[ref] les noms du libre (2005-2007)
Parmi les problèmes engendrés par l’apparition des pemières licences « libres » (les guillemets ici s’imposent), celui du choix d’un nom générique sous lequel regrouper les différentes licences et activités qui leur sont liées, constitue une véritable croix. On pourrait à la limite considérer qu’un nom n’est qu’un mot, et qu’importe s’il existe de fait une profusion de vocables pour évoquer le monde en question, pourvu que ce monde existe. Sauf que :
1° D’un point de vue stratégique, l’absence d’une dénomination qui fasse consensus chez les acteurs du libre n’aide pas, c’est le moins qu’on puisse dire, les utilisateurs et les institutions à y voir clair.
2° Revendiquer un nom c’est pas neutre. La dénomination devient souvent le flambeau derrière lequel on milite, le drapeau de la revendication : or, la profusion et des licences, et des noms génériques, témoignent assez bien des débats et conflits en cours entre les différents groupes (voire « groupuscules » comme dirait le ministère de la culture) qui animent le monde du libre.
3° Du coup, alors qu’il aurait été satisfaisant intellectuellement qu’un concept s’impose (licence libre, licence de libre diffusion, licence ouverte, art libre etc.), on est bien forcé de reconnaître que, pour le grand public, et même chez la plupart des utilisateurs des licences libres, le mot qui fait office de représentant, hé bien ! c’est une marque : les Creative Commons.
Dans la petite histoire des licences libres, et cette petite histoire l’est d’autant plus, petite, qu’elle est aussi franco-française, on a pu observer plusieurs moments de tension entre les tenants de différentes interprétations des licences « libres », et les débats ont tourné, du moins au départ, sur le choix d’un nom générique. Je voudrais juste ici rappeler quelques textes ayant été publiés principalement sur le blog du site Framasoft, monumernt historique du logiciel libre depuis 2001. On peut dater l’occasion de cette littérature à l’apparition au début de l’année 2003, d’une collection de licences libres sous la marque Creative Commons, à l’initiative de Lawrence Lessig, juriste et professeur de droit. Dans le même temps, en France, se met en place le mouvement Art Libre, autour de la licence du même nom, à l’initiative d’informaticiens et d’artistes (et d’artistes-informaticiens), qui adaptent directement les licences logicielles (GNU GPL) aux oeuvres d’art.
Le problème se pose au sujet de deux clauses caractéristiques des licences Creative Commons : la clause qui restreint l’usage commercial, et celle qui restreint la modification. Je n’entre pas ici dans les détails, qui sont largement discutés dans les textes qui suivent. Pour qui n’est pas au fait des discussions agitant le monde du libre, cette histoire de clauses pourraient sembler n’être qu’un point de détail, propre à susciter des arguties interminables comme il est d’usage en scholastique. Mais je crois qu’il en va tout autrement : la peuve en est q’on voit régulièrement ce genre de débat ressurgir.
Je vais maintenant, dans le but d’essayer de vous faire pénétrer dans les arcanes de ces discussions apparemment hermétiques, de présenter quelques textes. On en trouverait d’autres assurément, mais ceux là me semblent assez représentatifs. Les réunir ici relève en partie d’une construction après-coup, même si ces différents acteurs se sont lus et commentés, parfois avec âpreté.
06 juillet 2005 : françois obada : creative commons : une liberté toute en nuances et à nuancer
Le texte de F. Obada est tout à fait représentatif des premières critiques qui ont suivi l’arrivée des premiers jeux de licence Creative Commons. Cette critique vient ici d’un spécialiste des licences logicielles : le problème est celui de la compatibilité entre les licences logicielles type GPL et GNU et celles proposées par Lawrence Lessig : peut-on employer l’adjectif « libre » dans le même sens quand il s’agit des unes et des autres ?
07 septembre 2005 : antoine moreau : qu’est-ce que l’art libre ?
