[polemos] le problème de la juste rémunération des artistes sous licence libre

septembre 1st, 2009 by dana_hilliot | Filed under polemos

Le problème de la rémunération des artistes sous licence libre est non seulement un problème dont la formulation paraît infiniment ambigüe mais aussi le genre de thème dont l’évidence repose sur un ensemble de préconceptions à leur tour très problématiques.

Le collectif libre accès, dont l’influence est grandissante en France, et qui réunit un certain nombre d’associations regroupant des utilisateurs de licences libres (dans le domaine artistique ou littéraire et logiciel), inscrit à l’entrée de son site web le programme suivant :

Libre Accès est une coopérative de soutien au mouvement artistique des licences de libre diffusion ayant pour objectif de fournir un cadre économique juste assurant une bonne rémunération des artistes.

La formulation laisse songeur. Qu’entend-on exactement par « cadre économique » ? et « rémunération » ? Et sur quelle conception de la justice repose l’emploi des mots « juste » et « bonne » (le président de l’association à qui je posais la question, me répondit brièvement que « juste » et « bonne », c’était la même chose – ce qui me laisse coi).

On sent bien que ce vocabulaire n’acquiert de significations que si on fait l’effort de dégager la préconception qui le soutient. On la chercherait en vain sur le site du collectif, je vais donc essayer de deviner quelles en sont les grandes lignes. En l’absence d’autres informations, partons de cette formulation, essayons de procéder de manière logique en faisant apparaître le raisonnement quelle conclut.

S’il est question de fournir « un cadre économique juste assurant une bonne rémunération des artistes » on peut s’attendre à ce que :

1° Un tel « cadre économique, assurant etc. » n’existe pas. Qu’il faut donc le fournir.

2° Ou bien que : les cadres économiques existants ne sont pas justes (c’est-à-dire n’assurent pas une rémunération « bonne » aux artistes sous licence libre).

3° Que les artistes sous licence libre ne bénéficient pas d’une bonne rémunération. Ce qui est injuste.

Une première idée qui me vient là, consiste à m’étonner de cette soudaine revendication des artistes sous licence libre en faveur d’une juste rémunération. Je m’en étonne, parce qu’il n’en a pas toujours été ainsi. Je dirais même qu’au début du mouvement du libre, par exemple quand on lit Ram Samudrala, le grand papa philosophe des licences libres artistiques, le problème de la rémunération des artistes sous licence libre était typiquement un faux problème (en fait : une objection qu’on pourrait faire à la free music philosophy) :

8. Les musiciens ne vont-ils pas mourir de faim s’ils libèrent leur musique ?

Les musiciens ont habituellement plusieurs sources différentes de revenus: ventes de disques, produits dérivés, concerts, programmation radio, télévision, etc. La libération de la musique ne va certainement pas causer de tort à la vente de produits dérivés et de billets de concert, et elle n’aura pas non plus d’effet sur la rémunération de l’exécution publique des morceaux. Elle ne pourra qu’améliorer les ventes, car les gens vont continuer à soutenir les artistes qu’ils aiment en allant à leurs concerts et en achetant leurs produits. Les bénéfices provenant des ventes de disques ne seront pas non plus affectés, puisque les gens seront encouragés à les acheter directement auprès de l’artiste pour avoir des morceaux en prime ou des textes d’accompagnement, les paroles des chansons et les pochettes des disques. La musique libre peut donc être utilisée comme un outil commercial pour faire en sorte que les musiciens ne meurent pas de faim. Une autre manière de gagner directement de l’argent est d’encourager les gens à envoyer aux artistes des «dons», s’ils estiment que la musique qu’ils ont copiée a de la valeur. Cette pratique pourrait prendre racine dans la société, comme c’est déjà le cas pour le pourboire, que les gens donnent pour rémunérer différents services, même lorsqu’il n’y a pas d’obligation pour eux à le faire.

Ce texte date de 1994, mais on peut sans trop de discussion affirmer qu’il exprime ce que les acteurs du libre, dans leur majorité, pensaient jusqu’à récemment. Il est tout à fait étonnant donc, que cette revendication concernant une juste rémunération ait pris tellement d’ampleur ces dernières années, voire : ces derniers mois. On se demande même : mais d’où vient une telle revendication ? Je ne me souviens pas en tous cas d’avoir vu défiler dans les rues de nos cités des artistes sous licence libre en colère réclamant une plus juste rémunération. Donc on se redemande : d’où vient ce thème de la rémunération qui apparaît aujourd’hui tellement évident – au point qu’on commence à soupçonner les anciens partisans du libre, qui balayaient d’un revers de la main cette si fondamentale question, de n’avoir été que des utopistes aveuglés par je ne sais quelle idéologie new age.

Bon. Revenons à 2009 et à cette formulation qui nous laisse sur notre faim. Il y aurait une injustice quelque part. Ce quelque part, qui semble aller de soi chez les rédacteurs de libre accès, nous paraît, à nous qui ne sommes pas dans le secret des dieux, quelque peu vague. En effet, qu’il y ait des artistes ou des auteurs qui habituellement revendiquent une plus juste rémunération ou qui se plaignent qu’on les spolie, voilà un fait indubitable (ce qu’il ne signifie pas qu’ils aient raison) : il suffit d’écouter les revendications explicites et motivées des membres de la Sacem, représentés depuis quelques années (sans que ça fasse aucun problème d’ailleurs à personne) par le ministère de la culture : c’est un leitmotiv, « il n’y a pas de création sans rémunération« , slogan tout à fait délirant, étant donné le nombre de réalisations qui encombrent les mondes de l’art, et l’immense majorité d’entre elles étant produites sans rémunération aucune. On ne peut pas croire que les membres de libre accès tombent d’accord avec un slogan aussi stupide, aussi éloigné de la réalité. Accordons leur ce crédit et supposons que ce n’est pas cela qu’ils veulent dire. Supposons qu’ils soient beaucoup plus intelligents que les gens auxquels ils s’opposent.

Que les auteurs sous licence libre revendiquent une rémunération, voilà le problème à mon avis : en effet, un des critères les plus consensuels, d’une fermeté à mon avis largement épouvée, pour déterminer ce qu’est une licence libre ou pas (ce qu’ont en partage aussi bien les licences creative commons, la licence Art Libre et in fine, la free music licence de monsieur Ramudrala), c’est que l’artiste consent a priori à la libre circulation de son œuvre. Là où le droit français dit que, par défaut, en l’absence de consentement explicite de l’auteur, tout usage de l’œuvre consitue un délit (excepté dans certaines conditions drastiques et ambigües), l’auteur qui choisit les licences libres consent à ce que la circulation de l’œuve puisse se déployer sans que sa volonté l’empêche. Du coup, et c’est là que ça nous intéresse dans le cadre de cet exposé, il fait évidemment le sacrifice des revenus qu’il aurait pu percevoir en échange de cette circulation. C’est pourquoi il ne lui est pas possible de s’inscrire à une société de geston collective des droits d’auteur, style SACEM, parce qu’une telle inscription serait contradictoire avec l’engagement qu’il a pris en choisissant une licence libre. La Sacem fait son métier qui est de capter autant de revenus possibles le long du chemin qu’une œuvre parcourt en circulant dans les vastes mondes de la musique. L’auteur sous licence libre choisit de libérer cette circulation, et il choisit donc de renoncer aux revenus qu’il aurait pu capter en ne choisissant pas ce type de licence.

Alors, si ce dernier paragraphe énonce bien une vérité indubitable, on se demande ce que vient faire cette histoire de rémunération des auteurs sous licence libre ! On renoncerait à quelque chose, et puis on trouverait injuste de ne pas bénéficier des avantages qu’on aurait eu si on n’avait pas renoncé à cette chose ? Voilà qui confine à l’absurdité la plus totale. Là encore, je ne veux pas croire que c’est ce que les membres de libre accès ont en tête, car je les crois sincèrement liés comme chacun de nous, à part peut-ête les délirants (pour qui j’ai néanmoins la plus grande sympathie, tant qu’ils ne se mèlent pas de politique), au principe de non-contradiction.

Nous revoilà une fois encore devant cette formule étrange, qui je l’espère, a déjà perdu son caractère d’évidence, cette allure de « ce qui va de soi ». Essayons encore toutefois de sauver le phénomène. Les artistes sous licence libre ont renoncé à leurs droits d’auteur « classiques » (du genre que la SACEM excelle à percevoir), et comme le dit Ram Samudrala, ça ne les empêche pas de toucher d’autres revenus en rapport avec leur art, par exemple en jouant en concert, en vendant des trucs (je dis des « trucs » parce qu’il semblerait que ce ne soit plus vraiment à la mode d’acheter des disques). Les artistes qui ont ajouté à leur licence libre une clause non-commerciale, peuvent en plus percevoir de l’argent dans, le cadre de contrat d’exploitation commerciale de leur œuvre, comme n’importe quel artiste. Alors, de quoi se plaint-on ? Je propose plusieurs hypothèses, mais qui me semblent tellement faibles et relevant de particularisme, que je doute qu’elles constituent ne serait-ce que l’approche de la solution à notre incompréhension :

1° Peut-être cette revendication nouvelle d’une juste rémunération est-elle liée à la crise du marché des supports. C’est sans doute vrai pour la musique (on ne vend presque plus de disques, et tant mieux j’ai envie de dire, ça fait de la place). Mais ce n’est pas le cas par exemple pour le livre. Et dans le cas des arts plastiques ou numériques, on voit mal où se situerait la crise du marché du support. Quoiqu’il en soit, si telle était la raison des auteurs revendiquant une rémunération, on voit mal en quoi cette raison relève d’une injustice. Il existe bien des métiers et des objets qui, au gré des changements technologiques, ont été amenés à disparaître. On voit mal en quoi il est injuste qu’il n’existe presque plus de Maréchal-Ferrant (quoiqu’il en subsiste quelques uns) ou d’allumeurs de reverbères, pour prendre un exemple fameux.

2° Peut-être cette revendication n’est en réalité le fait que des utilisateurs de licence autorisant la commercialisation sans consentement des auteurs, style licence CC BY ou Art Libre. Si c’est le cas, j’ai envie de dire, messieurs, faudrait savoir ce que vous voulez ! Changez de licence !

3° Peut-être n’est-ce au fond qu’un effet de mode, étant donné que le thème de la rémunération passe désormais au journal de 20 h depuis que les débats DADSVI et HADOPI sont devenus l’objet d’un intérêt national. On parle de rémunération parce que tout le monde parle de rémunération. Bref, nos amis de libre accès seraient pris dans les filets du discours de l’autre, et dans ce cas, on ne saurait trop les encourager à travailler à la fabrication de leurs propres vocabulaires, à la production de leurs propres analyses, et à envisager des problématiques qui soient les leurs, et pas celle de leur voisin, ennemi déclaré qui plus est (les sociétés de gestion des droits d’auteur, le ministère de la culture, l’industrie du divertissement etc.).

4° Ou bien, serait-ce par pur opportunisme ? Se dessine en effet l’esquisse d’un futur qui verrait chaque internaute dans l’obligation de verser une dîme en vue de soutenir l’art et la culture (et ceux qui en vivent ou pas, ceux qui la font et tant qu’à faire, ceux qui en parlent). Le calcul, machiavélique serait le suivant : si par hasard les politiques adoptaient le principe d’une contribution versée par tout internaute, somme forcément astronomique destinée à être redistribués aux artistes (en proportion de leur succès, et de leur popularité), ça va faire un sacré gâteau. Et, il ne faudrait pas laisser ce gâteau s’écouler dans les bouches avides des artistes qui n’ont pas choisi les licences libres : les artistes sous licence libre voudraient eux aussi leur part. Bon. Supposons une licence globale, ou une contribution créative (je sais ce n’est paraît-il pas la même chose, mais jamais personne n’a été fichu de m’expliquer clairement la différence) ou la dernière version de ce truc, le mécénat global (en fait un « don obligatoire »). Soyons clair, quel que soit le nom qu’on lui donne, il s’agit quand même de demander aux mélomanes internautes (et éventuellement aux autres, ça dépend des versions) de financer un fonds spécial pour améliorer la rémunération des artistes (je passe sur les problèmes de redistribution, j’ai dit tout le mal que je pensais de ces systèmes ailleurs). Je ferais remarquer qu’il existe déjà une taxe sur la copie privée, et que nos impôts contribuent au fonctionnement du ministère de la culture, et donc aux subventions qui sont versées à quelques artistes. Bon. Prolongeons le raisonnement : parce que « les revenus des artistes auraient » soi-disant « baissé suite à cause d’internet » (cette espèce d’opinion qui n’a jamais été prouvée, et ne le sera jamais dans la mesure évidemment où elle n’est vraie que pour quelques anciens gros vendeurs de disques en fin de carrière, et encore), alors il faudrait compenser la perte supposée de revenus en créant à tout prix une nouvelle source de revenus etc. Moi je veux bien : mais quid des licences libres dans cette histoire ? Si les artistes veulent toucher des droits d’auteur en compensation de la jouissance qu’en tirent ceux qui les écoutent ou les lisent ou les contemplent, mais qu’ils s’inscrivent dans les sociétés de gestion collecive existante, qu’ils militent avec les membres de la sacem pour une licence globale ou une contribution créative !

Quand libre accès milite « au nom des artistes sous licence libre » pour une solution de rémunération (juste ou pas) ils donnent une image de l’artiste qui va tout à fait contre celle que j’ai voulu donner en choisissant ces licences il y a maintenant 8 ans. Et je suis loin d’être le seul à penser ainsi. S’il vous plaît, messieurs de libre accès (car on n’y entend surtout de messieurs), vous ferez bien ce que vous voulez, mais par pitié, gardez vous de parler au nom des artistes sous licence libre. Il y en a plein qui n’ont surtout pas envie de passer pour des plaintifs, des grapilleurs de brouzouf, des avides et des geignards. On est un paquet à se débrouiller fort bien comme ça et on ne voudrait pas que nos auditeurs, nos lecteurs et nos contemplateurs aient le sentiment de payer pour jouir de notre travail.

Alors on va me dire encore : « Mais dana, tu causes, on comprend bien tes objections, mais c’est toujours pareil avec les intellos, ça cause mais ça ne bouge pas le petit doigt. Alors ! Qu’est-ce qu’on fait maintenant ? Qu’est-ce que tu proposes ? »

hé bien, je crois qu’il y a des tas de choses intéressantes à faire : de la musique par exemple, ou de la littérature, ou bien des installations plastiques ou numériques, faire de la politique, soutenir les sans-papier, militer pour un revenu minimum universel ou bien aller se promener, prendre un peu d’air frais. Mais surtout éviter d’entretenir cet espoir qu’un jour grâce au libre, en tant que représentants ou artistes du libre, vous pourriez avoir une meilleure rémunération, ou décrocher un job en tant qu’expert, ou porte-parole de la cause.

texte sous licence :
IANG

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79 Responses to “[polemos] le problème de la juste rémunération des artistes sous licence libre”.

  1. xulops :

    bon texte, comme d’hab.

    J’ajoute juste une piste de réflexion concernant le « désir » de rémunération d’une partie des artistes sous licences libres.

    Actuellement, l’artiste qui souhaite être rémunéré pour l’utilisation de ses œuvres a deux choix possibles :
    1er choix : adhérer à un organisme de gestion collective (SACEM).
    Revers de la médaille, les œuvres ne peuvent plus alors circuler librement (légalement) et gratuitement, même pour un usage non-commercial.
    2eme choix : apposer une licence CC non-commercial et négocier alors chaque usage commercial avec les potentiels clients.

    Je crois qu’il existe une catégorie d’artistes qui souhaitent le beurre et l’argent du beurre, à savoir :
    - permettre la libre circulation pour un usage non-commercial
    - ne pas avoir à gérer soi-même les négociations des usages commerciaux, en laissant donc faire ce job par une structure qui percevrait (par différents moyens, les tentatives fleurissent abondamment en cette période) en leur lieu et place leurs droits et les leur redistribuerait ensuite (moins les frais de gestion, et avec toutes les dérives inégalitaires déjà abordées).

