L'Attraction électro-magnétique régulée

Le champ magnétique est d’autant plus intense que l’on est près des pôles de l’aimant. Il diminue à mesure qu’on s’en éloigne. Si on met en présence deux aimants, on constate que les pôles de noms contraires (nord et sud) s’attirent, tandis que les pôles de même nom (nord et nord, ou sud et sud) se repoussent.

(P) C’est un problème de distance. C’est la à la fois la bonne distance d’un certain point de vue, et la mauvaise d’un autre point de vue. Il y a cette ferme dans le nord ouest du Cantal, autour duquel toute la vie de la tribu s’est organisée, générations après générations, les frères, les fils, les cousins, etc. Pour vous donner une idée, je dois pouvoir affirmer que sur trois générations, nul ne s’est jamais éloigné, nul n’a jamais vécu au delà d’un rayon de 50 kilomètres, et je dois ajouter que personne n’a jamais divorcé, personne n’a jamais pris un jour de congé pour maladie, ou connut un seul jour de chômage. D’un autre côté, bien que chacun prenne soin de ne pas s‘éloigner, hé bien, dans cette famille, on ne sait pas communiquer, on ne se parle pas. Je suppose que d’autres que moi en souffrent ou du moins le regrettent.

(A) J’ai l’impression en vous écoutant qu’une force semble tenir en respect les membres de cette tribu. Une sorte de zone de contrôle, une sphère d’influence.

(P) Oui, une distance de contrôle. Je songe à deux aimants qui s‘écartent l’un de l’autre.

(A) Ou bien sont attirés l’un vers l’autre. Le danger me paraît être lié autant au fait de la séparation que de cette sorte de relation de proximité qu’on appelle “ communiquer “.

(P) Il y aurait finalement une sorte d‘équilibre. Attirance et répulsion. Ni trop proche ni trop lointain.

(A) Voyez les animaux qui se tiennent à distance respectable, juste ce qu’il faut pour éviter les crocs ou un coup de patte. Ils se jaugent, se mesurent. Et puis soudain, ou bien il y en a qui fait tête basse, et recule avec précaution, ou bien il se rue sur son adversaire et engage le combat.

(P) Je ne sais pas en quel sens “communiquer” serait si dangereux, et pourtant, je sens bien que tout le monde est mal à l’aise dans les réunions de famille par exemple, ou que mon père évite soigneusement de nous rencontrer individuellement.

(A) Que se passerait-il si l’un d’entre vous décidait de s’installer ailleurs, dans un pays lointain ?

(P, sans la moindre hésitation, en levant les bras) Il serait exclu, banni, déshérité, immédiatement, il ne ferait plus parti du clan !

(A) Je songe à la relation entre la Terre et la Lune. C’est une question que posent souvent les scientifiques en culottes courtes quand on commence à leur expliquer que contrairement à ce que pensait Aristote, si certains corps, quand on les jettent en l’air retombent sur le sol, tandis que d’autres tendent à flotter en l’air ou monter dans le ciel, ce n’est pas parce qu’ils tendraient à rejoindre leur “ lieu naturel “ (la terre si la matière dont ils sont faits est terrestre, le ciel si leur matière est le feu ou l’air), mais parce qu’il existe comme le supposait Newton une force émanant de la terre, la gravitation, qui attire en quelque sorte les corps pesants selon une loi physique. Ils demandent : mais alors pourquoi la Lune ne nous tombe pas sur la tête ? Pourquoi reste-t-elle sagement en orbite à distance respectable de la Terre, pourquoi ne s‘échappe-t-elle pas dans l’espace infini ?

On a le sentiment que l’organisation sociale de la tribu fonctionne sur la base d’un modus vivendi, qui ne vise pas tant à résoudre un problème (inconnu), qu‘à protéger le groupe du problème, ou bien à protéger le problème lui-même, et dans ce dernier cas, ce problème se manifeste (négativement) comme un tabou, lequel prévient les membres à la fois de s‘écraser sur le sol (mourir ou devenir fou), et de se perdre dans l’infini (au sens de Bion).

Et le plus intrigant, le plus contre-intuitif dans cette histoire, c’est que la force gravitationnelle, on la constate, on ne cesse d’en subir les effets, mais on ne la voit pas, au sens où par exemple, quand vous donnez un grand coup de pied dans une balle, vous voyez et vous sentez et vous percevez directement, parce qu‘à un moment votre pied et la balle sont en contact, la mécanique qui est en jeu. C’est une relation causale à distance, ce qu’on appelle l’influence – et c’est difficile de ne pas penser qu’il y a un esprit là, quelque part, au centre de tout cela, qui exerce une intentionnalité (bienveillante ou malveillante), et que son plan énigmatique gouverne à leur insu les satellites gravitant là tout autour. Et c’est sans doute pour cela que ça marche, parce qu’on a de la peine à le croire au fond, malgré les livres et les cours de physique, bien qu’on y soit confronté tout le temps (et en particulier dans les transferts analytiques).


Related Posts

Published by

vincent.seguret

vincent.seguret

Just another HTMLy user.