« À Maurs donc, tout le monde avait son cochon même les journaliers et les artisans qui n’avaient pas de terre et envoyaient les enfants les conduire dans la châtaigneraie, les bois de chênes, et les landes de fougères dont ils mangeaient les racines.


La base de l’élevage était constituée par des châtaignes crues ou cuites, fraîches ou en conserves (ouriols) : l’engraissement commençait en octobre et se poursuivait six semaines avec un mélange de châtaignes cuites et de pommes de terre assaisonnées d’une ration de sel pour aiguiser l’appétit et donner de la finesse à la viande. Ce repas se faisait toutes les heures et l’eau de cuisson bien décantée servait de boisson quatre fois par jour. Le cochon, on le voit, devait avoir beaucoup de voracité et une grande adresse à chercher sa nourriture ; il devait être un bouon cercaïre.


Duclaux raconte que l’animal était lavé trois fois par jour et qu’il y avait constamment autour de la fontaine publique de Maurs vingt-cinq à trente femmes qui arrosaient et frottaient énergiquement l’animal au grand contentement de celui-ci. Les loges à porcs étaient vastes, propres et bien tenues ; les cochons couchaient sur un lit de bois percé de trous et couvert d’une paille changée tous les jours ; le propriétaire logeait tout près, de l’autre côté d’une mince cloison. »

Antoine Trin, Petite histoire de l’élevage cantalien, Éditions Subervie, Rodez 1983. (cite ici Pierre Duclaux, « L’Élevage des porcs à Maurs il y a cent ans », Le Cantal Agricole, 8 octobre 1932.)