Antoine Moreau propose une autre critique implicite des Creative Commons, en même temps qu’une défense de la licence Art Libre, dont il est un des inventeurs. On notera là aussi cette affirmation concernant la « liberté » de la licence art libre, liberté avec une minuscule, dont la définition n’a de sens que référée à la « liberté » des licences logicielles :
C’est la liberté. La liberté que suppose l’art libre, c’est la liberté définie selon les principes issus du logiciel libre et des protocoles ouverts de l’internet. C’est un trait précis qui permet de dessiner un espace d’échanges où se manifeste un souci éthique entendu. Celui qui a été à la base de l’avènement du net et qui prône l’interopérabilité entre les machines. Autant dire entre les animaux parlants eux-même et qui utilisent les machines en réseau.
07 septembre 2005 : dana hilliot : bref éloge de licences Creative Commons NC ND
Dans ce texte, je m’oppose aux deux textes précédents en défendant non seulement les Creative Commons, mais aussi, les clauses NC et ND. Évidemment, ce texte a suscité bon nombre de critiques. Bizarrement, j’ai depuis, non pas « changé d’avis » sur les clauses NC et ND, mais, depuis le départ de Lawrence Lessig du poste qu’il occupait à la tête des Creative Commons, je vois d’un très mauvais oeil la tournure que prennent ces licences.
26 mai 2006 : florent verschelde : une histoire de mots : culture libre et libre diffusion
Texte très important du rédacteur de l’excellent blog Covert Prestige (le texte a également été publié sur Framasoft) : c’est en quelque sorte l’expression d’une position modérée, et surtout, Florent Verschelde propose d’utiliser une nouvelle terminologie : « licence de libre diffusion », qui aura ses adeptes et les a encore (moi par exemple
.
25 octobre 2007 : aisyk : de la libre diffusion à l’ouverture
Aisyk, un militant lié à Musique-libre.org, dogmazic et organisateur du festival Artichaud (Lyon), propose ici dans son blog copieux une très bonne synthèse de notre histoire des « noms du libre », et retient au final une proposition du Conseil Supérieur de la Propriété Littéraire et Artistique, parlant de « licences ouvertes » – l’expression peine toutefois à s’imposer chez les usagers du libre et les militants.
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18 Responses to “[ref] les noms du libre (2005-2007)”.
deux-trois remarques :
1. on notera que le terme « licence ouverte » adopté par l’Administration pourrait renvoyer à l’Open Source (logiciel ouvert ?), branche distincte du Free Software (logiciel libre) en ce sens que le mouvement Open Source est un schisme du mouvement Free Software, par certains qui préféraient SE PASSER de ses fondements éthico-politique. Or, 99% des logiciels libres sont des logiciels ouverts et réciproquement. Toute la différence se situe dans la DEMARCHE (d’ailleurs on voit avec effroi qu’ici : http://openworldforum.org/
on va surtout parler d’Open source et très peu de Free… On notera avec effroi également que la traduction française emploie le terme logiciel libre, indifféremment pour le free software et l’open source)
Serait-il intéressant d’être tenté de qualifier les artistes libres ‘éthiques’ comme des utilisateurs de licences libres et les ‘utilitaristes’, utilisateurs de licences ouvertes ?
2. L’ensemble des propos polémiques rejetant telle licence comme n’étant pas ‘libre’ ou considérant comme étant seule ‘libre’ celle qui répond à la règle des 4 libertés de l’utilisateur sont généralement spcieuse pour ne pas dire obsolètes. Même le terme licence de libre diffusion ne fut pertinent que pour le temps d’apaiser les tensions. Le fond du problème n’était pas réglé.
Or il existe trois types d’oeuvres (employons ce terme générique).
- le logiciel : c’est un outil qui a une fonction utilitaire. ce n’est rien d’autre. A cet égard, la liberté de l’utilisateur d’outil doit nécessairement se décomposer en les 4 libertés édictées par Stallman. Il ne les a pas inventés. C’est une déduction logique. Une dérivation d’un outil peut être une amélioration (ou non). Mais l’outil garde sa fonction utilitaire.
- l’expression artistique : l’oeuvre artistique n’est pas un outil. parler d’amélioration d’une oeuvre esthétique n’a aucun sens. Parler de code source dans le cadre d’une oeuvre esthétique n’a aucun sens. La modification d’une oeuvre ne donne pas une oeuvre améliorée qui rend l’ancienne obsolète. cela produit une autre oeuvre. En ce sens, dans le cadre esthétique, les licences creative commons et la clause ND trouve tout son intérêt. Corrolaire : donner à une oeuvre esthétique les 4 libertés du logiciel, c’est considérer l’oeuvre esthétique comme un outil.