    Et bien entendu, dès qu’il y a la moindre once de perspective de constitution d’une telle structure, il y a systématiquement une flopée de personnes soi-disant plus représentatives les unes que les autres – et donc plus légitimes les unes que les autres – pour essayer de se placer et manger une part du gâteau.

    En conclusion : une partie des artistes veulent toucher sans gérer. Une partie des porte-paroles veulent la galette.

    En espérant avoir fait avancé un peu le schmilblick.
    Franck

  2. admin :

    Mais tout à fait Franck
    Tu exposes clairement ce que je n’ai pas osé dire aussi explicitement (mais j’en pense pas moins)
    Merci pour ce commentaire qui est le premier de ce blog.

  3. xulops :

    C’est mon truc, être trop explicite. On me le reproche assez :-)

    Tiens, c’est marrant de voir « admin » associé à un de tes posts.

    Pour revenir au sujet. Donc ok, il y a un frange d’artistes fainéants. Ce n’est pas péjoratif. J’aime les fainéants en général. Etre fainéant suppose énormément de réflexions en vue d’optimiser au mieux ses efforts pour arriver à un résultat. C’est juste ma façon de dire que ces artistes ne veulent pas gérer eux-même les contrats et autres taches administratives qui leur permettraient de toucher des sous.
    Leur désir est respectable. Ils expriment un besoin de diffuser librement leurs oeuvres, à des fins promotionnelles par exemple, et de recevoir une rémunération pour l’usage des-dites oeuvres sans se prendre la tête.

    Mais qui sont-ils ces artistes ? ceux qui diffusent en LAL, en CC-SA, en CC-ND ? que nenni, puisqu’eux n’ont pas bridé les usages commerciaux.
    Donc uniquement les CC-NC (et éventuellement d’autres licences similaires sur ce point et dont je n’aurais pas connaissance), et encore, seulement une partie des artistes utilisant ces CC-NC.
    Ca représente quelle proportion combien d’artistes parmi ceux qui utilisent les licences libres ? 50% ? moins ? bien moins ?

    Mais tous ces porte-paroles, lorsqu’ils s’expriment – toujours en leur nom propre, vous noterez l’incohérence – ils parlent pour qui ?

    Libre Accès est un soutien au mouvement artistique des licences de libre diffusion…. donc un soutien pour une petite partie des artistes concernés par le soutien à la création d’un cadre économique blablabla…

    S’en rendent-ils seulement compte ? Et se rendent-ils compte que dans l’esprit de leurs interlocuteurs (hommes politiques, …), pas forcément des éclairés dans ce domaine peu connu des licences libres, on puisse les prendre pour des représentants de bien plus d’artistes qu’ils ne le sont réellement ? N’en abusent-ils pas, méprisant de la sorte la majorité des artistes qui ne partagent pas leurs attentes ?

  4. FreeMusicFactory :

    Un texte honnête, clair et logique. Ça m’a bien plu.
    Ce que tu rappelles sur Ram Samudrala est important, voire primordial. A mes yeux, opter pour des licences libres relève d’un engagement, d’un don de soi. Et effectivement, si ça ne convient pas à certains, qu’ils changent de licence.

    Je tiens également à signifier mon étonnement qu’une structure se réclame de défendre les artistes libres. J’ai l’impression de lire du Jamendo. Je comprends le truc, mais ce type de structure ne peut que se prévaloir de défendre ses adhérents (et encore je parle des adhérents aux associations, pas des artistes qui déposent du contenu, les licences libres permettant le dépôts d’œuvre sans même que l’artiste ait signifié son accord). Pour que ses structures aient un tant soit peu de légitimité, il faudrait que quiconque puisse y adhérer pour y faire part de ses idées. La cooptation pour adhérer à Libre Accès est un comble pour une association qui se réclament de défendre une conception libertaire de la création.

    J’ai cru comprendre que Libre Accès (ou un de ses membres, je m’y perd un peu avec ce fonctionnement) militait pour l’instauration d’un revenu minimum universel. Si mes souvenirs sont bons, c’est également quelque chose que tu défends. N’y aurait-il là pas quelque chose à construire ?

  5. Dana, je souscris entièrement à ton texte.
    Je n’ai pas choisi de diffuser sous licences ouvertes dans un quelconque espoir de rémunération, mais bien parce que ces dernières permettaient une diffusion sans entrave.
    Le problème de la rémunération, surtout à travers un organisme collectif (une hérésie au regard de la gestion individuelle), est, pour moi, inintéressant. Je comprends que certains veuillent vivre de leur art (Je ne dirais pas non, non plus mais je n’en ai pas besoin), mais c’est certainement pas en reproduisant des systèmes existant qu’il faudrait essayer de le faire.
    Bon, j’ai majoritairement publié sous NC (Seulement 2 morceaux en LAL) et il ne me semble pas que je fasse partie (et j’en connais d’autres comme moi) de ceux qui appellent à cette juste bonne rémunération.
    J’ajouterai que le fondateur de la LAL est un des acteurs de la SARD, chercher l’erreur !!! Mais on est pas là pour parler NC vs LAL.
    Bises.

  6. Salut monsieur freemusicfactory
    merci du commentaire
    Tes souvenirs sont bons. Dans la lignée des textes de Yan Moulier Boutang sur le revenu minimum inconditionnel (lisibles sur le site de la revue MULTITUDES
    http://multitudes.samizdat.net/L-autre-globalisation-le-revenu-d
    )
    j’avais évoqué cette question dans plusieurs textes (pour répondre à la plainte selon laquelle les artistes ne gagnent pas assez. Ma réponse en raccourci c’est que la plupart des gens ne gagnent pas assez, y compris la plupart des artistes).
    Je suis sûr que c’est quelque chose à construire – à cela près que :
    1° je ne vois ce que libre accès aurait à faire avec ça, ni les artistes en tant qu’artistes.. c’est une question politique qui appelle une réflexion politique et une miliance politique en général
    le libre c’est bien joli, mais bon, y’ a pas que ça dans la vie quand même :)
    2° il existe des tas de versions différentes de ce fameux revenu minimum d’existence.. Et là ça se complique.. Moi je suis pour une version radicale : un revenu minimum inconditionnel versé mensuellement et ce dès la naissance à chaque citoyen – un revenu suffisant en tous cas pour vivre décemment. (et donc en finir avec ces chiffres délirants de la population vivant sous le seuil de pauvreté dans ce pays)

  7. salut mankind, bienvenue ici donc !
    mais si on peut parler de LAL vs CC NC
    et c’est vrai que je suis aussi extrêmement surpris de voir un des fondateurs d’Art Libre engagé dans une démarche visant à assurer une rémunération juste aux auteurs
    je serais moins surpris par exemple de voir Frédéric Lefevbre ou franck Riestler ou Christine Albanel rejoindre libre accès sur ce coup là
    bon après soyons sport !
    je ne peux pas croire que nos amis de libre accès n’aient pas une explication et des raisons qui nous échappent à nous autres pauvres musiciens

  8. Le problème de Libre Accès est, à mon sens, effectivement d’avoir mis en premier le sujet rémunération.
    Le texte de Ram Samudrala que tu as cité démontre que là n’est pas le problème…
    Je crois que c’est un fourvoiement, un phantasme.
    Les licences libres sont bien plus intéressante que ce sujet qui est effectivement un problème industriel. C’est assez étonnant que des acteurs alternatifs soient tombés dans ce panneau, ou alors c’est du miel pour attirer les mouches.

  9. ohabille :

    Voici un texte à la pensée unilatérale et à l’objectivité discutable, sans parler des nombreuses coquilles qui laissent à penser que l’auteur ne se relit pas. Pour quelqu’un qui semble si fortement attaché à la signification des mots dans le contexte employé, la crédibilité en souffre fortement.

    Le titre et la première phrase parlent d’eux même sur la rigueur dont fait preuve celui qui en réclame autant des autres. Dans quel but l’auteur écrit-il « Artiste sous licence libre » ? Ignore-t-il le caractère non-exclusif des licences libre ou veut-il personnaliser tout les artistes ayant fait le choix des licences libre dans une perception idéologique afin de mieux dénoncer comme une impardonnable dérive le possible souhait d’une rémunération. Tout comme affirmer, sans avoir l’air d’y toucher, l’influence grandissante du collectif Libre Accès … Merde ! Nous serions menacé alors ?

    L’auteur veut donc « essayer de deviner [...] en l’absence d’autres informations [...] en faisant apparaître le raisonnement quelle conclut. » (cinquième paragraphe).
    Je crois que c’est clair : Il ne sait rien mais grâce à ses super pouvoir qu’il appelle humblement (oui, le super-héros est humble) « procéder de manière logique » et la citation d’« Un grand papa philosophe des licences libres artistiques », il nous révèle « ce que les acteurs du libre, dans leur majorité, pensaient jusqu’à récemment ». Quel talent. Peut-il deviner le temps qu’il fera aussi. Voici une citation pouvant l’aider : « Pingouin dans les champs, hiver méchant. Pingouin dans les prés, hiver mauvais ».

  10. remarque globale :
    Peut-être devrions-nous adopter comme règle sur ce blog de ne pas tenir compte des remarques émises à partir d’autres lieux, par exemple le forum de dogmazic ou telle ou telle mailing list, et nous en tenir à ce qui se dit ici. Sinon j’ai peur que le truc devienne incompréhensible. Dans mon esprit, ici c’est ailleurs (et j’ai pas dit « la vérité est ailleurs », parce que la vérité ma foi, elle est probablement un peu partout à la fois).

    Sinon.
    salut patrick !
    Sûr qu’il y a une tension dès que les intellectuels (ceux qui écrivent des tartines) remettent en cause le bien fondé du travail des militants actifs (ceux qui nettoient le local après la réunion). On se demande d’ailleurs où sont les artistes là dedans ?
    Artus Artos j’aime assez…
    sur la relation entre la philosophie intrinsèque des licences libres, ou plutôt : la philosophie qui était à l’origine du mouvement, et les préoccupations actuelles de certains groupes liés à ce mouvement , notamment les revendications de rémunération, ou la recherche de modèles économiques (pas n’importe lesquels, mais des modèles économiques qui permettent de capter des revenus), je crois comme tu le dis qu’il y a un truc non élucidé. Ça veut pas dire qu’il ne puisse pas l’être. Mais bon, pour le moment, je n’arrive pas à imaginer un raisonnement plausible. Toi non plus manifestement :) Peut-être est-ce du tout simplement à un manque d’imagination de notre part. Je veux sincèrement laisser cette porte là ouverte, et j’attends patiemment que quelqu’un veuille bien nous éclaircir à ce sujet. Ça viendra peut-être qui sait.

    Ha oui une remarque encore sur le « cadre économique ». Je voudrais rappeler l’existence d’un cadre économique qui existe déjà, et qui est probablement majoritaire chez les créateurs en france (et ailleurs) : un cadre où les revenus proviennent d’autres sources que l’activité créatrice – par exemple une profession ou un job ou des aides sociales. Je ne comprends pas pourquoi on oublie de décrire ce cadre qui me semble majoritaire. Si on comptait par exemple le rmi au rang des revenus dont certains artistes bénéficiaient, on serait je crois très surpris, et on pourrait déjà parler d’un financement « social » de la création. Je ne dis absolument pas que c’est là une situation normale ou souhaitable, mais que la réalité, c’est celle là. ce qu’on en fait et ce qu’on en pense maintenant.. c’est autre chose

  11. merci ohabille de ta contribution
    je n’ai strictement rien compris, à part le fait que tu relèves mes coquilles, ce qui évidemment constitue un défaut gravissime. J’ose espérer que cette critique orthographique ne tient pas lieu d’argumentaire
    la règle sur ce forum est : on peut ne pas être d’accord (et j’espère vraiment que plein de gens seront en désaccord) mais ON ARGUMENTE, on essaie d’être rationnel (sinon, je refuse les commentaires, c’est mon blog je fais ce qui me plaît après tout :)
    donc
    argumentons :
    par exemple pourrais-tu expliquer ceci :
    « caractère non-exclusif des licences libre » ?
    et ceci :
    « veut-il personnaliser tout les artistes ayant fait le choix des licences libre dans une perception idéologique afin de mieux dénoncer comme une impardonnable dérive le possible souhait d’une rémunération »
    je veux bien discuter avec toi, mais faudrait quelques précisions.
    merci

  12. ORL :

    Salut Dana,

    Encore une fois, complètement d’accord avec toi. Je ne connaissais pas Le grand Sarahbin Dranat du Val ou un truc comme ça, fondateur de free music, mais c’est exactement dans cette démarche que je me suis mis à faire du libre, à créer un label, et à en vivre aujourd’hui, sans rétribution au titre des droits d’auteurs, sans mécénat global (que va foutre Stallman là-dedans ????), et sans concession bien sûr.

    Quant à dire le temps qu’il fera bientôt, pour faire rimer « mauvais » avec « prés », il faut être normand, j’affirmerais donc personnellement qu’il va pleuvoir, et c’est bien naturel ! (pourvu que le normand ne fasse pas ses études à Toulouse !)

  13. Sebkha-Chott est dans la place !
    salut monsieur Sebkha-Chott, et merci de ton commentaire.
    J’ai lu aussi quelque chose de beaucoup plus détaillé et bien intéressant sur le forum de dogma : j’y ai noté que tu es favorable à la mise en place d’une fédération et ça m’aurait intéressé que tu développes ça (tu as peut-être déjà un texte à ce sujet, ça m’intéresserait de le lire et de l’inscrire dans ce blog). Ça m’intéresse surtout dans la mesure où j’ai beaucoup de mal avec l’idée d’une fédération (non pas « en général » mais pour le petit monde infiniment divers et bariolé du libre :)

    [et je veux des controverses sur ce blog !! sérieux]

    bien à toi

    (et t’avais raison, il a plu)

  14. Je ne vous livre pas une controverse mais sans doute un moment de déprime…
    http://www.mediapart.fr/club/blog/laurent-chemla/030909/sard-la-faq
    http://mairie3.paris.fr/mairie03/jsp/site/Portal.jsp?document_id=14493&portlet_id=853
    Et pour finir : http://www.sard-info.org/
    Il y en aura bientôt partout all around the web car le buzz est en marche …
    Je ne fais pas vraiment partie des intellectuels, pas vraiment de ceux qui balaient le local. J’ai le cul entre 2 chaises. Je me sens mal car j’ai cru dans le « libre » et que maintenant il me semble en phase de récupération.
    J’espère tellement me tromper, que cette initiative ne soit pas celles d’opportunistes sociaux, mais j’ai un gros doute.
    Voila, j’ai envie de baisser les bras et d’arrêter d’œuvrer pour les récupérateurs.

    Bisatous.
    Christophe.

  15. Bon
    Pour le moment c’est juste l’initiative de quelques uns. Il faut attendre le 8 Septembre, date de leur réunion pour voir où ça mène. Est-ce qu’on a raison d’être inquiet d’une possible récupération du mouvement par ces quelques uns ?
    À mon sens oui, mieux vaut rester vigilant, parce que ces quelques savent utiliser les médias (et ont leur réseau).
    Il faut faire gaffe et notamment en rappelant que beaucoup d’artistes sous licence libre ne se sentent absolument pas concernés par ce genre d’initiative. Peut-on imaginer que ce soit par exemple le rôle de musique-libre.org de s’opposer à ce projet et de rappeler que les futurs boss de cette SARD ne représentent pas grand monde ? (et surtout pas le désir des musiciens , écrivains etc. ) ? Pourquoi pas ?
    mais c’est déprimant oui.
    On va attendre et voir.

  16. ça peut aussi être le rôle de Jamendouille… Je vais voir ça avec mes acolytes… Jamendouille – Sardouille, du pareil au même ?

  17. effectivement, cette mention m’a fait sursauter :
    « les artistes, auteurs et créateurs inscrits auprès des sociétés de gestion collective traditionnelles, la SARD vient en parallèle des dispositifs existants. »

    (je crois que là les inventeurs de cette SARD rêvent vraiment)

    Je vais être aussi méchant que toi sur ce coup Patrick.. je dirais qu’il y a un marché à prendre en prévision d’une éventuelle licence globale ou contribution créative, et qu’il faut contrecarrer au plus vite la version que préparent et la Sacem et le ministère en vue de l’échec de Hadopi : et que cette SARD, hé bien c’est le truc que quelques uns ont imaginé pour se placer sur ce marché (et c’est pourquoi, pour être crédible, il faut que ça s’adresse à tous les auteurs)

    On ne va pas nous présenter ça comme de l’opportunisme, mais comme un acte politique extrêmement habile de la part des gens du libre.. sauf que.. et c’est là quand même que le bât blesse : qu’est-ce qui les autorise à se dire « du libre » ?

