Gaz de schiste et conflits sociaux : un cas de justice environnementale

Les promesses sont dures à tenir

À l’heure où les représentants de la plupart des partis politiques français piaffent d’impatience à l’idée de lancer les premiers forages de gaz de schiste sur le territoire — avec un certain enthousiasme à droite, et quelques réserves (de principes ?) à « gauche » — Montebourg disait récemment  : « Il faut y aller, mais proprement » —, on a le sentiment que les premiers permis n’attendent plus, pour être délivrés, qu’un changement de gouvernement, ou de présidence, ou, pour le dire autrement, que l’interdiction des forages ne tient qu’au respect des promesses du candidat Hollande — contrainte qui paraît assez fragile.

Soyons clair : le souci de la préservation de l’environnement ne fait pas partie du bagage génétique de la plupart des élus, les préoccupations écologiques se manifestent le plus souvent sous la forme d’un scrupule et se traduisent au mieux par quelques amendements qui semblent avoir été adoptés à regret et après-coup dans le but de limiter les impacts environnementaux les plus visibles des projets industriels. Les “Grenelle” de l’environnement, la “transition énergétique”, la “croissance verte”, constituent surtout de vastes opérations de communication, qui, certes, ne sont pas toujours sans effet, mais dont les grands élans, plus ou moins cohérents, qui les inspiraient au départ retombent aussi vite que s’épuise l’intérêt des médias et de l’opinion publique. Pour ménager les entreprises et leurs actionnaires, qui tiennent l’écologie pour une contrainte absurde qu pèse sur les chiffres d’affaires et les dividendes, les états se contentent le plus souvent de mesures symboliques.

Pour l’entrée de la France dans l’ère de l’extraction du gaz de schiste, il faudrait donc juste attendre quelques années, le temps que les promesses soient annulées, que les technologies d’extraction soient devenus « propres », ou que les décideurs politiques arrivent à séduire les populations avec un nouveau discours portant sur les bienfaits de cette nouvelle source d’énergie. On devine que, dans les années à venir, les experts seront mis à contribution pour lever les derniers doutes : déjà, de manière peu surprenante du reste, on lit dans la présentation de l’ouvrage de la fondation GoodPLanet, présidée par Yann Arthus-Bertrand, spécialiste bien connu de l’écologie-spectacle et du survol de la planète par hélicoptère, ouvrage intitulé « Gaz de schiste, le vrai du faux », des propositions du genre : «  Car si le lobby pétrolier présente une version tronquée de la situation, de l’autre côté, certains militants déforment eux aussi la réalité » — renvoyons donc dos à dos les protagonistes dans un souci d’équité, sachons raison garder, et revenons à la réalité.

 

L’invisible et le visible : focaliser l’attention sur le sous-sol afin de faire oublier les paysages

 

Comment distinguer alors la réalité du fantasme ? L’immense majorité des discussions portant sur l’impact environnemental du gaz de schiste porte sur la « réalité » de ses effets sur les sous-sol. Les compagnies d’extraction, et ceux qui les soutiennent, s’efforcent de focaliser l’attention du public et les débats sur les nuisances éventuelles occasionnées par les techniques de forage et la fracturation hydraulique : pollution des sols et des nappes et risque sismique. Il existe une littérature infinie sur ces sujets, dont la mise en oeuvre ne date pas d’hier. On sait qu’il existe un risque, mais les experts qui travaillent pour les compagnies font désormais leur possible pour minimiser les risques. En face, les militants anti-gaz de schiste sont dans l’obligation d’acquérir également une expertise sur ces questions hautement techniques, afin de pouvoir répondre à leurs adversaires de manière pertinente.

Les compagnies sont toutefois beaucoup moins disert sur ce que j’appellerai les impacts visibles à court terme de l’installation de puits et de torchères. On les comprend. En effet, le grand public peu au fait des questions scientifiques, au rang duquel je me compte, est bien forcé, quand il s’agit de discuter des effets en sous-sol, de placer sa confiance aux experts, d’un bord ou de l’autre — et dans ces cas-là, les qualités d’élocution, le costume et la coiffure de l’expert qui vient s’exprimer à la télévision comptent largement autant que la pertinence de ses propos. Un bon communicant sait noyer le poisson et remporter la mise sans trop se soucier de la qualité de ses arguments. On comprend la stratégie des compagnies qui focalisent l’attention sur un sujet hautement technique comme le sous-sol afin de faire oublier la problématique des paysages.

En effet, si l’on peut disserter sans fin au sujet de ce qui se passe dans les sous-sol, à l’abri des regards — et il va de soi que les puits de forage ne sont accessibles qu’aux employés des compagnies chargées de l’exploitation des gaz —, les impacts sur le paysage, eux, sont parfaitement visibles, d’emblée, et par tout un chacun, expert ou pas.

