[analyses] Internet est l’erreur
L’histoire du néo-libéralisme en 45 secondes :
En haut :
Nous sommes à la fin des années 60 le capitalisme tremble sur ses bases. Après une période faste, l’augmentation de la productivité se met à couter excessivement cher et l’inflation menace. Les conséquences sont funestes : les riches…. sont de moins en moins riches !
Aux États-Unis, les 1% les plus riches voient leur fortune fondre de 33% de la richesse nationale à 20 malheureux petits pour-cents ! Il faut agir ! Vite, diminuons les salaires autant que possible, ça limitera la casse ! Ensuite mettons en place un système de lutte contre l’inflation qui assure les arrières de nos créances ! Le néo-liberalisme vient de naître.
Et les pauvres dans tout ça ? Ah oui, eux ! Ce bon vieux Ford était bien malin avec son idée d’augmenter les salaires pour que ses ouvriers achètent ses voitures…. Mais ça ne marche plus ça ! Maintenant on a trouvé mieux, on va demander aux pauvres de l’argent qu’ils n’ont pas : et que vive le crédit, l’hypothèque et les sub-primes !
En bas :
Conséquence direct pour le commun des mortels : les gens ont de moins en moins de sous ! Que ça soit au travers de la diminution du salaire ou l’augmentation du chaumage, la part des profit dévolue aux salariés baisse de près de 10% en 20 ans !
Dans le même temps, les ménagent s’endettent pour continuer à consommer… En France grâce à notre immobilisme nous sommes à peine au début de ce modèle. Les ménages ne sont endettés « que » à hauteur de 70% des revenus disponibles…. contre près de 150% aux Etats Unis !
Des solutions populaires !
Mais attention ! Les gens ne vont pas se contenter de s’endetter bêtement ! Ils vont aussi développer des « combines » pour grappiller quelques centimes à droites et à gauche afin de joindre les deux bouts.
Est-ce une coïncidence que l’ordinateur personnel, le net, la virtualisation et toutes ces technologies se développent à cette période ? Bien sur que non ! Si une technologie n’a pas de raison d’être, elle aura beau être géniale, elle disparaitra (sauf si la société a de nouveaux besoins).
Internet est une vraie saloperie !
Dans ce contexte, il s’agissait d’un véritable manque de clairvoyance que de penser que les gens n’allaient pas sauter sur la formidable possibilité du net à rendre certaines choses…gratuites ! Ce contre-coup n’a pas été prévu et la quasi totalité des lois et autres rapports concernant le net ne visent qu’à empêcher ce processus de destruction de valeur !
Car là est bien le problème ! Contrairement à des pratique tolérés voir encouragés de don (du type Freecycle) l’échange de fichiers sur le net va détruire littéralement de la valeur en jouant directement sur l’un des mécanismes fondateurs du capitalisme : l’offre et la demande. On en a déjà parlé, mais en théorie, l’offre devenant virtuellement illimité, le prix doit tendre vers zéro.
Voilà pourquoi le net est à ce point la cible de toutes les attentions : il s’agit de l’erreur du système. Quelque chose qui détruit de la valeur ajouté dans le système capitaliste est la pire des hérésie imaginable ! Il suffit pour s’en convaincre de regarder la quantité d’effort et de moyens déployés pour tenter désespérément de redresser la balance…. ne serait-ce que vers un équilibre entre la création et la destruction de richesse…
Là est le véritable enjeu de l’internet ! Je pense qu’au fond, le « flicage » du net n’est qu’un objectif secondaire…sinon simplement un bête chiffon rouge pour exciter les internautes. A mon sens le véritable enjeux est d’étouffer ce dérangeant modèle de « décroissance frugale » avant qu’il ne fasse des petits….
A lire : « Crise et sortie de crise » de G. Duménil, « L’avenir du capitalisme » de J-L Gréau et « Free » de C. Anderson
A écouter : Les interviews des deux auteurs sus-cités. Numéros 70, 71, 72 pour Duménil, et numéro 142 pour Gréau !
Merci de m’avoir lu.
Tumulte/lacheursdetemps.com
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