    Dans libre accès il y a quand même des personnes qui sont responsables de certaines organisations certes libristes, des diffuseurs de livres, de musiques, etc. Peut-être se sentent-ils un peu à l’étroit dans les mondes qu’ils ont créé et qu’ils éprouvent le désir d’occuper une place plus.. enfin, une autre place quoi :)

    À la limite, moi je m’en fous, sauf que, qu’ils le veuillent ou non, et c’est là où je râle, ils utilisent les artistes qui font du libre comme support statistique sans quoi ils n’auraient aucne crédibilité. Et ILS NOUS FONT PASSER POUR DES CRUCHES. Et ça j’aime pas.

  18. patrick écrit :
    « Aucune plateforme qui se revendique du libre ne devrait avoir le droit de comptabiliser ses contributeurs.  »
    heu ..
    dit comme ça ça n ‘a aucune sens non ?
    Que dogmazic, l’association Art Libre ou creative commons, in libro veritas, boxson, ramalax, jamendo, kassandre etc.. comptabilisent les titres et les artistes et l’activité des utilisateurs de leur web site, ben c’est tout à fait normal. Quand tu bosse sur un site web de cette taille tu as envie de savoir combien de gens ça intéresse.
    le problème n’est pas non plus que chacune de ces structures se réclame du monde des licences libes, puisqu’effectivement, elles sont destinées avant tout à des productions sous licence libre.
    Et même, quand les responsables de ces structures se lancent dans la représentation politique, hé bien c’est leur droit et ça me va.

    non. Le problème se pose à mon avis quand, et c’est assez subtil et ça passe généralement comme une lettre à la poste, en vertu du travail qu’ils ont fait pour leur structure, ils se posent comme experts ET porte-parole des « artistes libres » ou « des utilisateurs de licences libres en général », et tablent sur le nombre (sur quoi d’autres pourrraient-ils tabler) pour légitimiter leur projet politique auprès des médias ou des politiques.
    À ce moment là je crois qu’il faut faire très attention. Les boss de chez jamendo eux ne pennent aucun gant : Monsieur Kratz a pu déclarer dans une interview dans un magazine de bisness que sa structure était numéro 1 ce qui lui donne le droit à son avis d’être en première ligne des néociations avec les pouvoirs publics. Là au moins c’est clair (et inacceptable). Mais il ne suffit pas de créer des associations inermédiaires avec des noms différents pour prévenir le risque d’un « usage purement statistique des utilisateurs « . On le voit bien dans le cas qui nous occupe (libre accès) : c’est la porte ouverte à la plus grande confusion. Nous avons un « collectif » de personnes qui toutes sont impliquées dans la création ou l’animation de ce genre de plate-forme de diffusion. Ils tiennent leur pouvoir de représentation non pas des idées qu’ils défendent (parce que ça, tu penses bien que ça ne suffirait ni au média ni au politique), mais des structures dont ils sont issus. Et même quand par exemple le site dogmazic prend soin de produire une association « musique-libre », censée être distincte de leur plate-forme, on voit bien l’entourloupe (nul n’ignore que dogmazic est l’émanation de musique-libre).. Comme lançait l’autre jour un des représentants de dogmazic/mlo/libreaccès :
    « Pour dogmazic, effectivement nous ne représentons pas les groupes inscrits sur le site.
    Cela a toujours été très clair même si certains font des raccourcis faciles.
    Bien sure 3338 groupes inscrits….ça le fait. « (sic)
    C’est pour le moins peu convaincant.

    Or, à mon sens, la solution n’est pas de s’abstenir de négocier auprès du politique (quoique.. on peut très bien s’en passer à mon ais dans notre cas), mais d’essayer de transformer ce chiffre « 3338″ en quelque qui ait un contenu : des idées, des désirs, des besoins, des aspirations, des pratiques etc. Pour cela il faut faire de la démocratie, essayer de savoir ce que les gens qui sont désignés par ce nombre pensent. Et là c’est un sacré boulot. Plus laborieux et moins jouissif et moins amusant qu’imaginer une SARD. bref, ne pas faire passer la charrue SARD avant les 3338 boeufs.

  19. va pour TRDLD !

    sinon je ne suis pas d’accord avec toi (si si ! enfin un désaccord !) sur la critique de la représentation en soi, ou du porte-parole en soi. C’est pas évident d’être clair là mais je vais essayer.
    Je crois qu’il est nécessaire qu’existent des porte-paroles et des experts en démocratie. La démocratie représentative n’est à mon sens ni bonne ni mauvaise, mais elle est le meilleur compromis dès lors que plus de x personnes sont réunies en vue de dégager des principes de vie commune :)
    je prends dans un autre texte l’exemple chez Bruno Latour des animaux et des plantes qui n’étant pas doués d’une parle articulée leur permettant de participer au débat démocratique, peuvent tout de même, grâce aux experts et aux porte-paroles prendre place dans ce débat. La place qu’ils occupent dépend de la qualité des experts et de l’honnêteté des porte paroles. Qualité et honnêteté relèvent ici de l’attention portée au réel, à sa complexité, d’une méthode (voire de science) plutôt que bons sentiments.

    mais, ça n’empêche pas de démonter analytiquement la fonction du porte-parole en général. (mais pour moi ça ne remet pas en question son existence) et il y a des porte paroles plus légitimes que d’autres voilà tout : c’est pas parce qu’un type dit : je fais partie de telle association, et je m’occupe d’une structure qui intéresse 3338 personnes que ça lui donne une légitimité. Cette légitimité il l’acquiert dans la mesure où il peut dire : suites aux discussions menées avec ces 3338 personnes, nous avons dégagé un consensus et une plate-forme de revendications au sujet desquelles nous sommes à peu près d’accord, en tenant compte des désirs et des besoins de chacune de ces 3338 personnes.
    Évidemment, on n’aura jamais l’avis détaillé de 3338 personnes. Mais on peut quand même ESSAYER de s’en faire une idée.
    Le reproche que je fais à libre accès sur ce coup, c’est de ne s’être aucunement soucié de ce qu’en pense les gens concernés. De n’avoir jamais pris la peine de discuter, alors même qu’il y a des gens qui s’expriment (comme nous) ! Ils auraient pu au moins faire ça, avant de balancer leur projet et de se présenter comme les représentants du libre via mlo, in libro veritas, ramalax, etc, enfin toutes les assos que tu vois sur leur site web. Ils entretiennent une confusion (sciemment ou non). Bref, c’est là que je soupçonne une illégitimité. Qaund bien même ils le souhaiteraient, ils ne représenteraient qu’eux mêmes.

    La solution pour que libre accès puisse clarifier le truc, ce serait de virer les mentions des associations (la page « qui sommes nous ? » du site web de libre accès) et de se contenter de lister des noms : albert durant, michel mouton etc, sans que ce soit connecté aux assos qu’ils dirigent.

    Mais ils ne le feront pas, et ils ne prendront pas non plus la peine d’écouter les artistes, ils préfèrent écouter Bernard Stiegler. C’est plus sexy.

    voilà ce que je leur reproche c’est découter Stallman et Stiegler plutôt que les personnes dont ils se prétendent les porte-paroles.

  20. salut lydie
    merci de ton comment (on va essayer d’éviter de citer des noms sur ce blog : parce que j’espère que antoine moreau et d’autres viendront commenter ici et pourquoi pas proposer des textes, si d’emblée on les identifie nommément comme de grands méchants loups, ça va pas le faire :) Je reste persuadé que chacun a ses raisons, même si les raisons des uns et des autres sont parfois incompatibles. Par contre l’exigence de ce blog, c’est que les choses soient un tant soit peu raisonnées. C’est-à-dire on peut casser ce que l’on veut, mais pas des personnes réelles, ni de manière irraisonnée.. voilà)

    sinon..
    je n’avais pas noté qu’il y a 3 ans tu t’étais déjà inquiété de la naissance de libre accès.. effectivement à l’époque ça devait pas être courant de s’en inquiéter :)
    sur ta dernière remarque : est-ce qu’on n’aurait pas mieux à faire que de se formaliser .. je répondrais : mais on peut à la fois se formaliser et faire des tas d’autres choses (par exemple, aujourd’hui j’ai exercé mon métier, je me suis baladé en montagne, j’ai joué du piano.. et j’ai écrit un peu dans ce blog.)
    contrebalancer bon.. c’est ce qu’on fait ici non ? On peut créer un autre mouvement, une autre organisation. etc.. Moi je suis partisan de ne rien faire tant qu’on n’a pas pris la peine de s’informer de ce que les gens du libre, je veux dire, pas seulement ceux qui causent, mais aussi ceux qui ne causent pas, pensent, désirent, etc. Quand on aura pris cette peine, alors on verra (avec eux) s’il y a vraiment quelque chose à faire, et quel genre de chose (peut-être qu’au fond, vaudrait mieux laisser chacun faire à sa manière..).. mais c’est un point de vue bien sûr, on peut ausi considérer qu’il y a urgence (mais quelle urgence ??)

  21. Tu as mis le doigt sur le truc qui me gênait, sur la raison de mal-être que je ressens.
    Effectivement, les acteurs de la SARD n’ont pas souhaité connaître nos avis. Il y a encore peu, je me sentais mal dans l’entreprise pour les mêmes raisons. Maintenant, c’est beaucoup plus facile car j’ai compris que cela se passe comme ça dans l’entreprise. C’est pas l’autogestion, quand même !
    Ben voila, je me suis fait avoir car j’avais oublié que cela se passait également ainsi dans la société.
    Merci, j’ai grandi ce soir.

  22. yza :

    Merci pour ce texte Dana.

    Je rejoins entièrement tes interrogations au sujet de cette affirmation bizarre sur « la juste rémunération des artistes », et personnellement je pense que l’explication la plus juste est la n°3.

    J’en ai aussi ma claque de revoir sans arrêt ce sujet au centre des débats : « la rémunération des artistes »… surtout que vu sous cet angle (SARD) et comme tu le soulignes, on est en parfaite contradiction avec le choix des licences libres.

  23. admin :

    Merci yza de ton comment
    Si l’explication la plus juste est la solution 3, alors il y a un travail passionnant à faire en vue de produire un ensemble conceptuel qui soit conforme aux idées gravitant autour des licences libres. D’instinct, je dirais que les vocabulaires « historiques », à la Samudrala par exemple, risquent de ne plus passer aujourd’hui.
    parce q’il faut :
    1° que ce vocabulaire décrivent « nos » réalités et pas celles des sociétaires de la sacem ou du ministère de la culture (et respecte la pluralité des idées et des pratiques qui gravitent autour des licences libres)
    2° et qu’il soit intelligible c’est-à-dire susceptible de faire débat. (le problème des vocabulaires issus de systèmes idéologiques, c’est qu’ils sont saturés : on ne peut pas s’y opposer, il ne peut pas y avoir de controverses – soit on appartient à ce courant de pensée, soit on le rejette dans sa globalité – voir par exemple l’opposition classique libéralisme/marxisme, qui ne permet que difficilement le débat).
    C’est une tâche ardue mais qui à mon sens porterait ses fruits dans l’avenir.

  24. admin :

    @mankind :
    peut-être on peut mettre en place des processus pour que ça ne se passe pas ainsi. C’est chiant, ça peut sembler une perte de temps (on est obligé de retarder le moment d’agir par exemple), mais ça paye toujours au final.
    l’autogestion, la démocratie participative, ce ne sont pas que des mots.. certes, faut pas rêver : on n’aura jamais l’avis de tous les membres du groupe concernés, et quand bien même on l’aurait, il sera impossible de satisfaire tout un chacun, mais, mais, entre rien du tout, et « tendre vers », il y a une place vers une forme de démocratie réaliste. Ce qui est déjà pas mal
    (et mieux que : rien du tout, on s’en fiche de ce qu’en pensent les gens, ils nous ont élus pour 5 ans, maintenant on a les mains libres etc.. ou pire : on n’a pas été élus, on s’est autoproclamés, et on s’en fiche bien de ce que pensent ces péquins moyens , on sait mieux qu’eux ce qui est bon pour eux etc. le despotisme prétendument éclairé en somme :)

  25. Même appréciation qu’Iza : ça fait un moment que j’ai l’impression que le ver est dans le fruit. Je ne doute pas que nombre de « porte-paroles » du libre se démènent pour ce qu’eisse appelle la « démocratie culturelle ». Mais derrière certaines paroles et certaines initiatives, j’ai l’impression de voir de plus en plus s’exprimer aussi un besoin de reconnaissance et de respectabilité, et l’envie d’en croquer, comme si se dessinait peu à peu le profil d’un artiste libre qui, lui aussi, soit enfin invité dans les ministères et sur les plateaux télé, qui lui aussi puisse vivre de son art…
    Mais à partir de quand peut-on se glorifier de « vivre de » : quand on touche l’équivalent du RMI ? du SMIC ? de quoi bouffer, se loger et s’acheter une guitare ? de quoi monter son home studio ? de quoi faire vivre famille et potes ? de quoi monter un vrai studio pro ? de quoi créer un label ? de quoi s’offrir une villa avec piscine ?

    Et puis, déjà que très peu d’artistes sacemisés touchent en droits d’auteurs de quoi bouffer, si tout le joli monde de la musique libre se met en plus à vouloir lui aussi vivre de son art, qui va payer ? Le gâteau n’étant pas assez gros pour tout le monde, il faudrait que les gentils libristes piquent leur part de gâteau aux sacemisés et aux pros estampillés. Pour ça, on peut par exemple essayer de vendre moins cher pour être vraiment concurrentiels. Ça me rappelle quelque chose.

    Peut-être que la levée de boucliers contre la SARD et la méfiance vis à vis de Libre Accès sont excessives et risquent de peiner des gens vraiment bien intentionnés, mais je ne pense pas être le seul à ressentir ce sentiment diffus qu’une fois de plus on est en train de se faire rouler dans la farine. Ce sentiment, chez moi en tout cas, ne me semble pas être de nature paranoïaque (enfin je suppose que si je suis parano, je suis le moins bien placé pour affirmer que je ne le suis pas, mais bon) : on a déjà vu ce genre de mécanisme à l’oeuvre maintes fois, et certaine société anonyme luxembourgeoise nous a déjà montré ce que le même type de discours servait à justifier : « on expérimente, on tente des trucs, faut pas voir le mal partout »… et on a surtout les dents qui rayent le parquet.

    Je n’ai eu qu’un contact avec Libre Accès. Effectivement, il n’avait pas été question d’idéologie ni de grands principes. Pas de temps perdu à disserter sur les présupposés ou les enjeux des actions menées. Mais j’en avais gardé justement l’impression qu’un des buts du truc était tout de même clairement de monter une usine à capter des subventions.

  26. salut siegfried, et merci du comment
    « une usine à capter des subventions » (dans l’espoir que ça donne de quoi vivre, sinon aux artistes, du moins de quoi salarier quelques uns chez libre accès ? ou des financements pour les projets cool – style ramalaxdogmazicinlibroveritas etc)

    bon
    à vrai dire, ça ne me gènerais pas (les gens se débrouillent comme ils peuvent) dans la mesure où on se réclame pas du libre à tout bout de champ (parce que je vois pas le rapport avec le libre)

    c’est vrai que ces combines rappelent quand même un poil une société luxembourgeoise.

    quant à la « démocratie culturelle » – humpppppfffff
    voir ici :
    http://outsiderland.com/dissemination/?p=81
    (avec les références aux délicieux Kasimir Bisou et F. Lepage)

  27. @ Dana : Concernant l’entreprise, on a pas vraiment le choix dans le sens ou, légalement, le patron exerce sont pouvoir de direction http://www.guide-du-travail.com/lexique/pouvoir-de-direction.html.
    Concernant la société : Ce n’est pas exactement pareil, heureusement. Mais ils sont nombreux, ceux qui pensent œuvrer pour l’intérêt général. C’est à mon avis ce qu’on fait les créateurs de la SARD qui n’ont pas pris la peine de connaître les avis de notre « communauté », de ceux qui sont inscrits à la Sacem, des internautes,… Parce qu’ils savent ce qui bon et qu’en plus cela aurait pu être un frein pour leur projet.
    Je voulais dire que j’avais oublié que ces choses là pouvaient se passer, même dans notre milieu.

