Alpestres et Sauver sa peau chez L’Orpailleur

Il fait décidément trop chaud ici sur la Planèze. Delphine m’écrit depuis l’île de Fanø, Danemark, Jutland, et là-bas, c’est fraîcheur et grand vent sur les dunes, totalement romantique dit-elle. Est-il sérieusement envisageable de continuer à perdre deux mois de sa vie, l’été, abruti de chaleur – ça pourrait être pire évidemment, et c’est bien pire. Mon éditeur et ami, Christophe Havot, qui va régulièrement en Tunisie, me disait tantôt que là-bas, c’est 40 à 45°C ne ce moment, et qu’il est tout simplement impossible de sortir de chez soi avant la tombée de la nuit. Nous avons passé un peu de temps à discutailler hier, au salon du livre d’Avrieu, Aveyron, l’air était brûlant sur le parking de la salle des fêtes. Il en a profité pour me remettre quelques volumes des dernières parutions de L’Orpailleur, dont Alpestres et Sauver sa Peau, mes deux derniers bouquins, et quelques exemplaires d’Un Débarras – exemplaires qui devraient trouver place dans les librairies et les médiathèques autour de chez moi incessamment sous peu. En rentrant, j’ai éprouvé cette petite jouissance d’admirer les trois volumes posés les uns à côté des autres. Je suis littéralement maigre comme un clou, et, comme à cette période de l’année, je vis dans la plus grande austérité, contraint et forcé par une économie immanquablement défaillante à la sortie du printemps, je mange peu, ça n’arrange rien, mais de voir ces volumes assez pathétiquement exposés sur le piano de mon amie (un Sauter, notre seule richesse tangible et matérielle à vrai dire), ça m’a re-épaissit un peu – quelques centimètres de tour de poitrine peut-être.

Sinon, j’ai de plus en plus de mal avec le monde contemporain – gagne (à nouveau) en moi un élan contemptus mundi irrésistible. J’ai beau depuis des lustres annoncer le pire, quand le pire advient, les grandes ombres qui recouvrent l’Europe sous le regard débonnaire des buisnessmen et des bourgeois occupés à l’accroissement de leur fortune (et du coup, précipitant l’avancée des ombres), quand le pire donc advient (et nous y sommes), ça m’accable un peu quand même. La plupart de mes semblables s’éloignent et j’ai peur, vieille peur d’il y a longtemps, des progroms et des lynchages. Le temps est déjà venu de se cacher aux yeux du monde, dans un silence qui n’en pense pas moins, le temps est venu, j’espérais qu’il vienne un peu plus tard, pas si tôt à vrai dire, de prendre le maquis. Mais voilà, c’est déjà l’heure n’est-ce pas ?

Sinon. J’ai lu cet incroyable livre de Giorgio Manganelli, Le Marécage définitif, dont la traduction est sortie il y a quelques années aux Éditions du Promeneur, et voilà un texte remarquable sur la fin du monde. Un de plus. Et j’ai attaqué les 1200 pages, un vrai massif !, des Instructions d’Adam Levine, chez Inculte, et c’est absolument génial et jouissif, dans la ligné d’Infinite Jess de David Foster Wallace.

On peut commander mes livres chez l’Orpailleur, quand bien même ils n’arrivent pas à la rognure d’orteil des deux précités, mais bon, on fait ce qu’on peut hein.

L’Orpailleur

 

 

 

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