La Provence du 7 juillet raconte :

« Il était environ 17 heures, hier, lorsque la jeune femme a décidé d’aller se promener dans les collines de Luminy, par les sentiers qui conduisent à la calanque de Sugiton. Mais à peine était-elle sortie du parking du campus universitaire, qu’elle aperçoit en bordure de route trois adorables marcassins qui s’égayaient sur l’asphalte.

Attendrie, la promeneuse s’approche doucement pour les caresser : “petit-petit-petit…” Cette familiarité n’a sans doute pas été appréciée par la maman. Bondissant d’un fourré, une énorme laie en colère s’est précipitée sur la jeune femme.

L’animal l’a sévèrement mordue au bras, avant de prendre la fuite pour disparaître dans la nature. Sans oublier son butin : le sandwich de la victime. »

***************

Je me baladais en forêt comme tous les soirs avec les chiens. On avait déjà vu, en dix minutes, un renard et un jeune chevreuil, ce dernier nous avait regardé d’ailleurs assez longuement avant de filer.

Puis, au détour d’un chemin, j’observais les myrtilles, déjà de petits grains rouges prometteurs, les chiens reniflaient aux alentours, et on entend soudain un grand bruit dans le sous-bois, une galopade, et là, à deux mètres, s’arrêtant brusquement : deux chevreuils ! On a tous eu la trouille, les chevreuils, les chiens et moi — on a bien failli se faire renverser au passage !

Je me souviens : ça m’était déjà arrivé en Margeride, en dessous du Mont Mouchet, le brocard avait traversé juste devant moi, on s’était presque frôlé. J’ai également été coursé par un sanglier dans les Pyrénées, un énorme bestiau, et je me suis réfugié illico derrière un gros arbre. J’ai un copain d’enfance qui s’était fait massacré le mollet au passage d’un sanglier. Et on m’a raconté qu’un chasseur s’était fait chargé par un cerf l’automne dernier en Pinatelle.

Dans ces forêts, ruisselante d’animaux, faut se méfier quand même — surtout qu’elles ne sont plus autant chassées qu’autrefois : les chasseurs vieillissent, la perspective d’aller crapahuter dans les bois n’attire plus les jeunes d’ici, les plans de chasse sont rarement remplis, et quand il y a de la neige, dès novembre, on ne chasse quasiment plus, pour la raison qu’il faut rester fair-play avec le gibier. Donc, ces petites forêts cantaliennes regorgent d’animaux, et sont devenus de véritables sanctuaires. (ça pose problème pour les forestiers, quand il y en a, mais les éleveurs, ça ne les gêne pas outre mesure)

Callicott, dans la lignée d’Aldo Léopold, propose une solution assez curieuse pour régler le problème de l’élevage industriel et la surexploitation des sols par l’élevage intensif. Il dit : pourquoi ne pas développer des espaces naturels propices au développement du gibier et encourager également la chasse. Il ajoute : c’est quand même un peu tristounet la viande dans notre assiette, de la vache, du mouton, du poulet, de la vache du mouton du poulet. On pourrait très bien, dit-il, consommer à la place, s’il faut consommer de la viande, du gibier, y’aurait de quoi faire si on planifiait un peu le truc (ceci est mon résumé olé olé d’une proposition de Callicott, Ne vous focalisez pas sur ce point-là, c’est un philosophe important et souvent passionnant, qu’il vaut la peine de lire si vous vous intéressez comme moi à la philosophie de la nature)

SOURCE : La Provence 7 juillet 2014 « Une touriste sauvagement agressée par un sanglier »