D’autres ombres

L’ombre du vieux château (privé ! — m’empêchera pas d’y grimper avec les chiens) — une maison « derrière l’église » — village bien tassé sur lui-même encerclé de collines — et de vallons, car il faut bien qu’entre deux collines coule un ruisseau, et qu’un vallon creuse son lit.

Perdu de l’altitude — non, le Cantal, pour le moment, ne me manque guère. Et j’ai trop à faire ici : explorer les environs, marcher, marcher encore (et toute la paperasse et les cartons — j’aimerais que l’ÉTAT m’oublie — filer dans la cabane au fond des bois (avec un petit étang discret si possible) ou bien le sac au dos partir ! Ce sera pour plus tard — si les dieux me prêtent vie.

Des étangs oui. Iris observant les canards décollant à son approche. Tous privés — évidemment. Des crêtes montagneuses au loin : si peu de neige cette année, quelle misère ces hivers sans neige.

À l’ombre du vieux château donc. J’ai vécu déjà — une autre vie — à l’ombre d’un château. Puis, à l’ombre d’une montagne. Quelque chose barre l’horizon. Mais, si l’on va s’y percher : l’horizon se découvre et le monde à vos pieds. Me faut au moins ça — éprouver la mesure de l’homme comme disait Ramuz.

Voilà.

Reste plus qu’à écrire maintenant. (Travailler, je l’ai assez fait cet hiver. On verra plus tard si l’envie me prend — ou la nécessité, forcément)

Au Château