- l’expression de la pensée : si je reprends un texte d’un auteur exprimant certaines pensées. Si je ne suis pas d’accord avec lui, je peux produire un texte où je vais émettre des idées contraires en m’inspirant directement du texte de cet auteur. Vais-je signer mon texte avec les deux noms, le mien et le sien, mon texte étant une dérivation de son texte ? non. car contre ses opinions, j’ai émis les miennes. Quand le sens et la signification entre en jeu comme dans toute expression de la pensée, on tombe naturellement sous le coup de la clause ND.
3. la clause NC : je n’ai pas encore réussi à faire le point là-dessus… il faudra ouvrir un sujet rien que sur ça un jour
@taro
mais bon, pour le meilleur et pour le pire, il s’est passé deux trois trucs depuis Platon et Aristote)
merci de ce commentaire cher taro
je suis tout à fait intéressé par ta distinction si évidente et tout à fait classique entre oeuvre et outil, mais dont l’évidence et le classicisme semble échapper à un certain nombre de militants du libre.
effectivement on pourrait partir de là
dans mon essai sur la dissémination j’en avais appelé à tuer le père (Stallman) – et je suis encore effaré de lire des messages sur un site « historique » comme Framasoft déclamant : coder est un art.
(que ce soit de l’art au sens de technê en grec, aucune doute
(et au fait, tu peux utiliser ce blog si tu as de longues argumentations à publier hein !)
oui merci cher ami, mais c’est surtout qu’en ce moemnt, je suis très pris par la préparation d’une très *longue* journée le 26/09… (qui est d’ailleurs un peu la façade grand public de nos réflexions. Enfin c’est l’idée en tout cas
)
je dois quand même ajouter un élément que j’ai oublié de préciser dans ma précipitation à écrire mes remarques, un détailqui a son importance : ces 3 distinctions ont été développées par Stallman himself (même si bon il lui arrive de raconter des conneries, pour faire référence à l’actualité
mais bon, vu la violence comme tu dis jusqu’à laquelle on peut arriver pour faire référence à certaines interventions sur le forum hundmeinsickq, on n’est pas à une connerie près hein
)
mais dans la continuité du sujet, et qui ouvre sur bien d’autres choses, une référence : un ouvrage très intéressant qui vient de sortir de Terry Hancock : http://www.archive.org/details/Achieving_Impossible_Things_with_Free_Culture_and_Commons_Based_Enterprise
j’aime bien l’approche de Terry Hancock qui dit sur un de ses sites que le libre ne date pas d’hier, et fait référence à la légende d’Anansi (il a donné ce nom à sa boîte de dev je crois), l’araignée qui voulait garder toute la connaissance du monde dans sa calebasse et qui réalise que la vraie connaissance, n’est pas de la garder mais l’acte de la partager. ou un truc comme ça. Les licences libres ne sont donc qu’un outil (
) pour faire valoir ce courant de pensée séculaire (et éthique). Et les licences ouvertes, une dérive utilitariste car avec un point de vue hyper restreint dece courant de pensée global.
etc
merci
je m’en vais lire ça dès que j’ai un moment
et bonne préparation du big day de Pessac alors !
Oui Patrick
mais perso les 4 libertés du logiciel libre, je m’en bats les nouilles
et c’est pas d’aujourd’hui
ça m’a toujours insupporté qu’on soit incapable dans les arts de penser autrement qu’en se référant à ces versions de la liberté
et pourquoi pas la liberté au sens des grecs stoïciens (l’absence d’empêchement) ? et des philosophies de la liberté y’en a autant que de philosophes, ça me pein d’entendre les peines à jouir causer obsessionnellement de leur petit machin GPL là, et hors de ça , y’a plus personne
et fuck les juristes, et fuck art libre, zont pas le dernier mot sur les libertés et les informaticiens non plus nom de diou y’en a marre de cette espèce de tyrannie exercée sur le langage ordinaire par de pseudos experts autoproclamés y’a dix ans
allez, un ptit coup de P. Valéry :
« la liberté est l’un de ces détestables mots qui ont plus de valeur que de sens, qui chantent plus qu’ils ne parlent, qui demandent plus qu’ils ne répondent, de ces mots qui font tous les métiers »
« Libre dans le sens de la GPL » je trouve ça très bien pour la GPL
pour le reste, chez moi en tous cas, ça ne fait pas autorité (mais j’aime pas l’autorité comme tu sais)
non non
je ne dis pas merde aux licences libres
je dis simplement qu’on peut parler de liberté appliquée aux licences pour les créations artistiques et littéraires sans se référer aux libertés du logiciel libre, sans se sentir tenu par les définitions qui ont été produites dans le cadre de certaines licences (qui comme toutes choses, retomberont en poussière) historiquement datée.
