Deuxième couvée de rouge queue cette année (les premiers petits sont nés il y a deux semaines, pendant quelques jours, le nid était inoccupé, puis, récemment, un couple (un nouveau ?) est venu aménager un peu l’endroit, rajouter de la paille, et voilà, c’est reparti pour un tour !)

Je pense au chapitre de Zoopolis sur les animaux liminaux — qui vivent dans nos alentours humains sans pour autant être domestiqués. Ces rouge-queue sont typiquement des animaux liminaux. Comment puis-je les considérer avec justice ? Et bien par exemple en évitant de bouleverser l’environnement autour de leur nid : il s’agit en fait de l’abri-bois qui se trouve juste à côté de la porte d’entrée de la maison. L’entrée de l’abri-bois, un espace assez étroit, est protégé par une planche en bois, qui laisse juste un passage pour qu’un humain puisse transporter une bûche ou deux. Le nid est installé entre cette planche et au sommet d’une étagère où je range quelques outils et du matériel pour les sports d’hiver. Un ami me disait tantôt, tu devrais ôter cette planche pour aérer ton abri, ce serait meilleur pour le bois, ça l’aiderait à sécher. Ce conseil est avisé, mais cet ami ne sait pas qu’un nid de rouge-queue est installé justement contre la planche. Pas question d’ôter la planche donc !

Autre soin que j’apporte à cette petit nichée : ne jamais claquer la porte d’entrée, sortir discrètement de la maison, faire attention aux chiens (à commencer ceux qui partagent notre maison) et aux chats du quartier, qui adorent traîner dans les parages. L’année dernière, j’étais présent au moment du tout premier envol de la couvée : et ma chère Voltie, une border coolie malheureusement décédée depuis, attendait la gueule grande ouverte qu’un des petits qui avait de la peine à décoller lui tombe directement entre les dents. J’ai rentré Volt, et j’ai aidé le petit à continuer sa route à travers ciel.

Voilà le type de traitement (qui relève du “care“) que nous pouvons mettre en place sans trop de difficultés pour ces oiseaux qui nichent à l’entrée de nos maisons.