“L’araignée-âme de chaque Nuosu, dit Fijy, réside sur la surface extérieure du corps et rampe le long de ses contours. Ressemblant à la plus petite et la plus blanche des araignées, ou à une araignée nouvellement éclose, l’araignée-âme peut être vue à l’œil nu à la fois par les profanes et les chamans. Typiquement, les Nuosu voient leurs propres araignées d’âme franchir le seuil de leur maison lors d’une cérémonie d’appel de l’âme. Parfois, cependant, les Nuosu voient des araignées d’âme marcher à la surface de leur propre corps, ou à la surface du corps d’autres personnes, laissant peut-être des traces de leur toile dans leur sillage. En de rares occasions, l’araignée-âme peut même être vue en train de filer un fil qui l’éloigne de son propriétaire – par exemple en utilisant son filament pour descendre jusqu’au bout du doigt d’une personne, avant de remonter ce fil et de ramper à nouveau le long du corps de cette dernière. L’araignée-âme ne perd pas le contact avec son propriétaire lors de ces excursions filiformes : elle étend simplement la portée de son territoire – parce que la “maison” de l’araignée-âme est son hôte humain, plus tous les filaments de la toile filés sur eux. Ainsi, le Nuosu n’enlèverait jamais l’araignée d’âme ou ses tracés de toile de la surface du corps d’une personne, car cela causerait une perte d’âme. De plus, les Nuosu interdisent de tuer de vraies araignées qui, bien qu’elles ne soient jamais confondues avec les araignées de l’âme, leur ressemble beaucoup.”

(ma traduction vite fait)

Katherine Swancutt, ‘Masked Predation, Hierarchy and the Scaling of Extractive Relations in Inner Asia and Beyond’ in Marc Brightman, Vanessa Grotti and Olga Ulturgasheva (eds). Animism in Rainforest and Tundra: Personhood, Animals, Plants and Things in Contemporary Amazonia and Siberia. New York and Oxford: Berghahn. Pp. 175-194.