C’st ce que j’appelais il y a quelques années tuer le père : mon discous n’a pas changé d’un iota depuis
je n’ai rien contre le fait qu’on puisse s’en inspirer
mais s’interdire d’utiliser le mot « libre » dès qu’il s’agit de licence appliquée à des oeuvres d’art, parce que les 4 libertés gnagnagna ça m’a toujours semblé relever de l’infantilisme
l’histoire du mot liberté ne commence pas avec la GPL et on a tout à fait le droit de l’utiliser en se référant à d’autres usages
non mais !
hé bien
on en discutera à mon retour de week end
mais je trouve qu’en tant que créateurs, le moins que nous puissions faire serait de faire preuve de l’indépendance d’esprit suffisant pour élaborer nos propres conceptions de la liberté appliquées aux oeuvres de l’art. je te répète, peut-être bien que les 4 libertés du logiciel libre fournissent le meilleur modèle pour les oeuvres d’art.
Mais cela mérite examen
le travail de Lawrence Lessig constitue tout à fait ce genre d’examen (et c’est ce qui lui a été reproché d’ailleurs, cette émancipation par rapport au dogme des 4 libertés)
ce que je ne supporte plus, c’est ce qu’on lit parfois sur certains forums (qui réunissent plutôt des informaticiens que des artistes) style : « ta licence elle est pas libre » (et on ajoute discrètement : au sens des 4 libertés, ou on ne prend même pas la peine de l’ajouter.. Je ne vois pas pourquoi des informaticiens nous dicteraient le bon usage des mots
et Dieu sait que j’ai du respect et de l’admiration pour le logiciel libre, étant pur linuxien depuis 8 ans.
ce qui m’insupporte c’est cette tyrannie, cette manière d’interdire toute remise en cause de l’usage du mot liberté dès qu’il s’agit de licences appliquées à des objets qui peuvent circuler sur nos écrans.
Mais je suis sûr que Taro nous en dira plus là dessus
enfin.. là je file en week end, mais cette discussion est intéressante, et au fond, c’est un débat permanent depuis que les licences libres existent.
bien à toi
très vite car je suis à la bourre : le débat restera stérile tant que chacun parlera de son « camp » (je caricature hein).
La problématique est levée très vite si on vient aux fondamentaux. c’est ce que j’ai essayé de faire avec les 3 remarques.
je vais tenter une autre approche :
- un outil c’est interchangeable. Il n’y a aucune différence (en gros hein !) entre écrire un roman avec un crayon ou un bic. ça donnera un roman. idem avec un machine à écrire ou un traitement de texte. idem avec Microsoft Office ou Open Office. Rien ne permet de les distinguer.
Mais les 4 libertés (qui sont les 4 libertés fondamentales de l’utilisateur (et donc une contrainte à respecter pour le créateur)), ces 4 libertés apportent un PLUS sur cet ‘outil qui est interchangeable’.
c’est l’éthique.
L’outil GARANTIT la liberté de l’utlisateur. donc c’est éthique, c’est citoyen, c’est démocratique, c’est politique etc.
- Une oeuvre d’art n’est pas interchangeable. chaque oeuvre est unique, qui produit une expérience esthétique, poétique, émotionnelle unique. On ne peut pas interchanger du dana hilliot avec du Michel sardou. on ne peut même pas interchanger du mark hollis avec du dana hilliot. la joconde est unique. Ce n’est pas juste un portrait de femme. Personne ne réussira faire croire à un fan des Beatles que ce groupe très beatles, c’est la même chose et que c’est interchangeable. la valeur goût, qui est personnelle et subjective change tout. Rien n’est interchangeable.
