet », «self », voire « désir »etc.. sans précautions particulières, comme s’il s’agissait là d’une chose à la fois plus profonde et plus cachée sur laquelle le processus analytique finira bien par mettre le nez). De la substantivation à la substantialisation non seulement il n’y a qu’un pas, mais au fond, n’est-ce pas précisément parce que nous utilisons tel mot comme substantif et comme sujet d’un énoncé que du même coup nous le substantialisons ? Parce que quoi sinon ?

Je trouve par contre notre tendance à parler « comme s’il s’agissait d’un lieu ou d’une substance » extrêmement digne d’intérêt. Il me parait dommageable qu’on rejette cette tendance d’un revers de la raison, quand elle fait retour avec tant d’obstination.

On a du mal à imaginer que les mots du patient puissent rivaliser avec une théorie aussi sophistiquée. Malheureusement, trop souvent, à entendre les analystes parler ou à les lire, le problème d’une telle rivalité en se pose pas (tout au moins chez l’analyste) : ou bien il considère que le patient ne sait pas ce qu’il dit (et que la juste et véritable perspective qui permet de savoir ce que le patient a dans la tête, comment il fonctionne psychiquement, est la perspective psychanalytique, c’est-à-dire qu’il n’y a là que des effets de l’inconscient, du « trou noir » que l’analyste fait profession d’observer par ses bords — parce qu’il possède les outils pour cela), ou bien le patient est séduit par la psychanalyse, et devient tout à fait converti à l’idée qu’il ne sait pas lui-même ce qu’il dit, mais qu’il existe quelque part une sorte de lieu (qui n’en est pas un) ou une substance (qui n’en pas une) dont ses dires ne sont que les restes émergeant de l’obscurité. Heureusement, il arrive aussi que le patient arrête là les frais, ou maintienne d’une manière ou d’une autre ses propres vues (la réponse automatique de l’analyste : « résistance », parce qu’il va de soi que c’est le patient qui résiste (à la psychanalyse au bout du compte, ou du moins à ce que l’analyste croit avoir en tête, son idéal sans doute), me paraît plutôt relever d’une défense quelque peu désespérée et pathétique de la part de l’analyste pour garder la tête haute et se donner le sentiment qu’il continue à faire malgré toute cette hostilité son métier.)

L'Analyse intellectuelle" (réponse à une question posée)

Il m’arrive d‘écrire pour le site Squiggle.be, animé par Vincent Magos. Voici un texte (pas encore publié) qui répond dans la mesure du possible aux questions suivantes :

la question :

L’analyse n’est-elle pas réservée à une sorte d’élite intellectuelle ? Ne faut-il pas être intelligent, avoir une réelle créativité, une certaine culture pour accéder à ce type de thérapie ? D’ailleurs lorsque qu’on lit des récits d’analyse, je note que les personnes interrogées sont toutes issues d’un milieu plutôt « intello » (journaliste, médecin, énarque, inspecteur des impôts…), peu de manœuvres, ouvrières d’usine ou de maçons !

la réponse :

La question présuppose que le genre d’activité qu’on peut s’attendre à pratiquer durant une analyse, serait d’ordre intellectuelle. Il est vrai que la lecture de la plupart des livres publiés par les psychanalystes, ouvrages en général relativement incompréhensibles, laisse penser qu’il en va de même pour les séances de psychanalyse, qu’y participer demande à tout le moins une capacité de compréhension hors du commun. Ce point de vue est tout à fait erroné, de même qu’il est faux d’affirmer que la patientèle des cabinets d’analyste se limite à une certaine catégorie sociale de la population (Je fais partie des ces analystes qui travaillent « en milieu rural », et j’accueille aussi bien des éleveurs que des enseignants, et, du point de vue psychanalytique en tous cas, ils ne sont pas mieux lotis les uns que les autres, ou pas moins capables de se confronter au processus analytique).

Le patient arrive assez souvent avec une théorie concernant ce qui lui arrive, théorie qui présente les caractères suivants : 1. Il ne la connaît pas lui-même, ou n’y a accès que de manière partielle (il la pressent pour ainsi dire, ou l’exprime à travers un symptôme, et il en subit les contraintes, la logique parfois tyrannique) 2. Une partie de cette théorie, et souvent son aspect le plus énigmatique, a été élaborée dès l’enfance, à une époque où le savoir de l’enfant concernant le monde faisait largement appel à l’imaginaire 3. Elle est souvent assez sophistiquée, et a d’une certaine manière permis au patient d’avancer jusqu‘à un certain point. 4. Mais désormais, elle ne « fonctionne » plus, elle ne suffit plus à rendre la vie tolérable, et c’est là une raison qui l’amène à consulter.