  28. xulops :

    Dans la façon dont sont faites les choses pour la présentation de cette sard, je retrouve les mêmes maladresses qu’avec le feu SOLO. On apprend publiquement par un article de Numérama (mauvais, car il a été retouché déjà 2 fois depuis) dans les environ du 18 août, avec l’annonce d’une assemblée constituante le 8 septembre.
    C’est à dire qu’on vous présente un truc dont tout est déjà décidé, et vous n’avez plus qu’à applaudir. Bravo, bel exemple de démocratie dans le petit monde du libre et ailleurs, puisque même les sacémisés y auront droit.
    Consulter avant de créer ? « non non, pas la peine ! on sait pour vous ce qui est bien, rendormez-vous ».

    Si vous me permettez ce néologisme, j’espère franchement (mais sans y croire) que le 8 septembre sera une assemblée déconstituante.

  29. Effectivement, j’y crois pas non plus :) Framasoft a déjà apporté son soutien à ce qui pourtant nous est présenté ailleurs comme « c’est juste un projet, vous inquiétez pas les mecs, montez pas sur vos grands chevaux, c’est ouvert à la discussion etc.. prenez un billet TGV pour la réunion du 8 et on se fera un plaisir de discuter avec vous (enfin : s’il reste un peu de temps disponible entre les conférences de Stiegler et Moreau et compte-tenu du temps de parole nécessaire des défendeurs du projet etc)

    ça me fait marrer cette hypocrisie

    Je suis quand même frappé quand je lis les commentaires sur ce post ici-même, ou quand je vais sur le forum de dogmazic où ça discute, à quel point ce projet suscite l’opposition, pas seulement au niveau de son contenu, mais au niveau de la manière dont il a été présenté – comme un fait accompli en vérité.

    Exactement comme le projet solo : ça avait suscité les mêmes réactions.

    Après faut aussi se rendre compe que toute une foule d’internautes (dans lesquels à mon avis on ne compte que peu d’auteurs ou d’artistes) vont être favorables à cette SARD : parce qu’elle va apparaître comme le fer de lance des initiatives anti-hadopi

    le truc qui me fait enrager, c’est que ce truc anti-hadopi, qui fait suite à la licence globale et à la contribution créative (et à la licence globale version sacem), mentionne les licences libres.

    Putain, qu’on nous foute la paix avec nos licences libres
    que les zigs veuillent faire un contre projet hadopi, ben rès bien, si ça les amuse, mais qu’ils n’aillent pas impliquer le libre là dedans ! ou alors qu’ils nous demandent d’abord ce qu’on en pense !

  30. Très pertinentes remarques à mon avis.
    Les frais de fonctionnement de la structure seraient à ce que j’ai lu couverts par des dons spécifiques : il y aurait des dons particuliers pour tel ou tel artiste, des dons d’entreprises pour le pot commun (j’imagine que ce seront des sommes importantes : le problème de leur répartition est donc un problème important),et des dons destinés aux frais de structures.
    voilà ce qu’on peut appeler un « machin »
    mais bon, ça permettra d’embaucher pas mal de copains, ça crééra de l’emploi, c’est chouette
    les artistes servent une nouvelle fois de vaches à lait
    etc

    je me disais quand même
    quand tu achêtes un scud sur le site d’un label indé en licence libe ou pas, sans passer par aucun intermédiaire, est-ce que ça pourrait pas par hasard être considéré comme un don ?
    ou vécu comme un don
    je connais certains labels qui disent clairement : vous pouvez télécharger librement, et si vous voulez soutenir le label, achetez un scud ou un objet dérivé, ou allez au concert, ça nous aidera à continuer

    là y’a pas de sard.. et ça existe depuis un paquet d’années ça

  31. Nomys_Tempar alias D.E.C.A.Y. :

    salut à tous

    je n’ai pas lu la totalité de ce qui est posté ici mais j’en ai lu assez sur dogma pour être d’accord avec vous sur la plupart des choses dites (notamment : la rémunération des artistes à qui on ne demande rien et sur les moyens de mis en place des projets (pour faire court)).

    Le principal danger pour moi n’est pas le « groupe de potes » qui a l’air de s’occuper de Libre Accès, ni les sombres recoins de l’asso Musique Libre (qui sont des choses presque innévitable en soi) et j’ai appris à préférer des choses mal faites mais avec bonne foi à l’inertie ambiante.
    Mais bien le problème d’image que va créer une chose comme la SARD surtout si elle est soutenu par Stallman, Moreau et Stiegler (ça m’étonne beaucoup de la part de Moreau cela dit, et Stallman n’y intuite rien à l’art, il le dit lui-même).
    Car il se trouve que dans l’esprit du péquin moyen le Libre (les licences et l’éthique) c’est déjà pas clair du tout (mais vraiment pas) alors si un organisme SACEM-like vient se rajouter la gestion individuelle deviendra impossible à expliquer (et l’éthique on en parle même pas).
    La création d’un organisme centraliser basé sur le Libre et les LLD est prématuré et risque tout simplement de tout foutre en l’air.

    Je plussoi sur le texte de Yan Moulier-Boutang qui est vraiment bien.

    @+

    ps : si le point que je soulève a déjà été évoqué par l’un de vous, je m’excuse j’ai pas tout lu.

    pps : Patrick arrête de mettre « cordialement » à la fin de tes post, j’ai l’impression que tu te forces à être gentil et ça ne te va pas du tout :o D

  32. salut DECAY ! je me disais aussi, il en manque un :)
    tout à fait d’accord avec le problème d’image.. ON essaie de nous dire : mais non don’t worry, c’est juste une idée comme ça, ceux qui ne veulent pas participer seront pas obligés (encore heureux !! c’est dingue qu’ils soient obligés de préciser un truc pareil quand on y songe !), mais bon.. c’est se moquer du monde.
    prématuré oui, tout à fait !

    PS : « cordialement », ha ben si les propos sur ce site pouvaient être virils mais corrects, voire cordiaux, ça m’irait bien :)
    on l’est pas toujours (enfin, patrick et moi on est parfois pas bien cordiaux) donc, on va essayer de l’être ici

  33. bonne question
    faudrait des subventions ? C’est très français ça, on peut cracher sur les pouvoirs publics, mais quand on a besoin de subventions hein..
    le truc, c’est que ce projet est tout à fait irréalisable tant qu’on aura ce gouvernement là : et je suis pas sûr que, quand le jour sera venu où l’opposition prendra le pouvoir (et ce jour n’est pas pour aujourd’hui au train où vont les choses), la SARD sera un machin relegué depuis longtemps aux oubliettes du web 2.0

  34. yza :

    Je reviens sur cette idée « d’équivalent paypal libre ».

    C’est exactement ce que je me suis dis (cyniquement il faut bien le dire)… quand j’ai vu les correctifs apportés au premier article de Numerama du style : « finalement le don ne sera pas obligatoire » etc etc
    Ah tiens maintenant on réinvente paypal sans paypal… ça se serait une bonne idée et, comme le souligne Siegfried, pas seulement pour les artistes.

    Mais bon… je doute aussi que l’on en arrive là. il me semble que les motivations des « actifs » de la SARD sont, hélas, toutes autres…

  35. Tout à fait patrick !
    et puis, je sais plus où j’ai écrit ça, à moins que je l’ai simplement dit (peut-être là :
    http://outsiderland.com/dissemination/?p=102
    )
    mais au fond les mélomanes qui achetent directement des scuds sur le site des labels indé, ou à l’issue d’un concert qu’ils ont apprécié, vont au stand à côté de la scène pour dépenser deux trois sous, est-ce qu’ils ne sont pas là dans le soutien de l’artiste ou du label, et la dimension de don n’est-elle pas plus pregnante dans ce cas que le geste commercial (moi ça m’est arrivé de dire au mec, écoute je te file euros, c’est pas pour le scud, je m’en fous, je l’ai déjà récupéré sur internet, mais bon.)
    là y’a pas de frais d’intermédiaire ni de fonctionnement..

    après est-ce que les gens donneront plus si on créée une sard ??
    quelles études ont été menées qui permettent de croire que les gens vont donner plus qu’ils ne donnent actuellement ?
    comme d’habitude : aucune
    il n’y a aucune étude
    rien
    que dalle
    des idées vaseuses c’est tout
    si au moins les mecs s’étaient inspirés de ce qui se passe ailleurs , aux states par exemple, les systèmes de défiscalisation, les « fundations », les associations dites là bas « 501c3″.. mais non
    rien
    des références purement idéologiques
    et un pauvreté d’imagination qui laisse pantois

    à la limite on s’en foutrait royalement de ce genre d’idée.. mais vu la médiatisation que ça aura dans les semaines qui viennent.. pffff
    le libre avait pas besoin d’un coup pareil (on a déjà jamendo.. )

  36. ohabille :

    Ma première intervention est donc icompréhensible. Soit

    Donc en fait j’ai commenter un peu le texte de notre hote pour traduire mes impressions à la lecture. Vous l’aurez compris, même si cette « chose » que Libre Accès semble vouloir mettre en place me laisse moi même perplexe, je trouve que Dana s’emballe un peu vite.

    Donc copier coller Hop :

    « Le problème de la rémunération des artistes sous licence libre est non seulement un problème dont la formulation paraît infiniment ambiguë mais aussi le genre de thème dont l’évidence repose sur un ensemble de préconceptions à leur tour très problématiques. »
    _____________________________________________
    J’aurai souhaité en savoir plus sur les préconceptions.
    « Les artistes sous licence libre » ? Il y a un problème de formulation là. Non ?
    ______________________________________________

    Le collectif libre accès, dont l’influence est grandissante en France, et qui réunit un certain nombre d’associations regroupant des utilisateurs de licences libres (dans le domaine artistique ou littéraire et logiciel), inscrit à l’entrée de son site web le programme suivant :
    Libre Accès est une coopérative de soutien au mouvement artistique des licences de libre diffusion ayant pour objectif de fournir un cadre économique juste assurant une bonne rémunération des artistes.
    La formulation laisse songeur. Qu’entend-on exactement par « cadre économique » ? et « rémunération » ? Et sur quelle conception de la justice repose l’emploi des mots « juste » et « bonne » (le président de l’association à qui je posais la question, me répondit brièvement que « juste » et « bonne », c’était la même chose – ce qui me laisse coi).
    ________________________________________________
    Quand tu parles d’influence grandissante, je voudrais savoir comment, selon toi, cette influence s’est développé, et si c’est une réalité ou juste une remarque destiné à appuyé ton propos. Quelles sont ces associations en « certain nombres » ?
    Effectivement la présentation du site dit tout et rien à la fois.
    ________________________________________________

    On sent bien que ce vocabulaire n’acquiert de significations que si on fait l’effort de dégager la préconception qui le soutient.
    _____________________________________________
    Là de suite, rien compris. C’est quoi cette « préconception », nom d’une pipe ?
    __________________________________________

    On la chercherait en vain sur le site du collectif, je vais donc essayer de deviner quelles en sont les grandes lignes.
    _____________________________________________
    On est bien d’accord, le site ne dis rien et on ne peut que deviner.
    ________________________________________________

    En l’absence d’autres informations, partons de cette formulation, essayons de procéder de manière logique en faisant apparaître le raisonnement quelle conclut.
    ______________________________________________
    Pause, donc tu ne sais rien, mis à part que juste et bonne ça veut dire la même chose dans l’esprit de la personne qui t’as répondu mais tu vas faire apparaître le raisonnement qu’elle conclut. Là de suite tu m’en veux pas si je m’attends à un tour de magie.
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    S’il est question de fournir « un cadre économique juste assurant une bonne rémunération des artistes » on peut s’attendre à ce que :
    1° Un tel « cadre économique, assurant etc. » n’existe pas. Qu’il faut donc le fournir.
    2° Ou bien que : les cadres économiques existants ne sont pas justes (c’est-à-dire n’assurent pas une rémunération « bonne » aux artistes sous licence libre).
    3° Que les artistes sous licence libre ne bénéficient pas d’une bonne rémunération. Ce qui est injuste.
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    4° Ils ont constater qu’il seraient peut-être temps de proposer autre chose que l’alternative AIMSA, Jamendo. Que de voir brader les oeuvres sous licences libre de cette façon, ça les gonfle un peu.
    5° Ils conçoivent que l’on peut créer une oeuvre, lui attribuer une licence de libre diffusions mais ne pas diffuser de la même façon les composantes de l’oeuvre (partitions, paroles, scénarios …) et le résultat final.
    6° Il en ont rien à foutre au fond, mais ça fout le bordel et c’est marrant.
    _____________________________________________

    [......]
    Ce texte date de 1994, mais on peut sans trop de discussion affirmer qu’il exprime ce que les acteurs du libre, dans leur majorité, pensaient jusqu’à récemment.
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    Justement là, je crois que c’est une affirmation qu’il serait bon de discuter ou tout du moins de confirmer. Cette personne est peut-être le « grand papa philosophe des licences libres artistiques » mais son idée ne concerne pas tout les artistes, loin s’en faut. Je trouve que c’est un profil d’artiste un peu restreint.
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    Il est tout à fait étonnant donc, que cette revendication concernant une juste rémunération ait pris tellement d’ampleur ces dernières années, voire : ces derniers mois. On se demande même : mais d’où vient une telle revendication ?
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    Comme toi je ne me souviens pas d’une revendication particulière mais la question de rémunération ne date pas de « ces derniers mois ».
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    Je ne me souviens pas en tous cas d’avoir vu défiler dans les rues de nos cités des artistes sous licence libre en colère réclamant une plus juste rémunération. Donc on se redemande : d’où vient ce thème de la rémunération qui apparaît aujourd’hui tellement évident – au point qu’on commence à soupçonner les anciens partisans du libre, qui balayaient d’un revers de la main cette si fondamentale question, de n’avoir été que des utopistes aveuglés par je ne sais quelle idéologie new age.
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    On ne les a pas vu non plus défiler dans le rues pour réclamer les licences libres et pourtant elles sont là et des gens les utilises.
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    Bon. Revenons à 2009 et à cette formulation qui nous laisse sur notre faim. Il y aurait une injustice quelque part.
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    Voilà c’est fait, des trois suppositions que tu as évoquer, tu n’en retient qu’une pour la suite de ton texte. Pas d’accord. Là de suite j’ai bien l’impression que tu me ballades.
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    Ce quelque part, qui semble aller de soi chez les rédacteurs de libre accès, nous paraît, à nous qui ne sommes pas dans le secret des dieux, quelque peu vague.
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    Oui mais comme tu ne développes qu’un des trois aspects « supposé » je le rappelle, qui en plus devient comme par magie une affirmation, j’ai du mal à croire que tu ne fasses pas autre chose qu’un procès d’intention.
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    En effet, qu’il y ait des artistes ou des auteurs qui habituellement revendiquent une plus juste rémunération ou qui se plaignent qu’on les spolie, voilà un fait indubitable (ce qu’il ne signifie pas qu’ils aient raison)
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    Ni qu’il aient tort d’ailleurs, il faut voir dans quel cas de figure ils se sont senti spolier. C’est agaçant ces petites réflexions pour influencer le lecteur.
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    : il suffit d’écouter les revendications explicites et motivées des membres de la Sacem, représentés depuis quelques années (sans que ça fasse aucun problème d’ailleurs à personne) par le ministère de la culture : c’est un leitmotiv, « il n’y a pas de création sans rémunération« , slogan tout à fait délirant,
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    Oui d’accord mais qu’est ce que ça vient faire ici ?
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    étant donné le nombre de réalisations qui encombrent les mondes de l’art, et l’immense majorité d’entre elles étant produites sans rémunération aucune. On ne peut pas croire que les membres de libre accès tombent d’accord avec un slogan aussi stupide, aussi éloigné de la réalité. Accordons leur ce crédit et supposons que ce n’est pas cela qu’ils veulent dire. Supposons qu’ils soient beaucoup plus intelligents que les gens auxquels ils s’opposent.
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    Voilà supposons.
    Bon je crois que c’est clair, t’es contre et en y réfléchissant bien t’as peut-être pas tord mais ça prend trop l’allure d’un réquisitoire et j’aime assez l’idée de la présomption d’innocence. Inutile d’aller plus loin.
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    Bon j’ai quand même (re) lu jusqu’à la fin et (permettez que je vous tutoie) tu n’as pas tord dans le fond mais c’est trop absolu pour moi. Je ne suis pas l’idée et au vu de la diversité des aspirations quand au licence libre, je crois que le projet de Libre Accès n’est pas si délirant que ça et peut même donner un nouveau souffle et une certaine crédibilité aux licence de libre diffusion. Je sens que ma dernière appréciation ne va pas te plaire.