Le propos devient alors celui-ci :
A partir du caractère fondamentalement interchangeable des outils, Stallmann a édicté les 4 libertés de l’utilisateur.
Donnant donc lieu à cet édifice logique, fort, avec un fondement profondément éthique.
Il convient donc, A PARTIR DONC DU CARACTERE FONDAMENTALEMENT NON- INTERCHANGEABLE DES OEUVRES ESTHETIQUES, d’inventer, d’imaginer, d’édicter quelles sont les « libertés fondamentales » qui assurent à celui qui jouit de l’oeuvre d’art toute sa liberté humaine en tant que jouisseur d’oeuvre d’art.
En combien de points s’édicteront-elles ? sous quelles formes ?… voilà un beau travail de réflexion à mener.
c’est bien plus que l’accès et la liberté de faire circuler qui est en jeu.
c’est le respect de la liberté de l’utilisateur d’avoir un outil adapté à ses besoisn généraux ou particuliers, c’est le respect de la liberté d’exprimer sa pensée et que l’expression de cette pensée soit respectée sans être déformée, c’est le respect de la liberté d’avoir des goûts distincts et indépendants de ceux des autres personnes et que ces goûts soient respectés
etc.
et tout cela renvoie à la liberté de la personne d’être libre avec les autres, avec nos particularités propres et subjectives ; et de former une société où chacun peut s’épanouir dans un équilibre plutôt vertueux.
règles du chaos vertueux en somme.
les 4 libertés de l’outil logiciel n’étant alors qu’un élément des règles du « chaos vertueux » ?
Le fond du fond étant, de toute façon, la leçon de l’araignée anansi : l’acte de donner le savoir est la connaissance
bon, je n’ai pas le temps de développer je dois finir mes pages du jour !
oui, le 26, ça va se friter. On va bien s’amuser
(mais attention, gardons bien à l’esprit que le propos du 26 est de s’adresser au grand public, le néophyte curieux, à qui l’on doit d’être clair et disponible
)
par outil, je voulais parler d’outil. une licence, un marteau, un logiciel. je dois pouvoir être libre de modifier le marteau pour l’adapter à mon besoin spécifique etc.
Les trois points (outil/expression/goût) n’étant d’ailleurs que la reprise étendue des trois types d’ »oeuvres » décrits précédemment et qui sont, donc, dans ma démonstration, intrinsèquement différents.
je n’ai malheureusement pas le temps de répondre point par point, boulot oblige.
sur les multinationales : oui mais des multinationales peuvent se monter sur le « libre ». et la confiscation du savoir n’est pas l’apanage des multinationales, des gouvernements le font etc.
Sur l’aparté : là tu m’as vexé cher ami. tu fais méchamment preuve de ton sens aigü de la provocation (que j’apprécie par ailleurs
) en me prêtant des intentions qui ne sont pas vraiment du genre à être les miennes. Surtout pour cette journée
Intéressant comme d’hab… Je m’aventure un peu.
Une question d’abord : Les licences ouverte sont elles les CC (à exception de la by-sa) et les libres la by-sa et la LAL ?
Pour moi, les licences ouvertes (si j’ai bien compris) on été pensées en fonction des utilisations qui pouvaient être faîte de l’œuvre (vision utilitariste qui ne me choque pas) . Il n’est pas question de libertés. D’ailleurs quand on ajoute un s à liberté, c’est qu’il y a déjà des restrictions.
