Histoire et patrimoine

L’ouvrage de référence pour le patrimoine et l’histoire d’Albepierre-Bredons reste le travail extrêmement documenté de Jean-Louis Philippart, physicien et ancien maire de la commune, Albepierre-Bredons et Murat, À la recherche de l’Histoire et du Patrimoine, auto-édition, 2006. On y trouvera de très nombreuses informations sur des sujets aussi divers que les églises de la commune, les burons et les moulins, les fameuses bornes fleurdélisées de la forêt de Murat, l’histoire de la résistance sur les montagnes environnantes etc. Le tout est documenté d’une riche iconographie et de tableaux, plans et listes particulièrement utiles. La page suivante est largement inspirée de cet ouvrage (qu’on trouvera dans la plupart des bibliothèques du département).


Carte ci-dessus : Extrait de la Carte Cassini (XVIIIè siècle)

La Commune d’Albepierre-Bredons est née de la réunion en 1953 de l’ancien fief d’Albepierre (qui faisait partie alors partie de Murat) et de la paroisse de Bredons.

Par Chatsam (Travail personnel) [CC-BY-SA-3.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0)], via Wikimedia Commons

Blason d’Albepierre-Bredons

 Le blason de Bredons, « d’or, au cœur de gueules, chargé en chef d’un croissant d’argent entre deux étoiles de même » appartient à la famille Henry, de la seigneurie de Bredons, nous apprend Jean-Louis Philippart, dans le chapitre qu’il consacre aux armoiries de Bredons. À la fin des années 40, la mairie de Bredons utilisait encore ce blason en guise de sceau municipal sur ses correspondances !


L’église Saint-Pierre de Bredons :

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Le prieuré est fondé en 1067 par l’abbé de Moissac, Durand de Bredons entre 1048 et 1071. La consécration de la première église est faite en 1095. Bredons a été un prieuré de l’abbaye de Moissac.
Elle fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques par la liste de 1840.
Construite en 1075, l’église prieurale est quant à elle consacrée en 1095 par l’évêque de Clermont, à l’occasion de la visite du pape Urbain II. Elle est édifiée à l’emplacement de l’ancienne chapelle Saint-Timothée, et est dédicacée aux saints Pierre et Paul.
L’ensemble prieural est fortifiée durant les XIVe et XVe siècles. Bien qu’il ne fut jamais occupé par plus de 6 moines et un prieur, le monastère de Bredons saura étendre une forte autorité ecclésiastique et juridique sur un territoire allant de Murat à Saint-Flour, faisant de l’ombre en cela à Murat et aux paroisses avoisinantes.
La cléricalisation du personnel de Bredons en 1448, les conflits incessants avec les chanoines de la collégiale Notre-Dame de Murat, la mainmise de la royauté sur les biens ecclésiastiques en 1516, la sécularisation du prieuré en 1644 et la Révolution sont autant d’événements qui accompagneront Bredons dans son déclin, jusqu’à sa fermeture en 1793.
Déjà mal entretenu et pillé depuis plusieurs années, le prieuré tombait en ruines ; la municipalité de Murat décida donc, en 1795, d’autoriser les habitants d’un des quartiers de Murat, victimes d’un important incendie, à venir se procurer des matériaux de construction dans le site… A partir du début du XIXe siècle, avec le renouveau du culte, est restauré le site, dont il ne reste plus que l’église : en 1801, une partie du clocher est réhabilitée et la voûte en pierre de la nef est remplacée par un plafond en bois, 2 m plus bas.
L’église romane est classée Monument Historique en 1840.
Il subsiste aujourd’hui de ce prieuré l’église Saint-Pierre, de style roman (excepté le clocher), dans laquelle sont organisés chaque année messes et concerts. De plus, l’église abrite un maître-autel baroque, un des plus grands et plus beaux de la Haute-Auvergne.

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Interlocuteur privilégié,Les Amis de Bredons, association membre de la Fédération, est à votre disposition pour vous accueillir et vous faire découvrir Bredons.

(source : Sites Clunisiens.org)

On trouvera une belle notice sur le prieuré de Bredons et quelques remarques sur l’église d’Albepierre, dans le tome III de l’ouvrage de Pierre et Pascale Moulier, Eglises romanes de Haute-Auvergne: Tome 3, Région de Saint-Flour. EDITIONS CREER, 2001, pages 130 et ss.

Les Bornes fleurdélisées de la forêt de Murat

La vaste forêt domaniale de Murat (878 hectares) se déploie sur les pentes de la montagne, entre la ville de Murat, la commune de Laveissière, et celle d’Albepierre-Bredons (et notamment au-dessus du village de La Molède). C’était autrefois (au XVIè siècle) une forêt appartenant au Roi de France, et c’est au XVIIè siècle, suite à l’ordonnance de Colbert concernant l’entretien des eaux et forêts (1670), que l’Intendant en charge des bois entrepris de la délimiter, en disposant des bornes gravées aux armes du Roi. La travail de bornage de la forêt s’est poursuivi jusqu’au siècle dernier, avec l’apport du travail des géomètres et des cartographes à la révolution et durant tout le XIXè siècle.