  37. Bonjour ohabille
    merci d’abord d’avoir pris le temps de répondre de manière aussi détaillée
    bon. je vois mieux où est se situe le problème.
    Tu pointes assez justement dans mon texte ce que je reproche justement aux initiateurs de cette SARD : un manque de clarté (concernant notamment ce que j’appelle leurs « préconceptions », c’est-à-dire les présupposés sur lesquels ils s’appuient, consciemment ou pas, et qu’ils n’explicitent pas etc. Je fais la même chose en utilisant par exemple le mot « préconception » – je n’explique pas en quel sens j’utilise ce mot etc.)
    Tu repères aussi dans mon texte ce qu’on peut tout à fait reconnaître comme des artifices rhétoriques. C’est-à-dire que tous les moyens sont bons pour emporter l’adhésion – ce qui est évidemment mon but :) non je plaisante : mon véritable but est de foutre un maximum de bordel en espérant que le jour de la fameuse réunion qui verra les débuts de cette SARD (demain en fait) il reste de ce bordel un petit quelque chose, comme un doute, même léger, style, bon, peut-être que cette SARD ça ne va pas de soi, c’est peut-être pas si cool que ça.
    L’artifice le plus grossier, que tu as reconnu, c’est que je profite de la pauvreté de leur discours pour prétendre reconstituer sa logique interne, deviner les arguments qu’ils n’ont pas pris la peine de présenter. ce qui me permet aisément de montrer qu’en fait il n’y a pas d’arguments valables (et a posteriori c’est peut-être la raison pour laquelle leur texte préfère évier de s’étendre en argumentaire..)
    à vrai dire.. le but est purement « ironique ».. mais évidemment cette ironie n’est perceptible que si on prend en compte l’espère de petit monde bizarre dans lequel je gravite (composé notamment de gens qui ont l’habitude de se causer depuis des années sur le forum de dogmazic ou dans des colloques ou des manifestations etc)
    J’ai une version assez différente dans le ton (quoique..) en version audio, que j’ai improvisée hier après midi pendant une rando ici :
    http://outsiderland.com/dissemination/?p=102
    si ça te dis

    en tous cas au plaisir de te lire
    et peut-être plus au niveau du contenu comme on dit que de la forme (quoique j’admette avoir mérité les critiques formelles que tu m’adresses)

  38. rtz :

    Hello tous,

    After the first shock i begin to collect myself…
    J’appellais il y a quelques mois à un schisme sur le monde des licences libres, alors ben merci Jesus, koko et dana, d’avoir accédé à mes voeux.
    Les LLD ne sont plus qu’une etiquette promotionnelle qui se vide de son sens jour apres ,jour, au profit de la marchandise et de la basse politque.
    J’ai pas grand chose à dire de mieux que vous, argumenter sur SARD pour ou contre me parait totalement useless, l’idée meme de ce truc est à jetter au gnouf.

    « Pourquoi tu fais de la musique toi ? »
    « ben pour le pognon biensur quelle question, tu sais ca coute le materiel et tout et tout, tu DOIS prendre en charge ma passion, tu DOIS m’aider à en retirer des fruits sinon t’es pas juste. »
    « et mon cul c’est du poulet ? »

    Je deviendrais integriste à buter le premier qui passe en conditionnant la musique au pognon qu’elle peut rapporter, en conditionnant sa creativité au montant des subventions qu’il peut collecter, en me responsabilisant de son manque de foi en lui meme.

    Je ne suivrais plus personne, encore moins aujourd’hui qu’hier avec cette aventure de forum dogma (que j’ai quitté, forcement) surprenante. Une bonne leçon au passage, un bon rappel à l’autonomie.

    La juste rémunération de la musique, c’est le plaisir de l’écouter, de la vivre, de la faire, de la partager. Tout le reste c’est du discours de tartuffe.

  39. /jmj :

    Salut dana,

    Je continue la discussion ici (par rapport au post sur framablog)

    « Et toujours, immanquablement, quand on écoute les rares mais récurrentes revendications dans ce sens, on se demande si, tout compte fait, le plaignant a bien fait de choisir une licence libre. Dans la pratique, la plupart des auteurs se débrouillent, en faisant appel à des sources de financement diverses et variées (le don en fait parfois partie). »

    Je ne suis pas artiste mais la question m’intéresse parce qu’elle touche un point essentiel sur l’idée de création.

    Comment le/les auteurs situent-ils/elles leurs travaux quand ils sont placés sous une licence libre ?
    Quelles sont les attentes placées ? Une rémunération, une diffusion, la reconnaissance d’un travail ?

    Et que voulons-nous d’une œuvre par le biais d’une licence dite libre ? Sa libre diffusion uniquement, sa modification, l’aposition d’un nom associé à telle œuvre, etc ?

    Ces questions rejoignent une vieille question à laquelle je n’ai pas encore trouvé de réponse, de quel type de liberté parle-t-on quand on choisit une licence libre ?

  40. @rtz, merci beaucoup de ton comment
    effectivement tu te faisais rare sur le forum de dogma, je vois mieux pourquoi..

    je voudrais quand même signaler à propos de mlo (mais bon mlo nest pas dogmazic si j’ai bien compris, encore moins le forum, là encore il reste des choses pas claires) le communiqué publié par Yza, qui est la nouvelle secrétaire de l’asso mlo.. ça ne dira rien aux non-initiés, c’est de la cuisine interne, mais sans cette cuisine interne, y’aurait pas eu ce blog par exemple :)
    donc le message officiel :

    « Musique libre ! et la SARD

    Le projet de Société d’Acceptation et de Répartition des Dons (SARD) qui va être lancé le mardi 8 septembre par son Assemblée constituante fait couler beaucoup de pixels. La constitution de cette SARD se place dans la continuité des réflexions au sujet du Mécénat Global auxquelles nous n’adhérons pas naturellement, étant attachés à la gestion individuelle qui accompagne l’utilisation des licences ouvertes. La SARD semble pour l’instant se placer plutôt comme un système de type gestion collective, même s’il devrait s’agir exclusivement de dons sur internet et non de droits d’auteurs sur toutes reproductions et représentations. Cette orientation de toute façon pose problème.

    L’association Musique libre ! a vivement été mise en cause par une partie de sa communauté à l’occasion de la publication sur Numérama d’un article à propos de la création de la SARD. Cet article erroné attribuant à Libre Accès la gouvernance du projet et nous associant à la SARD nous a gravement porté préjudice en émoussant largement la confiance d’une partie de notre communauté. Nous avons pris acte de la rectification dès le lendemain sur l’essentiel, mais cela n’aura suffi.

    Des représentants de Musique libre ! ont bien été invités à participer aux discussions sur la SARD tenues dans le courant de cet été, et ont tenté de faire valoir des objections, mais vous constaterez au final qu’aucun d’entre nous ne soutient ni n’est membre fondateur de la SARD. Si l’idée du mécénat global, ou d’un système de gestion des dons semblent séduisante, et recèle sûrement des virtualités, la réflexion en ce sens et l’état actuel du projet nous semblent inachevés et porteurs de contradictions.

    Musique libre ! déclare en outre qu’une telle initiative aurait dû donner lieu dès sa phase d’élaboration à une large consultation des artistes auteurs et interprètes. Nous vous prions de croire que Musique Libre ! suivra avec une grande vigilance cette initiative et n’hésitera pas à communiquer ses avis.  »

    bon
    là c’est clair et je me réjouis de cette prise de position.

  41. @jmj

    merci de venir poursuivre la causerie sur ce blog.
    toutes ces questions sont cruciales.. elles sont d’autant plus cruciales que personne ne se donne les moyens d’y répondre. Il n’existe pas d’études sociologiques sérieuses sur les pratiques et les attentes des artistes qui choisissent les licences libres (c’est pas faute que j’appelle à ce genre d’études depuis les premiers texte que j’ai publiés y’a déjà quelques années)

    les hypothèses que tu proposes (les réponses) sont toutes avérées, mais il y a encore plein d’autres réponses possibles.
    (tu trouveras sur ce blog quelques textes dans lesquels j’essaie de délimiter des usages et conceptions différentes, mais ils ne sont appuyés sur aucune enquête sérieuse)

    je crois vraiment que le moment est venu de mener une telle enquête (je sens bien que ça n’arrangerait pas certains idéologues de savoir ce qu’il en est vraiment de la diversité, de la complexité, des nuances et subitilités du réel, mais bon, la vérité avant tout que diable !!)

  42. /jmj :

    @ rtz et aux autres aussi,

    « Les LLD ne sont plus qu’une etiquette promotionnelle qui se vide de son sens jour apres ,jour, au profit de la marchandise et de la basse politque. »

    Toujours le même schéma, quand une chose devient à la mode et quand tout le monde en parle, tout le contenu original qui en faisait sa force a disparu. Il n’y a plus ce qui causait des grincements, de la rugosité, il y a juste une surface lice et, dans un certain sens, libre. Je crois qu’on peut le dire aujourd’hui…

    Il suffit de se remémorer cette guerre entre l’opensource et la gpl. L’opensource est la version édulcorée, commercialisée, non politisée de la gpl. Aujourd’hui, c’est le modèle opensource qui gagne, et, il n’est pas étonnant qu’il finisse par toucher le monde artistique aussi et les autres. Ce qui est étonnant, c’est que jusqu’à présent framasoft était plutôt sur le modèle gpl mais je peux me tromper dans cette appréciation.

    @dana

    « je crois vraiment que le moment est venu de mener une telle enquête (je sens bien que ça n’arrangerait pas certains idéologues de savoir ce qu’il en est vraiment de la diversité, de la complexité, des nuances et subitilités du réel, mais bon, la vérité avant tout que diable !!) »

    Les idéologues possèdent la vérité ou détiennent la certitude qu’ils sont dans le vrai. Très compliqué d’aller contre cette forme de pensée qui se niche là où elle se sent bien. La complexité du réel ? Les idéologues la reconnaissent jusqu’à un certain point (ils savent s’adapter aussi ;-) ) mais ils en reviennent toujours à ce qui fonde leur vérité.

    « Il n’existe pas d’études sociologiques sérieuses sur les pratiques et les attentes des artistes qui choisissent les licences libres. »

    Alors c’est peut-être par là qu’il faut commencer effectivement sans oublier de poser la question du choix des licences (by-nc-nd) et de certains passages du libre vers la propriété intellectuelle classique.

    Ce second point m’a toujours posé question sur les intentions réelles de l’artiste quant à son œuvre. Dans ce sens là, cela veut dire : je souhaite me faire connaitre par un système de diffusion originale mais le contenu, le travail de création, n’est pas libre au sens de la gpl, si on se réfère à elle, comme modèle de diffusion et de société.

  43. hola !

    intéressant dialogue, que celui qui se poursuit ici. je me joins à vous, si ça ne vous ennuie pas trop.

    je rejoins assez les interrogations/inquiétudes diverses exprimées ici. notamment sur une probable/possible(/souhaitable ? pour ma part oui) scission/radicalisation dans le mouvement des LLD.

    je n’ai pas trop le temps là, je developperais sans doute (ou pas lol) un peu plus cette nuit, mais brièvement :

    assez d’accord avec ce que me met en exergue Nitrom sur la question du don. Je ne vois aucunement l’intérêt que l’on traite cette question pour les seuls artistes (je trouve d’ailleurs toutes les revendications pro artistes infantiled, puériled, pour ne pas dire tout à fait délirantes).

    Maintenant je doute fortement en l’état actuel de la société que l’opacité du fonctionnement des banques puisse permettre une quelconque avancée dans ce sens. ce n’est à mon sens pas tant un défaut de travail technique, de dev, qu’il manque, mais plutôt une volonté du monde marchand de se laisser déborder sur une eventuelle ouverture des micro paiements. Bon je parle assez sans en connaître tout les aboutissants (manque d’info sur ce domaine qui ne m’a jamais intéressé mais bon), mais je ne crois pas à un assouplissement du coté des banques. m’est avis qu’on ne verra pas de sitôt l’arrêt d’un ponctionnement minimal de frais sur des transferts, et tout autant l’arrêt d’une limite minimale des transferts. Il s’agit d’un problème épineux qui ne sera, même au niveau politique, pas simple à chambouler.

    sur le positionnement plus clair de mlo. peut-on s’en réjouir ? je dirais perso, oui et non. pas le temps de plus expliciter, je trouve l’annonce trop tardive, et davantage là en réaction à un vif mécontement de la communauté (cela dit c’est positif dans un sens). Je me permet de douter de la venue de cette annonce, si ça n’avait pas gueulé.

    concernant les interrogations de /jmj, et à titre perso bien sur :
    comment situer les travaux sous le biais des LLD ?
    clairement pour l’auditeur(/utilisateur mélomane) final, de la même façon, du moins initialement, que ce qui a poussé au logiciel libre.

    on en vient donc aux attentes :
    il y a l’aspect de la diffusion/dissémination bien sur, saupoudré d’une envie collaborative (en tout cas ne pas l’empêcher).
    la reconnaissance : rien à foutre
    la rémunération : rien à foutre non plus, ou plutôt si dans le sens d’une volonté de s’en dégager complètement, et c’est la raison pour moi de la clause NC, ce qui se dissémine n’est pas un bien de consommation, un bien marchand, mais autre chose, appelé ça bien culturel, musical ou ce que vous voulez.

    xxx
    12. Les musiciens ne méritent-ils pas que leur créativité soit rémunérée ?

    La plus haute récompense des musiciens, c’est leur propre musique, et rien d’autre
    xxx

    je partage tout à fait cet avis et ce qui suit dans le texte de Samudrala (Philosophie de la Musique Libre, http://outsiderland.com/dissemination/?p=11)

    bon mais je dois bien touchez deux mots aussi concernant l’emploi que j’ai fait par le passé de la clause ND. à mes yeux c’est clairement un positionnement pas représentatif du tout, et surement assez marginal mais il s’agit(s’agissait) pour moi d’une barrière éthique, considérant certains titres comme relevant d’une question/orientation spirituelle que je ne voulais pas voir dévoyer (à juste titre ou non, après réflexion plutôt non). mais rien n’empêche de lever la clause, rien n’empêche de parler à l’auteur, d’émettre une envie collaborative et c’est à mon sens une des grandes différences avec le logiciel libre (j’explicite pas plus, faut vraiment que je file).

    bon aujourd’hui, je me tourne de plus en plus vers des licences nc-sa, et probablement que je risque de tourner le dos aux licences CC tout court (cf les nombreuses discussion sur dogma, concernant « l’à venir » de cet organisme, CC) au profit d’une licence équivalente mais débarassé de toute filiation avec une quelconque entité.

    dernière petite remarque, qui est peut-être mauvaise ou disons biaisé : il ne me semble pas que le coté collaboratif permit par les licences prennent vraiment effet et apporte tout les bienfaits qu’initialement la philosophie du libre voulait y voir. Peut-être est-ce du encore à la jeunesse du mouvement, ou peut-être est-ce que j’ai de mauvais yeux ou oreilles, ou encore que je me positionne/cantonne trop dans une mouvance (et observation) musicale purement acoustique et beaucoup moins fournie que le mouvement electro.

    voila, voila,
    a+

  44. welcome a-sansaran, et merci de ton comment détaillé

    je suis d’accord avec tout ce que tu dis j’en ai bien peur (pas facile de trouver des détracteurs sur ce blog. peut-être ils ont peur de venir poster ?? J’aimerais trop qu’un défendeur d’une vision purement pragmatique des LLD viennent causer ici, ou un défendeur de la SARD etc.. )

    sur mlo.. oui, leur position est claire cet après midi soit une heure avant le début de l’avènement de la nouvelle ère officielle de la société d’acceptation etc
    l’est jamais trop tard
    ce qui fait que la SARD devient un machin censé aider des gens qui manifestement ne veulent de cette aide
    cherchez l’erreur
    et oui, ptêt bien que si on n’avait pas gueulé..
    ce serait pas aussi clair..
    ça changera rien au fait que la SARD sera créée ce soir
    et au fait qu’elle ne se réalisera jamais dans le réel, vu que le gouvernement a bien d’autres projets au sujet de l’art et d’internet :)

    quelle boucherie cette histoire quand même !