La seule « liberté » qui est garanti avec les licences ouvertes est la diffusion, à l’exception de celle commerciale qui peut être restreinte. Cette « liberté » de diffuser est à la base de notre savoir (culture) commun(ne). C’est essentiel. Maintenant, je diffuse sous NC, parce que je considère que le commerce ne favorise pas forcément le savoir. En revanche, j’accepte les modifications… Cela ne m’empêche pas de respecter ceux qui diffusent sous LAL ou by-sa, voir même avec la clause ND…
Je trouve que les CC (Je ne rentre pas dans le débat de ce qu’est devenue l’institution) sont vraiment bien foutues car elles garantissent la diffusion de la culture mais permettent à l’artiste de partager son œuvre en fonction de ses convictions. Ces licences ouvertes me conviennent parfaitement car je suis sans doute un être humain avec sa part d’égoïsme. J’ai vraiment l’impression que certains libristes sont sûr d’être parfaits, mais franchement ils se trompent car c’est impossible. Je pense que les licences ouvertes sont une avancée imparfaite, mais une avancée… Dans un monde parfait, je crois que je publierai sous LAL et même que je me foutrai de la paternité… La paternité c’est très égoïste et prétentieux également. D’ailleurs on se fout de la paternité quand on apprécie un œuvre, par contre cela flatte l’égo de l’artiste-être humain imparfait (être humain tout court) quand on cite son nom.
C’est ma maigre contribution à ce débat.
Au départ il y a eu la licence dîte libre. La GPL et les quatre libertés qui en énervent certains ici, à tel point qu’il en appellent au paricide. Puis il y eut les compromissions. Les Licences CC ont vu le jour. Stallman explique qu’il n’y a pas de liberté à 90 %, que la liberté est ou n’est pas, que la GPL et le logiciel libre ne sont pas des solutions techniques mais un mouvement social. Je ne prends pas Stallman pour un maître à penser et je n’ai pas rangé mon cerveau pour le remplacer par ses préceptes. Ses récentes prises de position par rapport à la contribution créative, je ne les comprends pas, par exemple. Mais, sans ce type, sans la formalisation qu’il a faît des idées du libre dans cette licence GPL, nous parlerions de quoi aujourd’hui ?
La GPL, les quatre libertés, ne sont pas une vieille idée, une idée désuète et dépourvue de sens. Dés le début ou presque cette idée a été contrée au nom du pragmatisme par l’Open source. Et certains en sont à dire qu’on les laisse tranquille avec la dictature Stallmanienne ?
Mais qu’est-ce qui ne tourne pas rond ?
Les CC avec leur kit de mise en oeuvre qui permet à tout un chacun de ne pas avoir à se poser d’autres questions que de se demander ce que signifie by, nc et nd sont un problème.
Dans un mouvement social il est important de savoir pourquoi on fait tel ou tel choix. Se contenter de cliquer sur un bouton ou de faire des choix de clauses comme si on mettait en oeuvre une recette de cuisine c’est juste continuer à participer à l’illusion d’agir.
« Je trouve que les CC (Je ne rentre pas dans le débat de ce qu’est devenue l’institution) sont vraiment bien foutues car elles garantissent la diffusion de la culture mais permettent à l’artiste de partager son œuvre en fonction de ses convictions. »
Oui les CC garantissent une diffusion libre des oeuvres, juste la diffusion. Je ne vois pas au nom de quelles convictions on peut interdire la modification ou la commercialisation d’une oeuvre. La conviction que ce qu’on fait est si important que ça devra rester figer dans le marbre numérique ad vitam eternam ? La conviction que l’artiste seul a le droit d’en faire commerce ou au contraire, que cette oeuvre, par le pouvoir du seul ayant-droit devra rester en dehors de toutes formes de commerce ?
C’est bizarre cette croyance qu’une clause quelconque empêche quoi que ce soit d’arriver. Est-ce qu’avoir contracter un contrat d’assurance auto empêche les accidents ou l’incivilité sur la route ?
« Je pense que les licences ouvertes sont une avancée imparfaite, mais une avancée… »
Il faudra que tu m’expliques comment une avancée imparfaite est une avancée.
L’autre jour, je voulait aller à Bordeaux à partir de Paris mais je n’avais l’argent que pour aller à Poitiers, c’est mieux que rien. Certe, mais si tu voulais aller à bordeaux ça te fait une belle jambe.
Ce que je ne m’explique pas c’est qu’il est possible de ne pas faire de compromis en matière de licences. Alors pourquoi en faire et au nom de quoi ?
« Dans un monde parfait, je crois que je publierai sous LAL »
Dans un monde parfait on n’aurait pas besoin de licences pour publier nos oeuvres sou LAL ou autres.