Le dernier inventaire des bornes gravées, pierres et rochers, la plupart ornées de fleurs de Lys stylisées, souvent numérotées, a été effectué par l’ancien maire d’Albepierre-Bredons, Jean-Louis Philippart, avec l’aide des agents de l’ONF : on compte actuellement 346 bornes (128 bornes fleurdélisées et numérotées, le reste consistant en pierres ou rochers numérotés et bornes taillées) qui sont répertoriées et présentées dans un plan d’ensemble, dans l’ouvrage de J.L. Philippart cité ci-dessus.

Le Petit patrimoine religieux

La commune compte trois oratoires. Les deux petits édifices situés dans les villages d’Auzolle haut et Auzolle bas sont de petits monuments vernaculaires typiques du Cantal. L’oratoire situé sur la départementale 39 entre Murat et Albepierre est bien connu des habitants qui passent devant quotidiennement : il est dédié à Notre Dame de la Consolation, et une inscription au-dessus du portail rappelle le nom de ses donatrices : « les demoiselles Cornet », deux sœurs riches et pieuses qui, au décès de leur père, en 1884, firent édifier ce lieu de prière pour les piétons qui cheminaient sur la route de Murat.

Comme partout dans le cantal, la commune est riche en croix sculptée, de facture plus ou moins sophistiquée. Dans le bourg une petite croix au décor sommaire, avec un cœur en son centre,  a été retrouvée et remontée en 1992. La croix de l’église est un témoin fascinant de l’art ésotérique populaire (cf. Pierre Moulier, Croix de Haute-Auvergne, Éditions Créer, 2003, p. 82), d’une symbolique riche à la signification énigmatique. Aux abords du camping, la croix des trois pierres était un point de rendez-vous lors des cérémonies de mariage. On en faisait le tour, peut-être dans le but de favoriser la fécondité du jeune couple.

Le village de Bredons compte également plusieurs croix, dont une, augmentée d’un bénitier, est située aux abords du prieuré, au milieu du cimetière. On ne manquera pas la très riche croix du village de Bredons. La sculpture au revers, représentant une vierge à l’enfant nourricière aux seins dénudés, invite à dater l’ensemble du XVIème siècle.

« Cette croix, l’une des plus intéressantes du cantal, est donc aussi l’une des plus mystérieuses. Le décryptage des inscriptions nous en apprendrait davantage, et peut-être est-ce la raison de l’image du socle, mais il est presque certain que le message, trop abîmé, restera secret. S’agit-il de quelque anecdote locale, de la marque d’une dévotion particulière d’un berger, d’une scène religieuse non identifiée ? » (Pierre Moulier, Croix de Haute-Auvergne, Éditions Créer, 2003, p. 83)

 

Bibliographie : Pierre Moulier, Croix de Haute-Auvergne, Éditions Créer, 2003
Pascale Moulier, Chapelles rurales du cantal, Lascelles : Éd. de la Flandonnière, 2014

 

Les habitats troglodytes à Bredons

à venir…

Un écrivain né à Albepierre : Jean Ajalbert

Source : Wikipedia

Un champion de ski nordique : Alfred Jacomis

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Il naquit dans nos montagnes, en 1910, dans une famille paysanne, et c’est sur les pentes d’Albepierre à Prat-de-Bouc qu’il fit montre de dispositions exceptionnelles pour le ski. Car à l’époque, nous explique Roger Delcros, son biographe, quand l’hiver s’était installé, on était contraint de se déplacer à skis :

… Alfred , parce qu’il était le plus  » débrouillard  » à ski était chargé du service d »en « haut  » matin et soir il montait à ski par n ‘importe quel temps , il la connaissait la montagne , brouillard ou tempête , il devait monter . » je ne me suis jamais perdu , que voulez -vous , j’y suis né!….  » .Pour redescendre ça n’était pas le plus facile , car sur le dos il transportait un bidon de 20 à 30 litres de lait et c’était continuellement qu’il faisait des prouesses pour que le bidon arrive en bon état à Albepierre. Inconsciemment chez lui , naissait la technique de l’équilibre , l’endurance se durcissait , les muscles s’habituaient à l ‘effort et c’est ainsi que naquit non pas Alfred Jacomis car il était né en 1910 mais le futur champion de France de ski de fond.

La page que Roger Delcros, un habitant d’Albepierre, lui-même passionné de montagnes et de sports d’hiver (et d’été), a consacré à son ancêtre, est une mine d’informations non seulement sur la carrière étonnante de ce jeune vacher devenu, en 1936, champion de France de ski de fond, et qui a participé aux Championnats du monde et aux Jeux Olympiques, mais aussi sur l’histoire des premières compétitions de ski nordique.

Le BLOG de Roger Delcros.

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