  45. Le communiqué vient un peu tard, mais il vient et c’est le communiqué de l’asso.
    L’asso ne se réduit pas à une seule personne et un communiqué de ce type, dans la « crise » que nous traversons, a nécessité quelques discussions.
    L’essentiel, c’est qu’il soit arrivé.

  46. @mankind
    pour moi en tous cas il arrive trop tard
    c’est peut-être dommage, peut-être pas..

  47. @ Dana : Ben oui, je trouve que c’est dommage… ton départ.
    @ Patrick : Il y a plusieurs sensibilités, courants,… dans l’asso. Publier cette mise au point nécessitait un accord, même sur le fait qu’il soit publié. Ce n’est pas forcément facile quand on est plusieurs (pluriel). Heureusement que nous ne sommes pas avec un Duce et des bêlants.

  48. merde désolé dana, je sais pas si je spam ou pas, je te laisse gérer mon boxon, je test lol

  49. yo !

    ______________________________
    pour ohabille,

    et peut-être pour expliciter d’une autre façon le pourquoi de ce texte (pas le mien hein ! ;p)

    « Comme je ne suis pas bien sûr que mes amis de LIBRE ACCÈS aient saisi le sens de mes questions, je me suis fendu d’un texte où j’essaie d’imaginer quels raisonnements ils auraient pu produire pour éclaier nos lanternes au sujet de cette phrase  »

    xxx
    Libre Accès est une coopérative de soutien au mouvement artistique des licences de libre diffusion ayant pour objectif de fournir un cadre économique juste assurant une bonne rémunération des artistes.
    xxx

    cf : url passe pas je la zappe désolé

    (wouahou, ça c’est du lien à rallonge :-)

    page 2, 3eme com, mais pas inintéressant pour saisir de prendre depuis le début du thread
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    sinon, je plussois (c’est avec un s ou un e ? peut-être es ? tain déjà avec les verbes qui existent j’ai du mal…) ce que dit koko (com 60), je rajouterai même, que la boucherie aurait pu être évité sans même ce communiqué. Il aurait simplement fallu porter connaissance dès le départ de cette « chose », et dire, tiens ya un truc bisarre, on a pas encore trop réfléchis dessus mais ça s’appelle SARD. allez voir.
    il a été signalé clairement qu’il y en a eu connaissance par la team avant que koko n’initie le thread.

    bon soit, période estival peut-être mais bon, je me permet encore (peut-être à tord cela dit, bou le vilain médisant, mais c’est pour ça que je dis ça ici aussi, pour calmer le jeu) de douter qu’il en fut autrement dans une période moins caniculaire.

    alors oui, ça arrive bien trop tard pour moi aussi. cela dit je crois que la team dogma a été clair sur sa façon de concevoir/percevoir aussi le forum, pas vraiment de l’assos (mais parfois un peu, sauf juste qu’on ne sait pas trop quand – je dis coucou [là maintenant] à tout le monde de là-bas cela dit hein !), et je pense également qu’ils font une grossière erreur.
    alors dommage ou pas, sans doute les deux, dépends du point de vue depuis lequel on scrute.

    je déplore quand même tout cet épisode, ainsi que le rebanissement des ex-ex-bannis mais bon… toutes ces embrouilles/conneries ne datent pas d’aujourd’hui…
    il y aurait plein de choses à dire à ce sujet (et d’autres…), je ne sais pas perso si il faut.

    peut-être pas l’envie de (re)foutre le boxson, quoique, ça le mérite parfois mais bon je m’interroge, si ça vaut le coup, si c’est le moment. blabla etc.

    bref je vais me pieuter, bonne nuit (ouai je sais il est presque midi)

  50. alors
    plussoi, moi je mettrais un « e », mais faudrait savoir comment se présente le verbe à l’infinitif : plussoir ? plusseoir ? plusser ? hummpffff

    c’est vrai que c’est calme là

    sinon.. si vous en êtes d’accord, peut-être on devrait éviter de soulever ici nos problèmes avec mlo/dogma etc.. Pas parce que c’est eux, mais parce que ce genre de discussion est immanquablement inintelligible pour qui n’est pas un habitué de la maison..
    (cela dit c’est dur d’être obligé de garder pour soi toute l’aggressivité qu’on ressent :) on s’échangera des mails privés pour dégoiser alors :) c’est ce que tout le monde fait (et ça dégoise y’a pas de doute :)

  51. pour info et analyse, la conférence de presse est là
    http://www.oxyradio.net/podcast-96.html
    _sam a donné sur le forum de dogmazic un compte-rendu de la réunon constitutoire ou -tive ou ce que vous voudrez de la fameuse SARD.
    Il souligne le bon esprit et le caractère souriant des débats. j’ai envie de dire, ben oui, vu les questions qui ont été posées, y’avait pas de quoi être mal à l’aise, mais si j’avais été là et qu’on m’avait autorisé à ouvrir ma grande gueule, nul doute que ça aurait tourné beaucoup moins sympathique, tu ne crois pas _sam ?

  52. Puisque tu te plaignais du manque de détracteurs, Dana, je vais t’apporter la contestation sur un point (de forme et non de fond) : je trouve ton départ du forum de Dogmazic précipité, dommageable, et inutilement théâtral. J’avoue que ce genre de geste, fréquent dès qu’il y a conflit, m’énerve. « Puisque c’est comme, ça, je m’en vais (ou je me démerde pour me faire virer), et même je supprime mon compte et en plus je veux n’avoir jamais mis les pieds chez vous, effacez toute trace de mon existence ». Et des fois, ce n’est que pour mieux revenir ensuite sous un autre pseudo.
    C’est lassant.

    Comme l’a dit Mankind, l’asso Musique Libre est visiblement composée de tendances contradictoires, donc pas toutes hostiles à ton point de vue. Tu es hostile aux dérives face auxquelles Musique Libre a manqué de clarté et de cohérence, ou pour lesquelles elle a marqué même de la complaisance. Eh bien pourquoi renoncer à défendre ta position sur le forum de Dogmazic ? Rico, de Musique Libre, a même semblé déplorer que le forum de Dogmazic ne soit plus vraiment celui de l’association et qu’il soit squatté par des « serial posteurs » dont j’ai l’intuition que tu faisais partie à ses yeux. En le désertant, tu désertes donc ton propre squatt. Ne crois-tu pas qu’il soit plus sage, dans ces cas-là, de tenir bon au moins jusqu’à l’expulsion ? :-)

    Pour faire le lien avec le fond du problème, j’ai l’impression que depuis quelques années à présent, nous sommes dans la même situation que les Républicains espagnols pendant la guerre civile : nous attaquons parfois aventureusement mais pour mieux fuir ensuite, le plus souvent en désordre, isolément, là où il faudrait au contraire défendre notre terrain collectivement.
    D’abord on a vu arriver la pub sur un site qui se voulait pionnier de la musique libre, on a gueulé, on est parti, les uns après les autres. Plus tard on a vu le même site utiliser de façon toujours plus cynique la vague et la vogue du libre pour mettre en place ses stratégies commerciales. Et les vieux de la vieille de dire : c’est pas étonnant, et d’abord qu’ils fassent ce qu’ils veulent, on s’en bat les nouilles, et puis chacun voit midi à sa porte (combien je hais cette expression). Et puis Creative Commons a décidé, sonnez clairons, d’investir le web 2.0. Tout fiers d’eux, ces cons-là. Et les vieux de la veille (tu auras compris, Dana, que je t’inclus dans ces « vieux de la vieille », mais sans te nommer toi précisément, car je caricature ici une « parole » énoncée par plusieurs bouches dont souvent la tienne sans m’attarder sur leur polyphonie ni sur la chronologie des choses)… et les vieux de la vieille, donc, de changer aussitôt de licence, l’un optant pour Baygon jaune, l’autre pour Baygon vert, tel autre pour plus de licence du tout… Et puis voilà-t-y pas que le forum de Dogmazic surchauffe, alors qu’on se rend compte qu’il existe des tensions internes à Musique Libre, qu’une structure bien bizarre, Libre Accès, fait des trucs dans son coin, au nom du libre, tout en étant responsable devant personne, et que d’autres gens, qui sont parfois les mêmes que ceux de Libre Accès, ont pondu dans leur coin un truc pas fini mais déjà « constitué », la fameuse SARD, au service de ceux qu’ils n’ont pas consulté et qui n’avaient rien demandé : les nartistes du libre.
    Scandale, fâcheries, et désertions à nouveau. Rtz, qui avait déjà retrouvé son « autonomie » depuis longtemps, reste dans son cocon, Nitrom/Koko se fait encore bannir, Dana se replie sur son blog perso… Il est joli tout plein, Dana, ton blog, et je suis ravi de pouvoir au moins te lire encore quelque part (car, comme Xulops, J’affirme que les longs posts sur Dogmazic — les tiens notamment — m’ont plus éclairé sur les licences libres ou ouvertes que ne l’aurait fait n’importe quel festival ou évènement — je n’ai été présent physiquement qu’à deux concerts de musique libre, il est vrai, et soit j’ai joué soit j’ai écouté : autre chose à foutre donc dans ce contexte que de causer des licences ; et les conférences, ça me gave, je préfère lire). Heureusement, donc, qu’il y a ce blog, mais la forme du blog est peut-être moins propice aux échanges que celle du forum, et je persiste à déplorer que tu t’interdises d’intervenir sur celui de Dogmazic, où il me semble utile que soient encore lus des arguments tels que les tiens (disons que sur Dogmazic au moins, il reste, j’en suis sûr, des gens capables de te lire et de te répondre — à moins évidemment qu’ils ne fassent tous comme toi).

    Bref, il est sans doute indispensable aujourd’hui de clarifier des points, de combattre des dérives, de défendre des positions, de redéfinir (ou d’abandonner) certains mots (je vote personnellement pour délaisser le mot « libre », qui ne veut plus rien dire pour personne, et j’étendrais ma proposition aussi au mot « individuel »), et d’assumer même d’éventuels schismes. Mais je déplore l’éclatement qui se profile, qui nous conduit à laisser une fois de plus notre bac à sable à quelques bétonneurs.

  53. ORL :

    Je te cite :

    > Sebkha-Chott est dans la place !
    > salut monsieur Sebkha-Chott, et merci de ton commentaire.
    > J’ai lu aussi quelque chose de beaucoup plus détaillé et bien
    > intéressant sur le forum de dogma : j’y ai noté que tu es favorable
    > à la mise en place d’une fédération et ça m’aurait intéressé que tu
    > développes ça (tu as peut-être déjà un texte à ce sujet, ça
    > m’intéresserait de le lire et de l’inscrire dans ce blog). Ça
    > m’intéresse surtout dans la mesure où j’ai beaucoup de mal avec
    > l’idée d’une fédération (non pas « en général » mais pour le petit
    > monde infiniment divers et bariolé du libre :)
    > [et je veux des controverses sur ce blog !! sérieux]
    > bien à toi

    Alors, en fait, je ne sais pas exactement si c’est le lieu, mais bon, faisons simple et rapide, du coup.

    Tout d’abord, le terme « fédération ». Il pue, il est dévoyé, et désigne généralement des nids à subventions. Alors, évidemment, c’est pas de ça dont je parle, mais, à défaut, on comprendra qu’il s’agit d’un collectif, ou groupement d’intérêt commun, une structure altruiste avec quelques (et pas beaucoup) d’objectifs qui se déclinent de près ou de loin sur la reconnaissance des licences libres comme des notions tout à fait distinctes de l’amateurisme, voire, pire la non qualité (on pourrait monter une autre fédé pour distinguer l’amateurisme de la non-qualité ? ;) ).
    Clairement, il y a un point de base à une telle structure, c’est qu’elle doit être destinée à crever dans un délai le plus court possible, qui sera, en fait, le vrai révélateur de la pertinence de l’efficacité de son travail. Car si vraiment sa démarche est altruiste, alors, dès lors que son objectif principal est globalement reçu, c’est aux acteurs du secteur de maintenir cet état de fait, et de faire vivre (dynamiser) ledit secteur.

    Concrètement, voici l’exemple type qui me semble pertinent et qui, s’il menait à un succès, attesterait clairement que l’art libre est pris au sérieux :
    Le FAIR est une structure d’aide au développement d’artistes et en particulier à la tournée. Le FAIR reconnaît le « degré de professionnalisme » d’un artiste au fait (entre autres) que l’artiste est sociétaire de la SACEM.
    Cette fédération pourrait, une fois légitime et représentative, faire changer la position du FAIR. Et comme il y a plein d’autres structures comme celles-ci qui pensent pareil, il y a du boulot.

    Bon, comme vous pouvez le voir, j’ai fait au plus court, avec un exemple, et j’ai pas pris le temps de vraiment détailler le truc ici.

    Mais ce qui importe le plus, à mon sens, est la durée limitée et les objectifs limités également de cette fédération.

    Voilou.

    > (et t’avais raison, il a plu)

    Ah, ça…..

  54. ORL :

    PS : j’ai pris un exemple issu des musiques actuelles, parce que c’est celui que je connais le mieux. J’en suis désolé si vous ne vous y retrouvez pas. Et j’ai pris, volontairement un exemple très typique « professionnel », c’est un peu caricatural, et c’est un extrême, mais il est clair que ça symbolise bien le sujet (amateur=libre).

    Attention : je ne dévalorise pas l’amateurisme, ni quoi que ce soit. Je soulève juste le fait que tant que cette égalité sera poser, il y a peu de chance de voir des choses émerger du libre, ou plutôt émerger du libre et le revendiquer encore une fois émergent. Or, si l’on croit au libre, on ne peut l’envisager comme une contrainte dans le développement de l’artiste.

    Enfin, voilà…

  55. NB : contradiction dans le fait de prôner la défense de notre territoire et l’abandon de certains termes. Je l’assume. Je suis venu à la musique libre malgré une hostilité déjà préexistante à l’utilisation à tort et à travers du mot « libre ». Ma remise en cause du terme de « gestion individuelle », elle, est naissante. je tâcherai de m’en expliquer quand j’aurai mûri la chose. Je ne suis pas sûr de parler de la même chose que sam (désolé si je fais référence à des choses lues ailleurs qu’ici) quand il propose de « dépasser » le clivage gestion individuelle/gestion collective, mais cela coïncide avec des questions que je commence à me poser sur la pertinence de ces termes (le contexte, évidemment, n’y est pas pour rien). On reproche souvent, par exemple, à ce qu’on appelle « gestion collective » (type SACEM), de profiter en réalité à une oligarchie composée de très peu d’individus, et supposant un usage marchand de la musique qui ne conçoit pas d’usage collectif/public non-marchand de celle-ci. A l’inverse, ce qu’on appelle « gestion individuelle », repose pour moi sur la possibilité de faire exister une sphère d’échanges culturels au sein de laquelle les oeuvres sont mises à disposition pour l’usage de tous, donc de la collectivité, sans que chaque individu ait à rendre compte de ce qu’il fait (ni à payer pour cela), du moment qu’il reste dans ce cadre non-marchand.
    Les questions de /jmj au sujet du choix des licences libres me confirment donc que nous devons faire (ou qu’en tout cas je dois faire) un réexamen profond de tout cela. Car au fil des derniers débats, je me suis rendu compte que les clivages les plus profonds n’étaient pas toujours là où je le croyais. Par exemple, la gestion individuelle conçue comme « moi, je gère mes droits d’auteur dans mon coin comme un grand, je fais ce que je veux, je me débrouille tout seul sans contrainte ni aide d’aucune collectivité », ce n’est vraiment pas la cause de mon choix des licences ouvertes, et je trouve même qu’opposer individuel à collectif est oiseux.