Une des tâches de l’analyse, menée conjointement, même si c’est parfois dans une atmosphère de rivalité, par le patient et par l’analyste, est de faire émerger cette théorie, animée par des règles logiques, théorie qu’on appelle parfois un fantasme, et qui se révèle à l’occasion d’un rêve, d’associations d’idées, de pensées obsédantes, ou encore, dans le cas des psychoses, par des manifestations délirantes ou hallucinatoires. Il n’est pas question de substituer à cette « théorie » une autre théorie fut-elle “psychanalytique”, mais d’en relever les aspects contraignants – au point qu’ils mènent l’existence ou une partie de l’existence du patient à une impasse.

Le patient a beau avoir accumulé des tonnes de savoir – il arrive même que les analystes accueillent de véritables érudits versés dans les études psychanalytiques –, ce savoir ne l’avance pas, ou plus, à grand chose. Le patient qui utilise ses séances pour exposer de manière extrêmement habile des théories fort sophistiquées sur l‘état du monde ou son propre état d’esprit, sans que ces théories changent quoi que ce soit à la souffrance qu’il éprouve, finit généralement par se faire à l’idée que dans la situation analytique, ce savoir ne lui procure finalement aucune aide, qu’il n’a aucun effet mutatif, bref, qu’il fait écran et diversion à un autre savoir, lequel peut lui sembler indigne, mais qui, du point de vue psychanalytique, est le seul qui vaille la peine d’entreprendre une telle aventure. le caractère paradoxal de ce savoir qui-vaut-la-peine de se déplacer chaque semaine au cabinet de l’analyste et d’y laisser de l’argent, tient au fait, d’une part, qu’il ne s‘élabore que dans la confrontation (plus ou moins irénique) avec un autre, et, d’autre part, qu’on en attend un changement, ou pour le dire comme Bion, une “transformation” : la psychanalyse, ce n’est pas de la philosophie.

C’est pourquoi la condition sociale, le niveau d‘études ou les capacités rhétoriques du patient ne préjugent en rien de la réussite d’une analyse. D’une certain manière, le processus analytique pose à chaque patient le même type de problème : quels que soient les certitudes, les principes et les préconceptions qu’on transporte avec soi en franchissant le seuil d’une analyse, il s’agit bien de favoriser l’accès à un autre type de récit, ou l‘émergence de nouvelles possibilités d’agir, qui se construisent à partir des linéaments d’une histoire inconsciente. À l’arrivée, on en sait un peu plus, ce qui n’est pas négligeable, sur le désir qui vous anime, et les limites qui vous empêchent, mais ce savoir nouveau, aussi vaguement formulé qu’il puisse être, n’est pas de ceux qu’on ajoute à à la liste de ce que l’on savait déjà : il devient radicalement nôtre, et, dans le meilleur des cas, il nous transforme.

Pourquoi la psychanalyse devrait être (forcément) une science ?

