Dans le cadre de mes recherches documentaires (menées plutôt au hasard, il faut l’admettre) accompagnant l’écriture de Moldanau, j’ai trouvé sur internet ce programme télé diffusé l’année dernière semble-t-il (n’ayant pas la télévision, j’ignorais tout de cette série, et je crois qu’elle va bien me plaire) : “Des trains pas comme les autres” – un type prend des trains dans des contrées exotiques et fait un peu de tourisme, dit comme ça, c’est pas très engageant, mais en fait, l’épisode que j’ai vu cet après-midi sur les trains en Albanie était vraiment inspirant – je n’avais pas choisi l’Albanie par hasard !

Les trains là-bas sont des trains fantômes, plus personne ne les prend car ils sont plus lents que les automobiles, et la compagnie de chemin de fer est bien trop endettée pour être en mesure de les restaurer. C’était exactement ce qu’il me fallait. Avec en prime des visages magnifiques, des paysages je vous dis que ça, et une interview d’un vieux bonhomme qui parle de la vie sous Enver Hoxha (“On vivait dans la peur”) – c’est tout de même incroyable que ce pays si proche de “l’ouest” ait vécu ainsi totalement coupé du monde (pas seulement de l’ouest d’ailleurs – les relations avec les voisins du bloc de l’est et du grand oncle Soviétique n’ont pas été franchement chaleureuses après la mort de Staline). Ha, il faut aussi écouter la contrôleuse des billets, qui n’a personne à contrôler et se prépare son petit café à la turque tranquille pour passer le temps, et cette incroyable femme qui est devenue un homme “à l’Albanaise” – c’est-à-dire qu’elle a choisi de prendre la place de son petit frère décédé et assumer “en tant qu’homme” la responsabilité de la famille – Lali, une «vierge sous serment».

Voilà qui donne plein d’idées et ma foi, on pourrait en glisser quelques-unes dans mon train pour Moldanau. (et j’ai même cru un moment deviner un de mes personnages attendant le train sur le quai d’une gare déserte)