« La paternité c’est très égoïste et prétentieux également. »
Pff, ça devient un poncif grossier ce type d’argument. La paternité est tout sauf égoïste ou prétentieuse. La Paternité est la seule trace qui restera de l’origine et des variantes d’une oeuvre. La mémoire est une chose importante elle permet de se construire accessoirement. Nos sociétés sont basées sur la mémoire.
« D’ailleurs on se fout de la paternité quand on apprécie un œuvre »
Ah ouais vraiment ?
C’est marrant de lire ce genre de choses alors que c’est exactemet l’inverse. On apprécie une oeuvre d’autant plus que l’on sait qui en est à l’origine et qu’on connait son parcours.
« par contre cela flatte l’égo de l’artiste-être humain imparfait (être humain tout court) quand on cite son nom. »
Ben si tu n’assumes pas, tant pis pour toi. La paternité est un hommage et il est normal qu’elle soit attribuée. Une oeuvre n’a de signification que si elle est placée dans un contexte temporelle et associée à la paternité.
Donc si je résume, tu mets une clause NC pour éviter que le vilain monsieur multinational pille ton répertoire mais tu te fous qu’on se rappelle dans 200 ans que tel morceau est de toi ? Note juste sur un bout de papier que sans la Paternité ta clause NC n’a aucune signification.
Essaie l’inverse, juste pour voir.
Mon cher Anatole, va vraiment falloir que je m’attelle sérieusement à mon futur texte visant à ruiner les fondements philosophiques des 4 libertés du logiciel libre
(il est en préparation ce texte)
Je sens que ça va nous valoir d’horribles prises de bec sur électrons. arggll, c’est peut-être ce qui m’arrête.
sur l’histoire de la paternité
là aussi faudrait étudier ça tranquillement, sans idées préconçues. Avec mes modèles psychanalytiques, vous pensez bien que j’ai quelques idées qui me viennent sur « l’attachement à la paternité » qui est en fait un attachement au « nom » qu’on porte (ou qu’on supporte), le « nom-du-père » comme disent les lacaniens. Dans une autre perspective, il ne faut tout de même pas oublier, et là je pense que je serais vraiment du côté de ce que dit anatole, la paternité a constitué le plus important et le premier acquis des inventeurs du droit d’auteur. Faut toujours se replacer dans ce moment de l’invention des droits d’auteur : le contexte était celui d’ue exploitation sans vergogne, en l’absence de lois, des écrivains par les libraires et les éditeurs. Si vous lisez les textes et les correspondances de Rousseau par exemple, vous voyez quelle galère c’était de survivre à l’époque, même quand vous étiez le plus grand écrivain de votre siècle. Les libraires ne se génaient pas pour rééditer quand ça leur plaisait n’importe quel texte, sans en pévenir l’auteur, sans lui verser le moindre cent, et pire encore, en modifiant son texte, par négligence le plus souvent. bref, le droit d’auteur, c’est quand même pas n »importe quoi, et la revendication en paternité, c’est pas le mal absolu ou un signe d’infantilisme. Il faut reprendre la réflexion à ce sujet (ne serait-ce que par respect pour tous les artistes spoliés : pensez aux black dans la soul music des années 60 ! le fric qu’on s’est fait sur leur dos, ou dans le jazz ! )
Mais vas-y, détruit par A plus B les quatre libertés Stallmaniennes. Du moment que c’est argumenté et contextualisé, c’es au contraire un bon sujet de débat. Après les prises de becs, c’est pas très grave. Dans un forum, les passions sont toujours exacerbées, ça tient au medium, dans un débat direct tout serait plus modérer. Il n’y a pas lieu de s’alarmer, ni de s’autocensurer. Je suis curieux de comprendre enfin ( j’espère ) pourquoi il est nécessaire d’en finir avec Stallman. Si ça se trouve, je comprendrais tout et tout ce que j’ai écrit ici sera caduque.
je vais essayer de trouver le temps de le faire (ça me changera un peu des psychoses, du délire et des hallucinations qui sont un peu mon pain quotidien en ce moment)
Concernant la paternité, je maintiens : Je me fous de savoir de qui est une œuvre et ce qu’on me cite dans 200 ans également.
Maintenant, connaitre l’histoire d’une œuvre à certainement son intérêt, les acteurs de l’œuvre même si ils sont très intéressant, m’intéresse beaucoup moins. Mais l’histoire étant faîte par des hommes, il est difficile de dissocier les deux. Ce que j’ai écrit est très théorique.