Je voudrais citer ici la belle mais brève tribune du géographe François Tautelle :

« Prenons le cas de l’Ardèche. Voilà un département dont l’attractivité est liée à la qualité de ses paysages, de ses produits locaux et à son patrimoine naturel. Comment justifier la mise en place de quelques torchères au cœur des villages et ses conséquences à savoir la pollution des nappes, l’utilisation d’eau en abondance (dans un département déjà fortement contraint par la sécheresse) ou encore le balai de camions sur des routes pittoresques ? Quelque chose ne tourne pas rond. Quelle est la vision du paysage que les défenseurs du gaz de schiste ont dans leurs têtes ? Un territoire lunaire, vide d’hommes ? Un désert de ruralité ?A trop regarder les images du Dakota ou de la Patagonie argentine, finiraient-ils par croire que la France rurale est aussi ressemblante ? »

L’Ardèche n’est pas le Dakota, et le Vaucluse n’est pas la Patagonie. Je songe aux visions prospectives d’un autre géographe, Jacques Lévy, qui dans son manifeste, Réinventer la France, auquel je me suis déjà opposé sur ce blog, rêve d’une France totalement urbanisée, une organisation territoriale et politique qui serait plus juste économiquement : « Si tous les habitants de la France métropolitaine vivaient dans une seule ville ayant la densité de Paris intra muros ils n’auraient besoin que de 3000 km 2 soit à peine plus de la moitié de la surface d’un département moyen. Les 94 % restants seraient vides d’hommes et pourraient être consacrés à une agriculture respectueuse de l’environnement ou à des parcs naturels » (Jacques Lévy, Réinventer la France, p.85). J’imagine que la vision des industriels qui demandent des permis d’exploitation, et de ceux qui le leur accordent en haut-lieu (pour dire vite, quelques bureaux à Paris), ressemble déjà à celle que Jacques Lévy ne fait qu’anticiper : les campagnes, pour reprendre les mots de François Tautelle, « ne sont pas des champs à perte de vue, quelques bois parsemés de quelques petits villages (…) Il s’agit d’un territoire habité, construit par des générations d’usages et d’usagers qui ont majoritairement cherché à ménager les espaces et les ressources présentes. La richesse des analyses produites sur la renaissance rurale tranche grandement avec la vision simpliste d’un espace vierge et monotone qui n’attendrait que la mise en valeur du gaz de schiste pour sortir d’une torpeur supposée. »

Le Dr Anthony Ingraeffa, Professeur de génie, chargé de l’enseignement à l’Université Cornell est bien placé pour décrire les impacts destructeurs de l’exploitation du gaz de schiste sur les paysages. Il a en effet travaillé pour l’industrie du gaz avant d’en devenir un des principaux ennemis. Voici ce qu’il expliquait au magazine EcoWatch (dans une interview traduite en Français par le site Reporterre) :

« Alors quelle est selon moi la plus grande menace pour les humains liée à l’exploitation des gisements non conventionnels de gaz naturel à partir des formations schisteuses à travers le monde ? Et si je voulais être plus précis en tant qu’ingénieur, à proprement parler, quelle est la plus grande menace que constituent ces champs d’exploitation percés par une multitude de forages, à l’aide de gros volumes de fracturations hydrauliques et de longs forages latéraux ?

Finalement c’est ça le problème. C’est parce que cette activité hautement industrielle occupe beaucoup d’espace, une activité qui implique bien plus que forer-le-puits-fracturer-le-puits-connecter-le-pipeline-et-on-s-en-va, une activité qui nécessite bien plus de terrains à défricher, beaucoup de forêts et de champs à dévaster.

Il y a la nécessité de construire des milliers de kilomètres de pipelines qui engendre à nouveau la destruction de forêts et de champs. Il y a également la nécessité de construire de nombreuses stations de compression, ces installations industrielles qui compriment le gaz pour leur transport par gazoducs et qui brûlent d’énormes quantités de diesel. Elles sont très bruyantes et émettent du CO2 dans l’atmosphère.

Puis, il y a la construction de fosses à déchets et bassins d’eau douce qui là encore nécessitent de gros travaux de génie impactant, du matériel de construction lourd, engendre des émanations gazeuses produites par les déchets dans les bassins de rétention ainsi qu’énormément de circulation de poids lourds, ce qui entraîne à nouveau la combustion de grandes quantités de diesel, l’augmentation des dégâts sur les routes et les ponts ainsi qu’un risque accru pour la circulation au milieu de ce trafic de poids lourds. »

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Justice environnementale :

Les habitants des territoires concernés, aussi peu nombreux soient-ils, ne peuvent accepter d’assister sans réagir à ces dégradations du paysage dans lequel ils vivent. Je soupçonne les États qui autorisent les forages de considérer les autochtones comme des obstacles peu contraignants, et pour tout dire, une “quantité négligeable” — c’est la vieille affaire du Larzac en France qui se répète, caractéristique de l’aveuglement et du mépris des pouvoirs publics pour une partie de leur population. D’un même élan, on semble prêt à sacrifier, sans autre forme de procès, des années d’efforts consacrées à la protection de l’environnement, la conservation des réserves en eau, la préservation des cultures locales et le renforcement de l’attraction touristique — à quoi sert l’instauration d’un parc régional comme celui du Lubéron, quand on envisage sérieusement, et de manière récurrente, d’y autoriser l’édification de torchères et de puits de forage ?