  56. @ ORL
    j’ai horreur du FAIR :)
    (quand je m’occupais d’un label autrefois, ça me mettait dans tous mes états le FAIR)
    L’idée de fédération m’intéresse, même si, spontanément, j’aurais tendance à me méfier. Il s’agit bien de fédérer des choses et des personnes. D’ailleurs, je crois que la SARD aurait été une chouette idée s’il avait été question de constituer un fonds de soutien aux projets répondant à certains critères (dont la licence libre), et non pas le moyen d’une rémunération. Mais évidemment, l’objectif de la sard n’est pas de soutenir des projets mais de rémunérer des personnes (lesquelles ? je laisse la réponse à votre sagacité et votre perfidie éventuelle).

    en fait, je préférerais que le pays soit couvert de fédérations en vue de soutenir des projets, de fondations capables de récupérer des financements pour des réalisations, de coopératives, tout cela favorisé par un statut fiscal spécifique, délibérément inscrit dans une sphère non-marchande, etc etc
    j’insiste beaucoup sur la pluralité de ces structures et leur indépendance vis-à-vis du pouvoir, leur caractère associatif et privé. ça ne signifie pas que l’état n’aide pas, mais il aide de manière indirect entre autre par l’octroi d’un statut spécifique (non-marchand) et d’un règime défiscalisé.

    mon prochain texte portera sur cette description de ce monde merveilleux et les problèmes que ça pose :)

    est-ce que cette « vision » se rapproche de la tienne ou pas ORL ?

  57. @siegfried

    bon sur l’affaire de dana et koko foutant la zone sur dogma et partant du forum en grande pompe, je passe..
    ça n’intéresse pas grand monde ici.
    (si tu veux vraiment en parler , écris moi on évitera d’encombrer ce blog qui est indépendant de mlo dogma et tout ce qu’on voudra)
    danahilliot[arobase]outsiderland.com

    sinon
    plus intéressant :
    « ‘A l’inverse, ce qu’on appelle « gestion individuelle », repose pour moi sur la possibilité de faire exister une sphère d’échanges culturels au sein de laquelle les oeuvres sont mises à disposition pour l’usage de tous, donc de la collectivité, sans que chaque individu ait à rendre compte de ce qu’il fait (ni à payer pour cela), du moment qu’il reste dans ce cadre non-marchand. »
    ouiiiiiii
    c’est marrant, mais y’a un truc de vocabulaire auquel j’ai toujours eu du mal à donner du sens, c’est bien ça, gestion individuelle/collective (tu noteras d’ailleurs que je n’utilise jamais ces expressions là)
    est-ce qu’on ne devrait pas aussi réfléchir à nouveau au « cadre non-marchand » ?
    aux états unis, la plupart des associations culturelles (troupes de théâtre, collectif rock, librairie universitaire !, musées « multiculturels » etc etc) font partie de la sphère non-marchande, ce qui leur permet de bénéficier d’un statut particulier (notamment d’avantages fiscaux, mais aussi de la capacité à recevoir des dons exonérables des impôts des donateurs, ou de faire appel à l’aide d’une fondation par exemple etc etc)
    je trouverai très dommageable que la SARD machin devienne les porte paroles de la problématique du don en France : parce qu’il y a tellement mieux à faire avec le don à mon avis.
    m’enfin..
    de toutes façons, la sard machin, ça va aller bien loin ce truc là..

  58. « De plus, tu connais l’adresse de ce blog tout simple dédié à la discussion où tu es le bienvenu et dont personne ne t’éjectera »

    ha ça on verra hein !!
    (en fait je pense que tout est permis dans la mesure où c’est pas trop hors sujet, et surtout tant qu’il n’y a pas d’attaque ad hominem, style « comment peut-on prendre au sérieux un type qui se promène avec des shorts aussi ridicules ! »)

    sincèrement, je suis vraiment stupéfait de la qualité des discussions pour le moment, et j’ai hâte de trouver le temps d’ouvrir un autre espace de discussion : pourquoi pas autour de la question des sources de financements imaginables, non pas pour les artistes ou les auteurs directement (sous forme de droits d’auteur ou de subventions ou de dons), mais pour la réalisation de projets. qui nécessitent des moyens (et là je pense à des financements alternatifs aux subventions évidemment, je reste un fieffé libéral – et décentralisée, comme je l’expliquais plus haut message n° 73.)

    enfin.. on verra ça la semaine prochaine..
    ha pis va y avoir hadopi aussi
    au fait si quelqu’un se sent de faire passer des messages d’actualités sur ce blog, style : veille internet, ça me ravirait (on peut évidemment être plusieurs). Un petit commentaire par contre en plus de l’info transmise si possible.. je vais aussi essayer de « republier » des textes de références sur le libre et autre.. à la condition qu’ils soient légalement republiables évidemment, si ça vous intéresse de participer, write me.

  59. j’en ai une bonne aussi :
    « au delà des objectifs industriels à court terme de la sard, notre objectif principal ou du moins un de nos objectifs principaux, c’est de participer aux débats d’aujourd’hui sur ces histoires là, c’est d’amener de la connaissance et de la transparence dans le débat autour des transactions financières entre les artistes et le public..
    au delà de l’experimentation elle même , c’est d’amener à tous dela connaissance au travers d’une transparence totale de ce qu’on va faire et la manière dont on va l’installer. »

    haaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa
    non sérieux, c’est très beau : transparence et connaissance, c’est exactement ce que je leur reprochais en disant que ça commençait dans l’opacité la plus totale et une ignorance complète des désirs et des besoins des artistes réels (ce n’est pas que moi jen sache plus qu’eux, mais qu’il n’ont aucune pris la peine d’interroger les gens avant de lancer leur machin)

    après
    je vais être honnête
    (pour une fois)
    en fait ce machin, hé bien, je nen ai ren à cirer
    puisqu’il est dit clairement que ça n’a ren à voir ni avec le droit d’auteur ni avec les licences libres
    c’est AILLEURS (sic), je cite :
    « on est à côté des histoires de licence
    on est ailleurs, juste dans l’histoire de quelqu’un qui donne à quelqu’un d’autre sans contrepartie. »

    moi ça ma arraché une larme ce passage

    en fait
    j’aurais jamais du m’exciter sur ce truc, ça n’a aucun intérêt et surtout c’est aussi inoffensif qu’un bichon frisé
    (même si, dommage collatéral, ça a permis à un certain nombre de personnes – par exemple tous ceux qui ont écrit sur ce blog) d’affirmer leur manière de voir les choses

    ça va faire hurler de rire le gouvernement et les industriels
    et les gros donateurs aussi , j’imagine qu’ils vont se fendre la poire
    les petits donateurs eux bon.. ils n’ont pas de sous de toutes façons
    et les musiciens, il s’en trouvera bien quelques milliers pour s’inscrire et augmenter autant qu’ils le pourront leur visibilité afin de toucher un max de don (un peu comme ce qu’on leur promet sur tous ces sites web.2.0 qui fleurissent sur le web chaque jour que Nicolas fait)

    bref
    tant de bruit pour rien
    je suis vraiment désolé
    (faut dire que le moins qu’on puisse dire, c’était pas clair comme truc)

    après j’apprécie beaucoup la conception du débat chez les gens de la SARD : on nous explique que 1° la société est créée (cest un fait) 2° puis que ça va démarrer dans quelques semaines (c’est super fatsoche à « fabriquer », y’a uste deux trois détails à régler) et ensuite ben 3° vous pouvez poser vos questions :)

    c’est chouette

  60. Copier-coller de mon intervention sur le forum de Dogmazic (c’est politiquement correct ça ?) :

    Après écoute du podcast…
    Franchement, tout ce foin pour ça !
    C’est des fouteurs de merde ces types ;-)

    - La SARD distribue des dons, donc il ne s’agit pas de rémunération – Pas de problème avec le fisc, l’URSAFF, que sais-je,… Je ne trouve ça pas très citoyen et même Johnny peut en être ;-) Avec ce système, ce pôvre hère aurait pu rester en France. C’est pas sérieux tout ça.
    - Les grand donateurs ? Ce sont les mêmes qui ne veulent plus payer pour les intermittents du spectacle ? J’espère que la SARD leur donnera une indulgence pour aller au paradis.

    Un truc assez contradictoire : Le don à l’auteur est contradictoire par rapport à celui à l’œuvre.
    Le premier, à l’auteur, va de soi. Par contre le deuxième à l’œuvre suppose une répartition à tous ceux qui y ont collaboré. Cela ne m’a pas paru très clair dans la tête des penseurs de la SARD – C’est normal, on se rend compte qu’on et finalement pas très loin du droit d’auteur classique. Il y a fort à parier que soit retenu la solution de l’auteur / uploader.

    Maintenant si je vais plus loin que le bout de mon nez… et que j’oublie l’aspect des grands donateurs…

    Si on poussait un peu plus loin le raisonnement par rapport à cette notion d’auteur / uploader sans que la paternité de l’œuvre ne soit bien définie (ou importante), cela foutrait tout le droit d’auteur par terre, surtout avec nos licences, à l’exception de celle avec la clause ND, car on ne ferait qu’un don à l’artiste / uploader sans se soucier de la paternité ou de l’historique de l’œuvre avant.
    ça, je trouve cela assez iconoclaste, mais je ne sais pas si c’est vraiment bien, en tous les cas cela remet pas mal de chose en question.
    Si un artiste ne vivait que de dons avec l’interprétation d’œuvre sous licence libre. Pourrait on considérer ça comme une activité commerciale ? Les licences libres de type by-sa ou LAL ou libres de droit ne poseraient aucun problème, mais celle avec une clause NC ?

    Je conclue : Je pense que la SARD va vite être rattrapée par le droit d’auteur, même s’il ne s’agit que de dons, sauf s’ils ne parlent plus d’œuvres et uniquement que d’auteur.
    Et ça va être un sacré bordel que de contrôler tout ce qui va être uploadé.

  61. rtz :

    comme tu dis dana, j’en ai rien a cirer de la sard.
    ca parle de pognon, et accesoirement de libre diffusion, bon ok soit, un de plus,
    bon ben qu’ils fassent leurs trucs dans leur coin et alors ?

    par contre là où cet évenement historicomicodepressif m’a surpris c’est sur la réaction du petit monde du ‘libre’ qui a été parcouru d’un grand spasme.
    Qui dit quoi pour qui de quel droit ? Ca gite, ca vacille, et meme ca panique carrement.
    Et pourtant la princesse Leila a dit en 1977 : « A l’heure du choix chacun est libre. »
    Mais la liberté, le choix, ca fait peur, jusqu’a la panique.
    Et dans les réactions de panique, j’ai pu lire des choses que jamais je n’aurais crues possibles
    de la part de ceux que je pensais etre parmi les piliers de l’idee de la libre diffusion.
    Sur que ces personnages sont incontournables, mais en fait, je pense il n’y a pas de véritable pilliers de la libre diffusion, et qu’elle est présente même sans l’étiquette.
    Alors ca fait des groupes de gens qui se réunissent autour d’une façon de penser l’idée. Un jamtruc, un dogmachin, une sard, une licence pro, et bientot peut etre des spaghettis carbonara, next patient please. Instinct grégaire qui revient c’est comme les hormones, ca nique le centrage de l’esprit, autrement dit ca rend con. Et effectivement la foule, meme sans panique, c’est pas vraiment reconnu pour etre une energie clairvoyante, dessine moi un mouton.
    Bon ben voilà on va dire que je suis un mouton noir, sauvage, non tondu, avec des grands poils tout sales. Et dans mon monde, le berger, c’est le signe qu’on va etre tondu.
    Cet évenement historicomicodepressif donc a reveillé les bergers de la libre diffusion, et aujourd’hui je vois plus clair.

    En édition ‘jihad pocket débutant’ ca donne :
    « Méfie toi de deux personnes qui pensent pareil.

    En édition ‘jihad pocket gold master’ :
    « Mefie toi de celui qui se mefie de deux personnes qui pensent pareil »

    Et en edition ‘jihad mantra power dont try this at home u could be killed’
    « Va, n’aie pas peur ».

  62. nom de diou
    y’a déjà un papier dans Le Monde, un ptit journal de chez nous
    http://www.lemonde.fr/technologies/article/2009/09/09/le-mecenat-global-alternative-a-hadopi_1238166_651865.html

  63. Al_z :

    Bon, allez je poste ici mes remarques sur cette affaire de SARD maintenant qu’on en sait un peu plus.

    D’abord sur la méthode effectivement assez étrange et unilatérale, sans véritable débat, sans concertation. La précipitation dans la volonté de trouver une solution de rechange à Hadopi présentable à des élus d’opposition y est peut-être pour quelque chose. Ensuite, le fait qu’il y a peu ou (pas ?) de musiciens à l’origine du projet est quand même bizarre sachant que leur truc est semble-t-il beaucoup basé sur la musique en ligne.

    D’autre part, le mélange des genres et l’appel qui est fait aux musiciens membres de la SACEM. Je ne vois pas en quoi les gens qui ne font pas de la musique libre pourraient être concernés en quoi que ce soit par le don puisqu’au départ eux-mêmes ne donnent rien. Leurs œuvres sont vendues et les droits issus de ces ventes sont gérées par une société. Le public achète leurs œuvres. Il n’y a pas ici de don à l’origine. Le don est un cercle vertueux, si celui qui engage le processus ne donne pas, il n’y a pas de raison qu’il y ait de contre-don, il n’y aura qu’une transaction mercantile.

    Par ailleurs, malgré l’intitulé de la structure qui comporte le terme don dans son libellé, tout porte à croire que les instigateurs méconnaissent totalement les mécanismes qui sous-tendent la notion de don et qui ont été expliqués magistralement par Marcel Mauss puis explorés par ceux qui ont poursuivi son œuvre. Il est dit par la SARD que le don est sans contrepartie. Mais dans un système basé sur le don, au sens maussien du terme, celui qui donne – par exemple l’auteur qui donne copie ou diffusion de son œuvre – oblige celui qui reçoit. Si ce dernier ne rend pas – rendre n’implique pas de le faire immédiatement au contraire, c’est en cela que le don n’est pas du troc – il brise totalement le code d’honneur. Il devient inférieur à celui qui a donné, il est en quelque sorte possédé par la personne qui donne car, dans les croyances anciennes, les objets étaient empreints de la personnalité de leurs possesseurs – pourrait-on en dire autrement d’ailleurs, y compris juridiquement, d’une œuvre d’art ? Il faut donc pour celui qui a su recevoir, rendre et si possible plus – phénomène du potlatch. Donc un système de don oblige mutuellement, comme encore aujourd’hui, on se sent obligé de rendre une invitation.

    « Si on donne les choses et les rend, c’est par ce qu’on se donne et se rend « des respects » – nous disons encore « des politesses ». Mais aussi c’est qu’on se donne en donnant, et, si on se donne, c’est qu’on se « doit » – soi et son bien – aux autres. » écrivait Mauss dans son Essai sur le don – forme et raison de l’échange dans les sociétés archaïques.

    Or si des entreprises sont autorisées à donner à la SARD – et aussi alors pourquoi pas l’État et les collectivités locales ? – il me semble parfaitement ridicule d’espérer que ces entités le fassent sans contrepartie. Un FAI donnera-t-il de l’argent pour des artistes sans en espérer une plus-value même la plus indirecte possible ? En ce sens et toujours dans l’optique d’une logique de don, les artistes seront les obligés des plus gros donateurs, des plus puissants, c’est-à-dire de certains des représentants les plus importants du capitalisme. Difficile de parler d’émancipation, d’autonomie ou de liberté dans ce cas là…

    En outre, une grosse question reste sans réponse : comment seront réparties les sommes ? Sur quels critères ? On parle d’une répartition par diffusion. On se rapproche alors d’une société de perception de droits – ce qui n’est pourtant pas explicitement l’objectif de la structure – car une rémunération sur la diffusion entraîne fatalement le contrôle de la propriété intellectuelle de l’œuvre diffusée. Aussi ce seront comme toujours et comme à la SACEM, les plus gros qui toucheront le plus. Le système ne sera pas égalitaire. On parle également de votes. C’est à la limite le plus logique sauf qu’alors on se rapprochera d’une gadgétisation 2.0 ou de la Star Academy, d’un truc à la sauce participative complètement artificiel. De plus, d’après ce que je comprend seul les dons individuels seraient concernés par ce choix de l’artiste qui reçoit le don. Or il est permis de penser que les dons de particuliers seront bien inférieurs à ceux des firmes privées.

