ALPESTRES (L’Orpailleur, 2016)

Couverture-Alpestres-recto-pour-blogDans cet étonnant petit livre, un homme actuel se souvient. Il tente de retrouver ses départs par divers moyens et chemins, dont l’écriture. Son récit, au demeurant, part d’un repas de famille, où des histoires sont racontées. Lui, il reste seul. Il écrit. Il évoque une voiture volée, l’éventualité de travailler au chantier d’une station, des lieux alpestres, des personnages… Il remonte plus tôt, puis plus tôt encore, il va à la recherche d’un temps pas perdu, mais pas retrouvé, qui existe à vif par l’écriture, fait boucle, met en marche les phrases, comme le lecteur, qui part, heureusement seul, à travers ces Alpestres, et dans un grand morceau de France, familière et réinventée, toujours antérieure, et à venir, qui est la langue, régulière et folle à force de rythme, par l’insistante aventure d’un désir d’écrire. Bien entendu, des femmes paraissent. Hélène naturellement, qui donne un seul baiser au narrateur, mais qu’il manque en raison de son impatience et d’une dernière nuit qu’elle accorde à un homme. Sa mère, évidemment, à qui il demande paroles, comme au fond de la mort. On songe à Ulysse, sans mythologie, avec chemin retour, ressacs, vertiges, et luttes réelles. Tout se lit, se retourne, se perd et se trouve, mobilis in mobile, dans le texte, qui se boucle sur un repas de famille, qui est l’origine et le cours du monde, puisqu’il faut toujours se mettre à table avec l’intime lointain pour pouvoir ne pas dire, donc écrire, jusqu’aux derniers mots, « l’incroyable quand on y pense ». (Yves Le Pestipon)

On peut se procurer l’ouvrage sur le site de l’éditeur.