[references] la biopiraterie : quand le savoir partagé est breveté

octobre 10th, 2009 by dana_hilliot | Filed under Références

Parmi les multiples actions que mène l’association internationale ICRA pour la défense des peuples autochtones (droits, survie, culture), l’une d’elle m’intéresse particulièrement, et j’ai le souhait qu’elle trouve sa place sur électrons libres.
C’est le collectif contre la biopiraterie :

La biopiraterie commence quand ce partage se transforme en vol, c’est-à-dire quand l’étude des savoirs traditionnels est réalisée en cachant l’objectif commercial, quand la commercialisation se fait sans l’accord des peuples autochtones et sans une répartition des bénéfices acceptée par tous.


http://www.icrainternational.org/urgence/479

Il existe un numéro spécial de la revue IKEWAN (émanant de cette ONG) consacré à ce thème.

je signale aussi que ces questions sont abordées dans le livre déjà classique de Florent Latrive, Du bon usage de la piraterie, disponible en ligne et en librairie :
http://www.freescape.eu.org/piraterie/sommaire.html

Nos débats sur la musique, du coup, semblent bien futiles.

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5 Responses to “[references] la biopiraterie : quand le savoir partagé est breveté”.

  1. Nos débats sur la musique, du coup, semblent bien futiles.Oui

    et non, dans le sens ils participent au projet global de la connaissance libre pour tous. Même chose pour les LLs si ils arrivent à éviter l’écueil des entreprise open source.

    Le fait de voir que la connaissance, la création peuvent être libéré dans le sens des licences libres (et copyleft) vont (je l’espère) amener d’autres connaissances et type de création à la libération. Sinon, je ferais pas parti d’un Gull, je ferais de la technique avec mes copains.

    A+

  2. Merci shnoulle pour ce commentaire bienvenu.
    Je dirais dans le sens du Oui et Non, que les recherches menées dans le cadre du copyleft ou du « public domain » peuvent fournir (et fournissent de fait) des modèles pour envisager une moralisation des pratiques dans le cadre de l’exploitation des connaissances des « peuples premiers » ou des « savoirs traditionnels ». Mais il n’en reste pas moins dans mon esprit qu’il y a dans le cas de la biopiraterie une gravité sans commune mesure avec ce qui se passe dans le monde informatique. Que je sache, dans ce dernier cas, y’a pas mort d’homme.

  3. Tumulte :

    Salut Dana!

    Merci pour ce lien! Ca fait un moment que je défend l’idée que le libre devrait s’emparer de ces sujets, car je suis persuadé que le développement de l’ »open-source » dans le domaine de la santé est la seule clé vers de réels progrès….

    De plus, je suis assez d’accord avec Schnoulle, les débats sur la musiques ne sont pas futiles! Bien au contraire, je pense qu’on arrivera jamais à imposer le libre dans des sujets aussi délicats… si on est incapable de régler nos contradictions dans des machins aussi inutiles et sans enjeux que l’art….

    Enfin, je n’aime pas le terme de bio-piraterie… au contraire ça me renvoi plutôt à quelque chose de positif. J’imaginais des gars qui remettaient dans le domaine publique des choses appropriées par les labos!

    Car au fond, c’est ça la source du problème : la propriété… Et je trouve ça dommage que les gens soit si frileux a utiliser ce terme (cf la nouvelle appellation ridicule de « logiciel privateur »). Le vocabulaire n’est qu’un détail, mais il a son importance!

  4. Bonjour Tumulte et merci de consribuer à cette discussion qui m’importe

    tout à fait d’accord avec ta remarque sur notre frilosité à utiliser le mot propriété
    dans le cas des « savoirs traditionnels », l’idée même d’imaginer quelque chose comme « les faire passer du côté du domaine public » (parce que opensource là je vois pas bien comment :) est quelque part une absurdité.. Comment peut-on en arriver à ce genre d’extrémité ? Hé bien, on y arrive parce qu’on tente de lutter contre les labos pharmaceutiques qui profitent justement de la legislation sur la propriété ayant cours dans leurs cultures (occidentales pour dire vite) afin de s’approprier de manière exclusive (donc dans ce cas de voler, y’a pas d’autres mots, comme on vole une invention) ces savoirs et techniques.
    Mais bon, tout cela est extrêmement complexe : que vaut le droit de la propriété intellectuelle dans des cultures qui vivent à l’écart de ce droit (qui fonctionnent selon un droit en quelque sorte coutumier etc.) ?
    dans un prochain travail je montrerais pourquoi le monde de la culture libre a eu bien tort de ne pas suivre les pistes proposées autrefois par Florent Latrive dans son livre : il falait être plus ambitieux dans nos réflexions sur la propriété justement, et ne pas se contenter de la lorgnette : la musique à l’ére de la « révolution numérique » (pfff : quelle révolution ?)

  5. Tumulte :

    C’est sur! Le problème de la santé n’est pas simple! Il faut bien se rendre compte que la peur de la maladie entraine des comportements primaires et irrationnels chez les gens. Le capitalisme s’y sent très bien, mais le discours raisonné un peu moins!

    En effet, les labos n’ont pas besoin de se justifier longtemps, il suffit qu’ils disent « pas de brevet : pas de sous, pas de sous : pas de médicaments » et ça marche! Le problème est que les gens croient que la durée de vie humaine est proportionnelle au nombre de médocs sur le marché.

    Pourtant c’est très faux :
    -9 maladies sur 10 se soignent d’elles mêmes
    -L’augmentation de la durée de vie tient essentiellement à l’hygiène, a l’amélioration de la nourriture (hum…), à la diminution de la mortalité infantile et aussi a la diminution des guerres… et assez peu à cause des médicaments (dont la plupart ne font que tuer les symptômes mais ne « soignent » pas)

    Le problème c’est que l’économie concurrentielle (surtout celle basée uniquement sur l’innovation) est un véritable piège! Il faut toujours trouver plus, plus vite, avant les autres, se placer sur les bons créneaux… Tant qu’on ne sortira pas de ça, on ira de plus en plus vers des choses indécente! Simplement parce qu’après avoir fait tomber les barrières douanières, sociales etc… l’éthique finira forcément par céder… Et ne l’oublions pas, dans cette logique, un être humain sain n’est pas un bon client.

    Or quand, je vois à quel point le monde de l’art se cambre lorsqu’on parle de partage, en invoquant pas moins que la gratuité tuera toute forme de création artistique… je ne donne pas chère du débat sur des sujets aussi sensibles que la santé!

    Pour finir sur une note positive, je citerais un monsieur que j’aime beaucoup, le généticien Albert Jacquart, qui pense qu’il y a un espoir d’unité humaine si on s’allie contre un ennemie commun – par exemple la maladie. Peut-être qu’un jour on verra fleurir un service publique mondiale collaboratif de la recherche médical…

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