    Enfin et, vue la méthode fondatrice du projet, on peut de se demander – et ceci est en lien avec le dernier point sur la question de la répartition des sommes – qui fera tourner la structure et quels pouvoirs, quels possibilités de contrôle, de mandatement, de révocation, de débats, d’opposition auront les adhérents de la dite société.

  64. Kouskhir :

    L’ostracisme présent dans cette discussion est gênant.

    Les insultes sont malvenues, et ce quelque soient la situation et les personnes en question.

    Quant à se prendre pour un républicain espagnol…c’est complètement déplacé, sans intérêt et sans relation avec le sujet.
    Cette référence est de la même teneur que les propos de Lameignère (pdg de Sony) disant que les anti-hadopi seraient des collaborateurs en temps de guerre.

    Cessez donc d’insulter les résistants du siècle précédent en vous comparant à eux alors que vous n’êtes, comme moi, que des européens privilégiés devant des ordinateurs pollueurs de planète.

    D’ailleurs , pourquoi ne jamais faire référence à Durruti ?
    par peur de divulguer ces idées ?
    « Ce ne serait vraiment pas la peine de se déguiser en soldat si l’on devait se laisser à nouveau gouverner par les pseudo-républicains de 1931 ; nous consentons à faire de grandes concessions, mais n’oublions jamais qu’il nous faut mener de front la guerre et la révolution. »
    Buenaventura Durruti Dumange ( tiré de sa page wikipédia)

    La seule chose que je comprends des commentaires est que c’était mieux avant… quand vous étiez deux : toi et lui/elle.

    Tout ce qui est excessif fini par devenir ennuyeux et inexistant.

    Ce fil est ennuyeux et vous deviendrez inexistant(e)s à la fin de ce commentaire.
    Comme Durruti, je vous ai fait une concession, celle de vous lire , c’était la dernière ( une histoire de temps qu’il ne faut pas perdre).
    Et si les gens que vous insultez font un choix identique , ils ne pourront avoir que raison:
    vous n’êtes qu’une bande de canards sans intérêts qui font coin coin et qui se boufferont le bec pour le dernier morceau de pain d’égo.

    La culture est morte , vive le potager.

  65. @koushir
    merci d’avoir fait cette concession (de nous lire)
    c’est la première fois que je me fais traiter de canard, et rien que pour ça je suis content de t’avoir lu
    après faut que je te dise : je n’ai rien compris à ton message
    que viennent faire les républicains espagnols là dedans ? (ha si il y a bien eu un message qui les évoquaient, mais certainement pas venant de moi :)
    et personne n’a insulté personne (à part toi, quoique.. « canard » n’est pas vaiment une insulte)

    bon..
    comme nous n’aurons pas le plaisir de causer potager avec toi (puisque « c’était le dernière »)
    adieu donc koushir !

  66. @ al-z
    merci mille fois de ce commentaire
    ça me travaillait aussi cette histoire de don « sans contrepartie »
    c’est là au fond un paradoxe, et tout à fait conraire à la logique du don, qui s’inscrit dans la logique plus vaste des échanges.
    Ce que tu dis est très éclaircissant et à mon avis imparable.
    je me réfère souvent au système américain (ou à ce qu’on peut appeler le mécénat en général) : le problème c’est comment susciter le don et inciter au don (d’où la solution fiscale généralement proposée, faut bien qu’il y ait un intérêt quelque part.. sans être hobbesien ou « adam smithien », on peut quand même accepter l’idée que l’égoïsme et l’intérêt privé ont une part dans les choix économiques et la manière dont les hommes entrent dans des échanges, commerciaux ou pas d’ailleurs)

  67. un des juristes en charge de la SARD répond aux objections qui lui sont faites sur un forum dont l’adresse est :
    http://www.dogmazic.net/modules.php?ModPath=phpBB2&ModStart=viewtopic&t=5174

    je relève quelques perles :

    « La PI n’a pas toujours existé alors que l’art lui préexiste.  »
    PI = propriété intellectuelle. cette phrase est un des plus stupides que j’ai lu sur le sujet depuis longtemps (comme si il existait depuis la nuit des temps quelque chose comme « l’art » en dehors de toute réalisation historique. N’importe quel étudiant en histoire et en philosophie le sait bien.. Il est beaucoup plus intéressant, plutôt que de sortir des espèces d’assertion tout juste digne d’un mauvais élève de terminale, d’étudier ce que la propriété intellectuelle a fait aux mondes de l’art – à quelle problématique elle répondait à l’origine, en angleterre et en france par exemple, comment ces problématiques ont été modifiées selon les situations économiques et politiques, et l’histoire des idées, comment du coup ces modificatios ont entrainé par un effet de feed back, des modifications dans les mondes de l’art, les pratiques, les représentations etc. c’est pas la littérature qui manque à ce sujet pourtant. Et un juriste devrait commencer par lire B. Edelman)

    « l’objectif premier est de faire évoluer les mentalités. Ce n’est pas simple… »
    il nous prend vraiment pour des cons

    « S’il vous plaît, si vous n’êtes pas juristes, entourés de juristes, ou plus simplement que vous ne savez pas, admettez le (on peut ne pas savoir – ces affirmations péremptoires n’étant pour moi que des trolls contreproductifs).  »

    là j’ai plein de gros mots qui me viennent
    mais vraiment pleins

    et le reste est à l’avenant

    j’ai jamais lu un truc aussi méprisant
    les gens de musique-libre.org et de dogmazic réagissent du coup avec une certaine vigueur (à part l’un d’entre eux qui nous pond un « Merci beaucoup benjamin,
    d’avoir pris le temps de tout lire et de répondre à de nombreux points.
    bien à toi »

    je ne regrette vraiment pas d’avoir contribué à créer cette « mauvaise ambiance »
    vraiment pas

  68. @ Kouskhir,

    Je n’ai pas bien saisi ce que tu pensais, toi, de la SARD, ni de la question de la « juste rémunération des artistes »… peut-être parce que tu n’as exprimé ici rien d’autre qu’un ennui que tu t’es infligé toi-même en t’obligeant à lire ce fil, et une propension assez comique à te prendre pour Durruti.

    Tu n’as pas bien compris visiblement le sens de mon allusion un peu plus haut aux Républicains espagnols. Je l’explique donc au cas où l’envie de t’ennuyer te reprendrait et où d’autres que toi m’auraient compris de travers : quand je parle des Républicains espagnols, j’entends par là évidemment le camp qui défendait la République et la révolution sociale en cours en Espagne contre le coup d’Etat franquiste, et non les partis attachés à l’Etat fondé en 1931. Les anarchistes, dont Durruti, malgré toute leur hostilité à l’Etat républicain et aux manipulations staliniennes, faisaient bel et bien partie du camp républicain (par opposition au camp franquiste).
    Mon allusion ne portait d’ailleurs nullement sur les idéologies alors en présence mais sur l’erreur stratégique faite par le camp républicain : le choix de contre-offensives spectaculaires vouées à l’échec plutôt que celui (d’ailleurs prôné par les anarchistes) d’une défense pied à pied du terrain. Erreur qui s’est finalement soldée à chaque fois par la débandade et le repli.

    Mon analogie vient donc uniquement appuyer en termes de stratégie cette opinion : je trouve qu’en désertant les uns après les autres, après quelques gueulantes, certains terrains qui étaient les nôtres, nous nous vouons au repli et à la fuite, au renoncement, ou au mieux à continuer à clamer mécaniquement « no pasaran » une fois qu’ »ils » sont passés. J’aimerais qu’il en fût autrement.
    Je précise aussi si besoin était que je ne prône ici ni guerre ni prise d’armes. Il se trouve que l’existence de la libre diffusion, dans un monde soumis à la dictature marchande, est en lui-même une « violence » faite à la marchandise qui prétend occuper la totalité du réel. Nous avons donc à défendre des positions qui ne peuvent qu’être constamment attaquées. Quelques considérations d’ordre stratégique ne peuvent pas faire de mal.

  69. @siegfried
    bon c’est pas une désertion en masse quand même :) (si j’ai bien compris on est 2 à avoir déserté.. ou avoir « été déserté « , si je puis dire)
    à titre personnel je trouve qu’il y a bien assez de stratèges comme ça : quelques électrons libres, ça peut pas faire de mal.

  70. Dana, le tableau comparatif http://iang.info/fr/comparison.html de la licence iang que tu utilises est un peu subjectif et même assez étrange sur certains aspects, mais je n’ai peut être rien compris ;-)

  71. j’en ai une bien bonne (puisque c’est maintenant le moment des histoires drôles)
    http://plusaccessible.org/websanspub/
    ça vous rappelle rien ?

  72. @mankind
    tu as tout à fait raison de présenter le caractère particulier de la licence IANG que j’ai apposé sur mes textes
    il y a notamment ce truc assez zarbi :
    http://iang.info/fr/deed.html

    Vous êtes libre de commercialiser cette création, à condition de rendre publique sa comptabilité, et de permettre à tous ceux contribuant aux recettes de participer aux décisions économiques.

    mais sincèrement, si il se trouve quelqu’un d’assez motivé (illuminé ? abruti ?) pour utiliser un de mes textes et en faire commerce dans ces conditions, ben, bonne chance à lui :)
    en fait ej cherchais un truc qui soit dédié aussi aux productions textuelles et surtout : qui ne soit ni une licence « art libre » ni une licence « creative commons » :)

    après c’est pas dit que je trouve pas autre chose incessament sous peu ou que je ne crée pas ma propre version (en modifiant un poil la IANG par exemple)
    ……………………………………………………………..
    HS : vais galoper ce week end, donc, je ne pourrais pas modérer les messages des nouveaux participants d’ici dimanche soir.

  73. http://plusaccessible.org/websanspub/ Qui est derrière ce site ? Je jure que ce n’est pas moi, même si c’est centré pour le moment autour de Toulouse.

    Pour la licence iang, j’avais bien lu ce petit passage concernant la commercialisation. Ce qui m’a interpelé, c’est le tableau comparatif…

  74. @patrick : ok
    @mankind
    en fait cest assez drôle, j’ai rouvé cette référence ici :
    http://www.sard-info.org/spip.php?article1#forum7
    j’ose pas imaginer comment les inventeurs (…) de la SARD vont accueillir les inventeurs du « web sans pub ».
    Y’a comme une différence de registre là..

    sur la licence IANG : c’est vrai que l’aspect « équitable » l’idée de partager les bénéfices est un peu dans l’air du temps. Ça me paraît toutefois très intéressant mais très peu pertinent dans le cas de textes publiés sur un blog :) – on voit mal comment il pourrait être question de partager des bénéfices au sens du commerce équitable..
    disons que ça me permet de faire un de pub pour des licences différentes des sempiternelles CC/AL
    Maintenant, quand j’aurais le plaisir d’accueillir d’autres contributeurs sur ce site, chacun publie selon la licence qui lui convient (et même sa « propre » licence maison si ça lui chante, tant qu’elle autorise la copie au minimum à des fins non lucratives ça me va très bien)

  75. je me disais, on pourrait peut-être faire une brève sur ce blog (vu qu’on n’a plus de forum snifff :(
    .. ce qui permettrait de donner quelques points de vue sur le sujet..

  76. Al_z :

    @ Dana (désolé pour ma réponse super tardive)

    Disons que je pense qu’il serait tout aussi absurde de dire que les humains sont totalement égoïstes que de dire qu’ils sont totalement généreux. Le fait est, en tout cas selon moi, que nous vivons dans une civilisation qui encourage l’égoïsme et l’intérêt personnel par tout en ensemble de situations. Les sociétés basées sur le don, au contraire, créent des situations encourageant la générosité. Mais cet encouragement se base non pas sur un intérêt économique – tel que nous ne pouvons que le concevoir aujourd’hui – mais sur une obligation sociale, sur des rapports sociaux qui sont régis par des valeurs morales qui font qui l’en va de l’honneur de l’individu de donner, recevoir et rendre.

    Pour ce qui est du mécénat, je m’en méfie tout autant que de la subvention et de la tutelle étatique. Car, au fond, à quoi cela rime de vouloir s’émanciper de l’État sur le plan culturel pour se jeter ensuite dans les bras d’un financement par les entreprises privées ? Pour moi, le financement de la culture devrait se baser sur un contrôle le plus démocratique et le plus local possible de la population. C’est-à-dire que la culture devrait être financée – si elle doit l’être, notamment pour les grosses infrastructures telles que les musées, bibliothèques etc. – à l’échelle la plus proche des individus, à savoir la commune. Mais bien sûr cela ne devrait pas se passer selon les règles du clientélisme actuel. Je pense que la population d’une commune devrait pouvoir décider et débattre elle-même sans intermédiaire de la manière dont l’argent public est réparti pour financer la culture sur son territoire. Le personnel municipal devrait pouvoir gérer les structures avec les usagers. Les mandatés et autres élus ne devraient être là que pour exécuter les décisions prises le plus régulièrement possible par la population. Autant dire que c’est pas demain la veille…

  77. ORL :

    Rhô, merde, je viens de découvrir le post du juriste.
    Ah bah j’ai pas tenu. Putain de merde, mais cest quoi ces conneries de croire qu’ils sont les premiers, là… C’est quoi ces histoires de dire qu’il n’y a rien avant, à côté, et ailleurs… Merde, fait chier, 10 ans que je milite pour le libre, avec une démarche de création que j’ai bardé de principe dans tous les sens, en particulier avec un groupe qui commence à fonctionner pas mal, mais qui, clairement, par vocation philosophique libriste, indépendante, honnête, et des tas d’idées et de principes, continue de peiner au jour le jour et de se poser la question la légitimité de tout ce qu’il fait..
    6 ans que pour tout ça, on a créé une structure, disons un label/tourneur, puisque c’est le nom qui court, qui permette justement la réalisation de cette création dans un cadre indépendant, éthique, de réflexion saine, équilibrée, altruiste (oui, putain, merde altruiste, ça va leur revenir quand aux libristes ce précepte ???)…
    6 ans donc que, jaloux de nous-mêmes, on a ouvert cette structure à d’autres, on les a aidées, on a fait profité manière communautaire, etc.
    Et puis, 4 ans, donc, que, c’est l’ultime pas à l’heure actuelle (au sens, dernier), ayant réussi à faire en sorte que tout ça rencontre des gens (des publics), les intéresse, etc. on a fini par faire un festival ultra-couillu, au chapeau, que du libre, dans le but que tout le monde y ait accès, mais tout le monde c’est nombreux, donc dans des gros lieux, et tout….

    Et lui, quoi ? Lui il vient m’expliquer qu’on est des ingrâts et qu’on ferait mieux de faire plutôt que de critiquer….

    Putain, déjà que cette maxime est surannée, mais en plus elle est fausse….

    Je voudrais pas dire, mais en fait je l’ai déjà dit, le parisiannisme qui ressort de tout ça est pitoyable… C’est vraiment être à côté de la plaque, ne pas avoir idée de ce qu’est la culture (du spectacle en particulier, puisque, encore une fois, c’est ce que je connais) dans la majeure partie du territoire, et c’est, et ça ne peut être, que du placement politique…..

    Gandi (que j’aime(ais) bien, pourtant), vous croyez qu’ils vont postuler pour la 4e licence de téléphonie mobile ?

  78. oui
    il m’a fait de l’effet ce juriste aussi
    j’ai un petit texte en court pour dire ce que je pense au sujet de la « juridicisation » de la musique (et l’importance qu’a pris le juriste dans l’art et particulièrement dans la musique)

  79. voilà le texte dont je te causais (je me suis efforcé de rester dans un registre ironique-soft :)
    http://outsiderland.com/dissemination/?p=138

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