Bilan de la cop 26

Bilan de la COP 26 : NUL – comme attendu. Le contraire eut été surréaliste. On ne voit pas comment une équipe de businessmen pourrait changer la donne. Mais il ne s’agit pas seulement d’un manque de bonne volonté, encore moins d’un défaut d’information.
Le problème est si l’on peut dire structurel. Les pays les plus riches ont bâti leur fortune sur l’exploitation des ressources (“naturelles” et humaines) durant deux siècles – et continuent de le faire pour assurer la continuation de leur mode de vie.
L’esclavage, l’exploitation coloniale, et aujourd’hui, la compétition économique généralisée et le libre marché mondialisé “sans entrave”, auront assuré la domination sans partage de quelques nations – entièrement responsables de la crise climatique contemporaine.
Le système économique, le capitalisme financier international, détermine aujourd’hui la quasi-totalité des économies locales, il n’est quasiment aucune population sur la terre qui n’en dépende d’une manière ou d’une autre.
Ce capitalisme généralisé, et la culture ultra-libérale (guerre de tous contre tous et de chacun contre chacun), constituent désormais l’horizon indépassable de la plupart des habitants de cette planète
à commencer par les habitants des pays les plus riches. Il garantit la continuation d’une manière d’habiter le monde relativement confortable – qui paraît du moins désirable, mais il repose aussi sur l’exploitation des hommes et des ressources,
l’appropriation infinie de la terre pour reprendre l’expression de Yves Charles Zarka, et, inévitablement, nourrit inlassablement la crise climatique.
On ne peut pas sauver les pays les plus pauvres des catastrophes (des pertes de monde) qui s’abattent sur eux, sans sortir de ce système de compétition économique et donc sans une remise en question drastique des modes de vie des pays les plus riches.
Sauf que nous n’avons aucune idée de ce à quoi pourrait ressembler un monde post-capitaliste. Le mieux qu’on puisse imaginer, ou le moins pire, serait la sortie de l’idéologie ultra-libérale pour un retour à des politiques social-démocrates.
Et l’adoption d’une perspective cosmopolitique prônant la solidarité plutôt que la compétition pour l’exploitation des ressources et des hommes. Bref, une vision totalement utopiste.
Il suffit de lire les réactions d’une partie des habitants des pays riches quand on leur évoque la possibilité de sacrifier une part de leur confort pour le bien des habitants des pays pauvres.
Le renouveau nationaliste et raciste qu’on observe dans les pays riches (pas seulement en Europe ou aux Etats-Unis), ne va pas dans le sens d’un abandon de ses privilèges.
Ceux qui, dans les pays pauvres, subissent ou vont subir de plein fouet les effets du changement climatique, sont d’ores et déjà condamnés. Il y a longtemps qu’on les a saignés à blanc, il s’agit maintenant de les achever.
Et je suis de ceux qui pensent qu’une bonne partie des habitants des pays riches s’en sortiront à peu près grâce à la technologie, à leur putain d’énergie nucléaire par exemple, à leurs merveilleuses politiques d’adaptation.
J’ai développé déjà tout cela cet été dans un premier bilan suite à la publication du rapport du GIEC (la COP 26 ne change rien à ce texte) :
http://outsiderland.com/danahilliot/savoir-et-action-a-lage-de-la-crise-climatique/
Pour conclure, il est insuffisant de parler de “crise climatique” – il faut parler d’injustice climatique, de dette climatique. Nous ne sommes pas tous dans le même bateau (mais tous embarqués diversement)