Quant à l’analogie avec le train je trouve ça bien tiré par les cheveux. Il n’y aurait pas eu grande chose de fait si nous avions du arriver avant d’être parti.
Apparemment t’aimes pas les NC. Ben moi, j’aime pas les C
En préambule à ma réponse :
Il y a un truc fort désagréable ici. Je préfère le dire tout de suite comme ça on n’en parlera plus.
Vous vous connaissez tous du forum de Dogmazic si je compare les pseudos trouvé ici avec ceux du forum sus-cité. Aussi, je constate une forme de facilité à répondre n’importe quoi, sous-entendu, on est entre potes, ça ne porte pas à conséquences si je tape à côté ou si je ne prends pas la peine de développer mon argumentaire. Electron Libres c’est un peu la partie underground du forum de Dogmazic si je comprends bien, un « lieu » d’expression où ce qui n’est plus permis là-bas l’est encore ici…Un llieu où on vient s’encanailler entre deux posts consensuels mous du genou sur le forum encore sus-citer.
Maintenant répondons à Mankind Concept :
Bon déja, il faudrait prendre le temps de lire avant de répondre n’importe quoi monsieur. Ensuite si on répond pour dire que sa position reste la même, ça ne fait qu’un post de plus pour dire la même chose que précédemment. On peut donc s’en dispenser.
Dans le détail, je commence par la fin :
« Apparemment t’aimes pas les NC. Ben moi, j’aime pas les C ».
Apparemment tu n’as rien compris. Et je ne comprends pas bien, ou plutôt je n’ose comprendre ce que peut bien signifier ce C suivi d’un smiley, genre je te dis un truc que tu vas mal prendre alors j’atténue les conséquences avec un clin d’oeil genre c’est du second degré.
« Concernant la paternité, je maintiens : Je me fous de savoir de qui est une œuvre et ce qu’on me cite dans 200 ans également. »
imagine juste ce que serait ta culture si tu ne savais pas de qui sont les oeuvres dont elle est composée. Comment je trouve un morceau de Mankind sur le net ou dans l’archive de Dogmazic, si aucun de tes morceaux n’est associé à ton nom ? Juste ça.
En fait si tu passes à l’acte ( moi aussi je fais de la théorie, hein ) explique-moi comment tu mets cette belle idée en pratique.
« Ce que j’ai écrit est très théorique »
Pas exactement, non, la théorie n’est pas une excuse à la médiocrité du raisonnement. Moi, j’aurais utiliser d’autres qualificatifs du genre : J’ai pas réfléchi, j’écris comme ça vient et je ne relis pas, je ne vais pas au bout de mon argumentation parce que j’ai les doigts gras, ce genre de trucs.
« Quant à l’analogie avec le train je trouve ça bien tiré par les cheveux. Il n’y aurait pas eu grande chose de fait si nous avions du arriver avant d’être parti. »
Je t’encourage à relire mon post parce que je n’ai absolument pas écrit ce que tu en conclus.
Et juste, juste, répond à cette simple question :
Explique-moi, comment tu fais valoir ta putain de clause NC, si tu renies ta paternité qui gonfle ton super égo d’être humain que tu n’assumes pas, visiblement ?
Je veux juste savoir ça, juste.
Alors C n’est pas ce que tu crois, mais C à l’opposé de C. T’as pas ris ?
Je suis médiocre, soit.
Tu confonds beaucoup de choses : paternité et recherche dans une archive… Ce n’est pas vraiment pareil… Mon pseudo permet d’identifier une personne commune à plusieurs œuvres, mais cela ne veut pas dire que j’y sois attaché.
Pour la paternité, j’ai poussé le raisonnement jusqu’au bout en faisant encore sauter une clause… Pour l’instant j’ai choisi une licence avec la paternité et une clause NC, donc pas de problème pour la faire valoir puisque justement nous ne sommes pas dans un monde parfait.
Sur le fait que je ne fasse pas avancer le débat : ben, je ne répondais sur le mode Danesque, pas qu’à toi mais également à Dana d’accord avec toi sur la paternité.
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