Anthony Ingraeffa rappelle en conclusion de son entretien ce que certains gouvernants semblent avoir oublié, ou n’ont jamais su :

« Les gens ont besoin de respirer de l’air. Les gens ont besoin de boire de l’eau. Les gens ont besoin de vivre dans un climat acceptable, lequel devrait être stable. Ceci nécessite deux choses. Voir la communauté où vous vouliez vivre et où vous avez vécu toute votre vie prendre votre relève, et l’environnement, l’eau, l’air, le climat, la flore, la faune, tout ça est menacé. Ces deux menaces se trouvent sur le spectre de santé par rapport à la richesse. C’est la santé du plus grand nombre face à la richesse de quelques-uns. »

Le pouvoir a toujours minimisé le souci environnemental des gens. Il continue de le faire, aveuglé par sa propre indifférence, parce qu’il n’a cessé d’adopter vis-à-vis des questions environnementales une attitude cynique, considérant qu’enrober la réalité de vert suffit à rassurer l’opinion. Il n’y a pas d’autres explications au fait que les pouvoirs publics se lancent dans les opérations du type “Aéroport ND des Landes” ou “Barrage de Sivens” , en réduisant au maximum le débat public, alors même que tout laissait penser qu’une majorité des autochtones s’y opposeraient.

En réalité, les habitants des territoires concernés par les forages sont loin d’être indifférents. On connaît le cas du village de Żurawlow, en Pologne, qui a réussi à repousser la multinationale Chevron, après 400 jours de lutte, ainsi que celui de Pungesti, en Roumanie, contre la même entreprise, chez les Mik:maq sur le territoire d’Elsipogtog au Nouveau Brunswick (dans le cadre de la lutte pour les droits des populations autochtones). Mais dans bien d’autres régions du monde, la résistance s’organise, à la fois au niveau local et national : en Roumanie, en Tunisie, au Québec, au Royaume-Uni, et demain au Bostwana, dans les territoires occupés par les Bushmen, en Algérie, dans bien des pays d’Amérique du sud, etc. Les compagnies minières qui engagent des travaux savent qu’elles devront non seulement se heurter à l’opposition des populations locales, même de faibles importance, mais aussi, qu’à l’heure où l’information circule extrêmement rapidement sur la toile, faire face à la critique et aux dénonciations venues de militants situés aux quatre coins du globe.

Ces compagnies s’appuient sur la puissance des pouvoirs publics, lesquels leur ont accordé le permis d’exploitation, et assurent en quelque sorte le service après-vente.  Ce SAV sinistre, se pratique en toutes latitudes, au mépris de la démocratie : on réduit autant que possible le débat public, et, le plus souvent, les habitants ou bien sont mis en face du fait accompli, voyant débarquer un beau jour les engins de déblaiement et de terrassement, ou bien sentent, à raison, que leur avis ne compte guère, que les décisions viennent d’en-haut, comme on dit chez nous, et se jouent dans les coursives discrètes du pouvoir.  Puis on tente d’éteindre la contestation, en utilisant des techniques bien connues : renverser l’opinion publique de manière à isoler les opposants — l’argumentaire concernant l’exploitation du gaz non conventionnel est déjà bien rodé : la supposée crise dans lequel le pays est plongé, les promesses de création d’emploi, la nécessité d’accéder à l’indépendance énergétique, etc. — ; dans le même temps, on envoie les forces de l’ordre pour mater les premières manifestations de rébellion sur le terrain, avant que les journalistes débarquent — il s’agit là non seulement d’intimider, mais de briser, d’humilier, de terrifier. Le recours à la violence est fréquent dans tous les pays, l’appel fait à des “casseurs” utilisés pour discréditer les mouvements militants est plus courant qu’on ne le croit. Et quand la situation a suffisamment dégénéré, que s’est instauré un véritable état de guerre, le pouvoir endosse à nouveau de rhéteur, décrétant l’état d’urgence, se sent légitimé à rétablir l’ordre après avoir créé le désordre — et diffuse un portrait des militants et des habitants tendant à les présenter comme des écolos chevelus allumés, coupés des réalités, égoïstes, fainéants, dont le cas relève de la psychiatrie, et donc, éventuellement, terroristes en puissance. J’exagère à peine : ces signifiants finissent toujours par circuler dans les discours et dans les actes : combien d’opposants à ce genre de projet ont vu leur réputation et leur situation économique ruinées avant même la fin des conflits !  Après quoi, quand l’intérêt des médias est retombé, et les militants suffisamment brisés, quand la résignation s’est abattu sur les villages, on laisse pourrir la situation, et les travaux reprennent. Juste une question de patience donc.