Je lis un texte qui tente de démontrer que la psychanalyse est bien une science, contrairement à ce que les détracteurs de la psychanalyse avance - à savoir qu’elle n’est pas une science. L’argumentation de l’auteur risque de ne pas faire beaucoup de tort aux épistémologues professionnels ou aux philosophes des sciences. Il essaie de dégager pour la psychanalyse un espace au royaume des sciences, en la distinguant d’une part des sciences dures, et d’autre part de l’art. Pour finalement admettre que la psychanalyse fait à peu près tout comme les sciences : elle a vocation à s’expliciter dans un discours rationnel, lequel s’appuie sur la recherche de preuves, et, par conséquent, est susceptible de progrès (dans la connaissance ou la vérité). L’argument selon lequel la psychanalyse, au contraire des autres sciences du vivant, prendrait en compte le temps, est pour le moins discutable (il vaudrait mieux dans ce cas parler avec comme les psychanalystes anglo-saxons de développement, croissance ou maturation). Je sais bien que Freud, et tant d’autres après lui, ont plus ou moins ardemment souhaité que leur discipline si particulière accédât au titre de science. Une partie de l’œuvre de Bion, à l’époque de la grande trilogie composée d'Aux sources de l’expérience, des Éléments de psychanalyse et de Transformations, se consacre à la mise en place d'un système hypothético-déductif, qui fournit des symboles et des formules algébriques, système auquel les psychanalystes pourraient se rapporter pour mieux penser ce qu’ils pensent. Mais je ne suis pas sûr que Bion aurait dit tout de go que la psychanalyse devrait être une science — à l'époque qui suit la grande trilogie, et notamment dans les séminaires, il me semble considérer cet aspect de son travail avec une certaine ironie. Il est certes souhaitable que l’analyste dispose de concepts plus abstraits, plus généraux, mieux articulés les uns avec les autres, pour éviter la profusion des théories ad hoc, caractéristique de la littérature analytique — mais, parmi les outils dont l’analyste dispose, on doit aussi prendre tout à fait au sérieux le mythe ou le modèle, et à vrai dire toutes les pensées, quel que soit leur degré d’abstraction ou de concrétude, l’ensemble des choses dont la théorie doit en définitive rendre compte. L’importance des modèles et des mythes dans la pensée de Bion est cruciale, en ce qu’ils constituent le pain quotidien de l’analyste, médiateur entre la théorie et la pratique : or ce modèle, cette esquisse, “raisonnement bâtard” pour reprendre le mot de Platon dans le Timée (52b), qui tient autant du mythe que de la raison, c’est bien lui qui inspire nos interprétations éventuelles. Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’à ce niveau, un épistémologue n’y reconnaîtrait qu’à peine l’ébauche de ce qu’on décrit généralement comme une science. Pour rester avec Bion, soulignons ceci que la psychanalyse, parce qu’elle a affaire avec la croissance (et on pourrait dire : tient compte du transfert et du contre-transfert) — qui me semble être quelque chose de plus prégnant que “le temps” —, est toujours gênée aux entournures hypothético-déductives, si je puis dire. On se complique singulièrement la tâche en psychanalyse : alors que dans la plupart des sciences, l’observateur et l’environnement sont précisément évacués de l’expérience — en ce sens qu’on s’efforce de purifier l’observation des facteurs contingents qui ne manquent pas de polluer les phénomènes —, la psychanalyse, au contraire, fait de la croissance, du transfert et du contre-transfert (si l’on tient à séparer les deux), l’élément même de son investigation. C’est là ce qui la distingue de tout autre activité spéculative -—à part peut-être de certains courants contemporains en ethnologie et en anthropologie. Cependant l'idée de la psychanalyse comme science recèle une autre source de problèmes : car enfin, qu’est-ce qui caractérise la psychanalyse ? Est-elle un certain discours ? Un ensemble de théories plus ou moins ordonnées sur l’homme — auquel cas ne faudrait-il pas en faire une fille de l’anthropologie ou de la philosophie ? Ou bien : est-elle un art, un art au sens de l’art médical pré-scientifique, l’art de discerner ou d’amener au jour dans la foule des émotions, des énoncés, des habitants de la psyché, le symptôme, le signifiant, le fait choisi, dans le but de révéler (quoi ?) — ce qui rapprocherait l’analyste de la pythie, dont la sagacité relèverait bien plus d’une disposition personnelle, éventuellement améliorée par l’étude et l’expérience, que d’un savoir théorique explicitable. Ou bien encore : est-elle avant tout l’aménagement sophistiqué d’une écoute à nulle autre pareille, aménagement plus ou moins déterminé par une technique, elle-même modulée selon les modalités du transfert, subtil entrecroisement du Réel, du Symbolique et de l’Imaginaire, qu’on ne saurait à vrai dire épuiser dans une description complète et achevée - à l’image des théories scientifico-déductives pures et sans reste - bref, une expérience irréductible, dont la théorisation, dès lors, aurait ce statut particulier d’être en droit plus libre (vis-à-vis des exigences rationnelles) que la théorie dite scientifique - liberté justifiée par la particularité de son objet (croissance, transfert et contre-transfert). En conclusion : je ne suis pas persuadé que la psychanalyse ait grand chose à gagner à être reconduite au giron des sciences. J’irai même jusqu’à dire que ce que sait la psychanalyse, c’est, au bout du compte, ce que chaque analysant et chaque analyste a appris de l’expérience de l’analyse. Qu’on doive se résoudre à ne jamais en faire le décompte ne me peine pas : il reste peut-être, entre l’art et la science, pour reprendre une topologie traditionnelle, une place pour quelque chose d’autre, quelque chose que nous n’avons pas encore appris à penser.