Il est grand temps qu’en France et en Europe s’impose une nouvelle grille de lecture plus efficace et moins morcelée des situations de lutte sociales et environnementales qui ne manqueront pas de se multiplier dans le futur. J’évoque souvent sur ce blog l’idée d’un droit aux paysages dans lesquels nous voulons vivre. J’emploie ce mot «paysage» dans un sens tout à fait vulgaire, qui coïncide pourtant sur bien des points avec l’un ou l’autre des usages “savants”. Si la démocratie n’est pas qu’un artifice rhétorique, alors il faut instaurer au niveau local, pour chaque projet qui implique une modification importante du paysage, des modalités de consultation sérieuse des populations qui habitent ces territoires : les dispositifs existant sont bien trop limités, et ne sont réservés dans le meilleur des cas qu’aux experts. Seule la mise en place systématique d’un référendum (au niveau d’une commune, d’une communauté de commune, ou de ce qu’on appelle “un pays”) susciterait véritablement un débat impliquant réellement chaque habitant. Ces modalités pratiques devraient être guidées par une philosophie plus générale, inspirées pourquoi pas du mouvement de l’ « environnemental justice » à l’américaine : une vision plus large, qui permettrait de penser ensemble, sous des catégories générales, devant être prises en compte par le droit, des situations localisées : le morcellement des cas, l’isolement des populations concernées, leur éloignement des centres de décision, profitent au pouvoir, qui a tout intérêt diviser les habitants, accroître leur isolement, freiner tout mouvement fédérateur, afin de réduire autant que possible les contestations au silence. Faire entendre ces voix — lesquelles, la plupart du temps, n’ont pas l’habitude de se faire entendre, constitue encore et toujours l’enjeu majeur des luttes sociales et environnementales. Ce que les militants de l’environnemental justice nord-américains désignent par “yearning” — terme, nous explique Émilie Hache, emprunté à la spiritualité black par les mouvements féministes noirs américaines.

 

« Yearning exprime tout à la fois la colère et la tristesse de voir que ces liens entre enjeux environnementaux et inégalités sont encore et toujours combattus, et ce malgré l’urgence, précisément. Face aux conséquences du réchauffement climatique, ces inégalités risquent bien au contraire d’être de plus en plus violentes et de donner lieu à des réponses toujours plus « barbares »19, passant par des politiques d’abandon des populations les plus vulnérables (qui n’ont pas les moyens de partir si besoin est, mais aussi de se soigner, d’accéder à une énergie toujours plus chère, ou encore d’habiter dans des endroits salubres et décents, etc.). Qu’est-ce qui est donc urgent, si ce n’est de faire une place à cette question ? « Yearning ! » devant la difficulté de faire entendre cette position fragile parce que complexe et exigeant du temps pour être déployée, face à l’assurance tout terrain d’un environnementalisme des riches, « yearning ! » comme appel à toutes ces vies volées passées et à venir, c’est-à-dire aussi à tous ces autres mondes possibles, pour continuer à se battre. C’est la raison pour laquelle, si les acteurs du Mouvement de justice environnementale refusent le nom d’écologistes, il me semble crucial au contraire de se réapproprier, « occuper », ce nom, cet usage participant à transformer ces opérations de dépossessions en mobilisations collectives. » (Émilie Hache, « Justice environnementale, ici et là-bas »)

 

 

 

 

SOURCE : Tous les articles de Reporterre à ce sujet.

Libération : Tribune de François Taulelle, un paysage fracturé.

Basta!Gaz : Toute l’actualité de la lutte contre le gaz de schiste

Voir aussi : http://stopgazdeschiste.org/

Collectif non au gaz de Schiste dans le Lubéron

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PS : Quelques jours après la publication de ce texte, un jeune homme Rémy Fraisse, décédait lors d’affrontements avec les CRS autour du barrage de Siven. Les manifestations organisées dans plusieurs villes de France dégénéraient également en conflits sérieux. Plus les pouvoirs publics continueront à mépriser les revendications des opposants à ce type de projet, plus les militants se radicaliseront. Il est trop facile d’envoyer des forces de l’ordre disposant d’un blanc-seing afin d’intimider (c’est un euphémisme) ces “chevelus écolos irresponsables” pour ensuite se réclamer de la compassion, de la vérité, et d’en appeler à la raison. La déraison est inscrite dans ces projets, dans leur essence même et dans la manière de rogner les débats publics préalables à leur mise en place.